Je tenais à remercier les personnes ayant pris le temps de laisser une review.
Feathers : Merci à toi, vu que tu ne possèdes pas de compte, je te réponds ainsi. Je veux vraiment que les deux garçons ouvrent les yeux sur la vie de l'autre alors j'espère que cette suite te plaira. Seulement, la fic ne sera pas toujours d'humeur légère..
Les lecteurs anonymes n'hésitez pas à me laisser vos remarques, je les lirais avec grand plaisir.
Voici donc la suite.
Bonne lecture et à vos remarques !
Chapitre 2.
Gaius rassembla ses herbes les plus anciennes, avant de retourner s'installer à sa table de travail, prêt à broyer et couper les plantes qu'il incorporait dans ses remèdes. Certaines commençaient à manquer, Gaius envisageant d'envoyer Merlin se procurer les plantes dans l'après-midi de demain, le soleil commençait à décliner et il ne savait pas quand son protégé allait rentrer.
Appréciant le calme de sa demeure, Gaius fronça les sourcils en voyant la porte de son atelier s'ouvrir sur Merlin suivi du prince Arthur. Reposant son mortier, le médecin se leva pour les accueillir, intrigué par les airs coupables et tristes qu'il pouvait apercevoir sur les visages des garçons.
_ Sire ?, interrogea le vieil homme, en voyant qu'aucun des deux ne semblaient disposer à parler.
_ Nous avons un problème, répondit Arthur. Un problème d'ordre magique.
Merlin sursauta, sortant de sa torpeur, rassuré maintenant qu'il se trouvait en sécurité auprès de Gaius. Refermant la porte derrière lui, le sorcier se tourna vers son mentor en soupirant.
_ Arthur a touché un objet magique, commença Merlin. Quand nous nous sommes réveillés, nous avions échangé de corps. Je suis Merlin, annonça le valet en ouvrant les bras.
_ Et moi, Arthur.
Gaius se pinça l'arête du nez, retournant s'asseoir, se sentant soudainement trop vieux. Merlin et Arthur se mettaient toujours dans des situations pas possibles. L'arrivée de Merlin dans sa vie avait bousculé sa routine, rendant son quotidien plus vivant et dangereux. Arthur alla s'installer sur un tabouret, face au médecin, Merlin déposant trois tasses devant eux avant d'aller préparer du thé sous le regard du vieil homme. C'était une image bizarre que de voir ce qui était censé être le Prince Arthur les servir. Le thé prêt et versé dans les tasses, Merlin s'installa à son tour sous le regard de Gaius. Changement de corps ou pas, quelque chose de plus grave préoccupait son pupille, il pouvait reconnaître cette expression entre mille.
_ Arthur possède ma magie, finit par avouer Merlin, Gaius reposant la tasse qu'il allait porter à ses lèvres. Et il ne la maîtrise pas du tout.
_ Je vois, finit par répondre le médecin. A quoi ressemblait cet objet, sire ?
_ Un anneau, pas très grand, en fer probablement. Il y avait des inscriptions dessus, je pense que c'était des runes.
_ Sûrement en Ancien Langage, mais je n'ai pas eu le temps de voir l'anneau ou même lire une des runes, renchérit Merlin. Mais je sais, que ma magie n'a pas détecté l'anneau comme mauvais, elle s'est seulement affolée quand Arthur a voulu le toucher.
_ C'est pour cela que tu as crié, apprit Arthur.
Merlin leva les yeux au ciel, préférant ne pas relever la remarque d'Arthur. Gaius était pensif, se passant une main sous le menton, c'était chez lui, un signe de réflexion et le sorcier préférait se concentrer sur son tuteur plutôt qu'Arthur. Gaius était le seul à pouvoir les sortir de cette situation.
_ Cela ne m'évoque rien, avoua Gaius. Il faudra faire des recherches mais je pense que pour aujourd'hui, nous ne pouvons rien faire, vous allez devoir vous accommoder de ce changement, il est impératif que personne ne se rende compte de quoi que ce soit, surtout pas votre père, Sire.
