Wouh ! Quel plaisir de vous retrouver et d'avoir autant de soutient et d'encouragements ! Vos reviews m'ont vraiment donné le sourire et la pêche.
J'ai essayé de répondre au maximum de questions qui m'ont été posées (sans pour autant trahir le suspense) et j'espère que ce chapitre apportera lui aussi son lot de réponses.
Je vous rappelle l'existence du blog (lien sur mon profil), et si vous voulez un "extra" sur le chapitre (du genre photo) demandez-le et je verrai ce que je peux faire.
Et puis un grand merci à Solenn, fan de twa, saarah et Lily Rose pour leurs reviews sur le premier chapitre !
Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Cette histoire et les modifications apportées au sujet d'origine sont entièrement miennes.
- Chapitre 2 -
- Ma décision -
Samedi 13 septembre 2008
Deux ans et vingt et un jours plus tard …
Peter installé dans sa chaise haute à côté de moi, Charlotte sur mes genoux les mains tendues vers les petites flammes et Kate greffée à ma hanche, je me penchais sur mon gâteau d'anniversaire, prête à souffler mes vingt-sept bougies comme venait de le faire Alice.
A grand renfort de postillons -merci à ma nièce- et accompagnées par les cris d'excitation des jumeaux, Katelyn et moi éteignîmes les bougies en quelques secondes.
« Bravo ! » S'exclama-t-elle en tapant dans ses mains avec enthousiasme.
« Oui bravo Bella, tu as réussi à survivre jusqu'à tes vingt-sept ans ! » Me taquina Jasper.
En grimaçant, je lui tendis sa seconde fille qu'il réinstalla dans sa chaise haute alors qu'Alice récupérait un biberon de lait qu'elle enfourna dans la bouche du petit Corin vieux de sept semaines.
Quelle surprise ça avait été de découvrir que ma sœur attendait des jumeaux, bien que ce ne fut pas trop étonnant, la gémellité pouvant être génétique. Charlotte et Peter avaient rejoint le monde avec un mois d'avance mais en parfaite santé, et Kate s'était émerveillée de voir deux bébés au lieu d'un seul. Elle avait eut la petite sœur demandée, et deux fois plus d'occasions de jouer à la maman.
Contrairement à beaucoup d'enfants, elle avait très bien vécu l'arrivée de deux nouveaux centres d'attention dans la famille. Il faut dire que ses parents y avaient durement travaillé.
La naissance de Corin fut néanmoins plus compliquée. Les jumeaux n'avaient pas encore dix-huit mois et demandaient beaucoup de soins, de plus le dernier de la fratrie se trouva être un bébé exigeant. On demanda donc à Kate, maintenant âgée de quatre ans, de faire preuve d'un peu plus d'autonomie. Imperceptiblement pour certains, mais de manière flagrante pour moi, elle se rapprocha de sa tatie Zaza, alias moi, Isabella. C'était très léger, bien sûr, la manifestation principale étant qu'elle venait me demander des câlins lorsque ses parents étaient occupés ailleurs. Tant que ça restait à ce niveau là, je n'avais pas de raison de m'alarmer et d'affoler Alice qui se sentirait immédiatement coupable.
Le temps avait continué à s'écouler, placardant devant mes yeux de célibataire le bonheur de ma sœur et de sa parfaite petite famille.
A dire des choses comme ça, je pouvais passer pour une énorme jalouse. Et en vérité, je dois avouer que je l'étais un peu. Ma sœur avait tout ce dont je rêvais mais que je n'arrivais pas à atteindre, et ce malgré les efforts que j'avais fournis ces dernières années. Elle avait le mari -l'amour de sa vie, sa moitié, son double, peu importe comment vous voulez l'appeler- et elle avait surtout les adorables marmots que je lui enviais plus que tout.
Vivre sans homme pour partager ma vie et mon lit, ça je pouvais le faire -après tout je le faisais depuis déjà quelques années- mais ce n'était pas pour autant que je devais me retrouver seule ! Je voulais un enfant plus que tout.
