Titre : TOGAV

Auteur : FayVerte

Genre : Sensoriel, audition

Rating : M ici, là, tout de suite.

Discalmer : Si KHR m'appartenait, ce serait visible. Déjà, l'apprentissage entre Dino et Hibari aurait été sensiblement différent. Ou plutôt, certaines scènes auraient été ajoutées. Puis on saurait exactement ce qu'il s'est passé pendant que Mukuro le « battait » si vous voyez ce que je veux dire... je n'en doute pas.

Avertissement : Cette histoire traite d'une relation entre deux hommes. Il s'agit d'homosexualité. Merci de ne pas lire si ce genre vous répugne, vous déplait, ne vous intéresse pas. Ou alors d'essayer de faire une review sur autre chose que « Bah! Deux mecs qui s'embrassent! ». Je suis très ouverte sur le reste de ce que vous pourriez avoir à dire.

Note de début d'auteur : Ma chère Tyu-chan, je te souhaite à nouveau un joyeux anniversaire en retard. J'espère que cette fanfiction cadeau te plaira. Profites bien sans penser aux corrections pour une fois. Merci pour tout et à bientôt.

Chapitre 2

Écoute

Mukuro n'écoute pas. Ou tout du moins, il essaye.

Il est dans son caisson. Les sons traversent l'eau et le verre pour lui parvenir, déformés, transformés. Pourtant, il ne désire rien de plus que ne plus entendre. Guettant le moindre son se répercutant à l'infini sur les parois de sa cellule, il en est venu à imaginer sa superficie, à estimer la taille de la lucarne de verre qui orne la porte, à localiser les machines qui ronronnent. Il dessine en imagination leur position dans l'espace, il dessine sa propre place. Et tellement d'autres choses. Il n'a pas eu plusieurs secondes de silence depuis qu'il est ici. Tout semble amplifié, prenant des proportions démesurées. Il veut, juste un instant, ne rien entendre. Mais c'est principalement parce qu'il souhaite ne plus donner de sens à chaque son à s'en rendre fou. Il ne veut plus reconnaître la démarche de ses geôliers. Il ne veut plus entendre les hurlements des nouveaux venus. Il ne veut plus se demander si c'est une nouvelle drogue ou prise de sang qui l'attend quand un ongle cogne contre le réservoir d'une seringue. Il se dit parfois que pour une simple bulle d'air, une erreur médicale comme il en arrive tant d'autres, la famille Vongola pourrait s'en prendre à la prison. Il imagine la haine de Hibari en comprenant qu'il ne pourra jamais rétablir son honneur, se croyant toujours discrédité suite à leur affrontement à Kokuyo. Il imagine sa colère implacable s'abattant sur les murs qui l'enferment. Il imagine le monde souterrain se diviser en deux camps pour s'affronter, encore et encore, se battant dans l'espoir vain de pouvoir, à la fin, désigner un gagnant. Ils ne s'en relèveraient sûrement jamais tous autant qu'ils sont. Mais ce n'est pas ce que Mukuro désire. Il veut faire tomber la mafia sous ses propres coups et non pas servir de bouc émissaire à un conflit en latence depuis plusieurs années. Il veut voir la peur déformer les visages de ses ennemis, sentir l'odeur du sang qui se répand, goûter aux combats dans les couloirs qui se succèdent derrière sa porte, caresser le métal de son arme et l'abattre sur les corps, les frapper encore et encore. Il veut entendre leurs derniers cris, leurs prières, et ne pas y répondre, ne pas y prêter attention. Il veut les entendre et ne pas prendre la peine de les écouter, poursuivre sa route.

La cellule grince. Le cardiogramme auquel il est branché s'emballe. Pourtant, ce n'est rien qu'une porte qui se referme, le laissant à nouveau seul ici. Seul avec le rythme de son cœur qui se ralentit jusqu'à revenir à une pulsation normale. Alors seulement, il peut ignorer le son. Il voudrait fermer les oreilles comme on ferme les yeux.

« Mukuro. »

Le temps d'un battement de cils, sa prison s'est effacée. Sous les draps, captif, il croise le regard de son amant qui est à ses côtés. Parfois, comme là, c'est saisir son nom qui le tire de sa prison, annonciateur d'une étreinte nocturne. D'autres fois, il est sorti de son sommeil par la respiration profonde de l'autre homme qui dort à ses côtés. Alors, il pose sa main sur le thorax de son amant et la regarde se soulever avec régularité. Quand il ne se réveille pas à ce contact, il va parfois jusqu'à mettre sa tête sur le torse, écoutant les battements du cœur de Hibari et le sien qui résonne à son oreille, comme un échos lointain en réponse. Mais ce soir, il ne veut pas se reposer.