Arthur acquiesça, sentant la fatigue et la tension des dernières heures le saisir. Combien de temps devrait-il prétendre être Merlin ? La magie qu'il ressentait en lui, le réchauffa de l'intérieur, apaisant sa crainte. C'était surprenant de voir à quel point, elle semblait être réceptive à la moindre ses émotions. C'était une présence qu'il ne contrôlait pas mais qu'il aimait ressentir. Il avait l'impression que tant qu'elle serait là, il ne pourrait rien lui arriver. Il se sentait protégé contre tout.
_ Aussi, je te suggère Merlin de regagner la chambre du prince et de te faire porter un repas et de ne pas faire de vague jusqu'à demain, ordonna Gaius d'un ton ferme. Et vous Sire, je vais aller voir si je peux avoir un reste de ragoût en cuisine, dans le cas contraire, il faudra vous contenter de ma modeste soupe et d'un morceau de pain.
_ Ca ne peut lui faire que du bien, pouffa Merlin en s'étirant.
_ Je ne suis pas gros Merlin !, répliqua Arthur. C'est toi qui es trop maigre, on dirait un sac d'os.
Gaius leva les mains, interrompant la dispute qui allait commencer, Merlin hocha les épaules, montant les quelques marches le menant à sa chambre, avant de ressortir avec un livre qu'il mit dans une besace avant de les saluer et de quitter la pièce sans un autre mot ou regard.
oOo
Arthur dégustait avec plaisir son plat, appréciant la chaleur du bouillon dans sa gorge, la journée finissant de décliner et avec elle, la fraîcheur de la nuit les enveloppait. L'atelier de Gaius était peu chauffé, seule la petite cheminée, permettant de garder les pots de soupe chauds, amenait une chaleur leur permettant à peine de grelotter. Gaius ne semblait pas souffrir du froid, sans doute habitué à de telles températures.
Le médecin classait les flacons sur sa table de travail, annotant des observations sur un long cahier fait de parchemins jaunis, ne se souciant pas de la présence d'Arthur. Le prince n'était même pas étonné que le médecin sache que Merlin était un sorcier, sans doute l'avait-il aidé à ne pas dévoiler son secret lors de son arrivée. Si quelqu'un possédait des réponses à certaines de ses questions, c'était bien Gaius.
_ Parlez-moi de Merlin, demanda Arthur d'une petite voix, interrompant Gaius dans son rangement.
_ Vous le connaissez Sire, répondit le médecin. Qu'il soit sorcier ne change rien au jeune homme que vous côtoyez au quotidien. Sa maladresse n'est pas feinte si c'est ce que vous pensez mais il n'est pas aussi idiot qu'il le laisse paraître.
_ Je n'ai jamais cru que Merlin était profondément idiot, avoua Arthur. Il est capable d'une grande sagesse quand les situations l'exigent, cela m'a toujours intrigué.
_ Je dois vous avouer que je ne pensais pas que vous prendriez cette découverte aussi bien. Vous avez été élevé dans la haine envers le culte magique, poursuivit Gaius en allant s'installer face à Arthur.
_ Savoir que Merlin est un sorcier ne change pas tout mon a priori sur la magie. Elle est maléfique mais grâce à celle de Merlin, je sais maintenant qu'elle peut être bonne.
_ Je ne dois pas m'inquiéter pour l'avenir de mon pupille dans ce cas.
_ Pas tant que Merlin ne représente pas une menace, confirma le prince. Mais s'il s'avérait qu'il…, Arthur secoua la tête sachant ses mauvaises pensées. Nous n'en sommes pas là, encore.
_ Certains disent qu'il est le plus puissant sorcier de tous les temps pourtant.
_ Merlin ?, s'étonna Arthur. Je doute qu'il soit si puissant, tempéra Arthur avec un sourire.
Gaius observa longuement Arthur, le prince terminait son repas en silence ne se souciant pas plus du médecin, encore incapable de mesurer l'ampleur de l'importance de Merlin dans sa vie. Le vieil homme ignorait si cette situation se révèlerait bénéfique pour les garçons et pour le peuple, Arthur ne savait presque rien sur Merlin si ce n'est qu'il était un sorcier et son valet. Gaius savait que son pupille avait dû taire la prophétie mettant en scène le Roi Présent et A Venir et le Plus Grand Sorcier de Tous les Temps, la réaction d'Arthur face à cette découverte était impossible à déterminer.
