Hola tout le monde ! Alors tout d'abord un énorme merci pour vos gentils messages et pour l'accueil que vous avez réservé à cette histoire ! Vous être juste adorable ! Je suis bien contente que l'histoire plaise et j'ai hâte de découvrir vos avis sur la suite ! Allez trêve de parlote je vous laisse lire tranquillement, on se retrouve en bas ;).

Ps: Merci à Flavy à qui je ne peux pas répondre en MP, j'espère que cette suite te plaira tout autant et apportera un début de réponse à tes questions :).

Occam's Razor

Chapitre 2

Quand ils arrivèrent à la voiture et quittèrent le parking de l'hôpital, Derek était à nouveau silencieux et fermé. Bon, il semblerait que ce soit dû à l'inquiétude et non à la colère, ce qui changeait de ce que Stiles avait l'habitude avec le loup, mais il était tout de même taciturne.

Stiles, par contre, ne l'était pas du tout.

"Alors… tu penses que c'était un sort ?"

Derek lui jeta un bref regard disant clairement 'mais de quoi est-ce que tu parles ?'.

"Tu sais, genre j'ai énervé une sorcière, elle a jeté des yeux de triton dans un chaudron bouillant et maintenant je suis coincé dans une sorte de réalité parallèle complément bizarre ?"

"Tu penses vraiment que c'est l'explication la plus probable ?"

"Hum… eh bien, ouais. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ?"

Derek le regarda peiné.

"Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?" le chercha Stiles.

"Est-ce que ce ne serait pas plus probable que tu aies juste un souci avec ta mémoire ?"

Stiles fut bouche bée. "Heu… non. Non, vraiment pas. Enfin, ça voudrait dire que ce Stiles est moi-Stiles, et moi-Stiles ne t'aurais..." Stiles ferma brusquement la bouche après avoir réalisé à quel point ses prochains mots pouvaient être blessant.

Mais même si Stiles se mordit la langue, Derek avait compris où il voulait en venir. "Le vrai toi ne m'aurait pas épousé."

Stiles ouvrit et referma la bouche plusieurs fois avant de soupirer. "Eh bien, je veux dire, allez quoi... De tous les couples possible et imaginable dans notre groupe, toi et moi sommes probablement le couple le moins prévisible. Genre, j'avais plus de chance de finir avec Megan Fox."

"T'aurais jamais eu de chance avec Megan Fox."

"Sympa. Merci. Mais apparemment j'en aurais avec toi ?"

Derek retira sa main gauche du volant pour la montrer au jeune homme… l'alliance parfaitement visible.

Stiles fixa la bague et secoua la tête. "C'est pas possible, je peux pas… Tu ne devrais pas rappeler ce genre de question existentielle à un mec qui vient de s'ouvrir le crâne. C'est dans la Convention de Genève."

Derek ne répondit rien, et Stiles s'agrippa au siège passager, comme pour essayer de se raccrocher à quelque chose. Il était plutôt sûr que dormir ne suffirait pas à ctrl+alt+sup cette étrange réalité, alors il avait plutôt intérêt à commencer à utiliser son cerveau.

Il essaya de se mettre à la place de Derek. Le mec s'était couché la veille avec son mari, et se retrouvait maintenant avec un époux qui craquait complétement, et clamait qu'il n'avait aucun souvenir des sept dernières années. Pire, qui n'arrivait même pas à concevoir l'idée de finir marié à Derek Hale.

Même Stiles devait admettre que c'était sûrement l'équivalent d'un uppercut entre les jambes. Et du coup plutôt naze de sa part. Ce Derek, que ce soit le vrai Derek ou l'hologramme Derek, semblait assez cool. Gentil, même. Il ne méritait pas que Stiles descende son mariage constamment. Si c'était une sorte de réalité parallèle dans laquelle Stiles avait été transporté, s'il était celui qui n'était pas à sa place, alors Derek était dans le vrai et Stiles avait tout faux.

Et puis, en attendant qu'il fasse le tri dans tout ce bordel et qu'il trouve un moyen d'arranger les choses, il serait un peu plus malin de sa part d'éviter de vexer les personnes qui tenaient à lui et voulaient l'aider.

"Ecoute, Derek… je suis désolé. Je sais que ça doit craindre pour toi, aussi. Et que je sois ton Stiles ou son jumeau maléfique façon 'Spock barbu', je voulais juste…. Tu sais, merci. De t'occuper de moi."

La main droite du loup quitta le volant et il l'approcha aveuglement vers Stiles. Peut-être pour prendre celle de Stiles, mais le jeune homme ne pourra jamais en être sûr car il se pressa contre la portière. Derek se figea avant de finalement ramener sa main vers lui.