« Oui mon adoré ? »

« Ne m'appelle pas comme ça. »

La voix sonne toujours autant comme un reproche. Mais Mukuro la dévore, affamé par le timbre grave qui donne du sens, qui fait sens. Et elle poursuit implacable face à son incapacité à répliquer immédiatement, face à son incapacité à ne pas l'écouter.

« Tu étais ailleurs. »

« Comment oserai-je ? »

Hibari se tourne, lui montrant son dos. Mais Mukuro perçoit sa respiration et il devine déjà qu'il s'apaise. N'importe qui à la place du brun aurait été peiné qu'il laisse son esprit vagabonder dans cette cellule et honteusement énervé de ne pas réussir à l'attacher ici, à ses côtés. Mais Hibari n'a pas de regard apitoyé. Il répond toujours par la colère et la manifeste sans demi-mesure ou exagération, juste avec ce qu'il faut de vérité. Et déjà, il soupire, se détachant de son agressivité, quand le bras de son amant se pose sur sa taille. Sans attendre qu'il s'apaise complètement, Mukuro dépose ses lèvres juste sous les mèches noires ébouriffées. Hibari rejette la tête en arrière pour protéger son cou et son corps se retrouve sous celui de son amant. Il ne dit rien, fronçant simplement les sourcils. Et sa respiration témoigne de la colère qui monte à nouveau.

Mukuro lui caresse la joue, replaçant ses mèches sombres.

« Tu m'en veux. »

Son affirmation est bien trop joyeuse, comme en témoignent les dents qui se referment sur sa main.

« Autant que ça ? »

Mukuro rit en saisissant l'une des mains de Hibari, y déposant un baiser en réponse à sa morsure. Il caresse de ses lèvres et de sa langue la paume ouverte. Il lui sourit en la posant sur son dos. Et doucement, tendrement, il s'abaisse sur Hibari. Il embrasse son front. Puis sa tempe. Et le plein de sa joue, son creux, l'une des arêtes de son nez, puis le coin de ses lèvres avant d'effleurer sa mâchoire. Hibari soupire à son oreille, de plaisir. Mukuro hésite à lui claquer un bisou sonore à l'oreille. Mais au contraire, ses lèvres se font plus pressantes, gagnant le cou qui s'offre un peu plus. Sa main vient couvrir la partie qui échappe à ses morsures, à sa langue, serrant juste un peu quand le désir se fait encore plus fort, plus urgent. Il le sent monter en lui, victime consentante des gémissements que Hibari laisse éclore dans la pièce. Sa main glisse du cou à la clavicule comme sa bouche, juste au dessus de celle de Hibari, vient chercher les soupirs à leur source. Il résiste au besoin écrasant de recouvrir les lèvres entrouvertes par les siennes. Se mordant la bouche sans s'en apercevoir, il ne quitte pas des yeux l'autre homme. Hibari ne cille pas malgré la mèche qui lui caresse l'oreille, et cette main qui descend le long de son torse, sur son abdomen et qui s'esquive pour se poser sur sa hanche. Mukuro manque de basculer sous Hibari mais sa deuxième main cloue l'homme au lit, anticipant sa réaction. Son amant aurait pu le repousser. Pourtant, il ne le fait pas et maintenant, les mains de Mukuro redessinent son corps. Il dévore la respiration haletante, sur ce torse qui se soulève trop vite.

La chaleur de Hibari les enferme dans un cocon qui n'appartient qu'à eux et où il a l'impression que chaque souffle, chaque inspiration se répercute à l'infini. Et il se repaît de chacun de ces sons, sans parvenir à s'en rassasier. Seuls au monde, il n'entend plus que le cœur qui bat sous ses lèvres.

