Bonjour tout le monde !
Avant tout, je souhaite remercier toutes les personnes ayant pris le temps de me laisser une review, ça m'a fait vraiment plaisir ! J'espère que ma fiction, au thème courant, sera à la hauteur de vos espérances. Et j'espère aussi que vous m'en voulez pas trop de tout ce que je fais subir à John. :(
Je profite donc de ce magnifique jour férié pour vous poster la suite. C'est tellement mieux d'écrire plutôt que de réviser le bac qui approche. \o/
Alors alors, je tiens à signaler que ce chapitre peut faire de mon Sherlock quelqu'un d'OOC pour certains. Mais personnellement, c'est comme ça que je vois ses réactions quand il est arrivé quelque chose de grave à John. Car après tout, c'est son "pressure point", n'est-ce pas ? Ah, et d'ailleurs, j'avais oublié de préciser la période durant laquelle se passer ma fiction. On va dire que ce qui est arrivé à John remplace ce qui est arrivé à Sherlock à la fin de la saison 2.
Bonne lecture !
Aucune réponse depuis plus de dix minutes. Sherlock commençait sérieusement à s'impatienter. Cela faisait plusieurs mois que c'était le néant total au niveau des affaires, et maintenant qu'il en avait trouvé une sortant du lot, son cher assistant mettait un temps fou pour rentrer de son travail. Les mains sous le menton, signe de réflexion, celui-ci mobilisa ses efforts pour rester le plus calme possible, tout en réfléchissant au meurtre dont il devait éclaircir les origines. Scotland Yard accusait le fils, mais ce n'était pas l'avis de Sherlock. L'avis de Sherlock n'étais jamais le même que celui de Scotland Yard de toutes façons.
Aucune réponse depuis plus de vingt minutes. Cela rendait l'absence de John de plus en plus inquiétante. Sortant de ses pensées, Sherlock se dirigea vers la fenêtre et inspecta Baker Street. Personne. Il se décida à appeler directement John, même s'il avait horreur de ça. Les messages étaient plus courts, plus rapides, plus précis que les appels. Le répondeur retentit instantanément. Il y avait définitivement un problème. Les pannes de réseaux étaient tellement rares à Londres que cela rendait ce facteur impossible. Quant au fait de l'épuisement de batterie, Sherlock savait pertinemment que John chargeait son téléphone toutes les nuits, alors qu'il restait toujours plus de la moitié de la batterie. L'avantage des vieux appareils. Cette hypothèse fut donc vite écartée à son tour.
Que devait-il faire ? Il était rare que Sherlock ne savait pas quelle décision prendre. Mais cette situation ne lui était jamais arrivée, du fait du peu nombre d'amis qu'il avait. S'inquiéter pour quelqu'un n'était pas vraiment dans ses habitudes. Devait-il appeler la police ? Ou alors aller le chercher lui-même en retraçant le trajet qu'un bon taxi ferait pour l'amener ici ? Ou encore tout simplement rester ici, et attendre encore un peu ? De multiples idées se bousculaient dans son palais mental. Il en éliminait quelques unes par de simples gestes, mais en gardait tout de même une petite liste.
Finalement, il décida de sortir. Peut-être serait-il plus inspiré dehors ? Il l'espérait.
A peine eut-il mis son célèbre manteau qu'il entendit son téléphone sonner. Surpris et content à la fois, il répondit précipitamment, sans même regarder qui l'appelait. Au fond de lui, Sherlock était sûr que c'était John. Ou peut-être, était-ce son espoir si grand qui lui faisait penser cela... Il était tellement soulagé qu'il l'appelait enfin qu'aucun mot ne sortit de sa bouche. Il voulait juste entendre la voix de John lui expliquer l'origine des troubles survenus dans la soirée. Quelle fut sa surprise et sa déception lorsqu'il perçut une voix féminine à l'autre bout du fil...
- Allo, Sherlock ? C'est Molly, continua-t-elle en voyant que le concerné ne répondait pas. Tu m'entends ?
- Oui, oui je t'entends, se reprit-il d'une voix neutre.
- Je... Je ne sais comment... C'est difficile par téléphone... Pourrais-tu venir à l'hôpital s'il te plaît ?
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec une once d'inquiétude dans sa voix.
- Je te dirai sur place.
- C'est à propos de John ?
- Oui... Viens s'il te plaît... articula-t-elle avant de raccrocher.