"On va trouver une solution, Stiles. Je te le promets."

"Je sais. C'est juste que… ça fait beaucoup d'un coup. Comme toi et moi déjà. C'est énorme ! Quand ? Comment ? Qui ? Et, j'ai pris ton nom ?"

Derek lui fit un petit sourire en coin. "On en avait parlé avant de se marier. Tu étais plutôt insistant à ce sujet."

"Vraiment ?"

Derek hocha la tête. "Tu disais que c'était la chance de ta vie et quand tu es allé changer légalement ton nom, tu en a profité pour changer ton prénom aussi. Et franchement, Stiles Hale est beaucoup mieux que ton nom d'origine."

"Tu …" s'étrangla Stiles, "Tu connais mon prénom ?"

"Ton ancien prénom, oui. Et je pouvais l'épeler d'une traite, mais je n'arrive toujours pas à le prononcer."

"Pas la peine d'essayer hein !" Stiles se claqua la main sur le front, et cria quand il réalisa qu'il avait oublié qu'une partie de son visage était depuis peu dotée de points de suture. "Oh ! Aie ! Oh mon Dieu, Je n'arrive pas à croire que je t'ai dit mon prenom."

Derek ricana gentiment. "T'inquiète pas, bébé, je ne l'ai jamais dit à personne. Et ce n'est pas comme si ça allait ressortir maintenant que tu as changé de nom."

Stiles ouvrit un œil pour regarder Derek choqué. "Bébé ?! Merde, on est un de ces couples ?"

Derek cligna des yeux, ignorant le petit surnom, puis il haussa les épaules avec raideur.

"Oh, putain j'en ai plein le cul sérieux…" se plaignit Stiles, puis il redressa d'un coup et lança un regard à Derek. "Je veux dire, non ! Enfin façon de parler hein… J'voulais dire…"

"Relax Stiles, j'ai compris ce que tu voulais dire." Il fronça les sourcils. "On devrait probablement se poser quelque part pour discuter."

"A,…à la maison ?"

Le ton de Stiles devait en dire beaucoup, puisque Derek lui répondit, "Peut être dans un endroit un peu plus neutre. Un petit déjeuner ça te dis ?"

"Un petit-dej. Oui voilà. Un petit dej, ça me va. Un petit dej avec une commande en plus pour combler mes trous." Le double sens frappa Stiles comme une claque. "de mémoire ! Je veux dire combler mes trous de mémoire !" Il s'enfonça dans son siège. "Oooh mon dieu, comment on a pu finir ensemble ? Non, sérieusement. Ça a dû être terriblement, horriblement, gênant pour nous deux. Juste une démonstration sans fin de mon incapacité à tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler.".

"Si tu te souvenais de la nuit dernière, tu ne remettrais sûrement pas en doute tes capacités à utiliser ta langue comme il faut, tu sais."

"Derek !", s'exclama le jeune homme.

"Désolé, désolé," Dit-il un sourire aux lèvres, "Je suis allé trop loin". Il était clairement partagé entre éclater de rire et calmer le jeu.

Stiles se tortilla un peu sur place, parce que Derek avait dit "je suis désolé", mais pas "je plaisante". Et Stiles avait la nette impression que c'était tout simplement parce qu'il ne plaisantait pas. Bordel de merde, l'autre Stiles était un vrai dieu. Parce que même pour lui, il était impossible de nier que finir au pieu avec Derek était un exploit. Les gens devraient faire un temple en son nom. A notre glorieux Stiles, qui s'envoya en l'air avec le jeune héritier Hale.

"Je n'essaie pas de te mettre mal à l'aise, c'est juste que…" Il perdit son air enjoué quand il soupira, "tu ne te souviens pas de ces sept dernières années, mais moi si. Ça risque d'être dur de ne pas te traiter comme je le fais d'habitude."

Stiles s'éclaircit la gorge. "Je comprends. Je te jure. C'est juste que… c'est super bizarre de là ou je suis."

"De ma place aussi. Allons-y étape par étape alors."

"Petit-dej."

"Bien."

"Et un petit jeu des '20 questions'."

Ce fut avec soulagement que Stiles reconnu le restaurant ou s'arrêta Derek – lui et son père avaient mangé ici de nombreuses fois - même s'il ne reconnaissait aucune des serveuses quand ils entrèrent.

Par contre, la serveuse les connaissait, elle.

"Eh bien, si ce n'est pas les Hale," une femme dans la cinquantaine proche de la porte les accueilli chaleureusement quand ils entrèrent. Puis ses yeux s'écarquillèrent quand elle vit Stiles. "Mon dieu, Stiles, qu'est-ce qu'il s'est passé ? "

"Hum … me croiriez-vous si je vous disais que j'ai gagné cette blessure de guerre lors d'une de mes missions top secrètes en tant que combattant du crime ?" Ben quoi, il pouvait être Batman.

