Mes Gleeks ! Voici enfin le chapitre 2 ! Je n'ai pas mis autant de temps que j'aurais pu, mais vu le nombre incroyable de commentaires et de retours positifs sur cette fic, je me suis dit que je vous devais bien ça ! Vous avez été super ! ça m'a vraiment boosté à finir rapidement ce chapitre.

J'espère que vous allez autant apprécier celui-là. Bonne lecture !

Chapitre 2 : Reflections of my life

Quinze jours. Quinze jours qu'elle tentait de survivre dans cette nouvelle vie. Quinze jours qu'elle faisait semblant. Elle s'en foutait, puisque dans quelques mois elle aurait enfin seize ans et elle pourrait demander l'émancipation. Seul problème : quitter une famille d'accueil pour aller où et faire quoi ? D'accord, elle avait toujours eu un coté rebelle et arrogante, mais il y avait cette petite voix au fond d'elle qui se voulait réaliste et plutôt terre à terre. Elle ne voulait pas être une ratée, tout ça parce qu'elle avait pris de mauvaises décisions aux mauvais moments. Elle avait quand même plus d'ambition. Elle aimait lire et écrire. Elle aimait aussi la musique, et chanter. La plupart du temps sous la douche ou avec le sèche-cheveux allumé, mais ça comptait quand même. Un jour, elle ferait ce qu'elle aurait envie de sa vie, et elle serait heureuse. C'était la seule chose qui comptait.

Avant tout, Beth n'avait pratiquement pas d'argent de coté et si un jour elle devait se casser d'ici, elle aurait besoin de cash. C'est donc le week-end suivant qu'elle s'attela à sa tâche : trouver un petit job. Bien évidemment, il ne fallait pas que ses heures de travail influent sur ses heures de cours, et donc la plupart des annonces étaient hors de portée. Elle était revenue au bar du mec à la crête pour cocher et appeler les annonces susceptibles d'être intéressantes. Cela faisait maintenant deux heures qu'elle rayait chaque annonce les unes après les autres, toujours sans succès. Après tout, le prétexte de l'âge était un refus catégorique, elle n'avait même pas encore seize ans, et peu importait la motivation. Elle soupira lorsque le dernier communiqué dans le journal fut à son tour rayé de la liste. Ses rêves disparaissaient peu à peu. Et son soda aussi.

Puck était au bar, il avait remarqué la présence et le retour de la jeune fille dans son établissement. Il ne put s'empêcher de sourire en la voyant entrer et prendre place à une des tables. Après quelques heures à passer des centaines de coups de fil, la jeune fille jeta son portable violemment contre la table, croisa les bras pour s'appuyer contre le dossier de son siège. A nouveau, un sourire se dessina sur les lèvres de Puck. Il lança son torchon sur son épaule et prit place en face d'elle, en retournant la chaise.

« Alors, ton petit ami vient de te quitter ? » lança-t-il d'un sourire moqueur.

Beth ne réagit pas, elle leva seulement son regard. Décidément, il était plus exaspérant que drôle ce type. Il ne pouvait pas juste la laisser tranquille ? Elle venait seulement ici parce qu'elle ne connaissait pas d'autres endroits, et le soda n'y était pas très cher. Puck se racla la gorge en voyant qu'elle préférait l'ignorer. Il connaissait ce mécanisme de défense chez les femmes. Elle voulait le faire passer pour un gros nul, mais cela ne l'affectait jamais. Son regard se posa sur le journal gribouillé de partout, et il lut les inscriptions.

« Tu cherches un boulot ? », demanda-t-il d'un air concerné.

Beth prit son temps pour répondre. Elle avait envie de lui balancer un « Parce que tu sais lire ? » ou un « Waow quel esprit de déduction Sherlock Holmes», mais se ravisa. Ça c'était son coté rebelle et arrogant donc. Son autre coté lui dictait plutôt de la jouer cool, parce que ce malheureux était peut être bête, mais pas forcément méchant. Et surtout, il paraissait intéressé. Ou en tout cas, pas totalement désintéressé comparé au reste du monde. Elle déplia ses bras et répondit.

« Ouais. J'ai besoin d'argent, mais personne ne veut me prendre à cause de mon âge »

« Donc, seize ans, c'est jeune », dit-il son sourire en coin, se rappelant de leur première discussion.

Beth se surprit à sourire à sa remarque, il l'avait piégée. Finalement, il n'était peut être pas aussi bête qu'il en avait l'air.

« Enfin bref, ça change rien au fait que j'ai besoin d'un boulot et que je vais encore devoir attendre des mois avant de pouvoir devenir indépendante financièrement »

« Je comprends. Moi à ton âge je nettoyais des piscines. Et pas que les piscines… » à ce souvenir, ses yeux pétillèrent, remplis de nostalgie. Beth grimaça de dégout en imaginant le pire –qui au final était la triste réalité. « Tu devrais te trouver quelque chose comme ça… enfin tu m'as compris »

« J'ai tout essayé », Beth soupira. Comme si elle avait tout tenté à l'évidence.

Puck réfléchit un moment, puis passa la langue sur sa lèvre inférieure. Il tenait peut être la solution après tout.

« Tu sais tenir un bar boucles d'or ? »

Beth se redressa à ses mots. Bien sûr. Elle savait tout faire… enfin… elle était prête à tout en tout cas.

« Eh bien, en quelque sorte. Je sais servir un verre sans en mettre à coté, et je suis plutôt adroite »

« J'aurais peut être besoin de quelqu'un le week-end et des fois vers la fin d'après midi. Ça te tente ? »

Beth ne tenait plus en place, elle allait pour lui sauter au cou et le remercier de tout cœur, lorsqu'une pensée la traversa.

« Vous n'avez pas besoin de moi. Vous venez juste de créer ce poste. Vous avez pitié de moi »

Puck en resta bouche bée. Okey, elle avait raison, il n'avait besoin de personne, le bar tournait très bien à l'heure actuelle. Non ce n'était pas de la pitié c'était juste… qu'il l'aimait bien. Il voulait faire quelque chose de bien. Il voulait simplement l'aider.

« Non pas du tout ! » Il mentait très mal. Ça se lisait sur son visage.

« Ecoutez, je veux pas vous faire perdre votre temps avec moi… c'est gentil, vraiment. Ça me touche. Mais je peux faire ça toute seule ».

« Tu es le genre de fille indépendante c'est ça ? Je suis sûre que tu es le genre de filles un peu féministe sur les bords, qui crie à l'indépendance mais qui se plaint quand on prête un peu moins attention à elle »

« Tu ne me connais pas », déclara-t-elle d'un ton strict.

