Disclaimer : eh non! J'ai eu beau faire tous les marchés noirs du coin, impossible de me les procurer. Donc, les personnages ne sont pas à moi, mais à J.R.R Tolkien. (sauf les Nephtisis et tout, ça, c'est l'œuvre de mon cerveau malade.)

Chapitre 1 : Le conseil d'Elrond

La cité des elfes. Magnifique, calme, intemporelle. Voilà bien longtemps qu'il n'y avait pas eu tant d'agitation à Fondcombe. On se murmurait qu'une importante réunion s'apprêtait à commencer. Elle déterminerait de l'avenir de la Terre du Milieu.

Etait-ce pour cela qu'une étrange délégation traversait à pas rapides les vastes couloirs de la cité, un chuchotement constant accompagnant chacun de leurs pas, alors qu'on s'écartait d'eux sur leur passage.

Physiquement, ils ressemblaient à s'y méprendre à des elfes avec leurs corps fins et longilignes, leurs visages aux traits doux et réguliers. Mais ils dégageaient tous une aura malsaine qui aurait mis mal à l'aise même la plus insensible des créatures.

En avant de ce groupe se tenait une femme à la majestueuse, suivie de près par un guerrier à l'allure sinistre, tant à cause de son visage entièrement peint en blanc et striés de griffes noires, qu'à cause de son armure et du casque sombre qu'il portait. Jamais personne n'était en tenue de guerre dans la cité des elfes.

A quelques pas derrière, huit femmes, toutes drapées dans de longues toges pourpres, le visage caché par un voile blanc. On ne distinguait d'elles que le bout de leurs doigts et leurs yeux bleus comme l'océan.

Le guerrier foudroya du regard un elfe qui chuchotait plus fort que les autres. "Maudits". On voyait à son attitude qu'il hésitait à s'arrêter pour infliger une correction mémorable à tous ces va-nu pieds.

- Anubis.

La voix était calme et douce, à peine plus élevée qu'un murmure. La femme en tête ne s'arrêta pas, ne se tourna pas vers son garde du corps, mais elle n'ignorait rien de son envie d'en découdre.

- Nous sommes ici sur le territoire des elfes. Nous ne sommes pas en position de déclencher un scandale à l'aube d'une nouvelle guerre de l'anneau. Alors contiens toi. Et n'oublie pas : leur mépris cache de la peur.

Anubis hocha brièvement la tête, signe qu'il obéirait, savourant intérieurement l'idée de terroriser ces êtres si calmes et prétentieux.

Tous étaient désormais réunis pour le conseil et attendaient avec impatience l'arrivée de Frodon et Gandalf. La tension était palpable et personne, à part Elrond, ne savait que d'autres invités étaient attendus.

Aussi lorsque la délégation qui agitait tant Fondcombe depuis arrivée fit son entrée, un vent de surprise plana sur l'assistance. Certains portèrent même la main à la garde de leur épée. Car tous étaient assez cultivés et alertes pour avoir reconnu le peuple désormais légendaire des Nephtisis. Les enfants du Mordor.

La femme en tête frappa dans ses mains et seul son garde et deux suivantes restèrent, les autres disparaissant aussi vite que l'éclair. Elle s'apprêtait à prendre place dans un silence de mort troublé uniquement par le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans les arbres lorsqu'un elfes aux longs cheveux blonds se leva avec colère et montra du doigt les invités jugés indésirables.

- Comment osez-vous vous présenter ici ? Quel intrigue mortelle avez-vous fomenté pour vous introduire ici ? Personne n'aurait eu la folie de vous convier ici.

- J'ai eu cette folie, Legolas, fils de Thranduil.

La voix grave et posée d'Elrond fut comme un éclair dans l'obscurité. Tous pensaient qu'il poursuivrait et fournirait des explications, mais il se contenta de fixer la nouvelle venue, comme pour lui faire comprendre que c'était à elle de se faire accepter.

Elle prit une profonde inspiration pour se préparer à garder la tête haute sous les insultes qui ne tarderaient pas à fuser. Elle plongea son regard bleu gris dans celui de l'elfe qui osait l'attaquer ainsi.