Se levant avec une légère grimace pour ses vieux os, Gaius déposa une main bienveillante sur l'épaule du prince.
_ Je pense Sire que vous pourriez être surpris, souffla le vieil homme sous le regard étonné d'Arthur.
oOo
La porte se referma sur le serviteur, le jeune homme emportant le plateau vide avec lui, Merlin déposant son front sur la surface lisse de la table en soupirant, appréciant le calme complet de la chambre. La journée avait été particulièrement longue et éprouvante et Merlin devait bien reconnaître qu'il était impatient de pouvoir s'allonger pour s'octroyer quelques heures de sommeil.
C'était étrange de se retrouver dans la chambre d'Arthur sans le propriétaire des lieux, Merlin avait toujours trouvé la chambre de son ami paisible et chaleureuse pourtant à cet instant, il aurait donné n'importe quoi pour retrouver son lit dans l'atelier de Gaius, ainsi que son corps et sa magie.
La porte s'ouvrit, Merlin supposant qu'un autre valet venait s'enquérir de savoir s'il avait besoin d'aide pour mettre ses vêtements de nuit, honnêtement, comment un adulte de 23 ans pouvait encore avoir besoin d'aide pour s'habiller ? Arthur était plutôt autonome là-dessus, si bien que Merlin n'avait qu'à lui choisir ses tenues et l'aider pour les apparats de cérémonie mais le valet savait que certains nobles étaient incapables d'enfiler une chemise sans avoir un groupe de serviteur à leurs pieds. Cela l'avait toujours étonné de constater à quel point, certains gestes simples et habituels pouvaient se révéler inconnus pour les plus riches.
_ Arthur.
Merlin bondit sur ses pieds, avec vitesse, se tenant aussi droit que possible tandis que le roi l'observait avec attention, le rendant totalement mal à l'aise.
_ Majesté, salua Merlin avec un baissement cordial des yeux durant une fraction de seconde.
_ Je venais t'informer que je requiers ta présence demain pour le petit-déjeuner, tu assisteras ensuite à une réunion du conseil pour compenser celle d'aujourd'hui où ton absence a été remarquée.
_ Il sera fait selon vos ordres, Sire, répondit Merlin.
Le roi l'observa quelques secondes avant de prendre congé, Merlin s'écroulant sur sa chaise. Il était impératif qu'ils trouvent une solution le plus rapidement possible ! S'emparant de son grimoire magique qu'il avait ramené, Merlin alla s'installer près de la cheminée, commençant à parcourir son livre avec l'espoir de trouver un sort ou une mention à l'anneau.
oOo
Arthur se réveilla fourbu de courbatures, fatigué et de mauvaise mine. Il avait passé une nuit exécrable, incapable de trouver une position correcte pour dormir sur le matelas trop dur de Merlin, manquant à plusieurs reprises de chuter au sol. Enroulé dans une fine couverture que Gaius lui avait apportée la veille, Arthur quitta la chambre, découvrant l'atelier du médecin vide. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire. Attendre Merlin ici ou aller à sa rencontre ?
La porte de l'atelier s'ouvrit sur Guenièvre, la jeune femme tenant un plateau entre ses mains. Un doux sourire sur le visage, la servante déposa le repas sur la table en bois, une main douce se posant sur le front d'Arthur.
_ J'ai croisé Arthur ce matin, lui apprit Gwen. Il m'a dit que tu ne te sentais pas très bien hier, poursuivit la jeune femme en réajustant la couverture sur les épaules du jeune homme. Ne te voyant pas à son chevet, il m'a demandé de t'apporter un plateau pendant qu'il rejoignait son père et Morgana pour le petit-déjeuner.
Arthur sursauta, soudainement parfaitement réveillé face à la nouvelle que la servante venait de lui apprendre. Comment Merlin allait s'en sortir face à son père ?
_ Merci Guenièvre, souffla Arthur, en prenant place, ses mains s'enroulant autour de la tasse.
