Hermione se réveilla de bonne humeur en ayant totalement oublié les évènements de la veille au soir lorsqu'elle prenait son bain.
Elle enfila un jogging à la place de son short de nuit ainsi qu'un gros gilet au dessus de son tee-shirt et descendit prendre son petit déjeuner dans la salle réservée à cet effet aux clients de l'auberge. Elle avait probablement l'air encore endormi et espéra ne pas avoir de traces de draps sur le visage. De toute manière il était encore très tôt, elle ne croiserait sûrement personne à cette heure là.
Elle s'installa à sa table habituelle, près d'une plante, de façon à voir les gens entrer dans la salle sans être tout à fait visible elle-même. Elle fit un petit signe à la sorcière qui s'occupait de prendre la commande. Celle-ci n'était habituellement pas très agréable avec Hermione depuis son arrivée, sans raison apparemment. Hermione imputait cela au fait que Tom, le propriétaire, avait été très sympathique avec elle à son arrivée mais c'était seulement parce qu'elle était amie avec Harry.
Ce matin là, étrangement, elle lui fit un très large sourire et s'approcha gaiement de sa table.
« Bonjour ! Bienvenue au Chaudron baveur ! Qu'est ce que vous-prendrez ? » lui demanda t-elle.
Hermione ne comprit pas. De quoi parlait-elle ? Pourquoi lui souhaitait-elle la bienvenue alors qu'elle la voyait déjà depuis deux jours ?
Elle hésita et répondit finalement « Comme hier s'il-vous-plait : des tartines, du beurre et du jus de citrouille » afin de lui faire bien comprendre qu'elle était déjà ici la veille.
La serveuse la regarda alors avec attention et s'exclama « Nom d'une pie voleuse ! Je ne vous avais pas reconnue avec de tels cheveux ».
C'est à ce moment qu'Hermione prit conscience que la potion avait du faire effet comme lui avait prédit Jade. Et elle n'avait même pas pensé à jeter un regard dans son reflet avant de sortir de sa chambre ! Quelle bécasse elle faisait.
N'y tenant plus elle chercha un miroir dans la salle. Bien entendu, avec sa chance, il n'y en avait pas. Elle s'apprêtait à aller dans les toilettes quand elle pensa que, peut-être, sa nouvelle coiffure était un vrai désastre. Mieux valait directement se rendre dans sa chambre et, si nécessaire, essayer d'arranger ses cheveux avant de redescendre.
Elle se précipita donc à l'extérieur tout en marmonnant à la serveuse qu'elle revenait dans une minute. A peine eut elle franchi la porte qu'elle se cogna violement dans quelqu'un. Elle tenta vainement de s'agripper à quelque chose, sans succès. Le choc fut rude pour les deux personnes : elle s'effondra sur l'autre sans ménagement. Quand elle se rendit compte de qui il s'agissait elle faillit hurler. Malfoy ! Sous elle ! C'était un cauchemar.
Il la tenait par les coudes et lui souriait. Pourquoi lui souriait-il ? S'était-il cogné ? Il ne s'agissait même pas d'un de ses sourires narquois dont elle avait l'habitude non c'était.. autre chose. Et il ne la regardait même pas directement dans les yeux, il semblait alterner entre sa bouche et sa… poitrine ! Hermione se rendit soudain compte qu'elle était descendue en haut de pyjama donc sans soutien-gorge. Encore une fois elle se maudit de sa stupidité.
La jeune fille se redressa subitement en baragouinant une suite de mot tels que « toujours là… pas possible… crétin ». Elle courut dans le couloir la menant à sa chambre, jeta un regard en arrière avant d'entrer afin d'être sure qu'il ne pouvait plus la voir. Heureusement il semblait être déjà rentré dans la salle à manger. Tant mieux, comme ça elle ne serait pas obligée de pousser le bureau contre la porte pour contrer les éventuelles attaques du garçon.
Bien sur elle ne pensait pas réellement qu'il serait capable de venir ici pour lui faire du mal. Mais on est jamais trop prudent, elle savait que par essence les serpentards étaient malfaisant et Malfoy le pire de tous.
