Bonjour/Bonsoir, voici déjà le 2ème chapitre :-) Merci à LilyP. Wooz d'avoir laissé un commentaire ;-)
Bonne lecture !
— Tu as fait quoi ?! Hermione, tu es devenue folle ?
— Ginny, ce n'est pas la peine d'en faire tout un plat, rigola Hermione en apportant la touche finale à son maquillage. C'est un bon tour que j'ai joué à Malfoy tu ne trouves pas ?
Le regard que lui jeta son amie était clairement réprobateur.
— Écoute, je sais que mon frère t'a fait beaucoup de mal, mais te jeter au cou de cet espèce de Don Juan à la noix, après tout ce qu'il t'a fait subir, toutes les moqueries... je ne te comprends pas !
— Mais enfin, Gin', je t'ai dit que je me fichais de lui, et que je profitais simplement de ce quiproquo pour 1) manger gratuitement dans le meilleur restaurant de la ville 2) faire payer à Malfoy toutes les fois où il m'a insultée.
— Et en même temps, tu voudrais énerver Ron, pas vrai ?
Un silence éloquent lui répondit.
— Je suis désolée, Hermione. Vraiment. Ronald est le dernier des abrutis, et je déteste Lavande !
Elle posa sa main sur le bras de la rousse.
— Merci pour ton soutien, Ginny, mais je ne veux pas que tu te fâches avec ton frère, ni même avec ta future belle-soeur – Ginny grimaça – à cause de notre histoire. J'ai juste envie de faire quelque chose de spontané, pour une fois.
Son amie secoua la tête, impuissante.
— Très bien, va à ton rencard, mais sois prudente. Au moindre souci, téléphone-moi et je débarquerai immédiatement, d'accord ?
— Je te le promets, lui jura Hermione en souriant à cause de son côté surprotecteur. Mais tu sais, ce n'est pas un vrai rencard.
Ginny la regarda d'un drôle d'air.
— Peut-être pour toi, mais je te rappelle que Malfoy pense que c'est le cas. Il a discuté avec une inconnue sur un site de rencontres, ensuite il t'a vue et t'a prise pour elle, mais cela n'a pas eu l'air de le déranger : tu es son rencard, Hermione !
A cet instant, une boule se forma dans le ventre d'Hermione, car elle n'avait pas vu les choses sous cet angle-là. Trop occupée à pester contre Ron et à préparer sa vengeance contre Draco, elle n'avait pas réalisé que Malfoy l'avait volontairement invitée au restaurant, parce qu'il en avait envie. D'accord, il la prenait pour quelqu'un d'autre, mais il avait parfaitement conscience que c'était elle, Hermione Granger, qui dînerait ce soir avec lui au restaurant, et cela ne semblait pas le déranger le moins du monde.
— Ne t'inquiète pas, murmura pensivement la brune. Il veut peut-être juste m'épingler à son tableau de chasse, après toutes ces années de conflit. Mais je ne lui céderai pas !
Elle fit un rapide baiser sur la joue de son amie.
— Mais merci de t'inquiéter autant pour moi, Gin'. Tu es une merveilleuse amie et colocataire.
— J'essaie, répondit-elle modestement. Passe une bonne soirée, 'Mione, et surtout, raconte-moi tout !
Hermione s'esclaffa.
— Promis !
Mais lorsque Ginny fut partie, Hermione se sentit envahie par un mauvais pressentiment. Elle se força toutefois à ne plus y penser et elle enfila sa veste avant de quitter l'appartement.
OoOoO
Hermione avait supprimé son compte du site de rencontres : en voulant lui envoyer un message pendant qu'il se préparait pour le restaurant, Draco s'était rendu compte que le profil de la jeune femme avait disparu. Intrigué, il ne cessait de se poser mille questions pendant qu'il conduisait : et si Hermione s'était fichue de lui ? Et si elle n'avait jamais eu l'intention de venir au restaurant, et qu'elle avait supprimé son compte pour qu'il ne puisse plus la contacter ?
— Arrête la parano, n'importe quelle fille sauterait sur l'occasion de dîner avec toi, s'encouragea-t-il à voix basse en poussant la porte de Chez Gianni.
« N'importe quelle fille, mais pas Granger », réalisa-t-il ensuite. Elle n'était pas comme les autres. Pourtant, il faudrait qu'il parvienne à conclure d'une manière ou d'une autre s'il voulait gagner son pari.
En entrant dans le restaurant, Draco poussa un soupir de soulagement lorsqu'il réalisa qu'Hermione l'attendait, assise à un tabouret du bar. Elle portait une longue robe noire très élégante, fendue jusqu'à la mi-cuisse droite.
— Granger, lui chuchota-t-il à l'oreille, avant de laisser échapper un rire face à son air surpris, car elle ne l'avait pas entendu arriver. Tu aurais du m'attendre à notre table. Ce n'est pas convenable.
Elle haussa un sourcil.
— Pourquoi ?
— Parce que mon père m'a toujours appris que ce sont les femmes de mauvaise vie qui attendent les hommes seules au bar.
Malgré elle, Hermione éclata de rire, avant de se lever de son tabouret.