-J'ai ma place ici, messire elfe, aussi vous prierais-je de vous adresser à moi et à mes compagnons avec le respect qui nous est du. J'ai été convoquée par le seigneur Elrond lui-même pour venir vous prêter main forte dans ces heures ombres.

Et elle s'assit, sans chercher à se présenter. A quoi bon, ils étaient tous pour le moment prêt à la renvoyer séance tenante.

-Nous n'avons pas besoin de l'aide des Nephtisis ! Partez chien du Mordor !

-Legolas, mon amis, calmez-vous, fit Elrond avec autorité, Contrediriez-vous mes ordres ?

-Il a pourtant raison, remarqua Grand-pas, la mine sombre, ce sont des êtres maudits qui n'ont rien à faire ici. Pourquoi inviter le mal dans votre demeure Messire, alors que l'Anneau Unique est en ces murs ?

Elle sembla s'offusquer de ces paroles.

-Le mal dites-vous ? N'est-ce pas un homme qui a refusé de détruire l'Anneau ? Je ne me sens, en ce cas, guère concernée par ce sobriquet... Quel est-il déjà ? Ah oui, "race maudite".

Ce fut la réplique de trop pour Legolas qui, tandis que le descendant d'Isildur ne relevait pas l'insulte, s'avança d'un air menaçant vers la reine, faisant voltiger sa cape brune.

- Votre peuple a massacré tous les peuples libres de la Terre du Milieu au nom de Sauron. Lorsque le vent a tourné, vous avez fui comme des lâches. Vous n'avez pas votre place parmi nous, alors qu'il est évident que vous êtes ici pour tous nous détruire.

Anubis sortit de derrière le siège, prêt à faire payer son insolence à cet elfe prétentieux. La main sur la garde de son épée il déclencha un mouvement dans l'assistance qui laissait présager un bain de sang.

La nephtisis leva son bras devant Anubis, lui interdisant avec autorité de s'avancer. Anubis recula à contre cœur. Elle se leva dans un bruissement de tissu, lentement, de façon presque menaçante. Elle se redressa entièrement, imposant son pouvoir.

Tout comme Anubis, son visage et son cou étaient entièrement peint en blanc, première étape de son maquille complexe. Sa lèvre supérieure était peinte en noir, ainsi qu'une fine bande verticale sur sa lèvre inférieure. Ses paupières aussi étaient charbonneuses : plus le trait de maquillage s'éloignait de l'arrête nasale plus il était épais. Son fard remontait de sa paupière jusqu'à l'extrémité de son sourcil, lui donnant ainsi un regard hautain et froid. Sous son œil droit, au milieu de sa joue, une petite goutte surmontée d'une minuscule sphère, noires toutes les deux, semblaient symboliser une larme, semblable à une fine tache d'encre.

Ses cheveux étaient rattachés en un chignon bas, permettant ainsi à une coiffe en argent de recouvrir son crâne de la naissance des cheveux jusqu'au début de son chignon. Elle était incrustée de perles noires, et brillait de mille feux. Une fine cordelette blanche torsadée l'entourait, des rangées de perles blanches y étaient accrochées, atteignant ses épaules.

Elle portait une longue robe en velours rouge ; Elle était très large au niveau des manches et à la base, ne laissant pas voir ses pieds ni autre choses que ses doigts. Le bas de la robe ainsi que les extrémité des manches étaient recouverte d'une fourrure brune, contrastant avec l'aspect sanglant de sa toilette. Elle portait un large pectoral en velours rouge lui aussi et au col montant, dont les extrémités étaient comme les autres recouvertes de l'étrange fourrure. Des signes cabalistiques brodés au fil d'or ornaient cette partie supérieure.

Elle parla d'une voix forte et claire, balayant du regard l'assemblée, interdisant ainsi quiconque de l'interrompre.