Gwen se figea, un regard d'étonnement peint sur le visage.
_ Eh bien, tu dois vraiment être malade pour m'appeler Guenièvre, tu ne l'as jamais fait, souffla la jeune femme d'une voix incertaine.
_ Excuse-moi Gwen, j'ai passé une mauvaise nuit, répondit Arthur, pestant intérieurement contre sa bêtise.
_ N'en parlons plus, sourit la jeune femme en s'installant face à Arthur. Morgana étant avec le Roi, je peux prendre mon temps pour mes corvées et je n'en ai pas autant que toi, se moqua-t-elle. Cela dit c'était gentil de la part d'Arthur de te faire porter ton petit-déjeuner.
Arthur fronça les sourcils face à la remarque de la jeune femme, le ton de sa voix laissait à penser qu'il n'avait que peu d'égard et d'attention pour son valet. C'était faux, de plus Merlin ne s'était jamais plaint et quand il arrivait à Arthur de dépasser les bornes, Merlin le remettait toujours à sa place.
Arthur n'avait pas l'habitude de profiter ainsi de Guenièvre sans avoir à faire attention. C'était agréable de profiter de sa présence sans avoir à regarder par-dessus son épaule, la jeune femme était détendue et souriante et Arthur l'avait que pour lui durant quelques minutes. De plus, Merlin avait pensé à son petit-déjeuner alors qu'il devait affronter le Roi, en envoyant à ses côtés, la seule personne qu'il affectionnait.
Il aimait Gwen, le nier était impossible, pourtant il ignorait ce que la jeune femme pensait réellement de lui. Avant l'arrivée de Merlin à Camelot, elle n'avait été que la servante de Morgana, efficace, professionnelle mais effacée. C'était la présence de Merlin qui avait réveillé le courage de la servante, celle-ci n'hésitant plus à lui faire des remarques, toujours avec retenue, quand elle jugeait que son comportement n'était pas acceptable. Il aimait Gwen mais l'aimait-elle ? Il avait pu voir l'attachement qu'elle portait à Lancelot et Arthur était presque sûr qu'ils auraient été un couple si le roturier n'avait pas été banni de Camelot.
_ Que penses-tu réellement d'Arthur ?, demanda le jeune homme, offrant à la jeune femme de partager son plateau, c'était un geste qu'aurait eu Merlin envers son amie.
_ Pourquoi me demandes-tu cela d'un coup ?, s'étonna Gwen, les joues se colorant de rouge. Cela me met mal à l'aise d'en parler tu le sais.
_ Il n'y a que nous Gwen, la rassura Arthur. Le prince n'en sera rien, mentit le jeune homme.
_ Tu sais très bien ce qu'il en est Merlin, souffla Gwen. Qu'importe ce que je pense ou ressent, cela est interdit et inenvisageable.
_ Peut-être pas, contra Arthur.
Gwen déposa son menton sur ses mains en soupirant, son regard perdu dans le vague, Arthur la laissa faire, lui laissant le temps de se confier à son rythme même s'il était impatient.
_ Je suis heureuse que tu sois entré dans sa vie et dans la mienne, tu es l'ami que je n'ai jamais eu, avoua Gwen. L'ancien Arthur était un petit tyran.
_ Tyran ?, s'étonna Arthur, il n'avait pourtant pas été si terrible que cela, si ?
_ Tu ne l'as pas connu avant, il était insupportable. Personne n'était digne de lui parce qu'il était le fils chéri d'Uther. Morgana avait envie de lui arracher la tête et si elle me l'avait demandé, je crois que je l'aurais volontiers aidée. Il prenait tout le monde de haut, il lui arrivait même d'être mesquin et blessant, tu as vu son attitude avec son ancien valet ? Arthur acquiesça, douché par les paroles de la servante. Pour les gens du peuple comme nous, bénéficier d'un poste dans la maison royale est une garantie de travail à vie, pourtant quand l'un de nous devait remplacer le valet d'Arthur, on tirait au sort et on se résignait si on était choisi.
_ Tu le détestais alors, comprit Arthur avec douleur.
