« Et qu'est-ce qu'il y a derrière ce rocher ?

-UN HUMAIN! »

« Sept âmes humaines... Sept âmes humaines et après... »

«Ici, regarde ce que tu as fais, dans cette salle, c'est l'heure de ton jugement. »

Sa peau frissonna, un vent frais se frotta à son bras, elle se mit à trembler. Elle tenta de lever sa main droite, elle frôla un sol humide et doux, elle se sentait lourde et surtout, très fatiguée. Elle avait l'impression que son corps n'était qu'une masse ne faisant qu'un avec l'environnement dans lequel elle se trouvait. Un bruit régulier de gouttes d'eaux se faisait entendre et se répétait en échos. Frisk ne se souvenait plus de rien, Frisk ne réfléchissait même pas, les ressentis actuels semblaient plus important. L'odeur, le son, des choses, des petits rien dont habituellement elle ne prêtait aucune attention. Et chacun de ses détails révélait en elle des morceaux, des fragments de mémoire, des sensations de déjà-vécus. En continuant de caresser le sol, elle reconnu des formes de fleurs qui dans les textures semblaient être toujours les mêmes, se répétant au-delà de la longueur de son bras. Et Frisk ouvrit les yeux.

Elle ne voyait rien, le noir et l'obscurité ensemble l'empêchait de distinguer les formes environnantes. La femme tourna la tête à droite, rien. Elle tourna la tête à gauche, rien. Tout était calme. Et dans un effort considérable, utilisant tous les muscles de son torse, elle se releva lentement, s'appuyant avec difficulté sur ses avant-bras. Et ce seul mouvement sembla détruire quelque chose. Comme si, le monde venait de se briser car toutes les sensations qu'elle ressentait auparavant n'était plus. Comme si on l'observait. Dans cette position déjà plus propice aux mouvements, elle tenta d'en apprendre plus sur le lieu où elle se trouvait. Frisk distingua au loin un faisceau de lumière à peine visible. Grâce à celui-si, elle distingua des angles, des courbes, des lignes qui s'entremêlaient et l'aidaient à visualiser le chemin à emprunter. Frisk tenta de se lever mais à chaque fois, qu'elle prit appuit sur l'un de ses membres, ce fut un souvenir qui revint tel une flèche de lumière. D'abord, ce fut la Peur, la Peur dont-elle ne comprit pas la présence, puis, le Vertige et enfin, des sons, des voix, parfois familières, parfois inconnues. Et elle comprit. Frisk comprit que plus de trente-et-un ans après, elle venait de retomber dans l'UNDERGROUND.

Elle se souvenait d'être tombée à cause de vents qui l'avait poussé dans ce trou sans fin, qu'elle venait d'entreprendre une danse dont elle ne verrait la fin. Frisk visualisait tout ceux qu'elle avait connu là-bas. Elle n'avait pas peur, ce lieu lui était connu et puis à présent elle était vieille, elle était remplie de RATIONALITÉ. Le plus important était qu'elle n'était pas blessée, qu'elle pouvait encore tenir sur ses deux jambes et marcher. Et puis, elle était tombée, il lui suffisait seulement d'appeler les pompiers pour qu'elle sorte de là idem et sans traumatisme. La femme fouilla dans sa poche et y sortit un vieux NOKIA qui illumina une partie du lieu avec la lueur de l'écran. Elle en profita alors pour regarder les parois humides, grises et luisantes, reflétant la lumière qu'émanait le téléphone. Frisk le dirigea alors vers le sol, visualisant des boutons d'or qui le jonchaient , se trouvant étrangement au dessus de l'entré du lieu. Comme un matelas, elles étaient toutes rassemblées, ne bougeant pas, n'étaient pas même pas écrasées par sa chute. Finalement, elle s'éclaira elle-même, créant de grands contrastes sur son visage entre les ombres et les lumières. Elle pianota sur l'écran, écrivant le numéro des casernes. Attendant la sonnerie dans son oreille, elle ne vint cependant jamais.

Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué.

Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué.

Le numéro que vous avez...

Elle raccrocha, ne comprenant pas. Frottant de sa grande main son visage, elle souffla longuement.