- Apprenez le respect pauvre fou ! Je suis la Reine Sekhmet, seule et unique souveraine de Corus, héritière de Noût et Anubis. L'homme qui m'accompagne est mon père, mon guerrier le plus fidèle, et le guide de tout mon peuple. Apprenez à tenir votre langue devant nous. Ou je vous laisserais découvrir comment le plus vieux d'entre nous réagit lorsqu'on prétend qu'il est un lâche.

Elle eut un petit sourire doucereux alors que ses yeux étaient froids comme la glace. Elle semblait prête à pouvoir tuer Legolas sans même érafler son maquillage.

- Auriez-vous tous oublié ? "Le repos ne sera trouvé que lorsque la mère nourricière sera vengé, et que les fils et les filles se baigneront dans le sang du père". La destinée de mon peuple est liée à l'Anneau, plus que n'importe qui en ce monde. Et nous ne sommes pas destinés à les défendre, lui et le Mordor.

Elle embrassa le conseil du regard, marquant un temps d'arrêt, puis reprit :

- Je sais que pour des êtres immortels, trois mille ans, ce n'est rien. Mais en ces heures sombres, les peuples libres de la Terre du Milieu compteront trop peu d'amis pour se laisser influencer par de si vieilles querelles.

Durant tout son discours, nul n'avait osé l'interrompre. Elle baissa légèrement la tête pour remercier l'assistance de son attention et se rassit, murée dans un calme olympien, comme si rien ne s'était passé.

Legolas voulut intervenir de nouveau mais Elrond le somma de se rassoir d'un geste. Gandalf et Frodon arrivèrent peu de temps après cet incident qui avait fait tomber un silence de plomb sur l'assemblée. S'il fut surpris ou opposé à la présence de la reine des nepthisis, il n'en montra rien.

Sekhmet quant à elle regarda Frodon avec douceur, faisant rougir le semi homme. Elle sentit alors son cœur s'enflammer, comme transpercé par des lances invisibles. Elle ne montra rien de son malaise qui ne tarda pas à se dissiper. Elle savait que c'était l'anneau qui l'avertissait. Elle entamait une guerre perdue d'avance.

Une fois que tout le monde fut en place, le conseil put commencer.

Pendant toute la réunion, Sekhmet sentit le regard de Legolas la sonder, comme pour y déceler une quelconque preuve de traîtrise. Elle n'y prêta guère attention, bien plus captivée par le fils de l'intendant du Gondor, Boromir.

C'était quelqu'un d'étrange, plein de vertu et de courage, mais fasciné par l'anneau. Il avait d'ailleurs proposé de le garder pour combattre le mal par le mal. Mais la nephtisis savait que derrière ce souhait somme toute irréfléchi, ne se cachait aucune fourberie ou soif de pouvoir, juste un être humain souhaitant protéger sa patrie.

Comme elle, en réalité.

Vint le moment de désigner celui qui irait mener l'anneau en Mordor. A la mention de cette terrible contrée, terre de ses ancêtres, Sekhmet frémit discrètement. Mais elle ne put retenir un sursaut quand la petite voix du semi homme retentit. Il était prêt à aller risquer sa vie pour détruire l'Anneau. Etait-il donc fou ?

Dans les secondes qui suivirent, au grand étonnement de la reine, Aragorn, héritier du trône du Gondor, Legolas, prince de la Forêt Noire du Nord, Gimli, fils de Gloïn et Boromir, fils de l'intendant du Gondor se joignirent à Frodon.

Elle esquissa un sourire, comprenant que si elle voulait avoir une place dans cette nouvelle bataille et dans le monde qui en découlerait cela se jouait à cet instant. Elle se leva, comme chacun des nouveaux compagnons l'avait fait avant elle. Toute l'assistance se tourna vers elle, surprise.

-Eh bien, eh bien, fit-elle en souriant, quelle belle compagnie ! Mais il serait injuste de ma part de prétendre vous offrir l'aide de mon peuple, et ne pas participer à cette quête semée d'embûche.

Gandalf rit dans sa barbe. La reine imposait un représentant nephtisis dans la Communauté de l'Anneau. Refuser équivaudrait à une déclaration de guerre et comme elle l'avait souligné plus tôt, ils avaient trop peu d'alliés pour se priver ainsi de l'aide de Corus, la lointaine île qui abritait ce peuple tant haï.

