Chapitre 2
Allen cherchait Kanda partout, mais impossible de le trouver. Depuis qu'il avait quitté le cours avec fracas, soit il y a deux heures, plus personne n'avait trouvé trace de lui.
-Kanda ! Cria t-il. Je t'en prie, montre toi !
Il entendit des pas derrière lui et se retourna brusquement, mais ce n'était que Lavi.
-Lavi ! S'exclama Allen. Alors, tu sais où il a pu aller ?
Lavi fit un signe négatif avec la tête. Allen soupira.
L'endroit était sombre. Kanda alluma les bougies et la salle fut éclairée d'un halo de lumière incertain.
Des tatamis s'alignaient sur le sol. Sur des râteliers au fond de la salle, des sabres en bois reposaient tranquillement. Kanda en prit un et commença à faire des enchaînements souples et puissants. Il bougeait naturellement. Ses pas semblaient effleurer le sol.
Allen était époustouflé. Kanda était si...merveilleux quand il s'entraînait. Il ressemblait à un ange, ou à un samouraï de l'ancien japon. Il semblait danser, sa lame glissait sans bruit dans les airs.
-Ah ben tu vois ! S'exclama Lavi. Je t'avais bien dit qu'il était là !
Kanda sursauta en entendant la voix de Lavi. Il posa son katana et se tourna vers les intrus.
L'ambiance magique dans laquelle Allen était plongé en regardant Kanda s'entraîner fut brutalement rompue par l'arrivée de Lavi.
-Lavi...soupira Allen. T'as tout cassé.
-Désolé, s'excusa Lavi en ricanant bêtement.
Kanda rangea le sabre de bois et se planta devant eux.
-Qu'est-ce que vous faîtes ici ? Grogna t-il.
-Hé bien tu sais, dit Allen, on s'inquiétait un peu pour toi vu que tu es parti et qu'on ne t'a pas revu depuis. Du coup on est parti à ta recherche et Lavi s'est soudainement rappelé que tu faisait du Kendo alors on est venu ici.
-Pfff ! Siffla Kanda en se détournant.
Il prit son sac et sortit du dojo, laissant Allen et Lavi stupéfait.
Allen s'empressa de se lancer à la poursuite du brun.
-Kanda ! Appela t-il.
Le brun ne daigna même pas s'arrêter. Allen se mit à courir et arrivé à ses côtés, lui dit :
-Tu sais, j'ai trouvé ça super cool quand tu m'as défendu ce matin.
Kanda se tourna vers lui, toujours sans expression. Allen sourit et l'entraîna sur un banc qui se trouvait un peu plus loin. Kanda s'assit dignement, croisa bras et jambes et attendit.
-Et en plus, continua Allen, je trouve que tu es magnifique quand tu t'entraînes au kendo.
Kanda sursauta. Il fixa son interlocuteur d'un air surpris.
-Tu me fais penser à ces samouraïs de l'ancien temps, murmura Allen. Hé Kanda …
Allen parlait. Il ne semblait pas vouloir s'arrêter de parler mais Kanda ne l'écoutait pas. Il avait décroché quand Allen lui avait dit qu'il le trouvait magnifique. C'était la première fois qu'on lui disait ça en ayant l'air de le penser vraiment. Il posa sa main contre la joue de Allen et approcha son visage du sien.
La voix d'Allen mourut dans sa gorge. Kanda était si près de lui en ce moment, et si … entreprenant ! Il sentit le souffle chaud du brun contre ses lèvres et il ferma les yeux.
Comme dans un rêve, Kanda posa ses lèvres sur celles d'Allen, qui avait fermé les yeux. Elles étaient si merveilleusement douces ! Il sentit les mains de son compagnon se resserrer autour de son cou, puis de plus en plus hardiment.
Allen appuya ses lèvres contre celles du brun en soupirant d'aise. Kanda glissa ses bras autour de sa taille.
-Hé les gars qu'est-ce que vous f...
Kanda et Allen se séparèrent brusquement. Allen lança un regard meurtrier à Lavi qui rougit instantanément.