« Et maintenant tu te permets de tutoyer ton futur boss ? »

« C'est de la charité ! J'en ai pas besoin ! »

« A l'évidence, des tonnes de propositions se bousculent sur ta messagerie, ils n'attendent que toi » dit-il en désignant son téléphone du menton. Sérieusement, il devenait agaçant. Il avait évidemment raison, et ça devenait de plus en plus difficile de se l'avouer.

« Okey, j'accepte, mais à une seule condition »

Puck tendit l'oreille en fronçant les sourcils. Elle avait du culot. Et ça lui plaisait.

« Je veux les boissons gratuites »

Puck sourit. Il s'attendait à pire, puis se rappela qu'elle n'avait pas tout à fait seize ans. Il tendit sa main droite et celle de Beth vint claquer dans la sienne.

« Marché conclu »

-O-O-O-

« Tu es bientôt prête ? La séance va bientôt commencer… »

« Presque », répondit Quinn en s'arrangeant les quelques mèches rebelles qui lui barraient le visage. Elle sortit enfin de la salle de bain, et rejoignit son fiancé dans la salle à manger. Stefan était beau gosse, il avait du charisme, de l'allure, il savait bien parler, il avait de l'argent, et il était amoureux de Quinn Fabray. Il observait les lieux avec intérêt, puis se retourna en l'entendant arriver derrière lui.

« Quand comptes-tu quitter cet appartement ? » demanda-t-il, les mains dans les poches de son costume. Quinn bégaya, prise au dépourvu sur la question. A vrai dire, elle savait qu'elle ne tarderait pas à partir d'ici, surtout depuis qu'elle s'était promise à lui. Mais elle n'y avait pas vraiment réfléchi. Cet appartement renfermait encore beaucoup trop de souvenirs, des bons comme des mauvais, mais elle s'y sentait chez elle. Ils avaient prévu dans un futur proche et d'un commun accord, qu'ils retrouveraient une maison pour pouvoir commencer leur vie à deux et construire leur famille.

« Hum… je n'sais pas encore… il faut que je vois… » Dit-elle en mettant son manteau sur ses épaules.

« C'est juste que je suis impatient de vivre avec toi ma chérie », il se rapprocha d'elle, l'encercla de ses bras musclés et l'embrassa sur la bouche.

« Il me tarde aussi, mais je n'peux pas laisser San' toute seule. Elle ne pourra pas assumer le loyer, surtout qu'en ce moment elle n'a pas de boulot » dit-elle en éludant la question.

« Oui et bien à elle de trouver quelqu'un d'autre si elle veut le garder… ou alors elle reverra ses priorités et décidera d'en prendre un moins cher et plus petit ».

Quinn soupira en fronçant les sourcils. Elle n'aimait pas le ton qu'il prenait à chaque fois qu'il parlait de ses amis à elle. Qu'il ne les apprécie pas plus que ça, c'était une chose, mais qu'il le montre ouvertement devant elle était une preuve de non respect. Elle se dégagea de son étreinte en lui faisant bien comprendre qu'elle n'appréciait pas son comportement.

« Oh désolée Quinnie… mais … tu n'peux pas m'en vouloir de te presser sur une telle chose » dit-il en essayant de la reprendre dans ses bras, mais sans succès. Elle perdit son regard dans le mur de droite, les bras croisés sur sa poitrine.

« Ecoute Stef', cet appartement représente beaucoup pour moi, j'y ai grandi dedans… mûri même. Peut être que je ne suis pas encore prête à le lâcher comme ça… »

« Ou alors, c'est que tu ne veux pas vivre avec moi »

« Non ! C'est pas ça du tout voyons

« Alors où est le problème ? Prouve-le-moi. Je pense que tu ne veux pas quitter cet appartement parce qu'il te permet d'avoir une certaine sécurité sur ton indépendance. Une fois qu'on sera installé ensemble, tu penses que tu n'auras plus aucune échappatoire. Mais … quitter cet appartement est symbolique. Si tu le lâches, cela ne voudra pas dire que tu abandonneras ta liberté, seulement que tu me feras entrer dans ta vie pour toujours »

Quinn se rendit à l'évidence. Il avait raison. Complètement. Mais ce n'était pas la seule raison en fait. Cet appartement, elle l'avait choisie et habitée avec une personne chère à son cœur. Puck. Lorsqu'ils s'étaient installés ensemble à l'époque, les murs, la déco… tout avait été refait selon leurs gouts. Chaque pièce avait son histoire.

-Flashback 6 ans plus tôt-

Puck était entré le premier dans l'appartement, la guidant tout doucement dans le salon, remettant soigneusement les clefs de la locataire dans sa poche de jean. Il prit ses mains dans les siennes, continuant de la surveiller pour ne pas qu'elle triche. Il lui avait bandé les yeux avec un foulard à elle, histoire qu'elle ait la surprise en rentrant.

« Puck, je te préviens, si je craque pour l'appartement et qu'il est hors de nos finances, je te tue », dit-elle en serrant sa main dans la sienne, avançant prudemment jusqu'au centre de la pièce. Le jeune homme roula des yeux ouvertement, en profitant du fait qu'elle ne pouvait pas le prendre sur le fait.

« C'est bon bébé… t'en fais pas. Fais-moi confiance… Là, on y est », il se plaça derrière elle et détacha lentement le tissu autour sa tête. Quinn fronça des sourcils, ses yeux pas encore totalement habitués à la lumière de la pièce. Puck ne cessait de l'observer pour voir sa réaction face à sa découverte.

« Alors qu'est-ce que tu en dis ? », demanda-t-il, pressé de connaitre la réponse « J'ai fait des pieds et des mains pour pouvoir le visiter avant tout le monde. Il n'est pas encore mis sur le marché »

Quinn souriait. Une grande baie vitrée surplombait la ville, et illuminait carrément le salon dans lequel ils se trouvaient. Les couleurs étaient chaudes, c'était exactement ce qu'elle recherchait. L'appartement était moitié vide : un canapé et une commode meublaient la salle, et ça et là quelques autres mobiliers habitaient toujours ici.

« L'appartement ne sera libre que dans une semaine. Il n'est pas encore en location, la locataire n'a pas fini de déménager. On est les seuls pour le moment dessus. Il te plait ? »

Quinn n'avait toujours pas répondu. Elle déambulait dans l'appartement, observant distraitement les autres pièces qu'il contenait, laissant glisser doucement ses doigts contre le mur. Une fois terminé, elle rejoignit Puck dans le salon, il l'attendait les mains dans les poches pour dissimuler son anxiété.

« Je l'adore », déclara-t-elle.

