Bonjour,
Deuxième chapitre de cette nouvelle histoire et à nouveau quelques tensions entre Dean et Castiel. Ce n'est que le début !
Je vous souhaite bonne lecture et vous remercie bien sûr de me suivre à nouveau sur cette nouvelle aventure !
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
A real hero de College and Electric Youth
Chapitre 2 : Renseignements
« Tous les grands sont doués d'intuition. Un vrai chef n'a besoin ni de tests psychologiques, ni de fiches de renseignements pour choisir ses subordonnés »
Alexis Carel
La visite de la maison de Dean fut aussi longue que Castiel l'avait craint. Et ce n'était définitivement pas une bonne nouvelle. L'endroit était immense et comportait de trop nombreuses entrées. Les pièces n'étaient pas équipées de caméras de surveillance et certaines fenêtres n'avaient pas de capteurs pour signaler si elles étaient ouvertes ou non. L'endroit était trop facile à infiltrer pour quiconque en avait vraiment envie.
Castiel n'avait pas l'habitude de se retrouver dans ce type de situation. D'ordinaire, il travaillait pour des gens qui avaient conscience d'être en danger. Des gens qui n'ignoraient pas qu'ils avaient de nombreux ennemis. Ils agissaient en conséquence avant même de faire appel à ses services. Il arrivait généralement chez eux et constatait que leur service de sécurité était parfait. Il y avait souvent des gardes armés. Des caméras dans chaque recoin. Il n'avait alors plus qu'à faire quelques modifications.
Mais avec Dean, il devait tout reprendre à zéro. C'était aussi pour ça que Castiel avait refusé jusque là de travailler avec des acteurs ou des chanteurs. Ils se croyaient invincibles. Pensaient bêtement que parce qu'une majorité de gens les aimaient, personne ne pouvait leur vouloir de mal. Ils vivaient dans l'ignorance et se croyaient à tort intouchables. Castiel détestait les gens qui étaient aussi aveugles.
Dean aurait du prendre conscience des risques et agir en conséquence. Il aurait du savoir qu'il existait des gens qui lui voulaient du mal. Il menait une carrière brillante mais il était devenu un symbole malgré lui. Le symbole d'une frange de la population qui continuait de vivre leurs préférences dans le secret. Castiel savait très bien ce que cela représentait. Il avait lui même longuement nié son homosexualité. Mais si les gens comme lui ne pouvaient avoir qu'admiration pour Dean, il ne fallait surtout pas ignorer ceux qui le considéraient comme un danger. Un danger pour leurs convictions et leur vision de la société. Dean s'était dessiné une immense cible sur la tête et attendait patiemment qu'on lui tire dessus. Il était stupide.
Castiel se garda toutefois de le lui dire. Il doutait que cela arrangerait les choses entre eux. Il pouvait déjà sentir de l'animosité chez son nouveau client. Dean n'était pas content de le savoir là. Il ne voulait pas de son aide. Il préférait mener sa vie en ignorant le danger. Parce qu'il refusait d'admettre qu'il était vulnérable. Et Castiel trouvait cela tellement idiot qu'il en avait presque envie de rire.
Le garde du corps nota mentalement tous les points faibles de la maison à mesure qu'il les constatait. Il allait avoir besoin de refaire le tour plus tard et de faire une liste sur papier. Il appellerait ensuite la société de sécurité avec laquelle il travaillait régulièrement et leur demanderait probablement de venir. Ils allaient avoir beaucoup de travail à faire sur la maison. Mais avant cela, il allait devoir faire accepter à Dean la réalité de sa situation.
Le jeune acteur lui montra chaque chambre – dix au total – puis toutes les pièces qui servaient de bureau, de salle de sport, de salon et de salle de jeu. Il lui fit également visiter la cuisine et le garage. Il y avait d'autres véhicules à l'intérieur. Plusieurs voitures de sport et deux motos. Castiel n'y connaissait pas grand chose dans ce domaine mais il pouvait deviner qu'elles coûtaient probablement très cher. Il se demandait pourquoi Dean avait besoin de tout cela.
Une fois le tour terminé, ils s'installèrent dans le bureau du jeune acteur pour discuter. Dean expliqua à Castiel qu'il y avait plusieurs personnes qui vivaient en permanence chez lui. Samuel – Sam avait précisé Dean, son frère détestant qu'on l'appelle par son prénom en entier – habitait sur place. Jo également. Garth avait une chambre et partageait son temps entre cette propriété et son appartement en ville. Les autres étaient là la plupart du temps de passage. Robert Singer était également très souvent présent pour de longues périodes de temps. C'était une énième mauvaise nouvelle.
Castiel savait combien il était important d'être entouré quand on menait le genre de vie que Dean menait. Il devait avoir besoin de soutien et de conseils. Mais les proches étaient souvent une faiblesse. Parce qu'ils représentaient un moyen de pression sur les gens qu'il protégeait. Parfois même une possibilité d'être trahi. Castiel était méfiant. Cela faisait partie de son métier. Et il savait parfaitement qu'on ne pouvait faire confiance à personne quand on était menacé. Dean allait devoir accepter qu'il enquête sur chacune des personnes qui formaient son entourage immédiat. Et il savait que le jeune acteur ne prendrait pas bien la nouvelle.