Deux ans plus tôt, j'avais mentionné à ma mère mon rêve d'avoir une famille. Elle m'avait conseillé de viser « plus bas », de faire les choses « dans le bon ordre », de me concentrer sur le couple, et en gentille fille disciplinée que j'étais, je l'avais écoutée.
Les derniers vingt-cinq mois de ma vie s'étaient donc écoulés au rythme des sorties, des rencontres et des rencards, certains plus réussis que d'autres mais aucun véritablement triomphant. Résultat, j'atteignais l'âge de vingt-sept ans célibataire, complètement seule, légèrement dépitée et avec l'énorme impression d'avoir perdu les deux dernières années de ma vie.
Mais aujourd'hui, jour de mon anniversaire, je me posais beaucoup de questions.
Et si « voir mes espérances à la baisse » ne signifiait pas me contenter d'un mari mais bien d'un enfant ?
Et si le destin avait décidé de ne créer personne pour moi, Isabella Swan, m'assignant ainsi une vie de solitude ?
Et si le destin, encore, avait décidé que, malgré ce désert conjugal imposé, mon plus cher désir serait de me reproduire ? Cruel, je sais, mais ne dit-on pas que la vie n'est pas toujours rose ?
Ma réponse à toutes ces questions était ferme et unique. Quoi que le destin ait décidé de m'astreindre, je ne bougerai pas de ma décision et je ferai tout pour atteindre mon rêve.
Comme je l'avais dis à ma mère en plaisantant, la science et la médecine avaient fait d'incroyables progrès. De nombreuses femmes recouraient à ces méthodes chaque années, des femmes dans mon cas, alors pourquoi pas moi ?
Parce que j'avais une famille aimante ne signifiait pas que je devais m'en contenter. Un jour ou l'autre, j'aurai besoin d'aide ou de soutien, et ils seront tous occupés par leurs propres problèmes ou ceux de leur conjoint ou enfants, et personne ne pourra me porter assistance comme le fait normalement votre époux ou votre progéniture.
Et avoir un enfant seule ne me condamnait pas au célibat ! Je pouvais très bien rencontrer bien plus tard l'homme de ma vie !
Tout le monde suit l'ordre « normal » des choses, parce que c'est ainsi que l'on fait depuis des millénaires, pour respecter les convenances ; mais ça n'est pas interdit de faire ces choses à l'envers. On est au vingt-et-unième siècle ! On parle sans cesse de progrès et de liberté, et je m'appuierais sur ces deux principes pour mener ma vie comme je l'entends !
Je fus tirée de mes pensées par le cri de désespoir d'Alice. Le blanc immaculé de son chemisier venait d'être profané par le blanc écru d'un rejet de son fils.
« Oh c'est dégoutant. » Marmonna-t-elle en essayant de retirer la tâche après avoir collé le marmot sur mes genoux.
Le pauvre en avait encore qui lui coulait sur le menton et je le nettoyai en souriant, pas du tout démontée dans mes intentions. Il y avait de petits inconvénients à la maternité mais je les affronterais avec enthousiasme et empressement.
« C'est pas de sa faute pauvre bonhomme. » Défendis-je mon neveu.
« Attends un peu, quand ton fils ruinera un chemisier à trois cents dollars, tu souriras moins. » Répliqua-t-elle.
« D'abord, quelle idée d'aller claquer trois cents dollars dans un chemisier ? Et ensuite, ta sœur est encore loin d'être maman. » S'exclama mon père, me donnant la parfaite ouverture pour annoncer ma décision à ma famille.
« Et bien en fait papa, je n'en suis pas si loin que ça. » Lâchai-je avec détachement, toute mon attention semblant être fixée sur Corin alors que j'attendais les réactions des autres.