Un large sourire se dessina sur les joues de son amant, « Sérieux ? Tu as vu la deuxième chambre ? » Il lui prit la main et l'entraina dans une des pièces de la résidence « Tu ne penses pas que ça serait parfait ? »

Quinn fixa son regard dans le sien, et hocha la tête en souriant. Bien sûr que ce serait parfait. Ils s'étaient compris. Cette chambre correspondrait parfaitement à une chambre d'enfants. « Et la chambre parentale ? » Il l'entraina de nouveau derrière lui dans la plus grande chambre de l'appartement. Un simple lit surplombait la pièce, et une nouvelle baie vitrée laissait rentrer la lumière.

« Alors ? »

Elle se retourna vers lui et leva son sourcil gauche, comme à son habitude. Elle passa ses bras autour de son cou et rapprocha son visage du sien.

« J'en dis que cette chambre en verra sûrement trop »

Puck sourit en coin, il connaissait bien cette voix. C'était la voix un peu grave et suave qu'elle lui réservait pour faire tourner la tête et fantasmer. A son tour, il passa ses bras autour de ses hanches et la fit reculer jusqu'au lit derrière elle. Seul meuble de la pièce. Elle se laissa tomber dessus en rigolant.

« Et si on commençait à tester cette nouvelle chambre toi et moi… ? » demanda-t-il en prenant place au dessus d'elle, commençant tranquillement son chemin vers son cou.

« Je meurs déjà d'envie d'emménager » dit-elle en saisissant le col de sa chemise.

-Fin flashback-

« Quinnie ? »

Quinn remis les pieds sur terre et réalisa soudainement qu'elle était en pleine conversation avec son fiancé actuel et non en plein ébat sexuel avec son ex-petit ami. Elle remua la tête pour chasser ces souvenirs.

« Ecoute Stefan, tu as sûrement raison… comme toujours. J'en parlerai à Santana dans la semaine. »

Il s'avança vers elle, encercla son visage de ses grandes mains et l'embrassa tendrement sur les lèvres. « On aura notre propre maison, et on sera heureux. Tu verras. »

Quinn lui sourit mais ne put s'empêcher de penser le contraire.

-O-O-O-

Beth était avec Abby à son casier et discutaient de leur week-end. Beth lui racontait comment elle avait obtenu un p'tit boulot dans un bar, et Abby la félicita.

« Tu pourras me payer des verres gratuits alors ! »

« On sert pas d'alcool aux mineurs », répondit Beth nonchalamment en jouant avec un fil qui pendait de son pull.

Abby roula des yeux à sa remarque, « Comme s'il était obligé de tout savoir ton boss… D'ailleurs, il est comment ?».

Beth fronça des sourcils. A vrai dire, elle ne s'était pas posé la question. Bien entendu à 16 ans, elle était attirée par des jeunes de son âge et pouvait aisément avoir le béguin pour un mec plus vieux qu'elle. Mais avec lui c'était différent, elle ne pouvait expliquer pourquoi. Elle ne le voyait pas du tout comme un possible 'crush', mais plutôt comme un pote, un grand frère. « Je sais pas en fait… ».

« Comment ça ? Je te demande pas d'avoir une histoire avec lui, juste me dire s'il est plutôt repoussant ou beau gosse ». Elle ferma son casier, et toutes deux prirent la direction de leur prochain cours qui commençait dans quelques minutes.

Beth réfléchit consciencieusement. « Je dirais qu'il est bien. Il a quelque chose. Mais il m'attire pas. Par contre, je pense que toi tu serais attirée par lui, si c'est la réponse que tu attends. »

« De toute façon, je viendrais forcément t'embêter la bas, et je me ferais mon propre jugement »

Beth sourit et acquiesça à cette remarque judicieuse. Les jeunes filles entrèrent dans la classe de Miss Fabray et prirent place vers le centre de la pièce. Beth baissa les yeux vers Jackson, assis juste derrière elle, il lui lança un clin d'œil en faisant claquer sa langue. Elle roula des yeux et n'y prêta pas attention.

Une fois que la classe fut entière, Quinn s'avança devant ses élèves pour discuter du nouveau projet qu'ils allaient devoir préparer.

« Nous allons maintenant aborder un nouveau sujet. L'autobiographie. Qu'est-ce que cela vous évoque? »

Abby leva le bras, « C'est le fait de raconter sa vie… ou une partie de sa vie ». Quinn hocha la tête en souriant, « Oui c'est ça… Autre chose ? »

« C'est de la curiosité et de l'exposition », déclara Jackson. Quinn leva un sourcil, et tous les regards se tournèrent dans sa direction. « De l'exposition parce que celui qui écrit raconte sa vie, et franchement qu'est-ce que ça nous apporte ? Il la connait déjà sa vie lui, donc il le fait pas pour lui, mais pour les autres. Il s'expose à la critique des gens sur sa vie. Il veut être jugé. Et de la curiosité par rapport aux personnes qui vont lire son autobiographie pourquoi ils veulent savoir les moindres détails de sa vie ? Franchement ? Y en a pas assez avec tous les magazines et les paparazzis ? »

« Excellente remarque, même si beaucoup de personnes ne seraient pas d'accord avec vous. C'était un grand débat déjà à l'époque, et ça le reste encore aujourd'hui. D'ailleurs le mot n'a été inventé que récemment. Donc, pour vous c'est juste 'Raconter sa vie' ? »

« Non c'est aussi une manière de faire passer un message par l'expérience qu'il ou elle a vécu », intervint une fille dans le fond.

« Tout à fait, tu as entièrement raison. La moitié des autobiographies sont écrites pour cette raison, pour partager, apprendre des erreurs ou connaitre le bonheur des autres. Souvent certains récits sont très bénéfiques pour certaines personnes. Ils aident à traverser certains moments. »

« Est-ce que lorsqu'on écrit une autobiographie, on est obligé d'être honnêtes ? » demanda un garçon au premier rang.

« La question de la sincérité a longtemps été abordée et controversée, mais beaucoup s'accordent à penser qu'il faut dire la vérité. Certains jouent avec cette frontière sans préciser dans certains ouvrages. Selon Philippe Lejeune, on trouve derrière l'autobiographie un « pacte » conclu entre le lecteur et l'auteur : l'autobiographe prend un engagement de sincérité et, en retour, attend du lecteur qu'il le croie sur parole. C'est le 'pacte autobiographique'. L'auteur doit raconter la vérité, se montrant tel qu'il est, quitte à se ridiculiser ou à exposer publiquement ses défauts. Seul le problème de la mémoire peut aller à l'encontre de ce pacte. Certains souvenirs restent incomplets, comme c'est le cas chez Montaigne, qui dans ses Essais, 'Des Cannibales', se plaint de sa mauvaise mémoire. Pour débuter ce nouveau genre, je vais donc vous demander de commencer votre autobiographie ».

Les élèves s'agitèrent entre eux, parlant du projet, s'ils étaient contre ou pour, ou encore pour protester.

