Merci les filles ! Je savais que certaines seraient contentes de lire un petit Cross-Over avec Traders, même si j'ai conscience qu'il n'y a pas beaucoup de fan de cette série par ici (et pour cause, je ne suis même pas sûre qu'elle ait été diffusée en France).
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Grant était fatigué.
Il était fatigué et triste à la fois et en colère.
Il était fatigué de tous ces va et vient autour de lui, et c'est pour ça qu'il était venu se réfugier ici. Lorsque Jack l'avait fait entrer chez Gardner et Ross, il lui avait donné une petite pièce, noire, où il était seul. Et puis, Jack était mort … et Marty avait décidé qu'il devait rejoindre « The floor » (1). Et tout avait bien été pendant un moment. Ziggy avait été là elle aussi. Il aimait bien Ziggy (3). Et puis Marty était mort lui aussi.
Il était triste parce que ce qui avait été son chez lui, était en train de s'effriter devant lui. Comme ces constructions éphémères : châteaux de sable, châteaux de cartes, tout finissait toujours par s'écrouler, n'est-ce pas ? C'était pareil pour lui. Ce qui avait été son « château » allait disparaître …
Il était en colère parce que les gens en qui l'avait aimé l'avaient tous abandonné : Jack, Ann, Donald (2), Marty … et maintenant, Ziggy lui avait dit qu'elle partait elle aussi, qu'elle quittait Toronto. « Trop de mauvais souvenirs » lui avait-elle dit. Mais lui il ne pouvait pas partir, parce qu'il avait trop de bons souvenirs ici, et s'il partait, tous ces souvenirs disparaîtraient, parce que lorsque l'on quitte un endroit, il n'y a plus rien pour vous aidez à vous rappeler, les sons, les odeurs, tout fini par disparaître, pouf, envolés, comme si rien n'avait jamais existé. Et il ne voulait pas oublier le sourire de Jack, le parfum d'Ann, les blagues de Marty ...
Et cet homme en bas n'était pas un Elfe … les Elfes ne mangent pas de chocolat et ne boivent pas de café, les Elfes ne parleraient certainement pas à Adam Cunningahm. Il était un anti-Elfe. Pas un orque mais pas un pro-Elfe non plus. Il avait dit à Grant qu'il voulait « l'aider » mais Grant n'avait pas besoin d'aide, il avait besoin de retrouver son petit bureau noir près de la photocopieuse.
« Hey … »
La voix le fit sursauter et il faillit lâcher ses affaires. Une tête venait d'apparaître entre les feuilles. Deux yeux noisette le fixaient.
« Bonjour Monsieur Jansky. »
Les yeux, verts maintenant, comme si la lumière jouait à changer la couleur des prunelles de l'homme, étaient accompagnés d'un grand sourire. Peut-être était-ce le sourire en fin de compte qui faisait changer la couleur des yeux, pas de sourire, yeux noisette, sourire, yeux verts. Grant porta sa main gauche à sa bouche, la droite resserrant la couverture.
« Monsieur Jansky, je --»
Grant secoua la tête.
« Non, pas Monsieur, Grant. Grant Jansky. »
Il n'aimait pas les gens qui l'appelaient Monsieur. Il y avait toujours de la moquerie dans leur « Monsieur » comme s'ils ne croyaient pas vraiment que Grant était ça, justement, un Monsieur. Et Grant se demandait alors pourquoi, ils continuaient à l'appeler Monsieur, s'ils ne pensaient pas qu'il en était un.
« Ah, Grant. »
Yeux verts avec sourire, tendit une main à travers le feuillage.
« John. John Sheppard. »
Grant hocha la tête.
« Votre sourcil gauche est plus haut que le droit d'au moins 1,2 pour cent. »
C'était si évident qu'il avait fallu qu'il le dise. Les gens aimaient tout savoir sur eux-mêmes.
John – il pouvait l'appeler comme ça puisqu'il lui avait donné son nom – lui sourit.
« Yep, c'est ce qui fait mon charme. »
Grant acquiesça. Il avait souvent remarqué que c'était de petits détails jugés sans importance qui faisaient les gens … « spéciaux ». Par exemple, Anne avait un œil un peu plus bas que -- non, Anne avait eu … peu importe, Anne avait eu beaucoup de charme. Mais ses yeux étaient bleus pas verts. Et ils étaient gris lorsqu'elle était en colère. Et elle n'était pas non plus un elfe bien sûr. Ann était morte.