Il n'était pas comme les autres qui lançaient des piques désobligeantes à propos de ses origines ou bien sur l'étrange trio qu'ils formaient avec Harry et Ron (des rumeurs circulaient à propos d'elle sortant avec ses deux amis… en même temps). Non, lui ne se contentait pas d'être méchant verbalement, bien qu'elle soit habituée à toutes ces remarques. Il testait toujours plus ses limites. Il voulait la voir craquer. Elle s'en était rendue compte l'année précédente à force de subir des sortilèges provenant apparemment de nul part. Cela arrivait très souvent à la sortie de la grande salle : son sac se renversait, une statue tombait, les portes se fermaient à clé sur son passage, ses semelles collaient au sol… Un jour, Harry s'était rendu compte que quelque chose clochait en la voyant difficilement avancer dans le couloir. Il l'avait alors suivie de loin et avait pu la voir repousser une statue à l'aide d'un sort de protection, faire évaporer une flaque qui aurait pu la faire glisser au sol et cela en l'espace de quelques mètres… Après qu'elle eu tourné au coin, il avait vu Malfoy sortir de derrière une tapisserie en s'esclaffant. Harry l'avait donc menacé en se jetant sur lui, baguette à la main. Ce qui avait eu pour effet de le stopper… dans ce couloir très précisément. Cela continuait d'arriver partout ailleurs et le trio avait beau fouiller tous les recoins, vérifier toutes les tapisseries il n'y avait jamais trace de Malfoy.
Mais au moins elle savait qu'il s'en prenait à elle par plaisir et avait mis en place de nombreux sorts de défense autour d'elle à chaque fois qu'elle sortait de la tour Gryffondor. Certes il s'agissait de mesures un peu draconiennes mais elle n'avait pas le choix. Son sac était maintenant indestructible et ses chaussures avaient la faculté de s'adapter à n'importe quelle surface. D'ailleurs il faudrait qu'elle pense à réaliser les mêmes sorts sur ses nouvelles acquisitions. Il était hors de question que Malfoy abime ses vêtements. Ou alors il aurait à faire à elle !
Elle était tout de même soulagée qu'il n'utilise que des sorts mineurs sur elle. Elle savait parfaitement que s'il avait voulu lui faire du mal il aurait pu… Une petite voix dans son esprit lui souffla que s'il ne le faisait pas c'est parce qu'elle était toujours entourée, de près ou de loin, par un de ses camarades et que si un jour elle se retrouvait seule elle n'y échapperait sûrement pas.
Hermione secoua la tête, se rendant compte qu'elle avait depuis longtemps atteint sa chambre et qu'elle était appuyée contre la porte, la poignée incrustée dans le dos.
Elle ferma la chambre à clé et se décida enfin à aller voir son reflet dans la salle de bain.
Elle commença par se détacher les cheveux, les rejeta d'avant en arrière, se redressa puis s'avança vers le miroir situé au dessus des deux vasques.
Voilà. Elle se voyait. Et c'était incroyable.
Le fait est qu'il s'agissait d'un réel changement. Elle compris immédiatement pourquoi la serveuse ne l'avait pas reconnue. Ses cheveux n'étaient plus ce qu'on peut appeler une « touffe ». Certes ils avaient encore beaucoup de volume dû aux nombreuses boucles mais le rendu était très diffèrent.
Si elle avait dû les décrire elle aurait surement utilisé le terme « cascade ». Oui, elle avait une cascade de cheveux s'éparpillant sur ses épaules jusqu'au milieu de son dos. Elle n'aurait jamais soupçonné posséder une telle longueur de cheveux. Elle présuma qu'ils avaient été trop emmêlés pour cela.
A présent ils formaient de belles boucles bien dessinées qui semblaient former un halo autour de son visage. La potion lui avaient aussi ravivé des reflets plus clairs, couleur miel, qu'elle avait généralement lorsqu'elle passait beaucoup de temps au soleil. Ils encadraient merveilleusement bien son visage, ses traits paraissaient affinés.