Castiel accepta le café que Dean lui proposa et en but quelques gorgées avant de reposer la tasse sur le bureau entre le jeune acteur et lui. L'endroit était plus formel et moins chaleureux que le salon où ils s'étaient parlés plus tôt. Castiel savait que son nouveau client avait choisi de le faire venir ici pour mettre de la distance entre eux. Pour lui rappeler qu'il était le chef dans cette histoire. Que c'était lui qui avait le pouvoir de le renvoyer ou non. Il tentait de l'impressionner. Peut être même de le mettre mal à l'aise.
Bien sûr, il ne pouvait pas savoir que Castiel se fichait de tout ça. Il avait travaillé avec des hommes politiques bien plus intimidants que Dean. Il ne se laisserait pas impressionner.
Le garde du corps observa la pièce pendant quelques secondes en silence. Deux fenêtres sans capteur. Une cheminée. Deux portes. Une donnant sur le couloir et une sur un petite pièce qui servait de seconde chambre pour Dean. Il y avait quelques tableaux sur les murs. Une étagère remplie de prix que le jeune acteur avait reçus au cours de sa carrière. Certains étaient des trophées sportifs. Castiel pouvait facilement imaginer le genre d'adolescent que Dean avait été. Un de ceux que le garde du corps détestait quand il était lui même à l'école. Populaire. Séduisant. Sportif. Et généralement un tyran pour ceux qui ne rentraient pas dans le moule.
Dean le laissa faire sans inspection sans protester. Il ne semblait pas décidé à prendre la parole. Castiel savait que c'était à lui de faire le premier pas.
- Votre système de sécurité laisse clairement à désirer Dean. J'ai constaté de nombreux … de trop nombreux points faibles durant notre visite. Il va falloir apporter de nombreuses modifications.
Dean grimaça une seconde avant de soupirer longuement.
- Je me sens parfaitement en sécurité chez moi, répliqua t-il ensuite.
Castiel savait que ce n'était pas entièrement vrai. Dean ne pensait pas être en danger de mort. Il était persuadé que son harceleur ne cherchait qu'à lui faire peur mais qu'il n'irait jamais plus loin que quelques menaces en l'air. Mais il ne se sentait pas tant en sécurité qu'il le prétendait. C'était évident.
- Si c'est le cas, alors permettez moi de vous dire que vous avez tort. Quelqu'un s'est introduit chez vous récemment et personne ne l'a vu faire. Il me semble que c'est une raison suffisante pour revoir la façon dont votre maison est surveillée et sécurisée.
- Alors quoi ? Vous me conseillez de me barricader quelque part et de m'entourer d'hommes armés ? Je suis acteur Monsieur Novak, pas le président des Etats Unis.
Castiel ricana une seconde. Il savait bien que la menace n'était pas la même. Il n'avait jamais travaillé pour le président des Etats Unis. Mais il avait été engagé par quelques hommes politiques qui occupaient des postes importants. Il était parfaitement au fait des menaces qui pesaient sur eux. Il avait fait face à des groupes armés. Des terroristes déterminés à tuer et entraînés à ne pas laisser de traces. Il savait bien que l'homme qui harcelait Dean n'était pas aussi dangereux que ces hommes. Mais il n'en était pas moins capable de tout. Et Castiel continuait de penser qu'il représentait une menace majeure. Un fanatique restait un fanatique. Peu importait les convictions qui l'animaient.
- Je ne pense pas qu'il sera nécessaire d'avoir recours à de telles extrémités. Mais il est dangereux d'ignorer la menace qui pèse sur vous.
Dean soupira à nouveau avant de croiser ses bras sur son torse. Il avait les yeux rivés sur Castiel et semblait chercher à lui faire détourner le regard en premier. C'était un petit jeu pour assurer sa position dominante entre eux. Mais le garde du corps n'était pas du genre à se laisser faire. Il soutint donc le regard de son client jusqu'à ce que ce dernier baisse finalement la tête. Castiel ne put alors s'empêcher de sourire.
- Il est hors de question que ma vie soit bouleversée par cet homme … ou par vous. Je veux pouvoir aller et venir à ma guise. Je n'ai pas l'intention d'annuler un seul de mes rendez vous parce que vous pensez que ce n'est pas sûr.
Castiel hocha aussitôt la tête. Il avait la sensation que Dean ne comprenait pas du tout le but recherché. Il ne voulait pas l'empêcher de vivre. Bien au contraire. Il décida donc de s'expliquer.
- Je ne suis pas là pour vous interdire quoi que ce soit. A vrai dire, c'est même tout le contraire. Mon rôle est de faire en sorte que vous puissiez mener votre vie normalement. Mais tout en étant parfaitement en sécurité.
- Et si la police ne retrouve pas cet homme ? Quoi ? Vous resterez ici indéfiniment ?
Castiel n'avait jamais eu d'assignation qui avait durée plus de six ou huit mois. Généralement, la menace finissait par être clairement définie et éliminée. Il n'était alors plus utile et partait. Il espérait que ce serait le cas avec Dean. Il ne se voyait pas travailler pour lui indéfiniment. Il était presque sûr qu'il finirait par le tuer si c'était le cas.
- Croyez moi, vous n'aurez pas à me supporter très longtemps. Cet homme finira forcément par faire une erreur et je serais là pour l'empêcher de recommencer. Ensuite, vous pourrez m'oublier et je pourrais trouver un autre client.