— Et nous savons tous les deux que ton père est un modèle de vertu et de bonne éducation...
— Bien envoyé, concéda-il, admiratif face à son aplomb, tout en lui prenant le bras pour la conduire à leur table.
— Entre nous, Draco, lui chuchota-t-elle à l'oreille en luttant intérieurement pour garder son sérieux, je ne suis pas certaine que tu sois intéressé par les filles bien...
Muet de stupéfaction, il prit place sur sa chaise. Depuis quand Hermione Granger savait-elle flirter ?
— Merci, murmura-t-il au serveur qui venait de leur tendre la carte avant de disparaître.
— Si tu savais depuis combien de temps j'attends de goûter ce risotto ! s'exclama Hermione, les yeux rivés sur le menu.
— Méfie-toi, Granger, je vais finir par croire que tu as uniquement accepté mon invitation pour le repas, rigola-t-il.
— Tiens, tu m'appelles Granger, maintenant, lui fit-elle remarquer pour masquer sa gêne d'avoir presque été percée à jour.
Il lui fit un clin d'oeil.
— J'aime beaucoup ton prénom, Hermione, mais je trouve que ton nom de famille a quelque chose de sexy.
— Oh ... hé bien euh... merci, j'imagine, bafouilla-t-elle avant de s'abriter derrière son menu.
Sa réaction amusa beaucoup Draco, qui ne put s'empêcher de rire. Il trouvait Hermione fascinante et imprévisible : après leur discussion à l'aveugle sur Internet, il s'attendait à rencontrer une jeune femme sûre d'elle et provocante. Or, même si Hermione le décontenançait parfois avec ses réparties mordantes, elle finissait toujours par redevenir la jeune femme réservée qu'il avait toujours connue.
Après que le serveur ait pris note de leur commande, Draco décida de passer à l'offensive.
— Il y a une question que je me pose depuis le moment où j'ai découvert ton identité, lui avoua-t-il à voix basse.
— Laquelle ?
Il lui lança un regard pénétrant.
— Que s'est-il passé avec Weasley ?
— Quoi ?!
— Si tu t'es inscrite sur ce site, c'est que tu as rompu avec lui, non ?
— Comment savais-tu qu'on était ensemble ? demanda Hermione, méfiante.
— Pansy, répondit Draco d'un haussement d'épaules, comme si ce nom était une explication suffisante. Tu sais bien que cette chère Pansy a toujours voué une véritable passion au colportage de ragots, ajouta-t-il devant son regard interrogateur.
— Oh... Et ton informatrice ne t'a pas expliqué que Ronald m'a laissée tomber il y a trois semaines ? demanda la jeune femme, plus durement qu'elle ne l'aurait voulu.
— Je n'ai pas vu Pansy depuis plus d'un mois, elle fait une croisière à travers l'Europe... Je sais que cela ne changera rien, mais sache que je suis désolé.
— C'est Ron qui sera désolé quand Lavande l'aura rendu dingue avec son bavardage incessant !
Draco ouvrit de grands yeux.
— Parce qu'il t'a quittée pour Lavande ? Notre Lavande ? Lavande Brown ?
Elle acquiesça.
— Ce type est encore plus stupide que je ne le pensais, marmonna-t-il.
— Et le pire, c'est qu'il a exigé que je lui rende la bague qu'il m'avait offerte, parce qu'il n'avait pas les moyens de lui en offrir une autre !
— Tu plaisantes ?!
Il se sentit soudain très en colère contre Ron : quel genre d'homme traitait une femme de la sorte ?
— Heureusement qu'il existe encore des gentlemen comme toi, répondit-elle d'un ton plus léger.
— En effet, répondit Draco, un peu mal à l'aise.
Pouvait-il réellement être qualifié de gentleman alors qu'il tentait juste d'honorer un pari ?
— Le risotto aux champignons, déclara d'une voix forte le serveur avant de poser le plat devant Hermione.
Le jeune homme l'observa pendant qu'elle remerciait le serveur : en voyant son plat arriver, le visage d'Hermione s'était éclairé. A cet instant, Draco fut frappé par l'innocence de la jeune femme, par son goût des choses simples, et par son honnêteté. La culpabilité l'envahit soudain : Hermione était une fille bien, et l'idée de lui faire du mal commençait à le déranger.
— Draco ? Tu m'entends ?
— Désolé, je réfléchissais, s'excusa-t-il, avant de trouver un mensonge crédible. Problèmes de boulot.
— Est-ce que tu veux en parler ?
— Hé bien, nous étions restés assez vagues sur le site pour ne pas risquer de dévoiler nos identités, mais maintenant que nous sommes là, j'avoue que j'ai hâte de savoir ce que tu fais dans la vie.
— Devine...
— Est-ce que cela a un rapport avec heu... les livres ?
— Oui..., l'encouragea Hermione.
— Bibliothécaire ? Auteur ? Éditrice ? énuméra-t-il tandis qu'elle secouait la tête.
— Je suis actuellement correctrice pour une grande maison d'édition, mais j'aimerais ouvrir un jour mon propre magasin de livres.
— C'est un projet ambitieux... tu n'as pas peur de la concurrence des e-books et d'Internet ?