_ Non, bien sûr que non mais je faisais en sorte qu'il ne me remarque pas. Il a toujours été poli avec moi, sans doute à cause de Morgana. Elle est mon amie mais il y aura toujours une différence de rang entre nous.
_ Alors tu aimes Lancelot ?, demanda Arthur avec appréhension.
Gwen hoqueta de surprise, refermant ses bras autour d'elle comme pour se protéger. Elle n'aimait pas parler d'elle, cela l'avait toujours mise mal à l'aise, elle se sentait vulnérable quand elle se confiait même à Merlin, pourtant son ami l'avait vue sans son masque souriant.
_ Tu viendras toujours avec moi demain ?, interrogea Gwen, évitant ainsi de répondre à la question. Arthur te laissera ta journée ?
_ Bien sûr, répondit Arthur. Je te l'ai promis non ? Alors je viendrai avec toi, assura le prince se demandant de quoi pouvait bien parler Gwen, il faudrait qu'il interroge Merlin à ce sujet.
_ Merci Merlin, c'est important pour moi, sourit Gwen. Si tu n'avais pas été avec moi l'année dernière, je crois que je n'aurais pas pu le faire seule.
Arthur posa sa main sur le bras de la servante, le serrant avec affection. Quoi qu'il doive faire avec elle le lendemain, cela la bouleversait et même si elle aimait un autre que lui, il veillerait toujours sur la jeune femme. Gwen lui offrit un sourire avant de se lever, annonçant qu'il était temps pour elle de faire ses corvées, embrassant Arthur sur la joue avant de quitter l'atelier.
oOo
_ Vous ne faîtes aucun effort !, s'exclama Merlin avec lassitude.
Arthur ouvrit les yeux, sentant l'irritation le gagner doucement. Merlin l'avait littéralement traîné en dehors de la ville peu de temps après le départ de Guenièvre, sans un mot ni même une explication. Personne n'avait paru étonné de voir le prince traîner sans ménagement son serviteur et Arthur s'était demandé si son image de tyran avait empiré face à son comportement envers Merlin.
Après de longues minutes de marche, Merlin les avait menés à proximité d'une grotte, suffisamment éloignée pour les protéger des regards indiscrets tout en restant proche pour un retour rapide à Camelot. Merlin les avait fait asseoir en tailleur, demandant à Arthur de méditer jusqu'à ne faire plus qu'un avec sa magie. Et Arthur commençait à en avoir marre ! Il ne trouvait aucun intérêt à rester assis, les yeux fermés pour attendre de fusionner avec quelque chose qu'il ressentait sans pouvoir l'atteindre.
Merlin souffla en baissant la tête, il avait une envie répréhensible de frapper Arthur sur la tête très fort, tellement l'arrogance du prince était inégalable. Il avait passé une matinée horrible ! Le petit-déjeuner en compagnie du Roi et de Morgana avait été un véritable calvaire et la séance du Conseil, une perte de temps où il avait passé la majorité de son temps à essayer d'agir comme Arthur Pendragon l'aurait fait. Discuter avec Gaius durant quelques minutes avait été son seul réconfort et il avait sauté sur l'occasion d'aller collecter des herbes pour son mentor, voyant là une possibilité d'éduquer Arthur, pour leur survie à tous les deux.
Arthur garda le silence, se laissant tomber sur le dos, las d'essayer d'entreprendre une méditation magique. Hier encore, il n'était que le prince héritier tout ce qui il y avait de plus normal et voilà qu'il se retrouvait avec de la magie. Il avait besoin de temps.
_ Pourquoi tu ne m'as pas parlé de ta journée avec Guenièvre demain ?, interrogea Arthur, ses yeux suivant les nuages dans le ciel.
_ Je vous en aurais parlé en vous apportant votre dîner de ce soir, répondit naturellement Merlin.
_ Alors je dois faire quoi avec Guenièvre demain ?
_ L'accompagner sur la tombe de son père, souffla Merlin après quelques secondes de silence.
