Chapitre 2: Changement de cap
Il ne s'était pas écoulé une heure depuis le décollage que des tensions se faisaient déjà sentir parmi les passagers. L'avion présidentiel était censé être en mesure d'accueillir un peu moins d'une centaine de personnes, ce qui aurait dû s'avérer exactement ce qu'il leur aurait fallu si le président et son cortège de ministres et autres conseillers étaient montés à bord…
… mais ce n'était pas le cas.
Il n'y avait probablement plus de président, plus de ministres et peut-être même plus de gouvernement dans leur beau pays qui s'était vu ravagé en l'espace d'une seule nuit. Bref, ils n'étaient même pas une trentaine à avoir embarqué dans cet appareil.
Parmi eux, se trouvaient évidemment Jansen et les douze hommes qui formaient sa section d'assaut mais aussi huit ingénieurs et trois médecins. Deux des subordonnés du capitaine étaient d'ailleurs en train de piloter l'avion.
Il y avait également deux passagers dont les membres du RAID ne savaient rien ou presque. Le premier était une jeune femme à qui l'on aurait donné vingt-cinq ans et qui s'était attirée, à son insu, des regards intéressés par une bonne partie du personnel masculin. Elle n'avait néanmoins pas tardé à se rendre avec le capitaine du RAID à l'avant de l'appareil afin de discuter de leur plan de vol avec les pilotes.
Quant au second passager inconnu, le jeune homme aux cheveux noirs, on ne l'avait plus revu depuis le décollage de l'appareil, si bien que la plupart des personnes présentes l'avaient oublié.
L'excitation du départ étant retombée, les civils n'avaient hélas rien d'autre à faire pour s'occuper que de discuter de la situation, ce qui les amenait naturellement à s'inquiéter pour leurs familles et de leur incapacité à déterminer s'ils allaient bien aboutissait sur une peur, une peur irrationnelle qui les rendait à la fois nerveux et agressifs…
… et comme souvent dans ce genre de cas, c'était vers les représentants des autorités que se tournait leur colère.
Certains ne tardèrent pas à débattre de l'autorité des officiers de police dans une situation de ce type, ainsi que du bien-fondé de leur décision de quitter la France si précipitamment. Il aurait fallu selon eux demeurer sur le territoire national, ne serait-ce que dans les campagnes ou sur l'une des îles peu peuplées qui bordaient le littoral…
N'étant déjà pas particulièrement à l'aise en public, Sophie avait l'impression d'étouffer dans ce climat d'hostilité omniprésente. Quittant discrètement la cabine accompagnateur, partie de l'avion d'ordinaire destinée à accueillir les ministres et autres fonctionnaires de l'Etat mais qui avait été aménagée dans le cas présent pour recevoir le personnel civil du RAID, elle se dirigea vers l'avant de l'appareil. Son intention était tout autant de fuir la colère et la frustration des autres que d'apporter toute l'aide possible au capitaine Jansen et à ses hommes.
C'est ainsi qu'elle prit la direction de la petite salle de communication où elle s'était rendue peu avant le décollage et surtout où elle avait aidé le capitaine et les deux agents inconnus à établir une liaison avec le QG de la DGSE.
Pénétrant dans la pièce plongée dans le noir à l'exception des écrans d'ordinateurs, elle referma silencieusement la porte derrière elle et s'approcha des écrans pour mieux voir ce qu'ils montraient. C'est ainsi qu'elle s'aperçut que le plus grand d'entre eux affichait une recherche de localisation par GPS, et qui se focalisait sur le Japon si elle reconnaissait bien la forme si caractéristique de l'archipel.
Ayant étudié la culture nippone à l'université, elle n'eut pas de mal à reconnaître les différentes régions.
L'image satellite se fit ensuite un peu plus précise, en s'axant sur le district de Chūbu avant de se centrer ensuite sur la préfecture d'Aichi, où se trouvait notamment la ville de Nagoya. Toutefois, elle reporta rapidement son attention sur un autre des écrans, plus petit, qui diffusait en cet instant même un reportage en direct de CMN, une des plus grandes chaînes d'information américaines.
- Aux Etats-Unis, la situation est catastrophique. Le gouvernement a annoncé qu'il abandonnait la Maison Blanche et qu'il établissait son siège à bord d'un porte-avion mouillant au large des côtes. Les analystes voient dans cette mesure la phase préliminaire d'une frappe nucléaire…
Les images montrèrent un hélicoptère quittant la Maison Blanche, puis l'une des avenues de New York, où des soldats américains avaient mis un genou à terre et tenaient en joue un large groupe de silhouettes qu'elle reconnut sans difficulté comme « eux », avançant inexorablement dans leur direction sans avoir l'air de se soucier le moins du monde des armes pointées sur eux.
Toutefois, si ces images la choquèrent profondément, cela n'avait aucune comparaison avec ce qui vint ensuite.