"Humm…." la femme s'approcha de lui pour jeter un rapide coup d'œil. " Tu n'as pas l'air très doué pour ça. Tu devrais laisser la lutte contre le crime à ton mari."

"Hey ! Vous ne savez même pas à quoi ressemblait l'autre gars !"objecta Stiles… juste pour le principe quoi.

Attendez une seconde…

Stiles se tourna rapidement vers Derek, qui souriait à la serveuse. "Stiles s'est cogné la tête contre la table de nuit."

"Oh, seigneur… Tu ne l'as pas embarqué dans une partie de jambes en l'air un peu trop sauvage quand même, Derek ?"

Stiles ouvrit grand les yeux et se força à reprendre une respiration normale, alors que Derek se marrait tranquillement. "Non, pas du tout. Personnellement je pense que c'était le plan de Stiles de me faire prendre un jour de repos pour passer la journée avec lui."

Nan mais genre ! Stiles espérait que sa tête clairement indignée suffisait à montrer ce qu'il pensait d'un tel culot de la part du loup.

Mais puisque la dame continuait de rire doucement en secouant la tête, ce n'était pas assez clair apparemment. "Ahh les garçons… bien, c'est toujours un plaisir de vous voir tous les deux. Entrez que je vous installe."

Ils furent guidés vers leur table, et Stiles préféra attendre que la bien-trop-familière-avec-leur-vie-sexuelle- s'en aille avant de se tourner vers Derek et demander, "lutte contre le crime ?"

Derek leva les sourcils. "Ouais… je travaille avec ton père."

"Tu bosses avec mon père." Répéta-t-il dubitatif, mais quand Derek ne répondit pas, il continua, "Vraiment ?"

Derek hocha la tête. "Tu n'as pas trouvé bizarre que je lui demande un jour de congé à l'hôpital ?"

"Honnêtement, avec toutes les nouvelles infos que j'accumule depuis ce matin, ce petit détail était bien bas sur ma liste. Donc tu es flic ?"

"Adjoint au shérif"

Stiles le fixa, bouche bée. Il essayait de le visualiser en uniforme. C'était bien trop excitant pour être autorisé. Pas dans le sens 'pervers qui bave sur Derek', mais juste objectivement parlant : 'Derek est attirant et un uniforme ne ferait qu'accentuer de façon exponentielle ce fait'. Et bien qu'épouser Derek ne faisait pas parti de ses vœux les plus chers, il n'était pas un putain d'aveugle non plus.

"Tu es en train de m'imaginer en uniforme, pas vrai ?" demanda Derek, le connaissant.

Stiles rougit. "Quoi ? Non ! Je… la ferme !" Il baissa la tête quand la serveuse leur apporta leurs boissons, et grogna un tantinet irrité, "C'est juste que j'ai du mal à te voir dans la police."

Derek haussa les épaules. "Je n'avais pas prévu de finir là-bas non plus, mais j'aime ça. Et ça permet à Papa d'avoir quelqu'un avec des… connaissances et capacités particulières."

Stiles fit de son mieux pour ignorer le fait que Derek avait appelé son père 'Papa', encore une fois. "Oh ouais…ça doit être pratique. J'imagine qu'on fait appel à toi pour tous les cas un peu spéciaux ?"

Derek hocha la tête pour confirmer.

"Alors… est-ce que tu rentres le soir à la maison et me racontes tout sur les affaires sur lesquelles tu travailles ?"

Derek lui répondit, totalement impassible, "Ce serait une infraction au protocole. Je ne peux pas divulguer des détails sur les affaires en cours… officiellement."

Stiles s'esclaffa. Oh ouais, Derek devait lui raconter tous les détails sordides de ce qu'il se passait à Beacon Hills. Génial.

La serveuse revint prendre leur commande, et lorsqu'elle partit un gênant silence s'était installé à la table.

Stiles passa une main dans ses cheveux (qui étaient plus court que dans ses souvenirs), et décida de se lancer.

"Ok, bon…" Mais merde, par où commencer ? Il regarda Derek par-dessus la table, qui l'observait attentivement. Et si les autres ne remarquaient pas à quel point il était tendu, Stiles oui. Il n'était peut-être pas marié à Derek mais il le connaissait depuis des années.

Alors Stiles décida de commencer avec des choses simples.

"Scott vit à San Francisco ?"