Sherlock resta figé quelques instants, comme si le mur en face de lui était devenu tout à coup intéressant. John... Hôpital... Ces deux éléments ne pouvaient être la conséquence que d'une seule chose : un accident. De plus, la voix de Molly et sa difficulté à s'exprimer signifiaient qu'il n'était pas des moindres. A la seconde où il en arriva à cette conclusion, Sherlock sortit et se mit à courir au plus vite vers l'hôpital. A cette heure-là, aucun taxi ne viendrait à lui sur Baker Street : il fallait qu'il aille sur un des grands boulevards londoniens s'il voulait en trouver un. La neige, fraîchement tombée, le ralentissait. Tomber et se casser quelque chose maintenant était la pire chose à faire. Ainsi, il décida de continuer sa course à même la route, celle-ci étant moins glissante que les trottoirs. Du fait de sa motivation et de la place très avantageuse qu'occupait leur appartement dans Londres, il arriva très vite sur Peddington, quartier où il était déjà plus facile de trouver un taxi. Ce fut confirmé : après seulement une minute, Sherlock en trouva un. Il monta rapidement dedans et spécifia l'hôpital Barts au chauffeur, en précisant que c'était très urgent.
La route lui parut particulièrement longue alors que, au contraire, le chauffeur se montra très réceptif à cette idée d'urgence et fit de son mieux pour mettre le moins de temps possible à le mener jusqu'à destination. Lorsque cet objectif fut accompli, Sherlock donna des billets sans les compter au chauffeur, et courra vers l'entrée de l'hôpital. Dedans, il n'hésita pas une seconde et se dirigea vers les escaliers - il ne voulait pas perdre de temps à attendre l'ascenseur - et descendit jusqu'à l'étage où travaillait Molly, et lui-même par occasion.
Arrivé à cet étage, la première chose qu'il vit était des hommes, au fond du couloir, portant un lit où se trouvait un homme emballé dans un sac. Un homme mort. Sherlock pensa directement à son ami. Son cœur se mit à battre à tout rompre, sensation peu habituelle pour lui. Non. John ne pouvait pas être mort. C'était impossible... Ou du moins, il ne voulait pas que ce soit possible.
Sherlock avait l'impression d'être enraciné au sol blanc de cet hôpital. La peur et l'angoisse lui empêchaient tout mouvement. Il restait donc là, à penser à John. Son ami. Son seul véritable ami. Mort. Non, ça sonnait faux. Ca ne pouvait pas se passer comme ça. Ca ne pouvait pas se terminer comme ça. Durant ces instants à méditer sur la destinée de John, les hommes avaient disparu du champ de vision de Sherlock. Ceci redonna vie à ses jambes, ce qui lui permis de rattraper ces gens qui emmenaient son ami loin de lui. Durant cette ultime course, il murmura « John » à répétition, pour se redonner espoir sans doute.
Mais quelqu'un l'arrêta.
- Sherlock ! s'écria une voix familière.
Le concerné eut le temps de reconnaître Molly, mais ne lui répondit pas et reprit sa poursuite. La discussion pouvait attendre, il voulait voir John. Uniquement lui. Celle-ci, après quelques secondes, comprit le quiproquo et se mit elle-aussi à courir.
- Sherlock ! répéta-t-elle en essayant de le rattraper. Ce... ce n'est pas John ! Le défunt, ce n'est pas lui ! John n'est pas mort !
A l'entente de ces paroles, il s'arrêta brusquement, reprenant enfin son souffle. Molly freina au dernier moment, évitant tout juste la collision. Sherlock se retourna vers elle, lui adressant un regard interrogateur pour en savoir plus. Mais derrière celui-ci se cachait un immense soulagement. Pas mort. Il en était convaincu depuis le début. Et cela se confirmait. Ces deux mots lui procurèrent un sentiment de bonheur qu'il n'avait jamais connu auparavant. Ce n'était pas le semblant de bonheur qu'il ressentait lorsqu'il trouvait une affaire intéressante et la résolvait. C'était différent. C'était encore mieux. Mais il relativisa très vite. Si Molly ne voulait pas expliquer le cas de John au téléphone, cela signifiait qu'il n'était pas au meilleur de sa forme, bien au contraire... Ainsi, sa joie intérieure redescendit très vite. Molly le fixa, réalisant qu'il était temps d'expliquer ce qui était arrivé à son ami. Et Dieu sait qu'elle n'était pas une professionnelle de l'éloquence..
- Oui, John n'est pas mort, répéta-t-elle. Mais... Il n'est pas vraiment en vie non plus. Enfin, je veux dire... Il... Il est dans le coma.
Molly eut de la difficulté à prononcer cette dernière phrase. Sherlock n'eut pas de réaction. Il continuait de la regarder, de son air impassible. Mais au fond de lui, l'inquiétude, qui avait disparue pendant quelques minutes, venait de réapparaître. John était entre la vie et la mort... Cruelle vérité, cruelle vie. Son ami ne méritait pas ça. Il était la dernière personne à mériter ça.
- Il a eu un accident, reprit-elle suite à l'absence de réaction de Sherlock. Un camion a heurté le taxi où il était... Violemment. La personne qu'ils emmenaient à la morgue, c'était le chauffeur...
- Montre-moi la chambre de John, coupa Sherlock.