Dean se mordilla la lèvre une seconde avant de se lever de sa chaise. Il se dirigea vers une table dans un coin de la pièce et attrapa une carafe qui contenait un liquide ambré. De l'alcool très certainement. Du whisky probablement. Il en versa une quantité généreuse dans son café avant de porter la tasse à sa bouche. Castiel se garda bien de dire qu'il était probablement trop tôt pour boire de l'alcool. Après tout, Dean était adulte.
- Je préfère vous prévenir tout de suite. Je sors beaucoup et je rencontre énormément de gens tous les jours. Il est hors de question que vous les interrogiez tous. La plupart sont des personnes dont j'ai besoin pour continuer de travailler. Si vous les faites fuir, je vous le ferais payer.
Castiel sourit à nouveau. Il était amusé par le comportement de son client. Il savait très bien que sa présence l'énervait au plus haut point. Et ses menaces étaient risibles. Castiel était plus fort que lui et plus entraîné. Dean ne lui faisait pas peur.
- Je ne veux pas de vous ici et je ne ferais pas en sorte de vous aider à vous intégrer. Pas plus que je ne ferais tout pour vous mettre à l'aise. Il faudra vous y faire.
Castiel reprit sa tasse de café et en but une longue gorgée. Il était presque sûr que son calme énervait plus encore Dean. Le jeune acteur cherchait à le pousser à partir. A baisser les bras avant même de commencer son travail. Il ne réussirait pas.
- J'ai bien compris que ma présence vous gênait. Croyez moi, je suis parfaitement capable de me faire discret. Je suis presque sûr que vous finirez par oublier ma présence rapidement.
C'était une des choses que ses anciens clients lui disaient souvent. Castiel savait se rendre invisible. Il savait se faire oublier. C'était aussi ce qui faisait sa force. Les gens ne se méfiaient pas forcément de lui. Et ils avaient tort.
- Je ne suis même pas sûr de … enfin, je ne veux pas vous faire de peine mais … vous n'avez pas vraiment le profil d'un garde du corps. Pour commencer, vous être trop petit et … vous ne m'avez pas l'air très musclé. J'imaginais autre chose.
Castiel avait déjà entendu tout cela. Et il avait appris à ne pas s'énerver à chaque fois qu'on faisait référence à son physique. Même si cela continuait de le mettre hors de lui.
- Il n'est pas nécessaire d'être immense ou exagérément musclé pour savoir se défendre. Je suis extrêmement compétent Dean. N'en doutez surtout pas.
- Si vous le dites, accepta le jeune acteur en revenant s'asseoir à son bureau.
Il y avait plusieurs papiers éparpillés dessus. Sur certains étaient notés en gros et en rouge le mot « confidentiel ». Des scénarios probablement. D'autres comportaient plusieurs annotations probablement écrites de la main de Dean. Castiel n'avait aucune idée de la façon dont un acteur travaillait au quotidien. Il se demandait ce qui pouvait constituer la journée de son client quand il n'était pas sur un tournage.
- Parfait et maintenant, si vous le voulez bien, j'aimerais assez qu'on se mette au travail. J'ai quelques questions à vous poser.
Dean lui fit signe de parler de la main. Il ne le regardait toujours pas. Castiel n'y prêta pas attention.
- J'aimerais commencer par en savoir plus sur vos proches. Je sais que vous les connaissez tous depuis un moment mais ils restent une menace pour votre sécurité.
En entendant cela, Dean releva la tête et fronça les sourcils. Castiel savait que les gens n'aimaient pas qu'on leur dise que leurs amis étaient un danger. Généralement, ils étaient persuadés qu'ils étaient au contraire une bonne chose. Ils représentaient la sécurité. La promesse d'une vie normale malgré la célébrité.
- Désolé de vous le dire, mais on dirait le discours d'un homme qui n'a visiblement aucun ami. C'est triste pour vous mais ce n'est pas une raison d'être jaloux, commenta alors Dean.
Castiel ne se laissa pas déstabiliser par ce qui était clairement une critique. Son client cherchait définitivement à le faire sortir de ses gonds. Il ne réussirait pas. Mais son insistance commençait à énerver le garde du corps.
- J'ai des amis, assura t-il.
Ce n'était pas vraiment un mensonge mais ce n'était pas entièrement vrai non plus.
- Oh vraiment ? Et vous les avez fait passer au détecteur de mensonge avant de décider de les garder près de vous ? Parce que si c'est ce que vous envisagez avec les miens, je préfère vous dire tout de suite que c'est hors de question.
Castiel sourit en s'adossant à sa chaise.
- Le détecteur de mensonge n'est pas infaillible Dean. Je préfère ne pas y avoir recours. Je suis quelqu'un d'intuitif et je suis généralement capable de savoir rapidement si oui ou non quelqu'un est bien intentionné. Il suffit de savoir reconnaître les signes.
Pendant une seconde, Dean sembla déstabilisé. Il s'était probablement attendu à ce que Castiel s'emporte. Mais le garde du corps restait calme en toutes circonstances. Même quand on l'attaquait personnellement.
- Vos amis ont tellement de chance de vous avoir, jeta finalement Dean après quelques secondes de silence, l'ironie évidente dans son ton.