Derek cligna des yeux, visiblement surpris pas la question, et se détendit enfin. "Ouais. Lui et Kira ont déménagé là-bas juste après avoir eu leurs diplômes. Techniquement, Kira et ses parents sont partis en premier, mais Scott les a rejoints à peine trois mois plus tard, après avoir tenté en vain une relation à distance avec elle." Derek jouait distraitement avec la salière. "On est tous allé là-bas il y a environ six ans pour leur mariage."

"Scott et Kira sont mariés ?"

"Ouaip."

"Wow."

"Ils ont une petite fille de quatre ans et demi."

"Tu déconnes !"

Derek eu un petit sourire. "Non. Elle s'appelle Rene."

Il fallut à Stiles un petit moment. D'abord, pour imaginer son meilleur ami déménager sans qu'il ne s'incruste au programme. Il avait toujours pensé que Scott et lui vivraient toujours proche l'un de l'autre, éternellement porté par l'amitié qu'ils avaient construite tout le long de leur scolarité. Puis, pour imaginer Scott, le sourire niais et la mâchoire de travers, en tant que père.

"Et Lydia ?"

"Elle travaille au Bureau du Procureur Général de l'état de New York.

Stiles siffla, impressionné.

"Elle est allée à l'école de droit de New York, a fait son stage au Palais de Justice et a obtenu un poste à temps plein plus vite que quiconque avant elle."

"Ouais, ben, venant de Lydia, c'est pas vraiment surprenant. Je m'attendais à quelque chose comme ça… ou alors qu'elle prenne la voie de 'savant fou' et qu'elle garde le président en otage à l'aide d'un rayon laser mortel qu'elle aurait construit elle-même, ou un truc du genre."

Derek ricana.

"Et pour Malia ?"

Le visage de Derek s'assombrit instantanément et il secoua lentement la tête. Comme pour dire 'on ne parle pas de ça'. Ok, Stiles devrait revenir plus tard sur le cas 'Malia' car la serveuse choisit ce moment pour leur apporter leur commande. Apparemment les nouvelles concernant Malia n'étaient pas bonnes. Stiles se sentit mal pour elle – on ne pouvait pas dire que la vie lui avait fait beaucoup de cadeaux.

Ils firent une courte pause pour commencer à manger, et Stiles engloutit une tranche de bacon entière avant de demander la bouche pleine, "Et Isaac ?"

Derek hésita. "Il… tout ce qu'on sait c'est qu'il est quelque part en Europe. Il a envoyé une carte postale une fois mais c'était pour…" Derek tapotait sa fourchette sur le rebord de son assiette. "Stiles… de quoi te souviens-tu ? Tu as dit à l'hôpital que… Je peux te tenir au courant de ce qu'il s'est passé, mais je ne sais même pas par où commencer."

"Oh… très bien." Stiles avala sa bouchée, le bacon passant difficilement lui arracha une grimace. Ça lui apprendra à ne pas mâcher correctement. "Quand je suis allé me coucher hier soir, c'était la fin de ma seconde. En fait, j'étais en train de bachoter pour mon examen final de chimie que j'avais le lendemain – et j'étais bien parti pour me planter d'ailleurs. J'ai descendu 4 tasses de café et ce thé Japonais que Kira m'a donné, qui était soi-disant bon pour la concentration mais qui avait un vrai gout de merde…Hum, maintenant je me demande si j'ai finalement réussi à valider la chimie."

"Eh bien, je ne sais pas pour ce test en particulier, mais je peux te dire que tu n'as jamais eu à repasser la chimie."

"Point pour Stilinski," célébra Stiles en levant sa fourchette. Puis il se calma. "Le… On venait juste de s'occuper du … " Il se massa les tempes, "du Nogitsune." Stiles profita de mâcher longuement pour faire une pause et essayer de mettre de l'ordre dans ses esprits. C'était encore très frais pour lui. "Honnêtement, d'où je viens, c'est encore le bordel. Allison vient juste de… on n'est pas encore remis. Scott et Isaac sont tous les deux super chiants et passent leur temps à essayer de trouver des excuses pour se battre. En fait ça ne me surprend pas que Isaac soit parti. Il avait déjà plus ou moins un pied dehors, figuativementfaçon de parler, la dernière fois que je lui ai parlé."

Stiles se reprit. "Est-ce que je suis allé à l'Université ?"

"Tu as fait un semestre à l'université publique avant de conclure que 'tes talents seraient bien plus utiles ailleurs'."

"Ouais, ça sonne comme un truc que j'aurais pu dire. Je paris que mon père était déçu que je ne continue pas, par contre."

"Il n'est pas déçu, Stiles." Dit Derek gentiment.

Le côté "gentil" continuait à lui foutre les jetons, alors il demanda abruptement, "Alors, j'ai un job ?"

"Tu en avais un. Tu as travaillé pendant quelques années pour une association caritative qui aide les familles de patients atteints du cancer, mais tu as démissionné il y a deux mois."