— Je pense que ce sont deux marchés différents, expliqua Hermione, passionnée par le sujet. Même s'il y a des avantages à la lecture sur écran, rien ne remplacera jamais l'odeur d'un livre neuf, l'ambiance d'une bibliothèque, ou le plaisir de faire dédicacer un roman par son auteur préféré.
— Tu n'as pas tort, reconnut-il avec un sourire. Si tu es sage, je te ferai visiter ma bibliothèque personnelle, un de ces jours.
Des étoiles s'étaient mises à scintiller dans les yeux de la jeune femme, tandis que Draco se demandait ce qui lui avait pris de lui faire cette proposition. Il devait la mettre dans son lit et s'en débarrasser, pas devenir son ami.
— J'accepte l'invitation, dit-elle avec un sourire. Et toi, que fais-tu dans la vie ?
— Je travaille dans une banque très connue. Ce n'est pas passionnant, mais ça paie bien. D'ailleurs, si tout se déroule comme prévu, je devrais bientôt avoir une promotion.
— Félicitations, alors ! s'exclama Hermione en faisant tinter son verre de vin contre le sien.
— Merci.
L'espace d'un instant, alors qu'ils buvaient chacun leur verre de bordeaux, leurs regards se croisèrent et une connexion s'établit entre eux.
— C'est étrange, la vie, tu ne trouves pas ? réfléchit Hermione à voix haute. Après tout ce qu'on a vécu, toutes les disputes, les moqueries, les après-midi à pleurer dans ma chambre,... on se retrouve ici tous les deux, comme de vieux amis...
Un peu enivrée par l'alcool, Hermione n'avait pas réalisé qu'elle venait d'avouer à Malfoy qu'elle avait beaucoup pleuré à cause de lui. Elle sursauta lorsqu'il posa sa main sur la sienne.
— Je suis désolé de t'avoir fait pleurer, Hermione, dit-il d'une voix douce.
— C'était il y a longtemps, répondit-elle, un peu mélancolique. Dis-moi, Draco, est-ce que parfois tu aimerais revenir en arrière ? Revivre ta période scolaire ?
Malfoy fit un effort pour se remémorer ses années d'école : à part avec Pansy et Blaise, il n'avait gardé aucun contact régulier avec ses camarades de classe. Il ne se souvenait pas de grand chose de ses premières années d'école, mais il savait qu'il avait eu un comportement exécrable envers Hermione, même les dernières années lorsqu'il avait été attiré par elle – surtout les dernières années, en fait, probablement à cause de son attirance refoulée.
— Non, cela ne me manque pas du tout, déclara-t-il franchement. J'étais un vrai connard et je n'aimerais pas revivre cette période de ma vie.
Hermione lui sourit gentiment.
— Moi aussi, je préfère celui que tu es devenu aujourd'hui.
— Je ne mérite pas tant de gentillesse, Hermione.
Il allait avoir beaucoup de mal à honorer son pari si Hermione était aussi aimable avec lui. N'aurait-elle pas du le détester, après tout ce qu'il lui avait fait ? Cela lui aurait facilité la tâche.
— Peut-être, mais je me sens d'humeur généreuse, ce soir. C'est probablement cet excellent repas qui m'a mise de bonne humeur. Ou l'alcool. Ou les deux.
Voyant qu'Hermione semblait être dans de bonnes dispositions à son égard, Draco essaya de prolonger la soirée.
— Veux-tu la carte des desserts ? J'ai entendu dire que leur mousse au chocolat est à tomber !
— Non, merci, Draco, mais j'ai déjà trop mangé. Je ne vais pas pouvoir tarder, je me lève tôt demain.
Il jeta un bref coup d'oeil à sa montre.
— Moi aussi, j'ai une réunion, grimaça-t-il avec un soupir.
— Alors... bonne réunion, lui souhaita Hermione en se levant, et merci encore pour cet excellent repas.
— Tu ne veux pas que je te raccompagne chez toi ? demanda Draco en se levant à son tour, ne perdant pas de vue son pari.
— Je te remercie, mais j'ai ma voiture.
— Mais je peux tout de même t'escorter jusqu'à la sortie si tu...
— Draco, le coupa-t-elle, soudain plus sérieuse. Je ne te remercierai jamais assez d'avoir joué le jeu lorsque tu m'as vue dans le café. Tu as fait semblant de t'intéresser à moi malgré ta déception, et tu es tellement poli que tu as prétendu vouloir dîner avec moi pour ne pas me froisser... Mais nous savons tous les deux que je ne suis pas le genre de fille auquel tu t'attendais, n'est-ce pas ?
— Mais je...
Malfoy n'acheva pas sa phrase, et Hermione lui lança un regard qui lui parut triste.
— J'espère sincèrement que tu trouveras la personne qu'il te faut. Au revoir, Draco. Et merci pour tout.
Avant même qu'il n'ait pu protester, Hermione avait disparu. Abasourdi par sa réaction, Draco héla le serveur et commanda un whisky sec. Qu'avait-il dit pour la faire fuir ? Et comment allait-il gagner son pari dans ces conditions ?