- Permettez-moi, continua-t-elle sans attendre de réponse, d'intégrer à votre troupe une de mes dames de compagnie. Je trouve que tout cela manque cruellement de féminité.

Cette dernière remarque plongea les personnes autour d'elle dans l'incompréhension la plus totale. Anubis se crispa, résistant tant bien que mal à l'envie de faire une remarque à sa souveraine malgré le protocole. Il devait songer que ce serait lui qui partirait pour ce périple. Ce fut Gimli qui brisa le silence en ricanant.

- Voyons, se moqua-t-il, avec tout le respect que je vous dois, Majesté, ce voyage n'est pas une visite protocolaire. Nous n'avons pas besoin d'une godiche dans nos pattes, même si sa compagnie est certainement charmante dans votre palais, je vous l'accorde.

Ce fut au tour de Sekhmet de rire, une main élégamment posée sur ses lèvres pour cacher un peu son hilarité.

- Voyons seigneur nain ! Cette godiche comme vous dites, est formée à tous les arts de la guerre. Ne croyez pas que je choisis mes suivantes parce qu'elles sont bien faite ou bien pour leur capacité à meubler une conversation. Elles sont comme des gardes du corps, à l'esprit vif et avec un talent naturel pour le combat.

" Et puis, ajouta-t-elle avec un regard indulgent pour Frodon et ses amis, la force physique aura moins d'importance dans cette quête que la force du cœur.

Legolas s'apprêtait à intervenir contre cette initiative, non pour refuser la présence d'une quelconque servante dans la communauté, mais parce qu'il ne voulait pas d'un être aussi maléfique dans ce voyage. Il n'était pas prêt à faire confiance aux Nephtisis, bien trop proches de l'anneau à son goût. Et certainement incapables d'avoir un cœur dans le sens où la reine l'entendait.

Mais Elrond fut plus rapide que lui.

-Et bien, si tel est votre choix, nous n'avons pas à nous interposer. Qui est la dame qui les accompagnera ?

Sekhmet sembla hésiter quelques instants, faisant courir son regard sur les deux suivantes restées à ses côtés. Elle finit par en désigner une qui s'avança à ses côtés avant de s'incliner respectueusement devant l'assemblée, sans découvrir son visage pour autant ou prononcer une seule parole.

- Sabé. Celle qui vous accompagnera dans votre périple sera Sabé.

Sekhmet ouvrit la porte à double battant des appartements que lui prêtait le seigneur Elrond. Derrière elle, Anubis, oubliant toute courtoisie, entra sans invitation et se posta au milieu de la pièce, fulminant.

Elle soupira et ferma la porte, prête à subir le courroux de son guerrier. En tant que son géniteur et le plus ancien des nephtisis, Anubis jouissait d'un droit de regard sur tout et d'une autorité quasi indiscutable. Jamais elle n'avait osé lui tenir tête. Si en public elle était la souveraine absolue de Corus, elle n'était bien souvent qu'une reine fantoche, renonçant à tous ses droits par respect.

- Êtes-vous donc folle ? Ais-je échoué en essayant de faire de vous une reine censée ? Vous ne pouvez...

- Il suffit Anubis ! Comme tu viens de le dire, je suis la seule et unique reine de Corus et de son peuple, moi seule décide qui envoyer rejoindre la nouvelle Communauté de l'Anneau.

"Le monde va changer et les nephtisis auront leur place dans ce changement. Je ne pouvais prendre le risque de t'y envoyer. Oses m'affirmer que tu ne les aurais pas tous tué à la première remarque déplacée ?"

Un silence de mort envahit la pièce, les deux parents se jaugeant du regard.

- Maintenant, sors. Et apprends à m'obéir ou tu resteras à jamais le fossile d'une époque révolue.

Pour appuyer ses paroles elle lui tourna le dos et fit mine d'admirer le somptueux paysage de sa fenêtre. Elle demeura dans cette contemplation sereine bien longtemps après qu'Anubis fut sorti.

Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver. Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier...

A suivre...