"Pour faire quoi ?" Stiles attendait que Derek lui dise avec quel travail il avait remplacé l'ancien, mais il ne le fit pas. Stiles fronça les sourcils. "Donc je ne travaille pas ? Je… oh putain non. Ça veut dire que je suis entretenu ? Je suis un homme au foyer ?"

Derek essaya de cacher son sourire derrière sa main, mais Stiles le vit tout de même.

"Oh mon dieu, c'est tellement humiliant," Stiles s'enfonça sur la banquette. "Je suis la femme."

"Tu as un peu de trop équipé entre les jambes pour être une femme."

Stiles sursauta, cognant ses genoux contre la table et faisant s'entrechoquer leurs couverts contre leur assiette. "Arrête de dire des trucs comme ça bordel ! Je déclare l'interdiction de toute référence de près ou de loin à mes parties génitales, compris ! Jusqu'à nouvel ordre, on ne parle pas de la zone en dessous de la ceinture. La zone sud de Stilinski est un territoire interdit."

Derek souleva une main en signe d'excuse.

"Pour l'amour de Dieu," grommela Stiles, "Qui aurait cru que tu étais autant obsédé par les queues ?"

"Pour ma défense, je ne suis pas le seul à cette table à avoir épouser un homme."

Certes.

Stiles retourna à son assiette, juste pour se distraire quelques instants de 'l'effet Derek'. Il ne put tenir longtemps, cependant, avant de le regarder à nouveau.

Derek poussait sa nourriture sur les bords de son assiette, clairement troublé. Il regarda Stiles avec insistance. "Je ne veux pas t'entendre parler de toi comme ça. Non, tu n'as pas de travail, mais ça ne veut pas dire que tu ne fais rien." Derek jeta un regard autour de lui. "Etre …ce que je suis… ne rend pas mon travail plus facile. Au contraire, ça le rend encore plus compliqué. J'avais l'habitude de protéger mon secret en restant discret et en me tenant éloigné de toute situation trop … exposée. Mais je ne peux pas agir comme ça au travail. Je ne peux pas éviter de me faire remarquer, ou empêcher les gens de me prêter attention. Je dois être constamment sur mes gardes, et c'est dur. Sans compter ce que je peux voir avec ce job… Je pensais avoir vu tout ce que les humains – et non-humain – pouvaient se faire mutuellement, mais ma première année dans les forces de l'ordre m'a donné tort. Je dois parfois gérer des cas particulièrement durs et pas vraiment beau à voir, mais je n'ai jamais ressenti le besoin de craquer. Ou alors très peu. Parce qu'à la fin de chacun de mes services, je rentre à la maison pour te retrouver, et tu rends juste tout ça beaucoup plus simple. Meilleur. Je vois le mal chez les gens, je l'ai toujours fait -mais toi, tu vois toujours le bon. J'ai besoin de cette vision. J'ai besoin de… ton cœur. Tu me tempères. Tu m'apaises. Et c'est important."

Stiles en resta sans voix. Il se rendrait sûrement à l'école à dos de licorne rose avant d'entendre ce genre de discours sortir de la bouche du Derek qu'il connaissait. Et honnêtement, Il ne savait pas quoi faire de ça. Il avait cette image de Derek Hale. Brusque, grognon, peu de conversation, s'introduisant dans la chambre d'étudiant. C'était le Derek que Stiles ne rêverait certainement pas d'épouser.

Mais ce Derek. Bien, merde… c'était un vrai mari. Stiles ne doutait pas qu'il pouvait être tout aussi rustre et bourru à ses heures perdues, mais ce Derek était quelqu'un que Stiles ne mettrait pas automatiquement, irrévocablement, nécessairement hors de sa liste de partenaire potentiel.

Putaiiiin.

"Tout se passe bien les garçons ?" demanda la serveuse en passant près de leur table.

Derek réussit à coller un sourire plaisant sur son visage. "C'est parfait. Merci, Nancy."

Stiles retourna à son repas, gardant ses yeux baissés pour avoir un peu de temps seul avec ses pensées.

Si c'était possible, les choses étaient encore plus confuses maintenant que ce matin lorsqu'il s'était réveillé.

Stiles se sentait toujours très perdu quand ils arrivèrent enfin à la maison. Leur maison apparemment, mais il ne se sentait pas chez lui ici. Ce n'était pas chez lui. Il s'arrêta sur le pas de la porte d'entrée et jeta un coup d'œil méfiant à l'intérieur comme s'il avait peur de se faire mordre.

Derek le contourna et passa devant lui. "As-tu besoin de quelque chose ?"

