Ràr aux guests:

Un grand merci à toi Suna d'avoir lu mon chapitre et surtout d'avoir pris le temps de le commenter ! J'aime aussi beaucoup Tonks et ça faisait un moment que Pic m'avait soumis cette idée d'écrire sur elle, alors j'ai fini par me lancer... J'espère que la suite te plaira tout autant, elle devrait paraître un samedi sur deux (oui on est vendredi mais je ne suis pas là ce week-end et je tenais quand même à publier !).

Merci aussi à ceux qui commentent avec un compte FF et auxquels j'ai déjà adressé un petit mot ! Les lecteurs et surtout les commentateurs sont très motivants. :)

Chapter now !

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Chapitre 2 : Intronisation

Tonks se souviendrait toujours de cette mission avec les deux voleurs. Une des dernières en tant qu'apprentie, pensait-elle à l'époque. La dernière, en réalité. La réunion du lendemain était le test final pour son diplôme. Alastor Maugrey n'avait pas jugé bon de la prévenir, sachant qu'elle paniquerait si elle l'apprenait trop tôt.

C'était vrai que quelques minutes avant d'entrer dans la salle et de voir le jury qui allait examiner ses performances durant la nuit, c'était nettement mieux. Et dire qu'elle avait failli le rater en plus, tout ça à cause d'une filature et d'un tapinois un poil raté. Un poil de gnome, bien entendu. Heureusement, le déguisement et la dissimulation l'avaient sauvée. Elle avait fini par recevoir tout de même les honneurs du jury et par se voir décerner le titre d'auror. Ce jour-là, elle avait été fière. Vraiment fière d'elle. Pour une fois.

Depuis, elle n'avait cessé de traquer les mages noirs et mangemorts restants. Elle avait passé son année à examiner des preuves, des coupures de journaux relatant leurs « prouesses » de l'époque noire, des maisons dans lesquelles ils auraient pu habiter. Elle avait passé son année à chercher des témoins, des semblants de pistes, pour ne finalement en enfermer qu'une poignée. Les plus hauts étaient protégés. Ils avaient des appuis si haut placés qu'une simple auror à peine diplômée comme elle ne pouvait rien faire.

Souvent, elle avait revu son maître d'apprentissage, durant cette année. Hors de son entraînement, elle avait fini par l'apprécier de plus en plus, et était devenue en quelque sorte sa protégée. Elle avait finalement appris que ça n'était pas pour son sang qu'il l'avait choisie mais pour la détermination qu'il avait vue dans ses yeux. La niaque, comme il appelait ça. Et cette fragilité que malgré la folie qu'on lui diagnostiquait facilement, il avait su reconnaître et repérer. Cette peur de sans cesse mal faire qui lui avait donné envie de lui laisser une chance.

Plusieurs fois, elle s'était ouverte à lui, à propos de son emploi, de ses traques. Plusieurs fois, elle lui avait demandé conseil. Il avait beau s'être mis à la retraite, il restait l'un des meilleurs. Sinon le meilleur. Et son aide lui était toujours précieuse. Elle ne pouvait pas non plus s'empêcher de lui parler de sa frustration. De ce sentiment de défaite qui l'envahissait quand elle perdait une piste, quand les preuves ne la menaient pas là où elle aurait voulu aller, quand elle se retrouvait dans une impasse. Et pire encore, quand elle voyait que des ordures étaient encore en liberté grâce à leurs appuis.

Elle déversait sa colère, contre ceux qu'on disait intouchables, contre ceux qui osaient dire que Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom n'était pas de retour alors qu'elle-même en était persuadée. Elle sentait bien la recrudescence de la hargne chez les mangemorts qu'elle côtoyait. Ce sentiment de victoire – ou de défi, elle ne savait trop – qui petit à petit les habitait. Et à présent, elle croyait aussi le jeune Harry Potter. Elle croyait en ce qu'il disait car une histoire pareille ne pouvait avoir été inventée. Et ce qui s'était passé quelques semaines plus tôt à la Coupe des Trois Sorciers était terrifiant.