« Je ne vous demande pas un roman, mais quelque chose de complet quand même. Vous racontez ce que vous voulez dans la forme que vous le voulez. Je veux seulement que vous soyez sincères. Bien évidemment, ne me racontez pas chaque instant de votre vie, juste des étapes marquantes. Des réflexions personnelles sur votre vécu. Vous avez une semaine pour travailler dessus »

« Ça revient à ce que je disais tout à l'heure. Vous allez tout savoir de nous », intervint Jackson.

« Non pas tout, n'exagérez pas Turner. Je saurais seulement ce que vous décidez de me révéler. Mais ne voyez pas ça comme une exposition, plutôt comme une découverte de soi. Apprenez à vous connaitre. »

« Si certaines œuvres servent à envoyer un message… je peux vous révéler mes rêves intimes, pour vous faire passer un message», dit-il avec un sourire en coin.

« Vous en avez d'autres des comme ça ? Ne cherchez pas à provoquer la mauvaise note. Je verrais bien si vous êtes sincères ou pas de toute manière. Ça se sent. Tenez Turnez, racontez-moi comment votre mère vous bottait les fesses quand vous étiez petit. Au moins ça me fera rire. »

Il sourit rapidement puis s'enfonça dans son siège derrière Beth et les moqueries.

« Des questions ? D'autres remarques aussi pertinentes ?» demanda Quinn à sa classe.

Personne ne bougea, elle en conclut qu'ils pouvaient d'ores et déjà commencer à travailler dessus. Beth échangea un regard avec Abby, puis sortit une feuille de brouillon. Par où commencer ? Que choisir ? Elle se retourna sur sa chaise et fit un tour d'horizon sur la classe. Tous ou presque avaient commencé à écrire des notes et paraissaient apprécier le devoir pour une fois. Tous sauf elle. Elle trouvait que c'était une bonne idée, mais pas pour elle. Toute sa vie, elle avait toujours plus ou moins caché d'où elle venait, et ne se révélait complètement qu'à de rares occasions et qu'à certaines personnes. Personne n'était au courant de son histoire. Et là, elle devait la raconter. Parce que oui, c'était le but principal du devoir. Elle pourrait aussi facilement inviter une vie bidon toute rose, elle était douée pour cacher sa vie, c'est ce qu'elle faisait depuis des années. Mais Miss Fabray en savait déjà trop. Si elle s'imaginait une nouvelle vie, elle le verrait aussitôt. Beth la suspectait d'ailleurs d'avoir instauré ce devoir simplement pour en savoir plus sur elle.

« Miss Smith ? »

Beth releva la tête et croisa le regard de son enseignante qui l'interrogeait.

« Un problème pour commencer ? »

« Hum… non juste que je ne sais pas quoi choisir » répondit Beth. La sonnerie de fin de cours la sauva juste à temps. Beth se promit de déclarer une pensée pour la cloche avant d'aller se coucher. Sauvée par le gong.

-O-O-O-

La matinée se terminait pour nos deux jeunes protagonistes et elles allèrent aussitôt s'assoir pour déjeuner à une table libre dehors.

« Alors t'as choisi quoi comme sujet pour le projet d'anglais ? » demanda Abby.

« J'ai pas encore totalement décidé de quoi j'allais parler. Et toi ? », Éluda Beth.

« Moi j'ai pris le divorce de mes parents. Je l'avais pas super bien vécu à l'époque. »

« Ça fait longtemps ? »

« Ouais, dix ans pratiquement. Maintenant je le vis super bien. Je m'entends avec mon beau-père qui a deux fils à lui. Quant à ma belle-mère et mon père, ils viennent de me faire un demi-petit-frère, Jason »

« Ohhhh, du coup, ça te fait une grande famille » observa Beth.

« Oui et c'est pas plus mal. C'est pas la famille parfaite je te l'accorde, mais c'est ma famille Toi tes parents sont encore ensemble je suppose » demanda Abby, s'attendant à une réponse ordinaire. Et voilà que ça recommençait ! Pourquoi ils ne pouvaient pas la laisser tranquille avec ça, hein ? Même si avec Abby elles s'étaient bien rapprochées, leur amitié n'en restait pas moins récente et donc fragile. Néanmoins elle lui faisait confiance.

« En fait … pas vraiment » déclara Beth d'un air gêné, son regard complètement pris par son sandwich. Abby la scruta avec des yeux ronds, en l'occurrence elle n'en avait pas assez dit à son goût ou trop pour s'arrêter maintenant. Beth se jeta à l'eau, il le fallait bien, autrement ça ne ferait qu'attiser sa curiosité.

« Je connais pas mes parents. Ils m'ont en quelque sorte abandonné à la naissance »

« Oh Bethy… », Abby posa sa main sur l'avant bras de Beth pour lui faire comprendre sa compassion. Et c'est justement ce genre de réactions que détestait Beth. La pitié.

« C'est bon je le vis bien, t'en fais pas. Et c'est pas comme si j'avais eu le choix »

« Tu vis où actuellement ? Tu m'avais dit que t'avais un petit frère », demanda Abby, se rappelant leurs anciennes discussions.

« Je vis dans les familles d'accueil. Et Adam c'est le petit du foyer qui me garde pour le moment. Je vais le chercher a la sortie de l'école quand je peux »

« Et tu sais complètement rien de tes parents biologiques ? » demanda Abby intriguée par l'histoire de Beth. Cette dernière fit un 'non' de la tête.

« La seule chose que je sais c'est qu'ils m'ont appelé Beth Elisabeth. Même Smith c'est un nom de remplacement. C'est sûrement pas mon vrai nom. A l'origine, j'étais promise à un couple mais au dernier moment ils se sont rétractés », Beth haussa des épaules en terminant son sandwich.

Abby par contre, paraissait très impliquée dans cette nouvelle histoire. « Tu te rends compte que tes parents pourraient être n'importe qui ! »

« J'y avais déjà pensé figure-toi »

« Et si tu viens de quelqu'un de connu ? »

« On le saura jamais. Y a une chance sur un milliard que je puisse ne serait-ce que croiser mes parents. S'ils sont encore vivants. Ça se trouve c'est des gros junkis… »

« Je pense que tu devrais évoquer tout ça dans l'autobiographie. Tu pourrais te ramasser une super note. C'est quand même pas un sujet ordinaire ta vie»

« Franchement, je m'en fous un peu de la note, j'ai juste pas envie que la prof sache tout. Les profs ça parle entre eux. Après ils le sauront tous. J'ai pas envie qu'ils me voient autrement qu'une simple élève. Déjà que je suis fichée pour mes problèmes de cœur… si tu rajoutes le reste, ils vont pas arrêter de me convoquer pour aller voir la conseillère. » Beth avait déjà évoqué le sujet de sa maladie avec son amie auparavant.