Le silence qui s'était installé entre eux au restaurant avait duré tout le trajet du retour. Et avait du mal à s'en aller.

"Non, je vais juste… je pense que je vais faire un tour de la maison ?" Il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un chose réveille sa mémoire puisque ce n'était pas sa réalité, mais peut être que ce genre de petits gestes pouvait aider Derek à se sentir un peu mieux. Parce que le loup était convaincu que c'était un problème de mémoire et non pas une histoire de dimension parallèle. Stiles n'avait pas le cœur à insister sur le problème, il espérait juste pouvoir retourner à son exam de chimie qu'il réussirait, ou pas, alors que Derek attendait juste de retrouver son mari.

Derek rangea ses clés. "Bien sûr… J'ai un peu de travail qui peut être fait d'ici. Si tu as des questions, n'hésite pas."

Bien sûr qu'il avait des questions, il n'avait que ça, mais il se sentait encore un peu chamboulé par les informations du petit-déjeuner. Et il n'avait même pas poser tout ce qu'il avait en tête. Juste ce qu'il pouvait gérer en une fois.

Derek disparut dans les entrailles de la maison, et Stiles fit un pas hésitant vers le salon.

C'était plutôt chaleureux. Un canapé et un fauteuil inclinable faisaient face à la télévision, fixée au mur opposé. Une table basse avec le Code Pénal et quelques magazines posés dessus, avait des marques d'éraflures, preuve que mettre ses pieds sur la table n'était visiblement pas contre les règles de la maison. Sur le mur il y avait une photo avec deux loups – un noir, un blanc – dans les bois, en hiver.

Stiles flâna vers la bibliothèque de DVD et lu les titres. Il reconnut pas mal d'entre eux comme étant ses préférés, et d'autre qui étaient connus mais dont il n'avait jamais vraiment prêté attention (sûrement les favoris de Derek). Quelques DVD provenant de l'American Cancer Society. D'autre portant sur le système judiciaire Américain. Et ensuite quelques films dont il n'avait jamais entendu parler auparavant -probablement des films fait durant les sept dernières années.

L'étagère du haut avec les films de ces dernières années était tentante, mais Stiles se dirigea vers la seconde bibliothèque, qui contenait de vrais livres.

Il y avait pas mal de manuels scolaires qui semblaient être de niveau universitaire. Probablement à Derek. Parmi les différents livres, il reconnut certains des siens avec lesquels il avait grandi. Dans un monde complétement inconnu comme celui-ci, tomber sur ce genre d'objet était vraiment rassurant. Au moins les Chroniques de Narnia, que sa mère lui lisait avant de dormir, était là. Sa curiosité fut attisée lorsqu'il vit des livres en différentes langues et ajouta mentalement à sa liste une nouvelle question à poser à Derek.

Stiles fut attiré par un livre avec la tranche très abimée, et le sorti de la bibliothèque pour le voir de plus près. Il caressa les lettres du titre avec son pouce 'ShineGold' et réalisa qu'avec ce simple coup d'œil il ne pouvait dire à qui appartenait ce livre. Ça semblait être de la science-fiction, et il était bien connu pour en lire occasionnellement. Mais il n'avait aucune idée du genre de livre que Derek pouvait lire pour son plaisir. Il ne connaissait pas ce genre de détail personnel sur les gouts de l'Alpha. Ce roman était sans doute le favori de quelqu'un – il a été lu plus d'une fois- mais Stiles ne savait pas à qui appartenait ce plaisir coupable.

Et ne pas savoir était troublant au plus haut point.

Il allait le reposer quand ses yeux furent attirés sur la tranche d'un livre qui était visiblement un album photo, sur l'étagère du bas.

Stiles l'attrapa comme s'il pouvait disparaitre à tout moment. Il prit les deux, 'ShineGold' et l'album photo et les posa sur la table basse, l'album au-dessus. Mais il ne l'ouvrit pas. Il commença juste à faire une pile.

Il alla ensuite dans la cuisine. Il regarda le plan de travail, et l'ilot, et la table, et les chaises avec un détachement total. Il ne pouvait pas vraiment imaginer que tout ça lui appartenait. Il se sentait encore comme un enfant. Il ne pouvait pas admettre être un propriétaire, et encore moins avoir sa propre table et ses propres chaises. Genre là, il pourrait très bien attraper une des chaises et la casser en deux, il n'aurait pas de problème par ce que c'était sa putain de chaise. Craquage total.