- Moscou est injoignable. Pékin est en flammes. A Londres, l'ordre publique est relativement préservé tandis qu'à Paris et à Rome, pillages et violence sont…
Malheureusement, à peine eut-elle prononcé ces paroles et montré le spectacle d'une ville en flammes que l'image disparut soudainement, laissant place à un nuage de parasites.
Se retenant à l'un des sièges pour ne pas tomber tant ses jambes tremblaient, Sophie réalisa pour la première fois à quel point la situation était grave. Le problème ne touchait pas seulement la France, voire l'Europe mais bel et bien le monde entier et si elle en croyait les quelques images qu'elle venait de voir, la situation ne faisait qu'empirer d'heure en heure…
- Le nouveau monde n'est pas bien joli, n'est-ce pas ?
Reconnaissant la voix du jeune agent de la DGSE venant de derrière elle, elle se retourna pour lui répondre quelque chose mais resta sans voix devant le spectacle dont elle était témoin.
Max avait troqué son jean et ses baskets contre un pantalon noir et une paire de chaussures ressemblant à des rangers. Néanmoins, il devait tout juste sortir de la douche car il n'avait pas enfilé de haut, et ses cheveux noirs étaient encore humides.
Malgré elle, la jeune femme fixa son torse, assez musclé, du regard, d'une part parce qu'il était agréable à regarder et d'autre part… en raison des fines cicatrices qui y étaient présentes à plusieurs endroits. Certaines étaient vraisemblablement issues de blessures par balle mais d'autres… ressemblaient davantage à des marques de lacérations.
Elle fut néanmoins sortie de sa contemplation lorsqu'il enfila un Tee-shirt de la même couleur que le reste, la faisant rougir jusqu'aux oreilles tandis qu'elle essayait de prendre la parole mais ne réussissait qu'à bredouiller des mots sans queue ni tête.
Lui adressant un léger sourire, le jeune homme alla s'installer devant l'une des consoles, se mettant à pianoter à un rythme effréné alors que l'image satellite se précisait davantage.
La légende de la carte donnait quelques détails sur la ville qui était au centre du point rouge.
Nom : Tokonosu
Région : Chūbu
Préfecture : Aichi
Population : 53 102 habitants
Densité : 942 hab/km2
Superficie : 56,35 km2
Lieux notables : Aéroport international de Tokonosu
- Est-ce là que nous allons ? L'interrogea la jeune femme, les yeux fixés sur l'écran.
- Pas tout à fait. Notre premier choix d'atterrissage est l'aéroport international du Kansai mais puisque le trafic y est très dense, il est probable qu'il ait déjà été envahi par « eux ». Etant relativement proche, Tokonosu est moins utilisé et il est possible que des survivants s'y trouvent encore.
La jeune Delmas se contenta d'acquiescer de la tête, trouvant le raisonnement logique. Elle n'en garda pas moins les yeux rivés sur la photo satellite de la ville, qui se précisa sur un quartier avant de dévoiler l'image d'un bâtiment qu'elle reconnût à son terrain de sport comme une école, probablement un collège ou un lycée.
Et comme pour corroborer ses suppositions, les légendes inhérentes à l'infrastructure apparurent devant elle.
Nom : Lycée Fujimi de Tokonosu
Nombre d'élèves inscrits : 278
Directeur : Kantaro Shidehara
Membres notables du Conseil d'Administration : Ichirô Shidö (sénateur)
- Allez, allez… Marmonnait Max entre ses dents tandis qu'il s'acharnait encore plus furieusement sur le clavier.
L'image satellite se centra alors sur ce qui devait être la cour du lycée, faisant un gros plan sur un petit groupe d'élèves, visiblement en train d'essayer de fuir un grand nombre de « morts vivants ».
Toujours concentré, le lieutenant captura les visages des différents adolescents et lança des recherches annexes sur les autres écrans. Il continua ensuite d'agrandir les images satellites qui leur parvenaient.
L'image se précisa, révélant un adolescent vêtu de l'uniforme caractéristique des lycéens japonais. Apparemment légèrement en surpoids pour son âge, le garçon était de taille moyenne et avait des cheveux noirs qui lui arrivaient au niveau des épaules, tandis que des lunettes rectangulaires reposaient sur son nez mais le détail le plus étrange de sa physionomie…
… résidait peut-être dans le cloueur, improvisé en arme à projectiles, qu'il tenait dans ses mains et dont il paraissait se servir pour attaquer ses poursuivants et couvrir la fuite du petit groupe.
- Bingo !
Max arborait désormais un grand sourire, ses yeux fixés sur l'image de l'adolescent. Laissant échapper un soupir de soulagement, il se remit à pianoter sur le clavier d'un air plus détendu, affichant sur les écrans annexes les photographies des autres adolescents, dont elle supposait qu'il recherchait les identités dans la base de données.