- Ils ne se plaignent pas, répliqua Castiel aussitôt.
A vrai dire, il n'avait qu'un seul ami. Il n'en avait pas besoin de plus. Il travaillait beaucoup et n'avait que très peu de temps à consacrer aux interactions sociales. Gabriel le faisait rire et le poussait à sortir quand il le pouvait. Castiel savait qu'il pouvait compter sur lui. C'était tout ce dont il avait besoin.
- Très bien, maintenant que nous avons éclairci ce point, revenons en à votre entourage. Je veux que vous me parliez de chacune des personnes qui sont amenés à venir chez vous. A commencer par votre frère.
Castiel aurait probablement du commencer par quelqu'un d'autre. Il se doutait que Dean n'apprécierait pas qu'il sous entende quoi que ce soit sur son frère. Ils étaient visiblement très proches l'un de l'autre. Mais le garde du corps savait – et il l'avait vécu lui même – qu'il était crucial de se méfier des membres de sa famille. Après tout, on ne les choisissait pas. Et ils se révélaient la plupart du temps plus cruels encore que des inconnus.
- Sammy est mon petit frère et il est au dessus de tous soupçons. Il est mon agent et mon meilleur ami. Il ne vous aurait jamais engagé si toutefois il me voulait du mal. Et … je l'ai élevé alors il n'a absolument aucun secret pour moi.
- Il est marié ? Fiancé ?
Dean soupira pour la centième fois depuis leur arrivée dans le bureau avant de secouer la tête.
- Il était fiancé mais Jess … elle est décédée. Depuis, il est seul. Vous voulez les détails sordides ?
Castiel se chargerait d'en apprendre plus sur cette histoire en s'adressant à la police. Il était connu de beaucoup d'inspecteurs à Los Angeles. Et il obtiendrait toutes les informations nécessaires. Il n'avait pas besoin de les demander à son client. Il supposait que le sujet devait être sensible.
- Célibataire donc, déclara t-il avant d'hocher la tête.
- Célibataire oui. Pourquoi ? Il vous intéresse ?
C'était une nouvelle pique et Castiel choisit une nouvelle fois de ne pas la relever. Il laissa quelques secondes à Dean pour se calmer avant de choisir d'enchaîner avec ses questions.
- Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur Gadriel ?
Dean vida sa tasse de café d'une traite avant de l'observer durant de longues secondes. Castiel ne chercha pas à le brusquer. Il savait que cela ne donnerait rien de bon.
- Je l'ai engagé il y a deux ans. Il était une unité spéciale, ne me demandez pas laquelle, je crois … dans l'armée. Il l'a quittée après une blessure et depuis, il … il travaillait dans un bar. Il m'a été recommandé par quelqu'un et je n'ai rien à redire sur son travail depuis qu'il est là. Il n'est pas forcément très souriant et parfois, il est … étrange mais c'est quelqu'un de bien.
Castiel hocha la tête sans rien dire. Il était surpris de constater que son client ne savait presque rien sur l'homme qui était visiblement chargé de sa sécurité. Il n'avait pas fait de recherche. Pas plus qu'il n'avait étudié son dossier. Il s'était contenté de croire ce que quelqu'un lui avait dit. Le garde du corps allait devoir se pencher sur le cas de l'ex militaire rapidement. Il avait un mauvais pressentiment le concernant. La première chose qu'il allait devoir chercher était la vraie raison de son départ de l'armée. Il était presque sûr que cela n'avait rien à voir avec une blessure.
- Parlez moi de votre jardinier, lança t-il ensuite pour encourager Dean à reprendre la parole.
Le jeune acteur le fit après un énième long – très long – soupire.
- Il n'est pas jardinier mais paysagiste et il s'appelle Garth … Garth Fitzgerald. Je le connais depuis que j'ai seize ans et c'est un ami proche. Il est doué dans ce qu'il fait. C'est le meilleur. Je sais tout de lui. Je veux dire … on a tout de suite accroché même si on était totalement différent. C'était un élève brillant et j'étais loin d'être aussi intelligent que lui. Il m'a beaucoup aidé au collège. Je lui dois beaucoup. Il est avec moi depuis le début.
- Il vit chez vous ?
Dean secoua la tête avant de reculer sa chaise pour croiser ses jambes. Il semblait toujours en colère. Mais parler de ses proches le faisait sourire. Il les aimait sincèrement. Castiel pouvait le lire sur son visage. Et dans la façon dont ses yeux brillaient dès qu'il parlait d'eux. Le garde du corps espérait sincèrement qu'aucun ne l'avait trahi. Il serait difficile pour lui de s'en remettre si c'était le cas.
- Pas vraiment non. Il a sa chambre mais il partage son temps entre la maison et son appartement. Je crois juste qu'il a parfois besoin de retrouver un peu de calme. Les choses vont très vite ici et ma vie est … disons que c'est la folie. Garth aime le calme. C'est aussi pour ça qu'il est devenu paysagiste. Il a une fascination maladive pour la nature. Il n'aime pas … il n'aime pas le strass et les paillettes qui vont de paire avec mon choix de carrière. Alors quand les choses deviennent trop … animées, il part pour quelques jours.
