Nom : Pokémons, sucre et rock'n roll

Genre : Aventure principalement...

Serie : Pokémon

Disclaimer : Tous les personnages m'appartiennent. Le concept de pokémon, les races ect... appartiennent à Nitendo

Note : Rien de spécial à dire à part que je suis déjà à court de jeux de mots débiles pour mes titres de chapitres... :p

¤¤¤

Yasha tendit la main, tentant d'étouffer la culpabilité qui l'envahissait. Le gamin en face déposa deux billets dans le creux de sa paume, puis tourna les talons, serrant sa Fouinette blessée dans ses bras. Quel âge avait-il ? Dix ans ? Peut-être onze ? L'écart de niveau était trop grand, il n'avait eu aucune chance. Ça n'était pas juste. Ça n'était pas juste et elle le savait. Elle l'avait incité à se battre en lui faisant croire qu'il pouvait gagner... Presque du racket. Mais peu importait. Il fallait qu'elle continue à combattre tous les dresseurs qu'elle rencontrait. Jeunes ou vieux, faible ou fort. Même si elle se sentait mal après. Elle se souvenait encore du regard que lui avait jeté Leconte... Les souvenirs l'envahirent une fois de plus, cuisants d'humiliation...

¤¤¤

Elle était assise sur une chaise inconfortable. Ses mains blessées étaient posées sur ses genoux. L'infirmière Joëlle avait soigné ses plaies, mais dans l'urgence elle n'avait pas pu empêcher l'apparition de cicatrices. Elle les garderait toute sa vie. Mais pour le moment, c'était le cadet de ses soucis. Non, son problème le plus urgent, c'était l'homme qui la scrutait, installé derrière le bureau. Claus Leconte. Le propriétaire de la salle de concert qu'elle avait incendié.

"Vous dites donc que... "quelqu'un" vous a lancé un cocktail Molotov et que c'est ce "quelqu'un" qui est reponsable de l'incendie ?"

Yasha hocha simplement la tête. Inutile de répondre, c'était ce qu'elle s'évertuait à lui expliquer depuis plus d'une heure. Et elle savait déjà ce qu'il allait lui dire.

"Le problème... poursuivit l'homme, c'est qu'à part vous, PERSONNE n'a vu la moindre bouteille, ni le moindre suspect. Et c'est VOUS que j'ai sous la main. Savez-vous au moins à combien s'élève la facture des dégâts ? En ne comptant que les locaux, le matériel, les dommages et intérêts pour les blessés... Un total de plus d'un million ! Et encore, j'arrondis à la baisse."

À ces mots, la guitariste sentit le sang quitter son visage. Comment allait-elle rembourser tant d'argent ? Elle n'avait pas de travail fixe, et son compte en banque était presque en permanence vide... Un million... Elle allait s'évanouir...

"Du calme, du calme... L'assurance en rembourse la majeure partie. Néanmoins... Pas tout.

-Combien je vous dois ?"

Anxieuse, elle regarda l'homme taper négligemment sur sa calculatrice, alignant les zéros avec la facilité de l'homme d'affaires endurci. Finalement, il releva les yeux vers elle.

"Très exactement, cinq mille six cent quatre-vingt deux pokédollars... Disons juste cinq mille six cent.

-Trop aimable." murmura Yasha entre ses dents.

Le chiffre était moins vertigineux... Mais là aussi elle n'avait pas assez à moins de vendre tout ce qu'elle possédait, les vêtements qu'elle portait en ce moment même compris. Et encore. C'était pas sûr. Leconte sortit quelques papiers et commença à griffonner.

"Étant donné que vous ne pouvez visiblement pas payer... Je vais faire saisir vos meubles...

-Attendez !"

Il leva un sourcil ironique à son intervention.

"À moins que vous ne préfériez régler ça devant un tribunal, évidemment."

Un tribunal ? QUI prendrait son parti dans un jury ? Elle représentait tout ce que la plupart des gens détestaient avec ses vêtements noirs et ses new rocks. Il leur faudrait moins de quinze minute pour décider de lui donner la peine maximale.

"Non, non ! Mais ma maison appartient à mes parents, si vous saisissez, ils...

-Il fallait y penser avant d'incendier MA propriété.

-Je peux vous payer !"

Un silence pesant s'ensuivit. C'était vrai que ces mots dans la bouche d'une fille d'à peine seize ans ne paraissaient pas crédibles. Yasha poursuivit :

"Enfin... Je ne peux pas tout de suite... Mais je vais trouver un moyen de vous rembourser !"