Décidemment, cette potion était une réussite ! Elle ne se lassait pas de passer sa main dans ses cheveux, de les trouver si doux ! Et dire qu'ils ne s'accrochaient même plus au moindre petit nœud !
Maintenant qu'elle était de retour dans sa chambre elle décida d'en profiter. Elle prit une rapide douche et enfila une nouvelle jupe blanche ainsi qu'un chemisier bleu et ses compensée. Puis, avant de retourner dans la salle à manger pour son petit déjeuner, elle s'observa quelques instants dans le miroir près de la porte.
Tenue OK, Cheveux plus qu'OK. Pourtant il manquait quelque chose… Ah oui ! Elle ne s'était pas maquillée ! Elle fila de nouveau dans la salle de bain et ouvrit sa trousse à maquillage.
Elle avait décide de faire un effort sur son apparence donc elle s'y tiendrait. Mais devait-elle pour autant changer du tout au tout ? Elle avait habituellement la peau totalement nue et devoir se peinturlurer la face pour être « comme les autres » ne lui plaisait pas. Après une intense réflexion elle se décida pour une poudre légère, du mascara magique qui lui faisait des cils tellemeeeent longs et une touche de rouge à lèvres afin de faire ressortir le pulpeux de sa bouche.
Elle était à présent prête à sortir et à affronter Malfoy. Il n'y avait rien dans son apparence qu'il pouvait critiquer, elle en était sûre. Elle prit son courage à deux mains et fit le chemin inverse jusqu'à la salle à manger.
Sa table avait été dressée et sa commande l'attendait. Ses tartines avaient été maintenues au chaud par un sortilège réalisé en cuisine. Elle le savait car elle avait déjà demandé la vieille comment ils faisaient pour qu'elles ne se refroidissent pas pendant qu'elle lisait le journal.
Elle s'installa et commença l'inspection de la salle. Pas de Malfoy en vu. Elle se sentit à la fois soulagée et agacée. Elle aurait voulu qu'il la voit, et qu'il ne trouve rien pour l'insulter (surement n'aurait il pas osé la traiter de sang-de-bourbe dans une auberge). En même temps il aurait sûrement été avec la fille de la veille. Et là, c'est sûr, elle n'aurait pas tenu la comparaison. Il aurait probablement levé un sourcil moqueur, aurait eu un rire à peine audible, sarcastique et ne lui aurait plus jeté le moindre regard. Donc c'était bien mieux qu'il ne soit plus là. Elle n'aurait pas à supporter son jugement silencieux, surtout pas après qu'il l'eut peut-être vue la veille au soir en train de l'observer et qu'elle se soit accidentellement affalée sur lui vingt minutes auparavant. Hermione rapporta son attention sur son assiette et fit signe à la serveuse afin qu'elle lui apporte le journal.
Peu de temps après, elle sentit un doux frôlement contre ses jambes nues. Pattenrond lui aussi voulait manger ! Elle l'avait laissé sortir de sa chambre sachant pertinemment qu'il ne supporterait pas d'être enfermé et qu'il reviendrait pour manger ainsi que pour partir de l'auberge. Elle le prit sur les genoux et lui donna des morceaux de ce qu'il restait dans son assiette. Quand celle-ci fut vide il sauta par terre et la fixa obstinément. C'était étrange, d'habitude il agissait de cette façon lorsqu'il voulait quelque chose d'elle. Elle se leva et, au même moment, le chat s'avança vers la porte. Elle le suivit en désespoir de cause, au pire il l'emmènerait vers la cachette où il entreposait ses captures de la nuit. Il la menait vers la salle de réception à présent.
A peine fut elle dans la pièce qu'elle compris pourquoi son chat l'y avait emmené.
La famille Weasley au complet ainsi qu'Harry y étaient. Tous affalés sur les canapés comme s'ils étaient extenués après un marathon.
Hermione se précipita vers eux le sourire jusqu'aux oreilles. Elle ne les attendait pas aussi tôt !