Castiel allait avoir besoin de savoir exactement ce que Garth faisait quand il quittait la maison. Il serait intéressant de demander à quelqu'un de le suivre. Juste pour s'assurer qu'il n'utilisait pas son temps libre pour contacter l'homme qui menaçait Dean. Le jeune paysagiste ne semblait pas être une menace. Mais Castiel préférait rester méfiant.
- Qu'est-ce que vous pouvez m'apprendre sur Benny ?
C'était un sujet sensible. Il ne pouvait pas en être autrement. Dean et Benny avaient eu une longue histoire et même si la séparation s'était faite en de bons termes, elle était peut être encore douloureuse. Mais Castiel devait aborder ce sujet. Benny pouvait parfaitement avoir décidé de se venger de son ex. Il lui avait longtemps demandé de révéler qu'ils étaient ensemble. Mais ce n'était qu'après leur séparation que Dean avait fait son coming out. Il était possible que son ex lui en veuille.
- Benny Laffite est mon ex et également un ami. On s'est rencontré au tout début de ma carrière. Je commençais juste à percer et lui était cuisinier dans un restaurant que je fréquentais souvent. C'est lui qui a fait le premier pas et lui qui a pris toutes les initiatives. A l'époque, je refusais d'admettre que je pouvais être gay. Mais il a insisté. On a été ensemble pendant six ans. C'était bien. Mais je ne voulais pas que cela soit public et lui en avait assez de se cacher. Je crois que ça a fini par tuer les sentiments qu'on avait l'un pour l'autre. On s'est séparés il y a quelques mois. Mais on continue à se voir régulièrement. C'est … il a son propre restaurant à présent. C'est quelqu'un de bien.
Castiel allait avoir besoin de se renseigner sur l'établissement que Benny dirigeait. Il était parfaitement envisageable qu'il ait rencontré des soucis financiers. Qu'il ait choisi d'en soutirer un maximum à Dean en le faisant chanter … en lui faisant peur. Il n'y avait pas encore eu de demande de ce genre mais Castiel ne pouvait écarter aucune hypothèse. Benny avait plusieurs raisons de s'en prendre à son ex. Il était un suspect important dans cette histoire.
- Vous vous fichez de ce que je vous dis n'est ce pas ? Vous allez enquêter sur tout le monde même si je vous assure qu'ils ne sont pas impliqués ?
Castiel hocha la tête parce qu'il était totalement inutile de mentir. Dean devait savoir qu'il se renseignerait sur ses proches. C'était la procédure habituelle. Peu importait que cela l'énerve. Il en allait de sa sécurité et il devrait finir par l'accepter. Mais pour le moment, il était en colère.
- Je vous l'ai dit … les proches sont le plus souvent une faiblesse. Je ne suis pas en train de dire que l'un d'entre eux est à l'origine des menaces reçues mais … c'est une possibilité. Et il est également possible que votre harceleur s'en prenne à eux pour vous atteindre. J'ai besoin d'en savoir un maximum sur eux afin de m'assurer que tout se passe bien.
Dean sortit alors un paquet de cigarettes d'un tiroir de son bureau. Il batailla ensuite plusieurs secondes avec son briquet avant de réussir à l'allumer. Castiel recula aussitôt pour ne pas recevoir la fumée en plein visage. Il savait que Dean ne lui avait pas demandé si cela le dérangeait volontairement. Il ne dit rien.
- Parlons de votre assistante maintenant, lança t-il en regardant Dean expirer la fumée par le nez.
Le jeune acteur leva les yeux au ciel, visiblement agacé.
- Jo … Joanna Beth Harvelle pour être plus exact mais je ne peux que vous encourager vivement à l'appeler Jo … elle … c'est comme ma petite sœur. Je la connais depuis qu'elle est née. On a grandi côte à côte et sa mère … Ellen … est comme une mère pour moi aussi. Je lui ai proposé de travailler pour moi quand j'ai commencé à avoir du succès principalement parce qu'Ellen était inquiète pour elle. C'est la meilleure décision que j'ai prise de ma vie.
Castiel fronça les sourcils en apprenant cela. C'était un point qu'il devait absolument éclaircir.
- Comment ça inquiète ?
Dean tira une nouvelle bouffée de sa cigarette avant de chasser sa cendre dans sa tasse vide. Il se passa ensuite la langue sur les lèvres et Castiel détourna les yeux pour la première fois. Il était suffisamment à l'aise avec ses choix de vie pour reconnaître que Dean était séduisant. Il ne devait toutefois pas se laisser distraire. Dans d'autres circonstances, il n'aurait pas été contre l'idée de séduire Dean. De le ramener chez lui et de coucher avec lui. Mais il était son client et cela n'était définitivement pas à l'ordre du jour.
- Jo avait de mauvaises fréquentations. Sa mère tient un bar pour routiers et pour les gens de passage et sa fille avait tendance à être fascinée par ces hommes. Elle ne voulait pas s'installer et détestait l'idée même de mener une vie stable. Ellen espérait qu'en travaillant pour moi, elle reviendrait sur sa décision de partir pour découvrir le monde. De toute évidence, ça a marché puisqu'elle vit à présent chez moi. Mais n'allez pas imaginer qu'elle représente une menace simplement parce qu'elle fréquentait des gens peu recommandables quand elle était encore trop jeune pour réellement savoir ce qu'elle voulait faire de sa vie. C'était une gamine influençable et elle a changé.