« Alors les filles, on profite du soleil ? »

Beth et Abby se retournèrent et découvrirent Jackson qui prenait place à leur table avec un de ses potes.

« Vas-y je t'en prie, invite-toi » dit Abby ironiquement.

« Merci » dit il en souriant de toutes ses dents. « Alors, vous étiez en train de parler de quoi ? »

« Le sujet d'anglais » répondit rapidement Abby, exaspérée par le comportement du jeune homme.

« Oh… Miss Fabray était très en beauté aujourd'hui » dit il avec un sourire en coin. Beth roula des yeux en soupirant. Manifestement, il adorait la taquiner avec ce genre de sujets.

« C'est tout ce que t'as retenu du cours idiot ? » répliqua Abby assez violemment.

« Non. Elle veut aussi me mettre des fessées » à cette remarque il balança sa main dans celle de son ami, apparemment content de sa petite blague. Beth et Abby échangèrent un regard plein de sous entendus.

« Ça va je rigolais les filles… je sais très bien que j'ai aucune chance, j'aime juste la faire marcher. Je préfère les filles aux bonnets », son regard se porta vers Beth qui rougit jusqu'aux oreilles.

« Bon vous faites quoi vendredi soir ? Ça vous dit de sortir un peu ? »

« Peux pas, je bosse », dit Beth en évitant son regard.

« Où ça ? », dit il d'un air surpris. Apparemment il ne s'attendait pas à ce genre de réponses.

« Le bar de la 6ème avenue, 'Open Bar' »

« Eh bien on ira passer la soirée la bas alors, pas vrai Jay et Abby ? » il se retourna vers les deux amis attendant leur réponse mutuelle.

« Je suis pour, ça me permettra d'identifier ton boss comme ça et de me faire mon avis sur la marchandise », déclara Abby en souriant. Le dénommé Jay acquiesça aussi.

« Okey, mais tenez-vous je veux pas me faire virer dès le premier soir »

-O-O-O-

Beth se pointa vendredi soir après les cours au bar de Puck pour son premier jour. Elle s'était mise d'accord avec ses amis pour qu'ils arrivent un peu plus tard dans la soirée afin qu'elle puisse prendre ses marques tranquillement. Puck lui montra le bar, et où se trouvait la plupart des choses dont elle aura besoin par la suite. Ensuite il lui indiqua la carte et les cocktails qu'elle devrait apprendre. Pour le moment, elle se contenterait simplement de servir les clients, ce qui constituait entre autres à appendre les numéros des tables et des places au bar par cœur. Sans oublier d'éviter de renverser les verres sur le chemin. Sam était absent ce soir, et donc la présence de Beth était la bienvenue. Elle se débrouillait assez bien au gout de Puck.

Lorsqu'il eut fini les commandes, il la rappela pour lui indiquer deux trois astuces.

« Ola hombre ! »

Beth et Puck levèrent la tête à l'unisson en direction de Santana. Cette dernière venait de s'installer en face d'eux au bar, un large sourire flottant sur ses lèvres.

« Une nouvelle ? Je croyais que tu recrutais personne ! » Santana commença à élever la voix et Puck savait déjà qu'il allait en prendre pour son grade.

« Lopez, je te présente Elisabeth Smith, ma jeune recrue. Mais elle est à temps partiel. Je pouvais pas t'embaucher à toi à plein temps. Tu m'aurais dévalisé toutes les bouteilles en plus. »

Cette réponse sembla suffire à la jeune femme puisqu'elle tendit le bras dans la direction de Beth. Ce à quoi cette dernière répondit en la serrant.

« Enchantée Elisabeth. Moi c'est Santana, mais tu peux m'appeler San' ou Tana ou Lopez»

« Pareil, moi c'est Beth »

Santana leva un sourcil surpris. Beth putain. Elle avait entendu ça quelque part y'avait pas si longtemps que ça… elle fit le rapprochement rapidement, faillit lui poser la question mais se ravisa aussitôt. Ça ne lui plairait surement pas d'apprendre que sa propre prof parlait de ses élèves avec sa meilleure amie.

« Alors tu vois jeune fille, je suis une clientèle fidèle, je prends toujours un mojito. Et il est toujours gratuit », annonça Santana en souriant mielleusement à Puck. Ce dernier la renvoya d'un geste et partit servir d'autres clients en bout de salle.

« Donc c'est Beth… Tu fais ça pour énerver tes parents ? Tu sais, tout le truc de faire chier ses parents en bossant dans un bar, genre 'je m'en fous des études' » demanda Santana, un sourire en coin.

« Hum… non. En fait, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour gagner de l'argent. Tu sais le travail quoi », répondit Beth en passant un coup de torchon sur le comptoir en face d'elle. Santana ne répondit pas tout de suite, elle venait de recevoir une petite pique de la part de l'adolescente. Généralement, elle aurait répliqué en moins de deux, mais elle l'aimait bien. Cet échange l'animait même. Pour une fois qu'elle avait quelqu'un qui n'avait pas peur et lui tenait tête en face d'elle.

« Touché. Pour tout te dire, je ne travaille pas parce que personne ne veut m'embaucher »

« Tu faisais quoi avant ? » demanda Beth.

« Hum… beaucoup de choses. Je suis allée vivre à New York pas mal de temps, puis quand j'ai quitté mon ex y'a deux ans, je suis revenue dans la région. Ma meilleure amie a bien voulu de moi, et depuis je squatte sa chambre vide. Mais attention, je paie ma part du loyer ! » dit Santana en levant fièrement son index droit devant elle.

« T'as pas répondu à ma question… tu faisais quoi au juste ? Comme métier ? » retenta la jeune fille. Santana souffla et but une gorgée de son cocktail en la fusillant du regard.

« Smith ! »

Beth se retourna et vit Puck qui l'appelait derrière la cage d'escalier en lui faisant signe de descendre au sous sol avec lui. Beth sourit à Santana pour s'excuser et partit rejoindre son boss. Pendant ce temps, Santana sortit son téléphone et vérifia ses messages par réflexe sans même y prêter attention. Elle fit un 360 dans la salle, observant les potentiels rencards, mais rien ne la tentait ce soir. C'était juste les habitués, rien de très excitant à son goût.

« Hey San »

Santana sursauta en attendant sa meilleure amie arriver et surtout au contact de la main qui venait de se poser sur son épaule gauche. Elle se retourna, la main sur le cœur. Quinn prit place à ses cotés en souriant.

« Ça va ? » demanda-t-elle.