- Qui est-ce ? Se hasarda-t-elle à demander, assez curieuse quant à l'identité de ce garçon qui avait tant préoccupé l'agent de la DGSE.
Le jeune homme se tourna alors vers elle, un sourire flottant toujours sur ses lèvres tandis qu'il s'exclamait :
- Kohta Hirano, âgé de 16 ans, et élève de 1ère au lycée Fujimi de Tokonosu. C'est un expert en armement et stratégie militaire ainsi qu'un tireur d'élite. Il a également une formation basique de survie en territoire ennemi, ce qui explique qu'il se soit fabriqué une arme aussi facilement.
- Oh… mais pourquoi vous intéresse-t-il ? Lui en particulier, je veux dire. Nous avons un certain nombre d'hommes entraînés avec nous, et nous entrerons plus facilement en contact avec les forces de défense japonaises qu'avec un adolescent esseulé et sans armes.
Max haussa un sourcil avant de tourner la tête vers elle, son visage exprimant un mélange d'amusement et de fierté, avant qu'il ne lui réponde d'une voix espiègle.
- Il m'intéresse parce que je connais tous les détails de sa formation, plus étendue sur certains aspects que celle des membres du RAID mais aussi, plus personnellement parce que …
Il fit une courte pause, ses yeux azurés paraissant scintiller d'une flamme de détermination.
-… c'est mon cousin.
Au terme de leur discussion avec les pilotes, Claire et Jansen avaient décidé d'organiser une petite réunion dans la salle de conférence pour décider de la suite des événements une fois arrivés à destination. Toutefois, si celle-ci était dotée d'une longue table de forme ovale, capable d'accueillir jusqu'à douze personnes, il n'y avait pas suffisamment de place pour que les vingt-sept passagers, si l'on faisait exception des pilotes, s'y assoient.
Les membres du RAID avaient donc décidé de rester debout, laissant les places assises aux ingénieurs et aux médecins. De même, Claire et Max se trouvaient debout, de part et d'autre d'un écran de grande taille faisant face à la table.
Cet écran montrait une vue satellite de l'aéroport du Kansai, leur destination initiale, d'abord dans son intégralité, puis plus précisément au niveau des pistes d'atterrissage. Il y avait aussi de plus petites fenêtres sur les côtés de l'écran, montrant les vidéos des caméras de surveillance en temps réel depuis l'intérieur de l'infrastructure.
Toutes ces vidéos avaient un point commun qui valait la peine d'être noté.
Les morts vivants y figuraient.
Ou plus précisément, ils étaient les seuls à apparaître sur les caméras de sécurité. Qu'il s'agisse de l'aérogare, de la tour de contrôle ou des pistes d'envol, « ils » étaient les seuls encore debout, se mouvant de cette même démarche apathique, comme s'ils erraient sans but d'un endroit à l'autre.
Face à ce spectacle de corps souvent ravagés par des marques de morsures, les visages des civils prirent une teinte olivâtre tandis que les trois médecins observaient ce spectacle macabre avec un mélange de curiosité et d'incompréhension.
- Ces personnes sont bien mortes avant de devenir ce qu'elles sont à présent, n'est-ce pas ?
Le médecin qui avait posé cette question était le docteur Alain Mauriac. Homme d'une quarantaine d'années, dont les cheveux bruns viraient légèrement au gris au niveau des tempes, le neurochirurgien avait des yeux verts en partie dissimulés derrière une paire de lunettes à monture d'écailles.
- D'après nos informations, oui. La victime meurt puis « ressuscite » en l'une de ces choses au bout d'une minute environ. Il faut savoir qu'une simple morsure, même apparemment sans gravité, est fatale, dans un délai variant entre quinze et quarante-cinq minutes. Expliqua Max en superposant aux vidéos des images figées montrant les différents stades de l'infection.
- C'est incroyable… Cela défie toutes les théories scientifiques actuelles…
Celle qui venait de faire cette remarque était une jeune femme d'environ trente ans. Maryse Dulys était une jeune martiniquaise qui avait bénéficié d'une bourse d'études pour effectuer son doctorat de médicine à Paris plus de dix ans plus tôt. Aujourd'hui, docteur en microbiologie, elle maîtrisait particulièrement bien son domaine, raison pour laquelle ses compétences avaient été jugées utiles dans l'entourage présidentiel en cette période de crise.
Rejetant en arrière une mèche de ses longs cheveux bruns, Maryse posa ses yeux noisette sur le jeune Hirano avant de reprendre la parole d'une voix plus assurée.
- Avez-vous pu recueillir des échantillons ? Il nous suffirait d'un lieu stérile et d'un peu de matériel pour nous mettre au travail…
Néanmoins, la doctoresse n'eut pas le temps de terminer sa phrase puisqu'elle fut brusquement interrompue par l'intervention d'un homme au ton sarcastique.