Celle-ci s'exécuta, et le guida jusqu'aux ascenseurs. Il aurait préféré les escaliers, mais peut-être que le temps d'attente lui serait utile pour reprendre ses esprits. Car oui, il était un peu perdu. Beaucoup trop d'émotions l'avaient traversé en cette soirée, et ça n'était pas encore fini. Ces états, sortant de sa routine, ne se révélaient pas très agréable. C'était dans ces moments-là qu'il se rendait compte que son frère disait vrai : se soucier des autres était une véritable faiblesse. Mais il ne pouvait pas faire autrement. Devenait-il humain ? Ou bien l'a-t-il toujours été, mais n'a jamais voulu l'avouer ?
Plongé dans ses pensées, il ne s'était pas rendu compte qu'il était arrivé à destination, devant la porte de la chambre de John. Sherlock appréhendait la rencontre. Se retrouver devant le corps inanimé de son ami. Jamais il n'avait imaginé y être confronté.
- Normalement, il ne peut pas recevoir de visites. Mais, j'ai insisté, et, grâce à moi, vous pouvez le voir ! s'exclama Molly, fière d'elle.
- Merci Molly.
Et il entra.
John, allongé. Relié à divers machines, à diverses sources de soin. Un bandage enroulant sa tête. Une minerve. Le peu de visage qu'il voyait était mutilé. Des « bips » réguliers retentirent, signe qu'il respirait. Mais est-ce que cela durerait ? Évidemment, John était un homme fort. Il a survécu à la guerre, il survivrait à un accident.
Sherlock resta dans l'encadrement de la porte quelques instants. Puis, après un certain moment à contempler son ami, il vint s'asseoir à ses côtés, et continua de l'observer, impassible. Il commença à analyser ce qui « soignait » John, afin de trouver ce qu'il avait exactement. Les déductions furent faciles.
- Un traumatisme crânien, les deux clavicules cassées, les côtes aussi, énuméra-t-il. Le bas de son corps n'a pas trop de séquelles. Peut-être une jambe cassée, c'est dur à dire. Elles sont cachées sous la couverture. Mais je ne pense pas, sinon ils l'auraient surélevée.
Non, Sherlock ne parlait pas tout seul. Il avait senti la présence de Molly à ses côtés, grâce à son parfum habituel. Il attendait une confirmation et des précisions de sa part.
- Ses jambes vont bien, commença-t-elle. Mais ce n'est pas le cas de sa tête. D'après ce que j'ai entendu, quand les médecins discutaient de son cas, son traumatisme crânien est... très grave. Ils vont même jusqu'à dire que... ils sont étonnés qu'il vive encore.
Aucune réponse. Un silence régna pendant quelques minutes. Puis Sherlock se leva.
- Je ne vais pas rester plus longtemps. Les médecins doivent avoir encore un tas d'examens à lui faire passer. Je reviendrai demain. Je reviendrai tous les jours.
Il embrassa la joue de Molly en la remerciant à voix basse, puis sortit de l'hôpital.
Ce fut à pieds qu'il revînt chez lui. Cette marche, sous les doux flocons de ce mois de décembre, lui permettait de réfléchir. De multiples pensées traversèrent son esprit. Une d'elle était récurrente. « Il guérira. » C'était une évidence. S'il n'était pas mort sur le coup, ça voulait dire qu'il avait encore quelque chose à effectuer dans ce monde.
Lorsqu'il arriva chez lui et entra dans le salon, la première chose qu'il vit était son portable. Sous le coup de la précipitation, il l'avait complètement oublié. Ainsi, Sherlock le prit et s'installa confortablement dans son fauteuil, dans le but de relire les messages qu'il avait envoyé. Ils lui étaient complètement sortis de la tête, et il voulait se les remémorer.
Prends le taxi, pas le métro.
SH
A la lecture de celui-ci, il trembla. Ces six mots, il dût les relire plusieurs fois avant de se rendre compte de leur gravité. Tout était à cause de ce message. L'accident. Le traumatisme crânien. Le coma. Tout. Ces six mots avaient scellé le destin de son ami. Sans ces six mots, ils seraient actuellement en train de réfléchir à cette fameuse affaire de degré 8, ensemble. Mais non, Sherlock aussi impatient et égoïste qu'il était en avait décidé autrement.
Ce message lui était devenu insupportable à lire. Il le dégoûtait. Sherlock se dégoûtait. Sa respiration était devenue plus intense. John ne méritait pas quelqu'un comme lui, Stamford n'aurait jamais dû le lui présenter, se disait-il.
Le bruit d'un téléphone se brisant contre un mur retentit. Sherlock l'avait lancé de toutes ses forces contre le mur qui arborait le fameux smiley. Comment ce smiley pouvait-il encore sourire avec ce qui venait de se passer ? Sherlock voulait l'effacer. Personne n'avait le droit de sourire dans cette pièce. Pas même un dessin.
Sherlock resta toute la nuit dans son fauteuil, la tête dans ses mains, une profonde haine en lui. Il ne trouva pas le sommeil, malgré une fatigue intense. Comment le pouvait-il, après tout ?
