Note : Merci beaucoup pour vos réactions, ça me fait vraiment plaisir :-)
J'espère avoir réussis à rendre Rue aussi attachante que dans les livres et le film !
Merci à ma meilleure amie pour m'avoir aidé :-)
Sur ce, bonne lecture !
Les jeux
Cato courut dans le couloir lorsqu'il vit les portes de l'ascenseur se refermer. Il s'y glissa in extremis avant que l'engin ne se mette en marche. Il observa son reflet dans la glace de l'ascenseur en espérant qu'il n'ait pas trop transpiré dans son beau costume. Du coin de l'œil il vit Thresh lever les yeux aux ciel. Il le fusilla du regard et lissa le plan de sa veste.
Soudain il entendit quelqu'un pouffer de rire derrière lui. Il se retourna pour trouver Rue et son air malicieux.
Il l'a regarda et posa sa main sur sa tête.
- Tu ne m'as pas écouté on dirait, tu es de plus en plus petite, dit-il avec un sourire en coin.
Rue lui lança un regard étrange et répondit au tac-o-tac :
- C'est normal je suis en pleine croissance.
- On ne dirait vraiment pas !
- Un jour je serais grande comme la fille du feu, dit-elle avant de songer qu'elle n'aurait sans doute pas l'occasion de grandir davantage.
- Elle n'a rien d'exceptionnel, dit-il en haussant les épaules.
- Je t'ai bien observé tu la regardes beaucoup pour quelqu'un qui n'a rien d'exceptionnel.
- De quoi tu parles petite, répondit-il avec agacement.
- Tu sais bien... La fille du feu.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sous les rires de Thresh qui donna une petite tape sur l'épaule de Rue en disant : « Toujours aussi observatrice à ce que je vois ! ».
Cato se retint de lancer une réplique cinglante à l'encontre de Thresh. Il avait toujours dans l'idée d'en faire un allié une fois dans l'arène et en cas de refus il pourrait toujours se venger. Oui voilà, c'était une idée très réconfortante que de savoir ça. Il venait du district Deux, un des plus important et prestigieux, ce n'était certainement pas un pauvre gars du Onze qui allait le ridiculiser.
Il allait gagner.
Le temps passa à toute vitesse jusqu'aux jeux. L'excitation des premiers jours laissa place à une peur palpable et lourde. L'ambiance festive du Capitole avait endormit l'esprit des candidats à grands coups de nourriture riche et de vêtements excentriques. Si les habitants attendaient les jeux avec une impatience non dissimulée, la plupart des tributs, eux, se sentaient plutôt au bord de la panique. Katniss ressentait plutôt du dégoût face à tout cela. Du dégoût de voir des gens attendre avec impatience que des enfants ne s'entre-tuent. Elle gardait précieusement au fond d'elle la promesse faite à Prim de revenir vivante. Et si possible en un seul morceau. Elle était pratiquement sûre d'avoir réussit à convaincre au moins un sponsor. Un seul pourrait déjà lui sauver la vie.
La suite et fin de l'entraînement se déroula sous l'arène. Un hovercraft se matérialisa pour y amener chaque tribut, une fois à bord on leur implanta un mouchard afin que les juges puissent suivre leur moindre faits et gestes. Les jeux se rapprochaient de plus en plus, il ne s'agissait plus désormais de se pavaner en tenus de fête ni de plaisanter avec Caesar Flickerman. Maintenant les tributs sentaient la peur les envahir et grandir en eux comme de la mauvaise herbe.
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Les soixante secondes sur les plaques métalliques sont peut-être les plus angoissantes de toutes. Chaque tribut regarde l'autre du coin de l'œil dans l'espoir de deviner ce qu'il fera et surtout qui mourra en premier. En face d'eux la corne d'abondance porte bien son nom. Des armes, de la nourriture, de quoi survivre confortablement dans cet environnement hostile. Cato observe lui aussi ses adversaires. Il y en a plusieurs qui mourront vite. Très vite. Beaucoup n'auront même pas besoin de l'aide de quelqu'un, la faim, la soif et la forêt les achèveront tout seul.
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Il vit ensuite Rue, minuscule sur sa plaque en train de regarder anxieusement du côté de la forêt. Il ne doutait pas qu'elle se servirait de sa vitesse pour se cacher le plus vite possible. Après tout elle avait bien dit à Caesar qu'elle était très rapide et qu'il ne fallait pas l'enterrer tout de suite. Cato était très curieux de savoir jusqu'où elle irait. Compte tenu de sa taille et de son poids plume, il valait mieux pour elle qu'elle ne tente pas de participer au bain de sang.