Arthur se redressa, la culpabilité se lisant dans ses yeux. Il avait oublié que demain était l'anniversaire de la mort de Tom le forgeron, Tom l'homme bon qui avait toujours protégé Guenièvre. Merlin n'ajouta rien de plus, préférant se réinstaller correctement, tendant ses mains vers Arthur, paumes vers le haut. Le prince resta immobile quelques secondes, avant de tendre ses mains au-dessus de celles de Merlin, fermant les yeux à son tour.
_ Vous devez calmer votre respiration, commença Merlin. Elle doit devenir aussi calme et silencieuse que si vous étiez sur un fil prêt à basculer entre la rage et la sérénité. Ce sentiment que vous ressentez quand vous êtes sur le point de passer à l'attaque, le calme…
_ … Avant la tempête, termina Arthur dans un murmure. Je comprends.
_ Petit à petit, les sons, les odeurs, l'atmosphère autour de nous va changer. Comme si une bulle se refermait autour de vous, vous coupant de l'extérieur mais vous connectant à tout. Vous allez ressentir, l'air, la terre, l'odeur annonçant la pluie de fin de journée, l'oiseau dans l'arbre qui nourrit sa progéniture, les feuilles qui bruissent. Tout sera à portée de vous. Connecté autour de vous et en vous.
_ Je crois que je sens ta présence à l'intérieur de moi, souffla Arthur avec étonnement. Comme si on était relié, j'entends les battements de ton corps, le sang dans tes veines.
_ C'est parce que je suis votre support pour cette méditation, sourit Merlin, ravi de voir Arthur s'éveiller au sens de la vie. Maintenant ressentez ce qui nous entoure. Ecoutez et laissez-vous guider.
Arthur garda les yeux fermés, se détendant progressivement dans cette séance de méditation, la présence de Merlin se faisant proche et distante en même temps. La magie en lui naviguait librement, le portant et le berçant lui amenant un sourire, c'était doux et apaisant. Il entendait distinctement, les feuilles se mouvoir en rythme avec le vent mais dans son esprit, c'était comme si il voyait ses feuilles bouger au ralenti. Le tonnerre grondait au loin, encore éloigné de Camelot mais Arthur le ressentait. Progressivement, il sentait la vie de la forêt en lui, un renard était même en train de s'abreuvoir non loin d'eux, créant des ondulations sur l'eau.
_ C'est merveilleux, souffla Arthur en ouvrant les yeux.
Merlin lui offrit un sourire éclatant et Arthur se sentit fier d'avoir enfin compris ce que son ami avait cherché à lui enseigner.
_ Tu ressens cela à chaque fois ?, demanda le prince, curieux.
_ Quand je suis en méditation, approuva le sorcier. Le reste du temps, c'est comme un écho dans mon esprit et mon cœur.
_ Je crois que je pourrais me faire à une telle sensation.
_ La magie est partout autour de nous. Là où la vie se trouve, la magie l'est aussi. Maintenant, que vous êtes capable de ressentir ce calme, cela devrait être plus simple pour maîtriser ma magie pour éviter qu'elle se manifeste d'elle-même.
_ Comment fais-tu au quotidien ?
_ Je la bride, je maintiens un contrôle constant dessus, avoua le valet en haussant les épaules. Quand j'ai besoin de l'utiliser, je libère suffisamment d'énergie pour ce que je veux entreprendre. Je me laisse rarement aller.
_ Et tu veux que j'en fasse de même ?
_ Non, j'ai eu des années d'entraînement, je la bridais déjà étant enfant, c'est comme une seconde nature chez moi, je veux juste que vous puissiez la refréner quand vous sentez que ma magie veut totalement se libérer. Elle sait que ce n'est pas moi dans ce corps, c'est pour cela qu'elle peut se manifester à sa guise.
_ Tu en parles comme si c'était une entité propre, s'étonna Arthur.
_ Oui…, cette leçon sera la prochaine, sourit Merlin en se levant. Nous devons collecter les herbes pour Gaius, je vais vous montrer pour pouvoir l'aider si cette situation se prolonge.
Arthur acquiesça, le corps couvert de picotements chauds et agréables, comme si la magie à l'intérieur de lui le remerciait d'avoir fusionné avec elle durant quelques minutes. Il avait l'impression de flotter dans de la brume et il aimait sincèrement cette sensation.
oOo
A suivre..