« QUOI ? » Hurla mon père alors que ma mère questionnait simplement « Comment ça ? »
« Tu vas me donner le nom et le numéro de sécurité sociale de celui qui t'a fait ça ! »
« Papa calme-toi je t'en prie et arrête un peu de dire des stupidités. » Rétorquai-je sur le ton de la plaisanterie, ce qu'il ne sembla pas spécialement apprécier.
« Ce ne sont pas des stupidités ! Ce type a profité de toi et il doit en subir les conséquences. » Grogna-t-il.
« Charlie … » Contra ma mère.
« Papa, tu sautes tout de suite aux conclusions sans même écouter ce que j'ai à dire. Personne n'a profité de moi, je ne suis pas enceinte. Du moins pas encore. Et quand bien même je le serai, j'ai vingt-sept ans et je fais ce que je veux de ma vie ! »
« Tu as rencontré quelqu'un alors ? » Demanda ma mère en se tournant vers Alice pour en savoir plus, mais voyant que ma sœur était aussi surprise qu'elle, elle continua. « Est-ce que c'est sérieux ? Tu comptes nous le présenter ? »
« Voilà des questions un peu plus réfléchies ! » M'exclamai-je à l'attention de mon père qui ronchonna dans son coin. « Mais non, je n'ai rencontré personne. »
« Je ne comprends plus rien. » S'exclama Jasper en s'affalant contre le dossier de sa chaise.
« Tu n'es pas le seul. » Ajouta Renée. « Alors Bella … explique-toi ! » Lança-t-elle, à la limite de l'hystérie.
J'avais vraiment envie de rire en voyant leurs réactions à tous, mais j'avais peur qu'ils ne me prennent pas au sérieux lorsque je leur ferai part de ma décision. Ce n'était pas une plaisanterie, loin de là, et je voulais leurs avis et leur soutient si possible.
« C'est très simple. » Commençai-je. « J'ai décidé de me faire inséminer. »
« QUOI ? » Hurla de nouveau mon père.
« Sérieusement ? » S'exclamèrent d'une même voix Alice et son époux.
« Oh Bella … » Se contenta de soupirer ma mère, et je ne savais pas si c'était un soupire d'émotion ou un de découragement.
« J'ai vingt-sept ans, je n'ai personne dans ma vie -et ce n'est pas faute d'avoir cherché- et je refuse de continuer à vivre seule. Ça fait des années que je veux un enfant et que j'attends de rencontrer l'homme parfait, où du moins l'homme parfait pour moi, mais il ne semble pas exister alors je passe à l'étape suivante ! » Dis-je avec nonchalance en haussant les épaules.
« Et alors quoi ? Tu vas faire appel à un donneur et … » Questionna mon beau-frère.
« Et me faire inséminer, oui. »
« Tu serais prête à élever un enfant toute seule ? C'est beaucoup de travail et d'énergie, d'attention, de … Bella c'est un bouleversement dans une vie. » Dit ma mère.
« Je sais tout ça et je l'ai déjà envisagé. Je suis prête à assumer tout ça et à effectuer les changements nécessaires. »
« Tu devrais peut-être attendre encore un peu. Tu pourrais rencontrer l'homme de ta vie très bientôt. » Tenta Alice.
« J'ai vingt-sept ans Alice ! » M'exclamai-je.
« Ce n'est pas si vieux. » Contra-t-elle.
« Dit la femme qui est déjà mariée et a quatre enfants. » Rétorquai-je.
« Justement elle est mariée ! » Objecta Renée.
« Et si tu rencontre l'amour une fois que tu es enceinte ou après avoir eu le bébé ? » S'enquit Alice.
« Si c'est vraiment l'amour alors je pense qu'il sera prêt à m'accepter comme je suis et avec tout ce qui fait partie de ma vie. »
« Certains hommes sont effrayés par la paternité. » Commenta Jasper.
« Je le sais bien. Mais moi je veux quelqu'un qui partage les mêmes rêves d'avenir que moi, et mon rêve est de devenir mère. C'est tout simple. S'il ne veut pas d'enfant je ne pourrais pas être entièrement heureuse. »
« Peut-être mais … » Commença Alice.