Ce soir-là, elle était encore chez lui. Elle n'avait de toute façon rien de mieux à faire. Son appartement ne lui manquait pas tant que ça et elle le trouvait de plus en plus vide. Elle avait bien essayé de trouver un gentil sorcier avec lequel fonder une petite famille, comme sa famille l'aurait voulu, mais elle n'y était pas parvenue. Bon, on ne pouvait pas non plus dire qu'elle avait fait beaucoup d'efforts. Les gentils sorciers, ça n'était pas des gens très palpitants. Et ils ne s'intéressaient sûrement pas à une jeune femme aussi extravagante qu'elle. Sans compter qu'il fallait supporter sa métamorphomagie. Certains s'étaient presque enfuis en courant, tant ce don leur était apparu étrange. Il fallait dire aussi qu'en se levant le matin, elle contrôlait difficilement ses métamorphoses et son visage changeait parfois plusieurs fois de forme avant qu'elle ne réussisse à caler ses traits sur celle qu'elle était. Celle qu'elle se considérait être. Celle telle que les hommes qui côtoyaient parfois son lit la connaissaient.

Elle préférait donc passer certaines de ses soirées chez Alastor Maugrey. Au moins, celles-ci ne manquaient pas de piment. Sa maison ne faisait plus peur à la jeune femme depuis longtemps et elle avait appris à éviter les différents pièges dans le jardin pour enfin accéder à la porte d'entrée et annoncer sa visite. Elle aurait pu transplaner directement sur le pas de la porte, mais elle n'était pas sûre qu'Alastor n'ait pas également jeté un sort anti-transplanage. De plus, cela lui faisait une occasion à chaque fois de renouveler son entraînement. Ça ne pouvait pas lui faire de mal.

L'horloge du salon sonnait à peine neuf heures quand l'auror se leva. Etonnée, elle suivit du regard sa démarche boitillante jusqu'à la cheminée. Là, elle le vit jeter de la poudre dans l'âtre avant de se mettre à parler.

« Molly. C'est Alastor. Il est l'heure, n'est-ce pas ? Tout va bien ? Nous arrivons alors. » dit-il rapidement avant de couper la communication.

La jeune femme ne connaissait qu'une seule personne répondant au prénom de Molly. Molly Weasley, la femme d'Arthur Weasley. Un cousin à elle ne savait quel degré. Lui-même écarté de la famille Black à cause de son père, si la jeune femme se souvenait bien. La question était de savoir où allaient-ils et pour quelle raison, surtout.

« Il est l'heure. Allons-y. Du nerf, allez. » la pressa Maugrey.

« Où allons-nous ? » demanda-t-elle, méfiante.

« Vigilance constante. Je vois que tu n'as pas oublié la leçon. Nous allons dans une maison que tu devrais reconnaître, je crois que tu as dû y mettre les pieds une fois quand tu n'étais encore qu'une enfant. Mais les souvenirs te reviendront rapidement, tu vas voir. Et la bonne question était avec qui. » lâcha-t-il en réponse.

Il lui prit rapidement la main et elle sentit aussitôt le transplanage opérer. Elle serra vigoureusement la main qui la tenait pour ne pas se perdre dans les méandres de l'espace. Sans doute comme à tous les étudiants passant leur diplôme de transplanage, on lui avait raconté des histoires affreuses à propos de personnes perdant un de leurs membres, se retrouvant dans un autre lieu, parfois à des milliers de kilomètres de l'endroit où ils voulaient aller, et pas toujours dans les meilleures situations. Elle se souvenait en particulier d'une histoire qu'on racontait à propos d'un groupe de trois sorciers qui avait voulu aller de Paris à San Francisco, et s'était bel et bien retrouvé là-bas. Deux millénaires plus tôt. Face à des tigres à dents de sabre et autres prédateurs. D'après ce qu'elle avait entendu dire, toujours si cette histoire était vraie, on avait mis un certain temps à les retrouver. La jeune femme gardait donc toujours une appréhension en transplanage d'escorte. Même si elle faisait parfaitement confiance à Alastor Maugrey.

Ils arrivèrent enfin sur un petit perron et déséquilibrée par l'arrivée, elle faillit en tomber avant que son ancien instructeur ne la rattrape. Il ouvrit la porte d'entrée comme s'il savait qu'elle ne serait pas fermée, et avança dans le noir. A sa suite, Tonks en fit de même et se décala légèrement vers la gauche pour voir par-dessus son épaule. Un vacarme retentissant creva le silence de la pièce. Des formes se précipitèrent d'une autre salle, baguettes à la main, et allumèrent la lumière.

« Ça va, ça va, ça n'est qu'elle. Elle a fait tomber le porte-parapluie… Maladroite… » maugréa Maugrey.

La jeune femme, écarlate, se pencha pour ramasser le… la… jambe de troll. Une jambe de troll. Elle connaissait cette maison en effet. Elle releva le regard sur sa gauche, vers l'escalier. Elle y retrouva une tapisserie familière. La très noble et très ancienne famille des Black. Sans compter que derrière le rideau en face d'elle, que quelqu'un avait pris la peine de tirer sitôt que les cris aient commencé, elle savait ce qu'elle entendait crier. Le tableau de Walburga Black.