« Tu m'as effrayé Fabray. Qu'est-ce que tu viens faire ? » demanda Santana en fronçant les sourcils surprise de la voir ici. Même si Quinn et Puck avaient réussi à tourner la page et à rester courtois et en bons termes, Quinn avait trouvé préférable de passer moins de temps à son bar. Ledit bar dont elle avait l'habitude de passer toutes ses journées auparavant.

« Il fallait que j'te vois » répondit Quinn. Santana remarqua que Quinn cherchait Puck du regard. Qui d'autre sinon ? Elle croisa les bras sur sa poitrine d'un air suspicieux. Quinn évita son regard, se mordillant la lèvre inférieure, embarrassée.

« J'ai parlé avec Stefan… Et… enfin… tu sais… on va vivre ensemble

« Accouche » la coupa Santana, agacée par la tournure que prenait la conversation.

« Je vais quitter l'appartement. Donc soit tu le gardes et tu te prends une autre coloc, soit tu vas être obligée de le quitter »

Santana réfléchit un instant puis répondit simplement « Okey ».

« Okey ? C'est tout ? », Dit Quinn en arquant un sourcil, très étonnée par sa réponse.

« Tu voulais que je réponde quoi ? Tu vas te marier Quinn. Je suis pas totalement idiote, j'ai bien compris depuis que mon heure avait sonné » dit-elle en rigolant.

« Mais tu sais, je peux t'aider à trouver un ou une autre colloc', et tant que tu n'auras personne, je te paierais la moitié »

« Pas question ! Tu ne seras même plus dans l'appartement »

« Je me sens mal de te laisser… c'est comme si je t'abandonnais »

« Oh oh Fabray ! », Santana prit Quinn par les épaules et la secoua frénétiquement. « T'as été et tu es toujours une super copine pour m'avoir aidée au moment où j'en ai eu le plus besoin. Ne te reproche rien. Surtout pas toi. Maintenant faut que tu penses à toi. Vas vivre avec ce crétin ! »

Quinn lui sourit, puis elles se tombèrent ensemble dans les bras, sachant pertinemment que c'était la fin d'une époque, d'une collocation mémorable.

« Tu sais quoi ? Va falloir que je le rende cet appart. Je l'adore, c'est mon chez moi, mais j'ai besoin de prendre un truc à moi maintenant », déclara Santana. Elle aussi avait besoin de se retrouver et d'aller de l'avant.

« Justement… par rapport à ça… faut que je vois Puck. On avait loué l'appartement à nos deux noms. Je pense qu'il faudra notre présence à tous les deux pour la visite, et faut qu'on s'arrange pour la restitution de la caution. Il est là aujourd'hui ou c'est Sam qui le remplace? » Demanda Quinn en jetant un coup d'œil à travers la salle. Elle n'entendit pas la réponse de Santana, car elle le vit remonter du sous-sol, et leurs regards se croisèrent. Il sourit faiblement et les rejoint. Il fit le tour du comptoir pour la saluer en l'embrassant sur la joue et lui demander si elle allait bien. Ce à quoi elle répondit par l'affirmatif en hochant la tête. Le simple contact de ses lèvres contre sa joue la fit frémir, elle reconnut illico l'odeur de son après rasage. Il ne le changerait pour rien au monde d'après ses dires.

Il repartit derrière le bar et lui proposa quelque chose à boire. Elle prit un simple jus de fruits. Santana les observait du coin de l'œil, sirotant son mojito silencieusement et impatiente de voir la suite des évènements.

« Puck… faut que j'te parle d'un truc », ce dernier s'arrêta dans la préparation d'un café et faillit casser la tasse, ne la rattrapant de justesse qu'au vol. Il leva un sourcil et lui fit signe de continuer, qu'il avait toute son attention.

« Je rends l'appartement. Santana va se trouver un chez elle plus petit et moi je pars vivre avec Stefan » déclara-t-elle sans lever le menton de son verre.

« Oh », c'est la seule chose qu'il réussit à dire sur le coup. Il fronça les sourcils, et se passa la main sur sa crête pour se donner une contenance. « Okey… et… qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ? »

Quinn leva enfin les yeux vers lui, puis déclara en rougissant « Il est toujours à nos deux noms, donc faudra sûrement que tu sois présent pour l'état des lieux et la caution ».

« Hum…d'accord. Faudra juste que tu me préviennes à l'avance que je me libère -»

« Puck ! », Beth apparut, chargée de plusieurs bouteilles d'alcool dans les bras. Elle les posa sur le comptoir a coté de Puck en râlant.

« Mademoiselle Smith ? »

Beth se retourna et croisa le regard de Quinn. Emportée dans son élan, elle renversa la bouteille de vodka puis se contorsionna pour la rattraper juste à temps. Puck sourit en la voyant faire, elle était aussi maladroite que lui, alors qu'elle s'était dit habile. Quinn fronça les sourcils et ses yeux firent des allers-retours entre Puck et Beth.

« Vous vous connaissez ? » demanda-t-elle en se tournant vers Puck pour une réponse. Santana les observait toujours, c'était franchement plus divertissant qu'une chaine du câble.

« Miss Fabray ? » fit Beth surprise, et elle aussi se retourna vers Puck.

Il ouvrit la bouche pour parler mais se ravisa. C'est vrai quoi, il n'y était pour rien lui au juste. Il ne savait même pas que Quinn et Beth se connaissaient.

« Okey… C'est bizarre. Vraiment », dit Quinn. « Hum… Elizabeth, qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je travaille ici. C'est mon premier jour », elle se tourna une nouvelle fois vers Puck pour confirmation de sa part. Il hocha la tête en guise de réponse. Il savait qu'il devait répondre sinon Quinn allait le tuer.

« Mais tu es mineur il me semble ? » fit Quinn suspicieuse. Puck s'empressa d'ajouter « Oui mais c'est bon, j'ai vu son contrat avec le comptable y'a aucun souci, elle fait pas beaucoup d'heures de toute manière ». Il avait besoin de se justifier auprès d'elle. « Et vous deux, vous vous connaissez d'où ? Un groupe de lecture ou… ? » Quinn roula des yeux à sa remarque, ce qui ne fit qu'attiser le regard malicieux de Puck. Il aimait bien l'emmerder, ça faisait longtemps.

« Elisabeth est mon élève, elle est dans ma classe », dit Quinn en faisant un signe vers Beth. Puck leva un sourcil étonné, ne s'attendant pas du tout à cette réponse. Beth posa ses mains à plat contre le comptoir puis les observa chacun à leur tour.

« J'ai le droit de poser la question ou pas moi ? » Puck et Quinn échangèrent un regard. Ils auraient bien eu besoin de se consulter tous les deux, loin de la jeune fille mais c'était effectivement trop tard.