Il se dirigea vers le frigo pour observer ce qui était collé à la porte grâce aux aimants. Une lettre de l'Association Contre le Cancer de Beacon Hills adressée à Stiles Hale, le remerciant de son aide avec un des donateurs. Un ticket de caisse pour les pneus de la Honda. Une invitation à un séminaire sur le protocole à suivre en cas de violences domestiques pour Derek qui aura lieu en Novembre. Une feuille de papier pliée en deux, le nom 'Annabelle' griffonné dessus avec des colonnes remplis de numéros de téléphone et de dates qui ne parlaient absolument pas à Stiles. Un morceau de papier rose avec écrit en violet 'VOU AIME TONTON DERK + TONTON STILZ' et un petit dessin très mal fait d'un chien. Ou d'une voiture de course. Peut-être une voiture de course sur pattes. Ça serait génial ça !

Dans un coin de la cuisine, il y avait la porte menant au garage, qui avait été transformé en salle de gym à domicile. Ça c'était pour Derek… Stiles n'aurait même pas à poser la question pour celle-ci. Il y avait un banc de muscu avec quelques poids à coté et d'autre machines qu'il ne pouvait identifier. Mais apparemment Derek n'était pas du genre 'ultra-protecteur' envers son espace de sport, car le long d'un mur on pouvait voir une tondeuse à gazon, un carton avec écrit en gros 'NOEL' dessus, des étagères avec de l'huile de moteur et quelques outils. Il remarqua un équipement de lacrosse dans un coin – clairement à lui, cependant avec la couche de poussière dessus, Derek devait soulever ses poids bien plus souvent qu'il ne devait utiliser sa crosse et son casque.

Stiles retourna à l'intérieur (zappant complétement la buanderie, parce que même dans une dimension parallèle, ça restait chiant), et passa la tête à travers l'entrée de la salle de bain située dans le couloir. C'était clair qu'elle était faite pour les invités, on voyait tout de suite qu'elle ne devait pas servir souvent.

Ensuite, Stiles se retrouva dans la chambre, ressemblant trait pour trait à la chambre qu'il avait aperçu ce matin après s'être assommé et ouvert le front…

Le lit au centre était défait et des vêtements étaient éparpillés par terre. Il y avait deux tables de nuit, une de chaque côté du lit. A droite, il y avait un cadre avec la mère de Stiles. Il y avait aussi un livre sur les forces occultes et un verre vide.

La table de nuit sur le côté gauche abritait un réveil, une lampe de chevet et un dossier que Stiles reconnaissait comme venant du département de police de Beacon Hills. Et un tube de lubrifiant à moitié vide.

"Okay ! " S'écria Stiles et se détourna pour regarder autre part.

Il y avait une commode du côté de Derek, un meuble télé avec une télévision au mur face au lit, un lecteur DVD, une console de jeux prenant les trois quarts de l'espace de rangement. Il résista à la tentation de faire glisser ses doigts le long des différents jeux appuyés contre la console, pour pouvoir continuer à explorer la chambre, mais il ne put s'empêcher de remarquer que les deux manettes étaient branchées. Il ne put se débarrasser de l'image mentale de lui et Derek, installés au pied du lit côte à côte, jouant à Call of Duty.

Sur le mur à côté de la porte, le plus proche du côté de Stiles (et il était un peu bizarre de déjà savoir son côté du lit), il y avait une peinture représentant une meute de loups courant dans la forêt, leur silhouette éclaircit par le clair de lune. Dans un coin sombre on pouvait lire : 'A la recherche de moi-même, je suis parti dans des endroits sombres et isolés, et la nuit m'a offert un abri parmi les loups."

Stiles ne savait pas à qui était destiné cette phrase, lui ou Derek. Qui l'avait choisi ? Qui l'avait ramené à la maison et proclamé silencieusement que 'C'est moi, je suis celui qui a trouvé son refuge parmi les loups'. Parce que ça pouvait être chacun d'eux.

Encore un fois, la frontière séparant Stiles de Derek était extrêmement flou. Stiles préféra ne pas s'attarder et se détourna de la peinture. Il y avait encore des choses à voir dans la maison.

Il poursuivit son chemin vers la salle de bain attenante à la chambre et marqua un temps d'arrêt. Pour il ne savait quelle raison, il s'était attendu à une séparation clair entre ses affaires et celles de Derek. Ce n'était pas le cas. Il y avait un verre avec deux brosses à dents dedans. Un rasoir électrique et un normal placé ensemble près du miroir. Un tube de dentifrice. Une seule bouteille de bain de bouche. Deux différentes marques de déo.

Preuve que les deux vivaient complètement et désespérément mêlés l'un à l'autre. Il n'était pas possible de séparer Stiles de Derek, Derek de Stiles.

Stiles sortit de la salle de bain et de la chambre sans un regard en arrière.