« Je ne vois pas pourquoi on discute de ça. » La coupa mon père. « Cette idée est stupide. »
« Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas à ton goût qu'elle est forcément stupide. » Contrai-je énervée. « C'est de ma vie dont on est en train de parler. Je vous fais part de la décision que j'ai prise. Je veux savoir ce que vous en pensez et si j'ai votre soutient. Je ne te demande pas la permission. Je suis majeure et vaccinée, j'ai mon indépendance financière et une maison à moi, tu n'as plus ton mon mot à dire sur les choix que je fais. »
« Et bien puisque ta décision est prise … » Dit-il avant de se lever et de s'éloigner vers les escaliers.
Je soupirai, déçue de sa réaction et de son manque de soutient, avant de me tourner vers les trois autres.
« Ta décision est vraiment prise ? » Demanda ma mère.
« Maman, il y a deux ans on a parlé de ça toutes les deux. Tu m'as dis de faire des efforts et d'essayer de fonder une famille à la manière traditionnelle, j'ai essayé et ça n'a rien donné alors je tente autre chose. »
« Avoir un enfant avec un homme que tu n'as jamais vu et que tu ne verras jamais. » Insista-t-elle.
« Si c'est ce que je dois faire pour être mère, alors oui. » Répondis-je.
« Bien … » Soupira-t-elle en se levant à son tour.
« Maman … »
« Je comprends Bella ! Enfin pas complètement, mais je vois que c'est important pour toi alors je ferai un effort. Laisse-moi juste du temps pour me faire à l'idée. » Me rassura-t-elle.
« Tu ne m'en veux pas alors ? » Questionnai-je.
« De réaliser ton rêve et d'être heureuse ? Quel genre de parent ferait ça ? »
« Papa. » Marmonnai-je.
« Oh non chérie … ton père ne t'en veut pas. Tu sais qu'il est juste vieux jeu, il a du mal à comprendre mais il s'y fera lui aussi. » Dit-elle en me serrant contre elle. « Je vais essayer d'aller lui parler. » M'assura-t-elle avant de monter à son tour.
« Vous trouvez ça stupide vous aussi ? » Lançai-je aux deux autres une fois que ma mère eut disparu aux coins des marches. « Vous pensez que je devrai laisser faire le temps et la nature plutôt que d'aller demander l'aide d'un médecin et de spermatozoïdes congelés. »
« Ça me surprend plus qu'autre chose. » Répondit d'abord Alice. « Je ne savais pas que tu pensais tant que ça à avoir un enfant. Mais tu m'as toujours soutenue lorsque je voulais quelque chose, alors il est temps pour moi de te rendre la pareille. Je ferai tout pour que tu sois heureuse Bella. » Dit-elle en souriant, me faisant monter les larmes aux yeux.
« Quant à moi. » Continua Jasper pour éviter que le niveau d'émotion monte encore. « Je pense que tu feras une super maman, il n'y a qu'à te voir avec les enfants … » Dit-il en indiquant d'un geste du menton Corin assis sur mes genoux.
« Merci. » Soufflai-je, plus que rassurée d'avoir le soutient de ceux qui faisaient partie de ma vie quotidienne.
J'étais proche de mes parents, certes, mais je ne les voyais qu'occasionnellement étant donné qu'ils habitaient à plus de 3400 kilomètres de Chicago. Par contre, je travaillais avec Alice et je passais énormément de temps avec elle et sa famille. Si nos rapports avaient été tendus à cause de cette décision que j'avais prise, je l'aurai très mal supporté.
Et voilà, Bella a pris sa décision. Juste par curiosité, vous seriez dans sa situation, vous choisiriez l'insémination ? Même si vos proches ne sont pas "d'accords" ?
Je viens de passer une journée de merde (disons les choses comme elles sont) alors un petit mot ferait bien plus que plaisir !