Elle était Square Grimmaud. Dans la maison de la famille de sa mère. Elle ne se souvenait y être allée qu'une fois, quand elle avait six ou sept ans, sa mère avait voulu faire une tentative de réconciliation et présenter enfin sa fille, lui semblait-il. Tonks n'avait vu que le pas de cette entrée avant qu'elles ne soient jetées dehors. La question était de savoir pourquoi étaient-ils là. peut-être Arthur et Molly qui étaient les deux formes sorties de la cuisine pourraient-ils la renseigner.

« Venez, venez donc Nymphadora. » la pressa Molly, prenant d'autorité son bras pour la conduire dans ce qui devait être la cuisine ou la salle à manger, vus les effluves qui s'en échappaient. Une odeur alléchante d'un repas qui se terminait.

« Tonks. Vous pouvez m'appeler Tonks. Et me tutoyer, je me sens horriblement vieille là. » ne put-elle s'empêcher de faire remarquer.

« Très bien alors. Viens par ici, T…Tonks » sourit la mère de famille.

Elle la fit alors entrer juste après elle, se mettant à sa gauche tandis que Maugrey se tenait derrière elle, à sa droite. Ce qu'elle vit dans cette pièce la stupéfia. Et ça n'était pas la décoration, de cuisine au passage, elle avait eu le nez fin, qui l'étonnait. Non, c'était les personnes présentes. Car il n'y avait pas qu'Arthur et Molly. Il y avait toute une ribambelle de personnes qu'elle connaissait. illustres, pour certaines.

Tout d'abord, un de ceux qu'elle avait remarqués dès le début, pour sa physionomie particulière, c'était bien sûr le Directeur Dumbledore qui la salua d'un sourire quand elle attarda son regard sur lui. C'était étrange de le voir ailleurs qu'au château. elle vit ensuite Kingsley Shaklebot, un auror de son département, et puis le professeur Rogue dont elle pensait qu'il était passé du côté des mangemorts, Mondingus Fletcher, un petit escroc dont elle avait maintes et maintes fois entendu parler, quelques autres personnes du Ministère qu'elle avait croisées dans les couloirs, le professeur McGonagall qui lui souriait également. Enfin, elle vit une ombre se décaler. Deux en réalité. Parmi elles, la première la stupéfia car c'était son cousin Sirius. Sirius Black. L'homme qui s'était échappé d'Azkaban et dont elle n'avait jamais réussi à croire la culpabilité. Apparemment, elle n'était pas la seule, puisqu'il était ici.

La dernière personne lui était inconnue. C'était d'ailleurs la seule de la pièce qu'elle n'avait jamais vue. Elle détailla le regard marron tirant sur l'ambre, les cheveux bruns parsemés de quelques fils gris, le pull vert usé jusqu'à la corde et un peu grand, la silhouette fine, presque malingre. Le sourire cassé. Il était assis sur un tabouret au fond de la pièce, et Sirius s'était décalé pour qu'elle puisse l'apercevoir. Elle eut un coup au cœur. Cet homme était beau. Il était brisé, sans doute tout autant que son sourire, elle le sentait. Mais il l'attirait comme un aimant. Son regard s'était plongé dans le sien et depuis, elle avait l'impression de se noyer dans ses yeux. Son cœur rata un battement. Elle frissonna sans pouvoir sans empêcher.

La main lourde de Maurey sur son épaule la ramena à la réalité alors que celui-ci prenait la parole :

« Je crois que vous connaissez à peu près tous la jeune Tonks. A part Remus », fit-il en désignant du regard l'homme qu'elle venait d'observer.

Ce prénom ne lui disait pas grand-chose mais c'était déjà un début. Un bon début. Elle connaissait déjà une partie de son nom. Et lui le sien.

« Elle ne sait pas qui nous sommes. Je ne lui ai rien dit. Mais je ne doute pas qu'elle adhérera. C'est pour cette raison que j'ai fait ça. Elle est prête. Et elle sera une bonne recrue. » continua-t-il.

« Bienvenue, Tonks. Je me souviens que vous préfériez déjà cette appellation quand vous étiez élève à Poudlard. Il n'y a pas si longtemps. », dit chaleureusement le professeur Mc Gonagall près d'elle.

« Je crois que nous vous devons des explications, chère Nymphadora. » annonça le professeur Dumbledore, s'avançant vers elle, contournant la table centrale pour se placer à sa gauche, remplaçant Molly Weasley.