Castiel hocha la tête. Il allait vérifier tout cela bien sûr. Mais pour le moment, il nota mentalement tout ce que Dean lui apprenait.
- Elle a quelqu'un dans sa vie ?
- Personne à ma connaissance. Elle sort beaucoup mais elle n'a jamais eu de relation sérieuse.
Castiel était un peu dans le même genre de situation qu'elle. Il refusait de s'engager avec quelqu'un et se contentait d'aventures d'un soir. Cela lui convenait parfaitement. Il ne jugerait pas Jo sur ce point. Mais il allait toutefois devoir s'assurer qu'elle ne fréquentait pas des gens qui chercheraient à l'utiliser pour atteindre Dean.
- Très bien … Robert Singer maintenant. Vous êtes proches ?
Quand il prononça ce nom, Castiel vit le visage de Dean se détendre considérablement. Le garde du corps nota ce détail. De toute évidence, il existait un lien particulier entre le jeune acteur et l'homme qu'il avait engagé pour s'occuper de ses nombreuses voitures.
- Bobby est … ok, c'est comme un père pour moi. Il m'a quasiment élevé. Je suppose que vous le savez déjà mais mes parents sont … ma mère est morte quand j'avais quatre ans et mon père ne s'est jamais vraiment occupé de nous. Il s'est tué il y a quelques années. Bobby était celui chez qui on vivait quand on était enfants. Il avait un garage et … il m'a appris tout ce que je sais sur les voitures. Quand je suis venu habiter ici, je lui ai demandé de me suivre. J'avais besoin de lui et … je lui fais entièrement confiance.
Castiel comprenait mieux à présent la réaction du jeune acteur quand il avait évoqué Bobby. Le garde du corps n'avait pas l'intention de rayer cet homme de la liste des suspects. Mais il ne le voyait pas capable de faire quoi que ce soit contre Dean. Du moins, c'était ce que son intuition lui disait. Il avait appris à lui faire confiance. Elle ne le trompait jamais.
- Il doit avoir beaucoup de travail. J'ai vu que vous aviez beaucoup de voitures et de motos dans votre garage.
Dean sourit, visiblement soulagé que Castiel n'insiste pas sur Bobby. Le garde du corps enquêterait sur lui. Mais il était inutile d'interroger son client plus amplement sur celui qui était un peu comme son « père ».
- La plupart ne sont pas réellement à moi. Je les ai achetés mais je ne les conduis jamais. Il y en a une à Sammy et une pour Jo. Et … à vrai dire, la seule voiture que j'utilise vraiment quand je conduis est la Chevrolet qui se trouve à l'extérieur. C'était celle de mon père. Mais elle ne fait pas suffisamment … luxueuse selon certains. Alors j'avais besoin d'un autre véhicule pour mes rendez vous. Les motos sont celles de Benny. Je les garde pour lui parce qu'il n'a nul part où les entreposer et il ne s'en sert que rarement.
Castiel repensa alors à l'énorme voiture noire qu'il avait remarqué en arrivant. Il avait tout de suite pensé en la voyant qu'elle faisait tâche dans le décor. Elle était ancienne mais pas suffisamment pour faire partie d'une collection. Elle était parfaitement entretenue et visiblement en état de marche. Mais il avait imaginé Dean au volant d'une Ferrarri ou d'une Porsche. Certainement pas d'une vieille Chevrolet. De toute évidence, il s'était trompé.
- Les apparences sont importantes dans votre métier, constata t-il alors.
Dean haussa les épaules. Il tenait toujours son mégot entre ses doigts mais il était éteint depuis un moment maintenant. Il ne semblait pas l'avoir réalisé.
- Elles le sont beaucoup trop si vous voulez mon avis. C'est une des choses que je déteste dans mon métier. Je ne l'ai pas choisi pour avoir une belle voiture ou une belle maison. J'aime ce que je fais parce que j'adore l'idée d'incarner un personnage … d'apprendre à le connaître … de lui construire une histoire … une personnalité. Alors bien sûr, l'argent facilite grandement les choses. Je ne m'en plains pas. Mais il complique aussi beaucoup les relations que je peux être amené à avoir avec les gens. Ils se font des idées. Il m'imaginent prétentieux et arrogant. Superficiel. Ils se trompent. Je continuerais ce métier même si je devais le faire gratuitement.
Castiel se sentit un peu honteux en constatant que c'était exactement ce qu'il avait imaginé en apprenant qu'il allait être amené à rencontrer Dean. C'était l'image qu'il avait de toutes les personnes qui gravitaient dans ce milieu. Il savait que c'était probablement faux pour certains. Mais c'était vrai pour la plupart. Il était déterminé à laisser une chance à Dean de lui prouver qu'il était différent des autres.
- Ca ne doit pas être facile je suppose, admit il en reportant son attention sur son client.
Dean ricana une seconde.
- Ca ne l'est pas non. Mais je n'ai aucune raison de me plaindre. Il y a plus malheureux que moi. Ce serait indécent de ma part de me morfondre quand il y a des gens qui meurent de faim partout dans le monde.
Castiel aimait ce qu'il entendait. Mais il savait que certains ne tenaient ces propos que pour faire penser qu'ils se souciaient des autres. Pour donner une bonne image d'eux même. Il espérait que ce n'était pas le cas de Dean.