Il mord la peau et les jambes de Hibari s'écartent assez pour qu'il se glisse entre elles. Parfois, il ressent le besoin de dévorer cet homme si libre, non pas, plus, pour l'enfermer mais bien pour le savoir toujours à ses côtés et se laisser emporter avec lui. Sa langue dessine des cercles de plus en plus réduits autour du nombril de son amant, rendant son corps frémissant. Il s'arque tout contre lui quand sa langue le pénètre finalement, les mains s'agrippant à ses cheveux, tellement longs. Les jambes se referment sur son torse, le forçant à expirer. Et Hibari se tend plus encore au contact de l'air sur sa peau humide. Mukuro sent son désir se presser contre lui, son envie de plus, si proche de ses lèvres. Il griffe les hanches de Hibari en abaissant son visage, juste assez pour que l'autre laisse échapper des paroles dans un souffle. Sans les écouter, il en devine pourtant le sens. Et quand sa langue finit par atteindre la toison pubienne, il distingue très clairement son nom. Sa main effleure les testicules comme sa bouche dépose une myriade de baisers sur le sexe de son amant, les contacts bien trop légers pour les satisfaire l'un ou l'autre. Et il continue sa lancinante torture, bourreau victime de ce qu'il leur fait subir. Mais ce qu'il désire le plus est entendre son prénom qui sort des lèvres, son prénom comme un prière et un ordre. Son autre main se referme sur l'érection incarnate, dégageant de son fourreau de chair le gland que sa langue vient torturer. Il devine les battements de cœur hiératiques et sans attendre que Hibari dise autre chose que son nom, avant les insulte, Mukuro enferme le sexe dans la moiteur de sa bouche. Le cri s'étouffe et Mukuro sent les frissons qui parcourent le corps sous le sien, comme Hibari se retient, s'empêchant de se répandre entre les lèvres qui le tiennent prisonnier ou de s'autoriser tout mouvement. Hibari n'a pas à attendre longtemps avant que la bouche ne descende le long de son sexe, se resserrant autour de son membre. Mukuro poursuit ses attouchements sur les bourses, si douces sous sa main, qui s'intensifient pendant que sa langue joue sur la verge. Il libère cette dernière de sa bouche et le masturbe rapidement, presque brutalement, sa salive facilitant le va et vient de ses doigts. Et Hibari se tord sous lui. Il doit serrer les poings, les draps sûrement au creux de ses paumes, et il répète son nom encore et encore. Après l'avoir entendu déglutir, Mukuro l'imagine se passer la langue sur les lèvres. Sa bouche et ses mains reprennent leurs caresses et le nom se transforme en un cri incompréhensible. Il cesse à nouveau toute action et Hibari ne dit rien, encore perdu dans les sensations qu'il éprouvait. Il l'imagine les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées. Il le sent tenter de reprendre son souffle et avant qu'il n'y parvienne, le touche à nouveau. Plus vite, plus fort, il fait buter le gland contre son palais. Il le sent prêt à venir et sa bouche se détache lentement, comme à regret, du sexe de Hibari. Ses mains continuent leurs caresses, bien que ralenties. Il se redresse lentement jusqu'à voir le visage de son amant. Il le dévore des yeux, notant chaque changement. Et quand les halètements cessent, il comprend qu'il va venir. Sur ses lèvres, il reçoit le dernier soupir de Hibari. Le corps tremblant sous lui se relâche progressivement. Mukuro l'embrasse, l'enlace. Il dépose des baisers sur son visage avant de se perdre contre ses lèvres. Il peut sentir le bien être de Hibari et se couche sur son corps, le serrant contre lui comme s'ils pouvaient se fondre l'un dans l'autre. Il ne réalise pas qu'il s'est également répandu, son attention uniquement dirigée vers la respiration de plus en plus calme et apaisée de Hibari. Celui-ci lui mord paresseusement le cou, son souffle lui caressant la peau. Ils restent ainsi, éperdus de plaisir.

Et Mukuro sent qu'il s'endort.

Il ouvre grand les yeux, essayant de ralentir sa respiration qui s'est emballée. Mais Hibari le connait. Et d'ici, il a sûrement pu entendre les battements de son cœur s'accélérer. Il se laisse saisir par l'autre homme, sa joue venant frotter celle de Hibari comme il repose juste au dessus d'une des épaules nues de son amant. Il se laisse faire, partagé entre le bien-être et ce qu'il sait qui va suivre.

« Écoutes. »

L'ordre est assassin, ils le savent l'un et l'autre. Mais Mukuro ne vient-il pas de donner la mort à Hibari ? Ce n'est qu'un juste retour des choses.

L'esprit de Mukuro s'envole. Il s'enfonce dans un nuage cotonneux. Et chute. Il écoute oui, il écoute. Le bruit des sangles qu'on défait, la sensation des bras de Hibari autour de lui qui disparaissent. Celui d'un mouchoir sortit d'une boîte puis que l'on jette. Les traces de leurs spermes qui s'effacent. Et le battement d'un cœur, du sien, en échos. Jusqu'au souffle de la pompe qui cesse. Il veut pouvoir sourire en pensant que l'eau du bocal a été changée. Il entend. Il écoute. A la quête du moindre son qui lui prouverait que c'est un rêve, qui lui montrerait la réalité.

Note de fin de l'auteur : J'hésite à ajouter angst. Je ne trouve cependant pas ça assez déprimant pour porter ce nom. C'est juste... des histoires de sens. Avis des lecteurs ? La suite viendra rapidement, juste le temps de la retrouver et de la taper.

Merci aux trois revieweuses de compétition. Vous êtes toutes les trois adorables. Si jamais vous avez un jour une commande à passer, je m'arrangerai pour la caser dans mon emploi du temps tellement je ne sais pas quoi faire pour vous remercier.

Merci à asami28 pour la story alert et le favorite story, à ayumi16 et Hadurra (welcome back!) pour le favorite story également. N'hésitez pas à laisser un message si vous trouvez le temps.

Merci à vous, lecteurs anonymes. Si l'envie ou le temps vous en prend, vraiment, sachez que je ne vous en voudrai pas de m'écrire une review. Si si, je vous assure.