« Harry ! Ron !» s'exclama t-elle en s'approchant du canapé dans lequel ils s'étaient installés. Ils la dévisagèrent pendant quelques instants avant de comprendre de qui il s'agissait.
« Hermione ! Tu es… » commença Ron sans avoir le courage de finir.
Son frère George vint à sa rencontre « Eh bien Hermione si j'avais su que c'était toi qui arrivais je n'aurais pas empêché Fred de te siffler ! Tu es resplendissante. » le complimenta-t-il.
Hermione fut flattée mais n'eut pas le temps de répondre. Déjà Molly et Ginny fondaient sur elle pour la saluer et s'excuser de ne pas l'avoir reconnue plus tôt.
Elles lui expliquèrent qu'ils avaient du courir après le nouveau hibou de Ron dans tout le chemin de traverse, leurs valises à la main, parce que Ron avait oublié de fermer la cage. Ils avaient passé 20 minutes à chercher partout avant qu'Arthur ait la bonne idée d'exercer le sortilège d'attraction afin de le récupérer. Ainsi, après avoir passé les portes de l'auberge ils s'étaient tous reposés quelques minutes dans les canapés, moment où elle était arrivée.
Elle s'assit avec les autres et discuta de tout et de rien. Une heure devait avoir passé lorsque les nouveaux arrivants purent accéder à leurs chambres. Hermione proposa à Ginny de porter un de ses nombreux sacs. Son amie n'avait pas réussi à faire le choix dans ses vêtements et avait simplement décidé de tout prendre, même s'ils ne rentraient pas tous dans sa malle.
Harry et Ron partirent devant car leur chambre avait été la première prête. Puis vint le tour des parents de Ron et des jumeaux. Ginny se rappela qu'elle avait laissé sa baguette à sa mère et demanda à Hermione de prendre sa clé à sa place, le temps qu'elle aille la chercher.
Hermione se retrouva donc seule dans le salon à attendre. Après trois minutes à s'impatienter auprès du bureau d'accueil elle obtint enfin la clé. Elle alla chercher le sac que Ginny lui avait confié et en profita pour faire le tour de la pièce afin d'être sûre qu'aucun Weasley n'y avait oublié quelque chose. Elle s'apprêtait à partir, n'ayant trouvé aucun objet égaré, quand son regard fut attiré par un mouvement près de la fenêtre.
Elle eut un mouvement de recul. Malfoy l'observait à travers la vitre. Elle hésita à aller lui demander ce qu'il lui voulait ou bien à l'ignorer mais elle n'eut pas le temps de s'arrêter sur son choix car quand elle regarda de nouveau, une demi seconde plus tard, il n'était plus là. Elle crut avoir déliré. Comment avait-il pu partir aussi vite ? Elle n'avait même pas totalement détourné le regard, seulement vérifié que sa baguette se trouvait bien sans la poche de sa jupe
La jeune fille pensa alors qu'il s'agissait peut-être d'un effet second de la potion qu'elle avait ingurgité la veille. Mais Jade ne l'aurait-elle pas prévenue ?
N'ayant pas envie de se poser trop de questions alors qu'elle devait rejoindre son amie elle préféra ignorer de nouveau ce qu'elle venait de voir.
Cela faisait trois fois qu'elle le voyait et à chaque fois il avait agit bizarrement. Elle comprenait qu'il n'ait pas été désagréable lorsqu'ils s'étaient rentrés dedans car il y avait de fortes chances pour qu'il ne l'ait pas reconnue. Mais ses deux regards étaient inhabituels. Ils ne transpiraient pas la haine, pas cette fois, aussi surprenant que cela puisse paraître. Ils étaient limpides, purs, pas malfaisants, pas plein de leur habituel venin.
Hermione prit le parti d'y réfléchir à tête reposée plus tard dans la journée. Pour l'instant elle devait rejoindre ses amis qu'elle n'avait pas vus depuis presque deux mois. Ils avaient beaucoup de choses à se raconter, elle avait hâte de se balader sur le chemin de traverse avec eux.