« Il ne manquait plus que ça. »

Pensant d'abord à sa famille, à ses enfants et à son quotidien qu'elle voulait préserver, elle éclaira le reste de la grotte, s'avançant jusqu'au faisceau de lumière. Grâce à l'aide technologique, cette lumière devint une sortie, plus exactement, un grande porte ouverte. Elle était composée de deux colonnes dont trônait par dessus un tympan où il était écrit un signe : un cercle orné de deux ailes avec trois triangles en dessous, dessinant le contour de celui-ci. La passant, elle remarqua que la lumière qu'elle voyait précédemment formait un cercle dans dans la pièce suivante. Il y avait dessus un peu d'herbe verte qui l'a surprit car le reste du lieu restait rocheux et sans végétaux. Frisk regarda en face d'elle, c'était ici que dans ses souvenirs, elle avait vu cette fleur. Elle avait oublié son nom, mais elle se rappelait de son grand sourire et de son visage amicale en apparence. À présent, ne demeurait qu'un bouton d'or, sans visage, sans expression, sans âme. Cette fleur confirmait ce qu'elle pensait : Toute cette aventure, elle l'avait belle et bien rêvé. Un délire d'enfant, une imagination débordante. Frisk se pencha alors vers la fleur, seule, attrapa la tige et l'arracha de la terre, portant les pétales à ses narines, sentant le doux parfum. Elle n'avait plus qu'à continuer son chemin.

Elle passa alors une nouvelle porte, identique à la première et la lumière fut. Pendant un instant, la femme se trouva éblouit par une lueur dont ses yeux n'avaient plus l'habitude. Et lorsque les formes et couleurs réapparurent, elle reconnut immédiatement le lieu. Toute la pièce était d'une couleur violette, les murs fait de briques et le sol d'une simple roche. Il se trouvait au centre un carré de feuilles rouges et des escaliers qui montaient vers une nouvelle porte.

« C'est tout de même étrange que personne n'est découvert ses souterrains...A notre époque... » marmonna Frisk en jetant de nouveau un œil à son téléphone.

Le mettant en veille, elle le glissa dans poche, regardant longuement autour d'elle. Frisk tenta de se souvenir de ce qui s'était passé enfant lorsqu'elle se trouvait ici. Était-elle accompagnée ? Seule ? Comment pouvait-elle le savoir après tant d'années ?

Si... peut-être y avait-il cette chèvre blanche anthropomorphe. Elle se rappelait de sa longue robe violette et de son doux sourire. Frisk se souvenait que c'était cette personne qui l'avait sauvé. Qui l'avait guidé dans les enfers. Dont elle avait dû se séparer après un combat acharné. Elle se souvenait qu'elle l'avait aimé.

« Tout va bien mon enfant... ? »

Un silence.

Elle releva la tête vivement, une silhouette, à peine plus grande qu'elle. La femme écarquilla les yeux, recula de quelques pas. Sa respiration s'accéléra d'un coup. Frisk fixa l'être en face d'elle, Frisk fixa Toriel.

« Tu es toute pâle, quelque chose ne va pas... ?

-Si quelque chose ne va pas... ? »

La femme ferma ses yeux et secoua la tête, souffla lentement, tout allait bien, tout allait bien, elle était certainement fatiguée. Elle voyait des choses qui n'existaient pas, elle devait se calmer, elle devait être RATIONNELLE, être RATIONNELLE. Elle ouvrit les yeux, le corps avait disparu. Aucune trace de son passage ne restait. Frisk se tint la tête, il devait y avoir quelque chose qui la faisait halluciner. Quelque chose de toxique qui planait dans l'air. Elle ne devait pas traîner ici.

La quarantenaire accéléra alors le pas, traversant vivement la salle. Elle ne devait pas sombrer là-dedans, elle n'était plus une enfant. Elle passa l'entré et passa dans la salle suivante où la porte en face d'elle était cette fois si fermée.

« Et merde... »

Sur le mur, elle vit une plaque de métal, elle s'approcha et la lut. Il était marqué :

Que les intrépides s'avancent...

Les braves, les sots...

Ne passent pas par le centre.

À sa droite se trouvait six cercle alignés en deux par trois. Frisk comprit rapidement le sens de la phrase, elle actionna les quatres pavés qui n'étaient pas au centre et la porte s'ouvrit d'un coup dans un horrible vacarme. Elle sursauta, souffla, se donnant du courage et passa le lieu.