- D'où votre engagement, souleva t-il, curieux.
- D'où mon engagement oui, approuva Dean. J'ai de l'argent et un nom connu de beaucoup. J'estime qu'il est de mon devoir de l'utiliser pour aider les autres. J'en suis là grâce à ces gens. Je leur dois tout. Je veux juste le leur rendre autant que possible.
Castiel avait conscience que la conversation avait dévié de son but originel. Mais il était fasciné par ce que Dean disait. Fasciné par la personne qui se cachait derrière l'acteur connu. Il avait envie de connaître cet homme. Envie d'en savoir plus son passé. Sur ses blessures. Sur ses rêves. Et c'était dangereux. Parce qu'il ne devait surtout pas s'impliquer. Il ne devait pas voir Dean comme un ami – ou plus d'ailleurs – quand il était avant tout un client.
Le garde du corps hocha donc la tête avant de choisir d'en revenir à son interrogatoire.
- On m'a également dit que vous aviez une conseillère en image … Pamela Barnes ?
Dean sourit en entendant ce nom. S'il n'avait pas été gay, Castiel l'aurait soupçonné d'avoir un faible pour elle.
- Pamela est géniale. Je la connais depuis quatre ans. C'était une amie de Bobby. Elle … elle est médium aussi même si j'ai un peu de mal à croire à tout cela. On a les mêmes goûts en matière de musique et elle sait ce qui est à la mode ou non. Je lui fais confiance sur ce point. C'est pour ça que je l'ai engagée. Si j'étais hétéro, je tenterais probablement de la mettre dans mon lit.
Castiel ne put s'empêcher de rire et pendant une seconde, le sourire de Dean s'élargit plus encore. Il redevint toutefois sérieux assez rapidement.
- Pamela a vécu longtemps avec un homme qui la battait. Elle est forte mais elle a vécu l'enfer. Je vous interdis de parler de tout ça avec elle. Je vous interdis de lui rappeler de mauvais souvenirs quand elle commence juste à s'en remettre.
Castiel approuva d'un signe de la tête. Il était consciencieux et n'épargnait personne. Mais il n'était pas un monstre. Il n'avait pas l'intention de faire du mal à la jeune femme en évoquant son passé avec elle. Il allait toutefois devoir se pencher sur le sujet. Si son ex était toujours en liberté, il pouvait parfaitement être l'auteur de ces menaces.
- Je peux vous garantir que je ne ferais rien pour la mettre mal à l'aise ou raviver de mauvais souvenirs.
Dean ne semblait pas convaincu mais il ne dit rien de plus.
- Est-ce qu'il y a d'autres personnes amenées à venir régulièrement chez vous et que nous n'aurions pas encore évoquées ensemble ? Demanda le garde du corps pour changer de sujet.
Son client prit quelques secondes pour réfléchir. Il en profita pour allumer une nouvelle cigarette qu'il commença à fumer en silence. Castiel le laissa une nouvelle fois faire. Il utilisa ce temps pour observer le jeune acteur. Il n'aurait pas du. Car il était attiré physiquement par lui. C'était une possibilité qu'il n'avait pas envisagée en choisissant de le rencontrer. Il savait se contenir. Il était parfaitement capable de côtoyer un homme séduisant sans se jeter sur lui. Mais c'était tout de même un problème. Il allait vivre avec Dean. Allait être amené à en apprendre beaucoup sur lui. A le voir dans toutes les situations. Et son attirance ne devait surtout pas se mettre en travers de son chemin.
- Et bien il y a les femmes de ménage qui viennent plusieurs fois par semaine. Je vous donnerais le nom de la société qui les emploie et leur planning mais … non, c'est tout.
Castiel hocha à nouveau la tête. Ils avaient franchi une première étape. Castiel allait devoir à présent se mettre au travail. Il avait quelques recherches à faire afin d'écarter les proches de Dean de la liste des suspects. Il avait également besoin de contacter la société de sécurité pour faire vérifier l'installation. Il avait beaucoup de choses à mettre en place.
- Je vais demander à Gabriel de faire livrer mes affaires. Je dois m'installer aujourd'hui afin de ne pas perdre de temps.
- Vous allez vraiment vivre chez moi alors ?
Dean semblait surpris même s'ils en avaient parlé un peu plus tôt. Castiel savait que ça ne devait pas être facile pour lui de faire entrer un inconnu dans sa maison. De cohabiter avec lui alors qu'ils se connaissaient à peine. Mais c'était nécessaire.
- Considérez moi comme un employé de plus si cela peut rendre les choses plus faciles pour vous, proposa Castiel en souriant.
Le jeune acteur soupira à nouveau.
- Vous êtes un employé de plus, rétorqua t-il un peu froidement. Mais tous mes employés ne vivent pas chez moi … uniquement ceux que j'apprécie et que je connais.
Castiel ne cherchait pas à se faire apprécier de Dean. Il n'était pas là pour devenir son ami ou son confident. Cela ne lui posait pas de problème qu'il ne le voit que comme un employé. Un subordonné.
- Je sais que l'idée ne vous plait pas et je sais que vous ne m'aimez pas beaucoup. Mais cela ne m'empêchera pas de faire mon travail et de le faire bien.
Dean haussa les épaules avant de détourner les yeux.