Il ne répondit rien, la scrutant, les mâchoires serrés. Elle retint sa respiration, portant sa main à la poche où se trouvait la pokéball de Bélial pour y puiser du réconfort. Finalement, Claus se laissa retomber en arrière dans son fauteuil de cuir et s'étira.

"Bien... Même si je doute que vous parveniez à gagner suffisamment pour éponger l'ensemble de la dette... Je peux aux moins vous laisser une chance de la diminuer ne serait-ce que légèrement."

Un soupir de soulagement franchit les lèvres de Yasha.

"Mais il a une condition. Vous n'avez que six mois pour réunir l'argent nécessaire. Pas un jour de plus."

¤¤¤

Elle avait accepté bien sûr. Une telle chance de s'en tirer sans dommages ! Ça semblait tellement facile sur le moment. Bélial était puissant et rapide, elle n'aurait qu'à gagner assez de matchs et le problème serait réglé. En théorie. Depuis une semaine, elle avait pu se rendre compte qu'elle avait oublié pas mal de données. Les provisions, les soins pour Bélial, tout ça revenait cher, et la plupart des dresseurs de la région étaient des débutants qui ne pouvaient pas vraiment lui donner autant d'argent qu'elle l'avait espéré. À ce rythme là, elle n'aurait même pas remboursé le quart de sa dette, même après deux ans de travail.

Yasha s'assit sur une pierre sèche et commença à soigner les plaies de Bélial. Stoïque, le Pyroli alla même jusqu'à simuler un bâillement. Par pure bravache. Ce qui rassura la dresseuse. Tant qu'il pouvait jouer à "même pas mal", ses blessures étaient mineure. Elle regarda autour d'elle. La pente raide de la route 17 s'étalait devant eux. Le vélo de Yasha était cadenassé à un lampadaire sur sa gauche, quasi à l'entrée de la piste cyclable. Elle n'avait pas choisi cet emplacement au hasard. Tout d'abord, l'arène de Céladopole était spécialisée dans les pokémons de type plante. Elle partait ainsi avec un avantage stratégique. Ensuite, elle ne s'était pas éloignée de la ville, de façon à pouvoir rejoindre le centre pokémon rapidement en cas d'urgence et ne pas avoir à trimballer ses courses sur des kilomètres. Elle dormait à la belle étoile, le temps était radieux en ce moment. Elle ne pouvait pas se permettre d'acheter une tente, surtout.

L'ex-guitariste décida de s'accorder une pause, à elle comme à son pokémon. Ils avaient déjà battu une dizaine de dresseurs aujourd'hui. Si jamais ils continuaient à ce rythme, ils ne tiendraient pas les six mois. Et s'imaginer vaincue à cause d'un simple coup de barre avait tendance à la mettre de mauvais poil. Elle se laissa tomber au milieu des hautes herbes et fixa le ciel. Si seulement elle n'était pas montée sur scène ce jour là... Elle n'en serait pas là. C'était peut-être un signe du destin. Un signe qui lui disait d'abandonner son rêve. Elle n'était peut-être pas faite pour être musicienne. Elle piocha dans le sac de bonbons posé à portée de main. Et merde. Dès qu'elle aurait remboursé Leconte, elle réfléchirait à sa réorientation. De toutes façons, signe du destin ou pas, elle n'avait pas le choix : personne ne voudrait l'engager après un incident de ce genre. Elle avait quand même manqué de tuer une petite centaine de personnes.

"Hey, toi !"

Pas moyen de rester une minute tranquille ! Yasha se redressa et fusilla du regard l'importun. C'était un garçon de son âge environ, les cheveux striés de noir et de blanc ramenés en queue de cheval. Nonchalamment étalé sur le guidon de son vélo, il lui souriait. Et elle n'aimait pas ce genre de sourires. Parce que c'était TOUJOURS synonyme d'ennuis à venir.

"Hey... C'est toi la cinglée pyromane qui défie tous les dresseurs qui passent ici ?

-Je suppose."

Qu'est-ce qu'il lui voulait, l'autre ? S'il venait simplement pour le plaisir de l'insulter, il était tombé à un mauvais moment. Bélial commençait à s'agiter, son tempérament combatif excité par la montée de tension. Il grondait sourdement et Yasha pouvait jurer qu'il dégageait plus de chaleur qu'avant.

"Je m'appelle Lysandre. D'habitude, je reste en bas de la route et c'est moi qui défie les cyclistes qui passent. Mais depuis que tu es là, ils sont tous fauchés le temps d'arriver jusqu'à moi. Tu me voles ma clientèle Miss... et je ne laisse jamais personne empiéter sur mes plates-bandes. Tu as semé la braise ici, maintenant prépare toi à récolter ton dû !"