-Euh désolé... héhé... j'ai pas vu que..., tenta d'expliquer le roux.
-Laisse tomber, le coupa Kanda. Un boulet reste un boulet, qu'est-ce que tu veux y faire …
Il se leva et partit.
-Au revoir Kanda ! Cria Allen à son intention.
Ce dernier se contenta de faire un vague signe de la main sans même se retourner. Une fois qu'il fut parti, Allen se précipita vers Lavi.
-Faut toujours que tu mettes les pieds dans le plat ! Soupira t-il. Et en plus au moment où j'avais enfin réussi à le faire craquer...
-Désolé, répéta Lavi, qui n'avait en fait pas l'air désolé du tout.
Le lendemain, Allen, assis à sa place, repensait au baiser de la veille. Il n'avait pas dormi de la nuit à cause de ça mais il n'allait pas s'en plaindre.
-Salut Allen ! S'exclama Lavi en s'asseyant à côté de lui. Je viens de me rappeler d'un truc : j'ai oublié de te demander tes impressions pour le baiser d'hier. Alors, comment c'était ?
-Hé bien en fait, dit Allen en rougissant un peu, en fait c'était...
-Allez Allen arrête de me faire poireauter ! Insista Lavi en le secouant comme un prunier.
-Hé poil de carotte qu'est-ce que tu fais à ma place ? Gronda une voix caverneuse derrière eux.
J'ai déjà entendu ça quelque part, pensa Lavi en se retournant lentement.
-Ah salut Yuu, dit-il au brun qui le fixait avec un regard noir, les bras croisés. J'allais partir de toute façon. A plus, ajouta t-il en se levant.
Allen lui répondit d'un signe de main. Kanda s'assit et sortit ses affaires.
-Salut Kanda ! Lança Allen en prenant son courage à deux mains. Ça va depuis hier ?
Kanda se tourna lentement en sa direction et le fixa de ses prunelles noires. Allen regretta aussitôt sa question.
-Ouais, marmonna le brun. Et toi moyashi ?
-Moyashi ? S'exclama Allen, incrédule. Pourquoi moyashi ? T'as rien trouvé de plus mignon comme surnom ?
Kanda haussa un sourcil devant la réaction de son petit ami.
-T'es un minus, c'est pour ça que je t'appelle comme ça, répondit t-il d'une voix égale. Je me fiche que ça soit mignon ou pas.
-Mais...commença Allen. C'est injuste ! Puisque c'est comme ça moi aussi je vais te trouver un surnom nul !
Il détourna la tête pendant quelques minutes. Kanda s'amusait bien de le voir enragé mais bien sûr, il ne le montrait pas. Allen ne trouverait jamais un surnom qui pourrait lui nuire, il était bien trop gentil pour ça...
-J'ai trouvé ! S'exclama Allen en tapant dans sa main.
Kanda eut un sourire méprisant.
-Je vais t'appeler...Bakanda ! claironna Allen en éclatant de rire.
Bakanda ? Kanda ne comprit d'abord pas pourquoi mais après y avoir réfléchi, il manqua de s'étrangler. Baka + Kanda = Bakanda. Même Lavi n'avait pas réussi à lui trouver un surnom aussi stupide.
-C'est du gros n'importe quoi, dit-il en masquant son trouble.
-Hé bien, Bakanda, répondit Allen en insistant lourdement sur le surnom, tu ne t'y attendais pas à celle là, hein ?
-La ferme moyashi ! Siffla t-il.
Mais Allen ne voulait pas s'arrêter et comme certains élèves commençaient à se retourner pour les écouter, Kanda ne tint plus et, entraînant Allen par le col du manteau jusqu'au couloir, il le plaqua contre le mur et l'embrassa pour le faire taire.
Allen était content. Il avait réussi à faire sortir Kanda de ses gonds et en prime, il avait droit à un baiser ! Quand le brun le lâcha enfin, il murmura :
-Oui moi aussi je suis content de te voir tu sais...
Kanda émit un drôle de sifflement et repartit en direction de la salle de classe. Allen pouffa de rire et le suivit.
Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et attendirent que le professeur arrive.