- Je préfère vous prévenir … je me couche très tard et je me lève généralement très tôt. Je suis bruyant et souvent de mauvaise humeur … surtout le matin. Je suis presque sûr que vous ne pourrez plus me supporter après la première semaine.
Castiel sourit, amusé par cette énième tentative de Dean de lui faire prendre la fuite. C'était idiot et n'avait aucune chance de fonctionner. Mais le jeune acteur était tenace.
- Comme je vous l'ai déjà dit, peu importe que vous m'appréciez ou non Dean. Et l'inverse est également vrai. Je n'ai pas besoin de vous apprécier pour vous protéger. Ce serait un plus qu'on puisse s'entendre ou au moins se supporter parce qu'on va être amené à se voir souvent mais … je ferais avec ce que vous me donnerez.
Dean acquiesça toujours sans regarder Castiel. Ce dernier se sentit alors obligé de reprendre la parole.
- Quant à votre emploi du temps, ne vous inquiétez pas. Je m'adapterais. Je ne veux pas que vous changiez vos habitudes pour moi.
- Je n'en avais pas l'intention, répliqua Dean en se levant de sa chaise.
Il termina rapidement sa cigarette avant de se passer une main sur le visage.
- Très bien je vais vous montrer votre chambre alors. J'ai du travail qui m'attend et pas de temps à perdre.
Castiel se leva à son tour et suivit Dean à l'extérieur du bureau. Ils remontèrent un premier couloir puis une second avant de descendre les escaliers. Le jeune acteur passa devant sa chambre et s'arrêta vers la porte de la pièce adjacente.
- J'aurais préféré vous installer à l'opposé de ma chambre mais je suppose que vous allez insister pour rester proche de moi, constata t-il un peu à contre cœur.
Castiel acquiesça alors.
- Il serait préférable que je ne sois pas loin effectivement. Il faut que je puisse intervenir rapidement si nécessaire.
Dean secoua la tête puis ouvrit la porte. Castiel pénétra alors dans la pièce qui allait lui servir de chambre pour les prochaines semaines. L'endroit était spacieux et joliment décoré. Le lit était immense et semblait particulièrement confortable. L'argent avait visiblement du bon.
- Vous avez votre propre salle de bains et un dressing pour vos affaires. J'espère que ça vous ira.
Castiel avait vécu dans des endroits bien pires que celui là. Il avait un appartement dont la surface totale devait à peine dépasser celle de cette pièce. Il n'avait pas à se plaindre. De surcroît, il ne passerait probablement que très peu de temps dans cet endroit. Il aurait plus important à faire.
- Bon et bien … je … je vais vous laisser vous familiariser avec les lieux et je … je dois retourner travailler. Si vous me cherchez, je serais dans mon bureau. Evitez de me déranger si possible. Si vous avez la moindre question, adressez vous à Sam. C'est lui qui est responsable de vous à partir de maintenant.
Sur ces mots, Dean quitta la pièce sans laisser le temps à Castiel de dire quoi que ce soit. Le garde du corps le regarda partir avant de se diriger vers la fenêtre qui donnait sur l'extérieur. La vue était agréable et donnait sur l'immense terrain derrière la maison. Il y avait une piscine pas loin. Et une vaste terrasse. C'était un bel endroit. Castiel ne pouvait pas le nier. Mais il n'aimait pas forcément les grands espaces. Ils comportaient trop de cachettes.
Le garde du corps soupira puis visita le reste de la pièce. Le dressing était suffisamment grand pour ses affaires. La salle de bains était parfaitement équipée et visiblement neuve. Castiel doutait que quelqu'un ait déjà utilisé cette chambre. Dean devait préférer avoir ses proches un peu plus loin. C'était un moyen de préserver son intimité. Mais à présent, il ne serait plus séparé de Castiel que par un mur.
Castiel sortit de la salle de bains puis s'assit sur le lit. Il sortit ensuite son téléphone de sa poche et appela Gabriel. Son ami fut surpris d'apprendre qu'il avait choisi d'accepter de travailler pour Dean. Il accepta de lui faire livrer ses affaires puis lui fit promettre de le tenir rapidement au courant de l'évolution de la situation. Castiel le lui jura avant de raccrocher.
Il appela ensuite la société de sécurité avec laquelle il travaillait et demanda à ce qu'un technicien passe le lendemain pour faire les modifications nécessaires. Il était inutile de le faire venir immédiatement. Castiel devait encore refaire le tour de la maison et noter soigneusement tous ses points faibles. Il devait ensuite rencontrer les amis de Dean présents dans la maison et se présenter à eux. Castiel voulait s'intégrer pour ne pas avoir à se soucier d'eux. Il avait besoin de se concentrer sur sa mission et cela nécessitait qu'il fasse parti du décor. Qu'il se fonde dans le moule et se fasse oublier.
Le garde du corps s'allongea finalement sur le lit et prit quelques secondes pour se remémorer toutes les choses que Dean lui avait dites depuis leur rencontre. Il était évident qu'il n'était pas le bienvenue. Evident que le jeune acteur ferait tout pour le pousser à bout. Pour le contraindre à démissionner. Dean était quelqu'un de tenace et de buté. Mais Castiel l'était plus encore. Il n'avait jamais échoué avant et n'avait pas l'intention de commencer maintenant.