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Près d'elle se trouvait Katniss, la fille du feu. Cato aurait donné presque tout pour connaître son point fort, celui qui lui a valu un onze de la part des juges. Elle était plutôt belle, même si très revêche et méprisante envers à peu près tout le monde. Mais elle voulait survivre et Cato comptait bien faire en sorte que le final soit elle et lui en tête à tête. D'ailleurs Rue se trompait lourdement, s'il la regardait, c'était uniquement par intérêt, parce qu'il voulait savoir ce qui avait tant impressionné les juges.
Elle tourna la tête dans sa direction et il croisa brièvement son regard avant de se détourner. Pas question qu'elle croit qu'il s'intéressait à elle d'une manière ou d'une autre. Sans compter que l'autre garçon de son district semblait la coller comme une moule à son rocher.
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Ce fut comme si le temps s'était ralentit. Tout le monde sauta hors de sa plaque et se précipita dans diverses directions. Certains étaient déjà morts, peut-être même sans s'en rendre compte. D'autres – les carrières et les tributs cherchant un peu de gloire - se battaient avec acharnement pour les armes et la nourriture de la corne d'abondance. Le terme « bain de sang » n'était pas exagéré, le sang des tributs tapissait le sol au point que l'herbe en devenait écarlate.
Katniss esquiva de justesse le couteau que la fille du Deux, Clove, lui envoya dessus. Il se nicha dans son sac à dos et Katniss se retint de justesse de la remercier pour ce précieux cadeau. Puis elle courut aussi vite que possible vers la forêt. Elle n'avait pas l'arc ni les flèches mais elle avait de quoi survivre et se défendre.
Clove se sentait très agacé. Elle n'avait pas pour habitude d'être contrarié et surtout pas par une pauvre fille du Douze. Or là, ladite pauvre fille en question venait de s'enfuir avec un de ses couteaux. Elle se retourna vers Cato qui l'avait appelé et elle le soupçonna de l'avoir fait exprès. Depuis le début il regardait bizarrement cette fille et elle n'aimait pas ça. Non pas qu'elle éprouvait quoique ce soit pour Cato – on ne se liait pas avec quelqu'un qui pouvait vous tuer – mais elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde semblait fasciné par cette fille qu'elle trouvait très banale soit dit en passant.
- Pourquoi tu m'as appelé ? Je l'avais !
- Plus tard, ça sera plus amusant.
Clove regarda la fille du feu disparaître dans la forêt épaisse et touffu et se jura qu'elle se vengerait.
Les Hunger Games ne démarraient pas tout à fait comme Cato l'avait prévu. Tout d'abord Clove avait décidé d'être pénible et de chercher la fille du district Douze pour la tuer. Étrangement le garçon de son district avait décidé de les aider ce qui avait surprit tout le monde. Tout le Capitole avait adhéré à son numéro d'amoureux transit, chose qui était fausse visiblement. Ensuite, et pour une raison qu'il ne saisissait pas, Cato trouvait Peeta absolument horripilant. Marvel, Glimmer et les deux autres du district Quatre les suivaient bien qu'ils ne servaient pas à grand chose pour le moment. Quitte à avoir une alliance, Cato aurait largement préféré des gens utiles comme Thresh du Onze.
Le district Onze.
Il pensa à la petite Rue et se demanda si elle était déjà en train de grimper aux arbres. Elle n'était pas morte pendant le bain de sang de la corne d'abondance, preuve qu'elle était maline et intelligente. Quelque part au fond de lui, il se sentit soulagé. Cato secoua brusquement la tête pour chasser cette impression. Rue était une adversaire comme une autre et s'il le fallait il la tuerait comme n'importe quel autre tribut.
Malgré tout son estomac se tordit et il se serait volontiers giflé lui-même en se disant qu'il était peut-être un peu inquiet pour elle. Mais juste un peu. Il l'avait trouvé drôle et attachante ces derniers jours et il songea que malgré tout, douze ans c'était bien trop jeune pour les Hunger Games.
Tandis que son groupe marchait rapidement en riant à gorge déployé, Cato ralentit un peu et sortit un peu de bœuf séché de sa poche. Il était près à parier que Rue se trouvait près d'ici. Il en dissimula un peu dans une branche.
« Peut-être que les écureuils auront faim ».
Son estomac se délia un peu et il se sentit encore plus agacé envers lui-même. Il n'avait pas à vouloir prendre soin d'un tribut, ni à espérer qu'il s'en soit sortit et encore moins à déposer de la nourriture dans un arbre. Cato inspira un grand coup et se promit que cet instant de faiblesse serait vite oublié. Il allait gagner coûte que coûte.