Et encore une nouvelle pièce. Et encore une nouvelle énigme. Et à chaque fois qu'elle la passait, une nouvelle apparaissait. Les souvenirs ne venaient que petit-à-petit, elle se souvenait de chaque lieu qu'après coup. Cet escapade lui sembla longue, longue jusqu'à se qu'elle croisa une maison. La façade était grande et l'endroit était étrangement lumineux. Mais que faisait une maison ici ? L'architecture du lieu ne ressemblait pas à une construction faites par une vieille civilisation pourtant. Elle savait que petite, elle avait cru qu'il s'agissait de la maison de ce monstre mais maintenant, elle ne comprenait juste pas. Elle voulait rentrer chez elle. S'approchant de la porte, elle la poussa, elle était fermée. Frisk se sentit seule, seule face à la situation, seule face à ses souvenirs et à sa mémoire. Frisk craquait. La femme s'assit au sol, baissant la tête, se grattant le bras. Elle savait qu'elle ne pouvait pas rester ainsi, mais elle était fatiguée, elle était perdue. Perdue dans ce lieu et dans sa tête.

« Les intrépides s'avancent hein ? »

Frisk ferma les yeux, elle n'avait plus envie d'avancer. Elle voulait rester là, indéfiniment jusqu'à ce que quelque chose la fasse sortir d'ici, sans qu'elle n'ai plus à réfléchir sur sa mémoire ou à sa vie en général. Sans qu'elle n'ai plus besoins de s'épuiser stupidement. Elle voulait que quelqu'un l'aide.

« Ne restes pas assis comme ça mon enfant, rentre, rentre. »

Elle ouvrit les yeux, face à elle, elle vit de grands pieds, les mêmes pieds que toute à l'heure. Levant la tête, sa théorie se confirma, Toriel se trouvait en face d'elle à nouveau, lui souriant. Frisk recula, frottant au sol son derrière, galopant sur ses mains. Le monstre s'approcha d'elle, lui tendant la sienne.

« Relève-toi.

-Non...

-Comment ça...Non ?

-Tu...Je...

-Ah oui, je suis Toriel, la gardienne des...

-TU N'EXISTES PAS ! »

Elle ferma les yeux, Toriel disparu. Tout disparu. Les sons et les odeurs, les décors, les acteurs.

Le vide. Seulement le vide.

Frisk ne vit plus rien, même son corps à elle-même était sombre, comme sur le point de disparaître. Elle paniqua. Au loin une silhouette se rapprochait doucement, silhouette qu'elle put visualiser assez rapidement. C'était un enfant, qui se tenait là, immobile. Il portait un T-shirt vert à rayures jaunes, il avait des cheveux brun et des joues rosées, rebondies. Il la jugea un moment puis regarda autour de lui.

« Frisk, Frisk, Frisk... »

Tout en continuant de la regarder, il s'assit, croisant ses courtes jambes devant lui, prenant appuit sur ses mains.

« Sérieusement ? Dis-moi que tu plaisantes là... »

Elle ne répondit pas, paralysée par la peur.

« C'est quoi cette âme que t'as ? La lâcheté ? T'as peur hein... ?»

L'enfant rigola, il fit tourner sa tête vers le bas et lorsqu'il la releva doucement dans un long craquement, il avait changé. Frisk le reconnu directement car cette personne inconnue en face d'elle avait prit l'apparence d'un autre enfant. De l'enfant qu'elle avait été.

« Regardez-moi, je suis Frisk et j'ai peur de ma propre mère...Haha... »

Il se tut quelque temps puis reprit sa tête originale.

« Ah j'en ai une autre sinon ! »

Il se leva, secoua ses vêtement et se planta devant-elle, ses lèvres portant un grand sourire. Ses yeux devinrent d'un rouge sang, inquiétant qui créa un horrible frisson chez la femme.

« Regardez moi...Je suis Frisk...Et j'ai arraché, tué, la fleur qui portait l'âme de mon meilleur ami. »

Il eu une aigreur dans sa voix, une haine profonde. Il leva la main et dans celle-ci apparu un couteau. Elle balança, prit de une folle vitesse et planta l'arme blanche dans le cœur de Frisk.