La prochaine pièce ou Stiles glissa la tête était un bureau, cependant il était à moitié rempli. Le bureau et une petite bibliothèque étaient tous les deux poussés contre le mur du fond, laissant le reste de la pièce complétement vide. Il y avait des cartons empilés près de la porte, comme s'ils étaient toujours en train d'aménager la pièce. Stiles se demanda du coup depuis combien de temps ils vivaient ici. Le reste de la maison suggérait des années, mais cette pièce le faisait douter s'ils étaient seulement en train d'aménager le bureau.

Sur la chaise en face de l'ordinateur, Derek lisait un rapport, un stylo coincé entre les dents. Quand Stiles passa la tête à l'intérieur, il leva la tête et retira le stylo de sa bouche. "Hey."

"Hum… salut."

Derek attendit patiemment qu'il prenne la parole. Stiles se tortilla sur le pas de la porte. "Ya pas mal de déco sur les loups dis-moi."

"Est ce que ça a un rapport avec le fait que je me sois débarrassé de ce poster de Cthulhu que tu voulais dans le couloir ?"

Stiles éclata de rire. Dieu ça lui ressemblait tellement. "Sur quoi tu travailles ? demanda-t-il, faisant un pas dans la pièce et un mouvement de menton vers le dossier que tenait Derek.

Derek baissa les yeux vers le dossier. "De la paperasse sur un gars qui s'est fait arrêter pour vol mineur".

"Ça a l'air passionnant." Ironisa Stiles.

"Eh bien, ça ne peut pas être que des Kanimas et des Alphas sauvages. Franchement, ce genre de cas fait du bien pour changer." Il posa le dossier sur le bureau et pivota sa chaise pour faire face à Stiles. "Comment tu te sens ?"

"Toujours vraiment, vraiment paumé."

Derek hocha lentement la tête. "Est ce que je peux faire quelque chose ?"

"Je ne suis même pas sûr, mec." Stiles regarda ses pieds. Ce qu'il voulait vraiment lui demander lui ferai de la peine. Il le savait. Et Stiles ne voulait pas le blesser. Mais ce n'était pas sa vie. Il ne pouvait pas juste s'immiscer comme ça, être le mari qui restait à la maison et être avec Derek alors que la dernière fois qu'il se souvenait lui avoir parlé, ils étaient au mieux des alliés forcés.

"Stiles ? Parle moi."

Stiles poussa un lourd soupir et se lança. "Ok, je ne veux pas que tu le prennes personnellement, mais… ce que j'aimerais vraiment maintenant, c'est rentrer à la maison."

Derek le fixa sans comprendre un petit moment avant de réaliser. "Tu veux que je te ramène chez ton père ?"

Stiles grimaça. "Oui."

Derek détourna le regard, visiblement blessé.

"Ce n'est pas à cause de toi, ok ? Tu es vraiment très gentil à propos de toute cette histoire… Mais c'est juste que… Je suis en train de saturer là. J'ai besoin d'espace pour réfléchir."

Vu le regard de Derek, Stiles aurait pu aussi bien retirer son alliance et la lui jeter en pleine face. Mais non. Stiles portait la bague. Il continuerait à porter la bague. Mais il avait besoin de prendre un peu de recul pour reprendre ses esprits. Derek devrait le comprendre, n'est-ce pas ? Ça ne voulait pas dire 'sors de ma vie'. Mais plus 'donne-moi un peu de temps pour faire le point.'

"Je vais te déposer," Dit Derek doucement.

Stiles soupira de soulagement. "Merci."

Derek hocha juste la tête.

Stiles ne savait pas quoi dire pour rendre les choses moins dures pour Derek. Alors il ne dit rien.

Sur le chemin vers la porte, alors qu'ils traversaient le salon, Stiles se dirigea vers sa petite pile de livre sur la table basse. "Ça t'embête si je les emmène ?" demanda-il.

"Tu peux prendre tout ce que tu veux. C'est aussi à toi."

"Non, ne…" Commença Stiles, dans le but de dire 'ne prend pas ça pour un divorce', mais il se retint et serra un peu plus le livre et l'album photo contre sa poitrine. Ce n'était même pas son mariage, mais il se sentait comme une grosse merde à ce moment précis pour l'endommager. Il avait l'impression de détruire la vie du loup pièce par pièce.

Ce n'est pas ce qu'il faisait. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Mais il ne pouvait pas monter se coucher ce soir auprès de Derek et faire comme si de rien était. Il n'avait pas ce genre de relation avec lui. Il ne partageait pas leur histoire. Il n'était le mari de personne. Il était juste Stiles Stilinski, hyperactif complétement paumé qui essayait de faire le tri dans le bordel qu'était sa vie.

Stiles espérait simplement que Derek puisse comprendre ça.

Voilà Voilà...

Promis la suite arrive très vite ;)

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