Les jours suivant Cato put constater que vraiment ces Hunger Games ne se déroulaient pas comme il l'avait imaginé. Depuis son enfance, il s'entraînait dur et longtemps dans l'espoir de revenir vainqueur et de devenir la fierté de son district. Or là il venait de perdre Clove. Il savait pertinemment qu'elle n'allait pas rester en vie indéfiniment – après tout c'était elle ou lui – mais il avait dans l'idée de la garder le plus longtemps possible près de lui. Après tout elle était une tueuse et une chasseuse hors pair. Et surtout elle était comme une sœur pour lui. Pendant toute son adolescence il avait passé du temps avec elle, ils avaient grandis ensemble et là elle était partie.
C'était différent que de perdre les autres tributs. Il ne s'était jamais vraiment mit dans la tête que Clove allait mourir, qu'elle ne serait plus, que plus jamais il ne l'entendrait rire ou le charrier. Cato savait très bien que c'était l'issu des jeux et qu'il fallait que l'un d'eux meure, malgré tout cette nouvelle le toucha profondément. Il avait la sensation de perdre quelqu'un de sa famille et pour la première fois de sa vie il éprouva une sensation de profond dégoût pour le Capitole. Tout dans la mort de Clove était injuste. Il ressentait cette obscure sensation de chute qui accompagne les grandes pertes. Cato mesurait pleinement à présent tout l'enjeu des Hunger Games, il comprenait pourquoi et surtout comment les anciens vainqueurs étaient devenus ce qu'ils étaient devenus. De vrais épaves pour certains.
Une tueuse et une chasseuse hors pair a été tué par des guêpes, songea t-il avec amertume.
A présent Cato se trouvait entouré de Marvel, Glimmer – qu'il appréciait beaucoup, son charme ne le laissait pas indifférent -, et du dernier imbécile du district Quatre. Il avait légèrement blessé Peeta lorsque celui-ci s'était enfuit et s'était promit de lui régler son compte plus tard. Près de vingt-quatre heures plus tôt, ils avaient pris en chasse Katniss, la fille du feu. Elle s'était réfugiée au sommet d'un arbre et ils avaient tour à tour tenté de l'y déloger. Glimmer était belle mais piètre archère et ses flèches passèrent si loin de Katniss qu'elle commença à les narguer. Cato arrêta Clove lorsqu'elle sortit ses couteaux et lui fit comprendre que la fille du Douze était sa cible. Pas la sienne, pas celle de Glimmer mais la sienne. Il avait d'abord pensé monter la cherché et faire d'elle sa prisonnière mais il s'était plutôt lamentablement vautré sur le sol.
Non vraiment c'était une très mauvaise journée.
Finalement Jolie-Coeur avait enfin prouvé son utilité en suggérant qu'on attende qu'elle descende. C'était plutôt malin finalement, elle n'allait pas rester indéfiniment perché.
Alors que Marvel montait la garde, il s'était allongé près de Glimmer et avait observé Katniss. Dans la nuit noire et les feuillages il distinguait à peine les contours de son corps. Elle semblait dormir, solidement attachée sur sa haute branche. La nuit était presque glaciale mais elle ne semblait pas souffrir du froid et lui-même profitait de la chaleur corporelle de Glimmer si bien qu'il sombra lui aussi dans le sommeil, la main sur son épée. Quelques heures plus tard il fut réveillé brutalement par les hurlements de Clove bientôt suivis de tous les autres. Une nuée d'insecte les encerclait avec un bourdonnement assourdissant. Il sauta sur ses jambes et sentit rapidement une douleur fulgurante sur sa cuisse droite. Il courut à la suite des autres, les guêpes tueuses toujours derrière eux, jusqu'au lac où il plongea tout habillé.
C'était une des seules solutions pour que ces saletés de bestioles arrêtent leur vendetta. Il sortit précautionneusement la tête de l'eau et vit les guêpes se disperser, bientôt la forêt redevint silencieuse à l'exception des gémissements de Marvel, Glimmer et du garçon du quatre qui se tordaient de douleur. Bientôt les hallucinations allaient s'ajouter à ce joyeux tandem. Cato serra les dents et se prépara à ce qui allait suivre. Finalement la fille du feu avait trouvé un moyen de descendre de son arbre.
Peeta grogna de douleur lorsqu'il versa un peu d'eau fraîche sur l'entaille de sa jambe. Après avoir maudit Cato pendant une heure entière, il avait décidé de consacrer son énergie à soigner sa jambe. L'entaille n'était pas profonde mais douloureuse et il valait mieux qu'elle ne s'infecte pas. Il n'était pas un garçon de la Veine, il ne connaissait pas les plantes qui guérissait comme Katniss et sa famille. Et les cours de survis étaient loin derrière lui.
Soupirant, il appliqua un pansement de fortune sur la blessure et reprit sa route à travers le feuillage. Il tenta de se faire le plus discret possible mais il n'avait pas cette aisance dans la forêt qui pouvait faire toute la différence. Finalement il décida de suivre le cour de la rivière.