« Okey, c'est bon j'ai compris » s'exclama Beth en levant les bras devant elle, et en secouant la tête en souriant, comme pour chasser des pensées.

« Non… on n'est pas… on est amis c'est tout » dit Puck en essayant de rattraper la situation, mais à l'évidence il ne pourrait rien y faire. C'était d'ores et déjà trop tard, Quinn rougissait à vue d'œil, gênée d'être ainsi exposée face à une de ses élèves.

« Ouai ouai bien sûr… enfin bref, ça me regarde pas et je veux pas savoir… beurk… Je vais ranger le cellier » Beth grimaça et sortit de la salle à pas pressés sans se retourner. Quinn se cacha le visage dans les mains en soupirant « Super… »

« Je suis désolé Quinn, je savais pas que vous vous connaissiez… et franchement, tu viens jamais au bar. J'aurais jamais pensé qu'elle serait ton élève ».

« C'est bon… Tu pouvais pas deviner. T'as juste fait ça pour l'aider je suppose »

« C'est exactement ça. Ça fait plusieurs fois qu'elle vient trainer au café, et elle a besoin d'argent donc… j'me suis dit pourquoi pas ? En plus elle est sympa. »

Quinn sourit. Puck était toujours là pour aider son prochain et en particulier les jeunes. Ils avaient ça en commun.

« J'espère juste qu'elle ira pas raconter tout un tas de trucs à ses amis… tu sais, ça va très vite dans un lycée lorsque ça concerne la vie privée d'un prof » dit Quinn en prenant une gorgée de son jus de fruits, mais Santana lui passa son verre à la place. Elle avait besoin de quelque chose de plus fort.

« J'essaierai donc de pas lui parler de toi… ou de nous… », Puck bégayait, il sentait qu'il s'enfonçait de plus en plus, « Enfin tu vois c'que j'veux dire. Ta vie privée ».

« Ça serait gentil. Merci »

Beth réapparut aux cotés de Puck, embarrassée par la présence de son enseignante. C'était bizarre.

« Je trouve pas les petits verres… » Dit elle à Puck, en évitant soigneusement le regard de Quinn. Celle-ci s'en aperçut et décida qu'il était pour elle l'heure de partir, sa discussion avec Puck étant terminée. Elle récupéra son sac et ses affaires, et leur dit au revoir d'un signe de tête. Une fois disparue, Santana se retourna vers ses deux amis, un large sourire aux lèvres, et un regard espiègle.

« Beth, quoi qu'ils te diront, surtout ne les écoute pas »

L'adolescente leva un sourcil sceptique, pouvait-elle se fier à cette jeune femme de trente ans qui n'avait ni petit ami, ni boulot et qui vivait dans un appartement avec sa meilleure amie ? Définitivement pas. Elle hocha la tête pour lui faire plaisir puis reporta son attention vers Puck.

« Donc tu connais Miss Fabray ? » demanda Beth.

« Oui on peut dire ça, depuis le lycée même. C'est une vieille amie, comme Santana et Sam d'ailleurs ».

« Et hum… », Beth ne put s'empêcher de sourire, « vieille amie comme… ex ? »

« Honnêtement, ça n'a pas d'importance pour toi. Contente-toi juste de faire la plonge et de servir les clients », dit Puck d'une voix plus stricte qu'il ne l'avait voulu. Il voulait juste lui faire comprendre que s'intéresser à l'intimité de sa prof était déplacé, même si à son humble avis, il aurait fait la même chose à son âge. Mais il s'agissait de Quinn. Tout était différent la concernant et encore plus lorsqu'il faisait parti de l'équation.

Beth râla en roulant des yeux et partit nettoyer une table qui venait de se vider. Puck soupira. Il repensait à la conversation qu'il avait eue avec Quinn, et celle-ci allait l'éloigner chaque jour un peu plus de lui.

-O-O-O-O-

« Hey Smith ! »

« Beth »

Beth se retourna en reconnaissant les voix de ses amis. Elle leur fit signe de patienter parce qu'elle terminait avec ses clients actuels. Lorsqu'elle eut finit, elle les rejoint et leur indiqua une table libre dans le fond du bar.

« Le port du tablier n'est pas obligatoire ici ? Tu sais ça t'irait super bien, avec rien en dessous » dit Jackson en la reluquant des pieds à la tête, ce à quoi elle répondit en roulant des yeux. Elle se rendit ensuite au comptoir et appela Puck.

« Je peux prendre ma pause maintenant ? » demande-t-elle. Puck jeta un œil à ses amis puis à l'ensemble de la pièce.

« Oui, vas-y je te remplace, y'a pas beaucoup de monde » déclara-t-il.

« Cool, merci ! »

Puck la rattrapa avant qu'elle déguerpisse « Le pseudo-rocker est ton petit ami ? »

« Hum… non. Juste un ami »

« Alors dit-lui qu'il enlève ses sales pieds de la table avant qu'il ne soit trop tard pour lui »

« O-key… » Beth rigola à cette remarque, elle ne se gênerait pas pour lui en faire part. Elle s'assit à la table à coté d'Abby.

« Bon ton boss est totalement sexy. Vieux mais sexy. Après, c'est pas mon type » annonça Abby

« Sexy ? Sa crête est démodée à mort... Je suis sûr qu'il se croit cool et se prend pour une rock star juste avec ça. Je suis prêt à parier qu'il a tenté l'anneau dans le téton. Il est trop ringard » dit Jackson d'un air jaloux, et surtout pour paraitre intéressant aux yeux de Beth. Après, il n'avait pas tout à fait tort sur sa coiffure, ou le pseudo-anneau… mais ça ne lui plaisait pas du tout qu'il l'insulte sans le connaitre, sachant qu'il avait été le seul à bien vouloir d'elle.

Elle aurait pu aisément refermer le clapet de Jackson en mentionnant le fait que son patron avait fait tomber Quinn Fabray dans ses bras. Ou du moins c'est ce qu'elle supposait. Mais elle aimait bien Miss Fabray, elle n'allait pas leur révéler ce genre d'informations au risque de la mettre dans une situation des plus inconfortables.

« Hey Turner ! Ferme-la ! Je suis au contraire certaine qu'il fait tourner la tête de centaines de femmes… tu vois… je suis pas forcément dans le style badass moi, mais c'est sûr il a quelque chose » ajouta Abby.

« Je suis d'accord avec toi » dit Beth, « Et il est gentil ».

« Okey, vous êtes toutes contre moi, aveuglées par vos œstrogènes »

« Parce que tu sais c'que ça veut dire ? » Beth rigola à sa propre remarque, suivie par Abby et Jay.