- Mais bien sûr ! Vous pensez vraiment qu'ils n'avaient rien de mieux à faire que de prélever des échantillons sur des individus atteints d'une maladie inconnue et dont l'appétit n'est tourné que vers la viande fraiche, et en l'occurrence la nôtre ?
L'individu qui était en train de sermonner copieusement Maryse n'était autre que le troisième et dernier médecin à bord. Arborant une barbe de trois jours et des cheveux poivre et sel aussi en bataille que ses vêtements, le docteur Hugo Wilson.
Wilson était le fils d'un officier de l'armée américaine qui s'était installé en France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour fonder une famille avec une jeune française. En conséquence, il bénéficiait de la double nationalité mais n'en avait jamais réellement fait usage.
Contrairement l'avis de son père, qui souhaitait le voir continuer la tradition familiale en s'engageant dans l'armée, Hugo avait choisi d'étudier la médecine. Spécialiste des maladies infectieuses, il était surtout renommé dans la sphère médicale pour ses talents de diagnosticien hors pair… ainsi que pour son très mauvais caractère.
Jansen choisit cet instant précis pour mettre fin aux débats.
- Le Kansaï n'est plus une option mais je suppose que tu as déjà trouvé une solution de rechange ? Demanda le capitaine en se tournant vers Max.
Ce dernier se contenta d'acquiescer de la tête avant de changer l'image affichée à l'écran, montrant un autre aéroport artificiel, situé à quelques kilomètres des côtes.
- L'aéroport international de Tokonosu est notre meilleure option. Le trafic aérien y est beaucoup moins dense qu'à celui du Kansaï, ce qui diminue le nombre possibles d'infectés sur place et augmente les probabilités qu'il y ait des survivants.
- A quelle distance se trouve-t-il de notre point d'arrivée initial ? L'interrogea Claire.
- Un peu moins d'une centaine de kilomètres. Nous aurons encore assez de carburant pour y aller, voire même pour en repartir si le besoin s'en fait sentir mais je recommande quand même d'en profiter pour faire le plein, et aussi pour augmenter nos stocks de vivres et autres produits de première nécessité. Répondit calmement Max.
Le silence s'installa pendant quelques instants avant que l'un des ingénieurs, du nom de François Renoir, ne prenne soudainement la parole.
- Comment pouvez-vous être sûr qu'il y a encore des survivants ? Vous vous êtes déjà trompés la première fois en choisissant de parcourir tout ce chemin vers un pays déjà infecté ! Eructa-t-il.
Loin de s'énerver, l'agent se contenta d'adresser un sourire condescendant à l'ingénieur avant de presser l'une des touches de l'ordinateur, affichant sur l'écran une vidéo en temps réel d'une des pistes d'atterrissage. On pouvait effectivement y voir déambuler un certain nombre d'entre « eux », au grand désespoir des personnes assises dans la salle de réunion.
- Vous voyez ! Ils sont tous déjà morts ! S'exclama Renoir avec dédain.
- Regardez plus attentivement avant de sortir des absurdités. Rétorqua Max en le fixant du regard, un sourire flottant toujours sur ses lèvres.
Ils focalisèrent tous leur attention sur l'écran mais ne virent rien dans un premier temps… et puis, ils le virent. L'un d'entre « eux » venait de s'effondrer sans raison apparente sur le sol et ne paraissait pas se relever. Puis, il y en eut un autre, et encore un autre…
… jusqu'à ce qu'ils finissent par comprendre que la seule raison pour laquelle « ils » s'effondraient comme des poupées désarticulées, c'était parce qu'ils ne faisaient tirer comme des lapins.
- Je n'ai peut-être pas un master en ingénierie mais je sais encore reconnaître le travail d'un tireur d'élite et celui qui fait ça est assurément un sacré sniper. Et il y en a sans doute plusieurs puisqu'ils ont l'air de repousser tout infecté cherchant à s'approcher du terminal.
L'espoir se ralluma dans les yeux des personnes présentes. S'il y avait des survivants là-bas, ils seraient sans doute en mesure d'y trouver des renforts militaires et surtout les denrées dont ils auraient besoin.
C'est ainsi qu'ils ne remarquèrent pas le départ du jeune homme de la pièce, qui s'en allait retourner dans la salle des communications pour suivre le parcours d'un car scolaire qui acheminait la véritable raison de sa venue au Japon, en direction du centre-ville de Tokonosu.
Il ne lui restait plus qu'à espérer que Kohta tiendrait bon jusqu'à son arrivée. Max ne doutait pas de ses talents dans le maniement des armes mais malgré son entraînement en Amérique, le lycéen n'était pas vraiment préparé à affronter un tel chaos…
… après tout, lui-même n'était même pas sûr de l'être.