Au bout de presque une heure il attrapa deux poissons qu'il entreprit de vider. Puis il alluma un feu et les fit cuire soigneusement. Une délicieuse odeur de poisson grillé l'enveloppa et il se rendit compte d'à quel point il avait faim. Son « alliance » avec les carrières lui avait apporté un certain confort, mais surtout cela lui avait permit de veiller sur Katniss. A présent il était seul et ses chances de survis s'étaient considérablement amoindris. Il enveloppa le reste du poisson dans une grande feuille et partit à la recherche de Katniss. Il savait qu'il avait peu de chance de la trouver, elle pouvait se faire plus invisible qu'une ombre dans une forêt. C'était son élément naturel. Malgré tout il comptait sur le fait qu'elle le trouve, et surtout qu'elle veuille le tuer pour sa trahison.
Au bout de deux jours, Peeta commença à perdre un peu patience. Non seulement Katniss était introuvable ce qui supposait que soit 'il ne cherchait pas dans la bonne direction, soit elle était blessée. Cette seule pensée lui tordit l'estomac et il s'efforça de ne pas songer au pire. Et pour ne rien arranger, il était affamé et épuisé, si bien que sa jambe guérissait très lentement.
Peeta finit par installer un petit campement non loin de la rivière et s'accorda quelques minutes de repos. Il posa sa tête contre le tronc d'un arbre et ferma les yeux. Les bruits de la forêt étaient à la fois rassurants et inquiétants. Des oiseaux gazouillaient et le bruit de la rivière lui donnaient une furieuse envie de dormir. Malgré tout il sursautait au moindre craquement, au moindre bruit inhabituel. Tous ses sens étaient en alerte bien que son corps réclamait à corps et à cris un peu de repos.
Et c'est là qu'il l'a vit. Aussi furtive qu'un écureuil, elle se cacha derrière un arbre lorsqu'il leva les yeux vers elle.
- Rue ?
Elle apparut de l'autre côté de l'arbre, l'air un peu inquiète.
- Viens, tu ne risques rien tu sais.
Elle s'approcha de lui aussi discrète qu'une souris. Peeta se demanda depuis combien de temps elle l'observait. Des jours peut-être. Elle était si discrète et lui non, il était sûr qu'elle avait du repérer sa trace depuis bien longtemps.
- Tu es blessé ? Demanda t-elle en s'asseyant près de lui.
- Oui Cato m'a blessé.
- Tiens j'ai quelque chose qui devrait t'aider.
Elle sortie une poignée de feuille de son sac qu'elle appliqua sur la blessure de Peeta. Le soulagement fut instantané et il la remercia chaleureusement.
- De rien. Katniss te cherchait.
- Elle va bien ? Elle a été blessé ?
- Après avoir lâché les guêpes sur les carrières, elle a été piqué et je l'ai soigné.
- Où est-elle maintenant ?
- Près de la corne d'abondance.
- Quoi ? S'exclama t-il. Elle va se faire tuer.
- Non, on a un plan. Tous les carrières ont réunis leurs provisions près de la corne d'abondance et Katniss va tenter de les faire exploser. Je dois allumer un peu pour détourner leur attention mais entre temps j'ai repéré ta trace.
- C'est brillant, se contenta t-il de dire.
- Les carrières n'ont jamais souffert de la faim, ils auront beaucoup plus de mal après ça.
- Excellent. Comment je peux t'aider ?
Le visage de Rue se fendit d'un sourire malicieux.
- J'étais sur que tu n'étais pas du côté des carrières.
Ils entreprirent de réunir une bonne quantité de branchages vert pour que la fumée soit bien blanche et épaisse. Et ce fut le cas, tout prit feu de façon spectaculaire et ils s'éloignèrent très rapidement avant que les carrières ne débarquent.
- Hey c'est quoi ça là-bas ? Venez voir ! Dit Marvel en désignant une belle colonne de fumée blanche qui sortait de la cime des arbres.
- On va aller voir, annonça Cato, tu reste ici toi, ajouta t-il au garçon du Quatre dont il ne connaissait toujours pas le nom.
Ils avaient réussit à ériger une pyramide comprenant une grande quantité de nourriture, de vêtements et de médicaments. Le tout était sécurisé par les mines qu'ils avaient judicieusement disposé autour. Si l'on omettait le sang séché qui tapissait le sol leur campement avait quelque chose de presque convivial.
Katniss observa les carrières se diriger vers la colonne de fumée et espéra que Rue était désormais bien à l'abri. Puis elle prit une flèche dans son carquois et se prépara à tirer.
J'espère que vous avez aimé ! :)
A dimanche pour la suite !