« Voici l'Ordre du Phénix. Cette organisation est secrète et avant toute chose, j'aimerais que vous nous promettiez de n'en parler à personne, quoi que vous appreniez ici. Je ne doute pas que vous le ferez, cependant. » dit-il en plongeant son regard d'azur dans le sien.

Elle hocha la tête, tentant déjà d'assimiler les informations qui lui étaient données.

« Nous existions déjà du temps de la Première Guerre. Sous une forme quelque peu différente certes, certains d'entre nous sont morts, d'autres nous ont rejoint ou nous ont encore accordé leur confiance. » fit-il en désignant notamment Sirius et Remus. « Si Alastor vous a amenée, c'est qu'il ne doutait pas de vos convictions et j'ai tendance à lui faire confiance. Il a sans aucun doute fait le bon choix. Notre organisation a pour but de se défendre contre les forces du mal. Et en particulier d'œuvrer contre le retour de Voldemort, dont nous sommes persuadés de la persistance. »

Tonks retint son souffle et soupira dans la même bouffée d'air. Elle connaissait la réputation du directeur de l'école. On disait qu'il était la seule personne que craignait le Mage Noir durant son existence. Et il était sans doute un des seuls à pouvoir se permettre l'emploi de son nom sans crainte. Même aujourd'hui, alors que beaucoup ne croyaient pas à son retour probable, on n'osait prononcer encore le nom qu'il s'était donné. D'autre part, la mission de cette organisation à laquelle Maugrey semblait vouloir la présenter lui plaisait. Elle était heureuse de voir qu'elle n'était pas la seule à partager ce point de vue et devinait aisément que c'était ses discussions avec lui qui lui avaient donné cette idée. Sans la solitude qui lui collait à la peau, elle ne serait peut-être pas ici. Sur le point d'accepter d'entrer dans l'Ordre du Phénix.

Car si on le lui demandait, elle accepterait bien sûr. Elle n'avait pas besoin de plus d'explications. Elle était plutôt du genre impulsif et ces quelques informations lui suffisaient. Elle connaissait et faisait confiance à suffisamment de personnes dans cette pièce pour croire à cette histoire. Sans compter les deux yeux ambrés qui la fixaient avidement et dont elle ne saurait se défaire.

« Nymphadora, voulez-vous contribuer à cette organisation ? » demanda doucement le directeur, la tirant de ses réflexions. « Nous savons que nous vous demandons une grande responsabilité, et que cette décision vous met dans une situation embarrassante vis-à-vis du ministère de la Magie, mais celui-ci ne prend pas suffisamment cette menace au sérieux et nous sommes simplement là pour faire tout notre possible la concernant… Je ne sais pas si vous avez des questions… »

« J'accepte. » la coupa-t-elle. « J'accepte. »

« Vous aviez effectivement bien fait de la ramener, cher Maugrey, elle était prête à être parmi nous ! » s'exclama un des aurors.

« Bien sûr qu'elle était prête. Elle était faite pour ça. » se contenta de répondre l'interpellé.

La phrase, que Tonks avait saisie au vol avant de se faire happer par Molly pour prendre un peu de biéraubeurre, fit extrêmement plaisir à la jeune femme, rosissant ses joues.

« C'est drôle, je ne t'avais jamais vue rougir. » s'amusa Sirius, s'approchant d'elle.

Elle lui tira, puérilement, la langue.

« Ça par contre, ça te ressemble plus. Remus, je te présente ma cousine, Nymphadora. Qui préfère qu'on l'appelle Tonks. Elle aussi est rayée dans l'arbre généalogique que ma famille a fait dans l'escalier. Père né-moldu, ça ne pardonne pas. »

« Moins qu'une trahison, cousin, moins qu'une trahison. Gryffondor quand même, ta mère a dû en être toute retournée ! » répliqua la jeune femme, retrouvant son aplomb. « Et vous êtes… Remus, c'est ça ? » demanda-t-elle ensuite, faisant semblant de mal se souvenir de son nom.

« C'est ça. Remus Lupin. Sirius est un ami. »

« Son meilleur ami ! » s'indigna celui-ci.

« Mon meilleur ami. » rectifia en souriant Remus.

A cet instant, Tonks se fit deux réflexions. Premièrement, ce sourire était le plus beau sourire d'homme qu'elle n'ait jamais rencontré, bien plus beau que tous ceux qu'on lui avait offerts jusqu'à présent en tout cas. Deuxièmement, elle était devenue bien niaise, tout d'un coup. Ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Mais curieusement, elle s'en fichait. Cette soirée s'annonçait excellente, et elle comptait bien en profiter.