« Tu me prends pour un joueur de football écervelé. Allez vas-y, dit moi ce qu'on a raconté sur moi »

« Hum… Rien à vrai dire à part que tu es sortie avec Amber, et que vous avez rompu récemment. J'me trompe ? »

« Non, c'est juste. Ça ne collait plus, mais elle reste une chic fille. Tu penses que je suis le cliché parfait. Détrompe-toi. Je ne balance personne dans les poubelles, je ne m'amuse pas à sortir avec tout un tas de nanas, je suis le quaterback oui, mais c'est tout »

« Mais tu es quand même sorti avec la capitaine des cheerleaders », releva Abby.

« Ouai, mais on se connaissait avant tout ça. J'veux dire, on n'est pas sorti ensemble parce qu'on était tous les deux capitaines … on est sorti ensemble parce qu'on s'appréciait, et ensuite, on a tenté tous les deux des activités »

« Oh, tu sais tu n'avais pas besoin de te justifier », répondit Beth.

« Si, parce qu'apparemment tu n'avais pas une super image de moi, et honnêtement ça me plait pas d'être pris pour un imbécile »

Beth se tut. Il avait à peine haussé le ton, mais on sentait que ce sujet l'exaspérait.

« On est désolées, on voulait pas te vexer », dit Abby pour détendre l'atmosphère, mais continuait de sourire. Elle ne le pensait pas vraiment.

« C'est rien… C'est juste que j'en ai marre d'être rattaché à cette étiquette », dit-il en croisant les bras sur sa poitrine d'un air renfrogné.

Le portable d'Abby se mit en sonner, grimaça en voyant le nom de sa mère apparaitre sur l'écran et répondit. « Oui M'man… non… avec des amis. Pourquoi ? … Vous auriez pas pu le prévoir plus tôt par hasard ?... Okey… bientôt ». Elle raccrocha avec un regard de tueuse. « Ma mère a décidé qu'on irait passer le weekend end chez ma grand-mère… on part demain matin à la première heure. Je dois y aller. » Elle rangea ses affaires et se leva. Jay la suivit, et proposa de la ramener, étant donné qu'elle s'était faite porter jusqu'ici par l'un deux. Abby lui fit un clin d'œil, sous entendant que Beth allait rester seule avec Jackson pendant un temps et qu'elle devrait la tenir au courant.

« Donc c'est juste toi et moi maintenant », remarqua Jackson avec un sourire en coin.

« Non, c'est toi… et plus loin c'est moi », le reprit Beth.

Jackson se rapprocha de la table, et parla plus doucement « Okey, je sais que tu veux pas que je m'approche de toi… mais on pourrait pas d'abord essayer d'être amis ? »

Beth réfléchit bien avant de donner suite à cette requête. Elle l'aimait bien, elle devait se l'avouer, mais elle savait aussi qu'elle ne comptait pas finir l'année ici. A quoi bon construire quelque chose avec lui ? Il était gentil, et elle ne voulait pas lui briser le cœur, si toutefois il était vraiment celui qu'il prétendait être.

« Okey, seulement amis »

« Avant que je te présente officiellement mes avances ! » rajouta-t-il en rigolant. Il se leva soudainement, ce qui surprit Beth.

« Bon, je vais te laisser travailler, c'est ton premier soir, j'ai pas envie de mettre dans l'embarras avec ton pseudo-sexy-boss-à-crête »

Beth se leva à son tour, et le raccompagna jusqu'à l'entrée du bar. Il se retourna et proposa « Si t'as besoin de quelqu'un pour te ramener, hésite pas ! Attends ! » Il sortit un feutre bleu de sa poche et empoigna son avant bras pour écrire son numéro de téléphone dessus. « Tu m'appelles si t'es seule ».

Beth le remercia pour cette délicate attention, puis il lui sourit avant de tourner les talons. La jeune fille revint derrière le bar, là Puck et Santana la dévisageaient du regard.

« Quoi ? » demanda Beth, intriguée par leur comportement.

« Et tu ne sors pas avec lui ? »

« Non », répondit-elle simplement en haussant les épaules. Puck et Santana échangèrent un regard lourd de sous entendus.

« Il t'a donné son numéro », remarqua Santana.

« Et alors ? Ecoutez, je sais qu'il est intéressé, mais ça veut pas dire que c'est réciproque. Arrêtez de vouloir jouer les cupidons »

« Pourquoi il te plait pas ? »

Beth soupira. Pourquoi est-ce qu'ils s'intéressaient tous autant à elle ? N'avaient-ils rien d'autre à faire ? Non, à l'évidence Santana n'avait rien d'autre à faire.

« Hum… C'est gentil à vous de vouloir me caser… mais maintenant je vais revenir travailler ».

Beth reprit un torchon et s'approcha d'une table pour la nettoyer.

« Elle est pas marrante » déclara Santana.

« C'est une ado. C'est compliqué j'imagine »

« C'est épuisant ».

-O-O-O-

Beth descendait et scellait le rideau de sécurité avec Puck. La soirée était terminée.

« Alors cette première soirée ? » demanda-t-il

« Ca allait. Faut que j'apprenne à mémoriser où se trouve tout, ainsi que les cocktails, et les numéros des tables. Après ça devrait aller mieux » répondit Beth.

« Je t'aurais bien proposée de te ramener mais…. Je crois qu'il y a quelqu'un pour toi » il lui fit signe de jeter un œil de l'autre coté de la route. En effet, Jackson se trouvait sur le trottoir à coté de sa voiture, les mains dans les poches, attendant qu'elle veuille bien le rejoindre. Lorsqu'elle croisa son regard, il haussa les épaules en souriant.

« Tu as raison. Il est bien trop gentil pour toi » dit Puck en rigolant. « Je te laisse, on se voit demain et pas de bêtise avec Mr je-la-joue-coule »

Beth hocha la tête, et rejoignit Jackson de l'autre coté. « Tu sais que je ne t'ai pas appelé ni envoyé de message » faisant référence à son numéro tatoué sur le bras.

« J'étais dans les parages-»

Beth le coupa « Puisque tu es là, autant en profiter pour me ramener »

Il sourit. Beth aussi. Peut être qu'après tout, elle pouvait lui laisser une chance.

-o-o-o-o

To Be Continued…

Alors, comment vous avez trouvé ce second chapitre ? Je sais, pas trop d'actions, mais ça va venir. Je pose les bases. Finalement, Beth découvrira plus tard qui sont ses parents. N'allons pas trop vite.

Hésitez pas à me dire ce que vous voulez voir dans les prochains chapitres ^^ ou des scènes qui vous feraient plaisir. Je suis à la demande. Et toute remarque est bonne à prendre.

N'oubliez pas de laisser une note comme la dernière fois ! Vous avez été géniaux ! Je n'en espérais pas tant, et du coup j'ai posté assez rapidement la suite. Facile, vous m'avez encouragé à le faire.