« Grant, que diriez vous de boire un chocolat chaud ? »
Grant fixa John un moment et prit sa décision.
« D'accord. »
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Et avec ça, l'étrange petit bonhomme disparut de son champ de vision, pfiout ! Plus rapide qu'un wraith affamé. L'effet chocolat devait être un trait familial. Yep, familial, parce qu'il était IMPOSSIBLE que ce type, Grant, ne soit pas lié biologiquement à son autre bâffreur de chocolat canadien.
John descendit de l'arbre et retrouva Grant en bas. Il examina l'homme un peu plus attentivement.
Il devait avoir approximativement le même âge que McKay mais là où ce dernier respirait l'assurance, Grant semblait constamment sur le qui-vive, se balançant nerveusement, d'un pied sur l'autre, évitant de croiser son regard un peu trop longtemps. Sa bouche semblait un peu moins tordue que celle de McKay – oups, Dieu fasse que ce dernier ne sache jamais qu'il avait dit que sa bouche était tordue ou sinon, plus d'eau chaude dans ses quartiers pendant des jours – mais ses dents étaient moins bien alignées. Il portait les cheveux un peu plus longs que McKay, et semblait en avoir un peu plus – reoups ! S'il savait ça, alors là, il pouvait carrément dire adieu au chauffage dans ses quartiers – et puis il portait un petit bouc.
« Alors ? »
Hu … ?
Grant le dévisageait, la tête penchée sur le côté, un petit sourire timide sur les lèvres.
« On va boire un chocolat. »
Ce n'était pas une question. Il serra la boite à chaussure qu'il avait du descendre de l'arbre avec lui et se dirigea vers la sortie du parc.
Ok, ce petit bonhomme n'était pas tout à fait comme McKay mais il était aussi obstiné que lui lorsqu'il était question de bouffe !
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Grant l'avait guidé, à pas rapides, à travers les rues de Toronto et ils avaient atterri dans un café restaurant ou apparemment, le gérant connaissait bien Grant. Il lui apporta immédiatement un milk-shake au chocolat qu'il avala en moins de cinq goulées à la paille et un autre milk-shake apparut miraculeusement sur la table.
Qu'allait-il faire ? Devait-il appeler Armani ? Que faire, que faire …
Grant qui l'observait à la dérobée, abandonna sa paille et baissa la tête comme un gamin prit en en train de faire une bêtise. Il se mit en devoir de déchiqueter sa serviette en papier.
John était fasciné … Grant ne déchirait pas la serviette, non, il la coupait en petit morceaux de taille légèrement plus large à chaque coupe et il les posait les uns sur les autres, formant ainsi une petite pyramide.
« Vous êtes fâché … »
Gné ?
« Fâché ? Non, pourquoi est-ce que vous dites ça ? »
Grant releva la tête et la détresse que John lut dans ses yeux renforça son opinion que Grant avait besoin d'aide, d'une aide amie pas de celle de costard-trois-pièces.
« Vos yeux … ils sont devenus noisette. Vous êtes fâché … contre moi.»
Oula. Ce devait être la preuve ultime en effet. John prit une large inspiration.
« Grant, j'aimerais vous présenter un bon ami à moi … »
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Rodney regardait sa montre pour la cent-unième fois.
Mais que fichait Sheppard ! Il lui avait pourtant donné des instructions claires, mais non, il devait s'être perdu, ce type n'avait vraiment aucun sens des directions. Comment il était devenu pilote de l'air restait une énigme pour Rodney.
Il allait essayer de le joindre sur son téléphone portable lorsque l'on sonna à la porte. Il ouvrit celle-ci prêt à dire au Colonel ce qu'il pensait de sa ponctualité mais ses récriminations moururent sur ses lèvres.
« Hey Rodney » dit John en poussant gentiment la personne qui se tenait devant lui vers Rodney. « Voici Grant. Grant Jansky. »
TBC …
(1) The floor : nom donné à l'endroit d'où les traders passent leurs ordres d'achat et de vente.
(2) Donald D'arby : genre premier de la classe, un banquier d'une trentaine d'années qui prend Grant sous son aile et l'invite même à devenir son locataire.
(3) Ziggy, petite blonde rigolote mais pas très fufute, ex de Donald, elle récupère l'amitié de Grant lorsque Donald part vivre en Angleterre.
Chose promise, chose due ma VLU ! J'attends mes pitites photos de Grant sur GSO !
