Chapitre 2
Hotch était inquiet, inquiet pour Reid qui n'avait jamais eu une vie facile que ce soit à cause des tourmentassions des autres envers lui ou que ce soit plus récemment son enlèvement ou même cette addiction à une certaine drogue, le Dilaudid. C'était dans son rôle de chef d'équipe de s'inquiéter pour ses agents, mais pour une raison qui lui était inconnue, il lui était beaucoup plus facile de s'inquiéter pour le plus jeune de l'équipe. Reid était comme le bébé de la famille et tout le monde ne pouvait que l'aimer.
Lorsqu' il avait parlé à Reid, plusieurs minutes plus tôt, ce dernier avait l'air nerveux et pressé, voir évasif. Il n'avait pas particulièrement aimé la réponse de Reid. Mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était la rapidité avec laquelle il lui avait raccroché au nez. Hotch savait que quelque chose clochait. Le ton de son agent n'avait rien de rassurant, tout le contraire. Il savait que Reid vivait des moments difficiles et il comprenait son désir de rester seul, mais quelque chose lui disait que c'était plus que cela. Pourtant, Reid savait que la meilleure façon de passer à travers ces moments était d'en discuter et non d'essayer de tout régler seul. Depuis qu'il allait aux réunions anonymes pour parler de sa dépense passée avec des personnes dont le problème était similaire, il était plus ouvert. Il acceptait plus l'aide offerte par les autres même s'il essayait de se convaincre qu'il n'avait besoin de personne. Il commençait à réaliser qu'il n'était pas seul et que d'autres personnes tenaient à lui. Reid, depuis le départ précipité de Gideon, parlait plus avec Hotch qui remplaça d'une certaine manière Gideon. Morgan était à l'écoute lui aussi mais jamais avec autant de sérieux que Hotch. Reid ne voulait pas vraiment parler de ses problèmes avec les femmes de l'équipe, il avait besoin d'une aide masculine, quelqu'un pour le comprendre. Et il ne se sentait pas très à l'aise avec Rossi, la nouvelle acquisition du Bureau, pour parler de problèmes personnels.
Il était tard et l'agent Hotchner était toujours éveillé, couché dans son lit les deux yeux grands ouverts. Il y avait quelque chose dans la voix de Reid qui le tenait éveillé, quelque chose qui le troublait et l'inquiétait. Soudainement, il se leva et s'habilla en toute vitesse. Il devait vérifier que tout allait bien. Il commença même à songer au pire. « Et s'il avait essayé de..., pensa Hotch sans poursuivre son idée.» Il l'a chassa rapidement ou du moins essaya de se convaincre que Reid ne serait pas capable de commettre un tel acte. Avant de quitter pour aller chez Reid, il essaya de lui téléphoner mais sans succès. Il était tard dans la soirée et il était probable qu'il soit endormi. Il allait tout de même y aller juste pour en avoir le cœur net. Il s'en faisait probablement pour rien et allait sûrement tirer Reid du lit en arrivant chez lui à l'improviste.
Hotch avait perdu suffisamment de personnes au sein de son équipe et il ne voulait pas en perdre une autre. D'abord, il y avait eu Elle puis Gideon. Tous deux avaient vécu un traumatisme qui leur empêchait de faire le travail comme il le devait. Ils avaient tous deux démissionnés. Hotch faisait de son mieux pour garder l'équipe unie.
Il arriva rapidement devant le bloc appartement de Reid et stationna la voiture devant l'entrée. Il vit de la lumière à la troisième fenêtre en partant de droite à gauche du deuxième étage; l'appartement que Reid louait. Hotch se décida à sortir de la voiture, encouragé par la lumière. Il marcha vers l'entrée du bloc appartements et sous le numéro 6, il appuya sur la petite sonnette. Il attendit quelques minutes avant de sonner à nouveau, mais toujours aucune réponse. «Il a dû oublier de fermer la lumière avant de s'endormir, songea Hotch».
Aaron Hotchner attendit encore quelques minutes avant de retourner à sa voiture pour retourner chez lui. Il conduisit jusqu'à chez lui et à son arrivée, il essaya une dernière fois de rejoindre Reid. Ce dernier ne répondait toujours pas au téléphone. Hotch se dit qu'il devait dormir ou voulait qu'on le laisse tranquille. «Leur discussion ne serait que partie remise, pensa-t-il.» Alors que Hotch entra dans sa chambre, il constata qu'il était vraiment tard et décida de se mettre au lit s'il voulait aller chercher son fils, Jack, de bonne heure pour passer la fin de semaine avec lui. Il ne profitait pas assez des moments qu'il avait avec son fils qu'il voyait de moins en moins à cause de son travail. Il s'endormit dans son lit en pensa à lui.
Pendant ce temps, un homme dans la trentaine conduisait dans les rues désertes près de Prince William Forest Park. L'homme était grand, il mesurait environ six pieds deux pouces. Sa stature était assez imposante. Il était fort malgré le manque de muscle lorsqu'on le regardait. Bien qu'il fût grand et large, il n'avait pas vraiment l'air menaçant. Ses yeux étaient d'un brun chocolat et doux. Il avait les cheveux coupés courts d'un blond blé. Ses traits n'étaient ni sévère ni fâché, ils étaient plutôt doux et angélique. L'homme ressemblait à un dieu grec habillé de vêtements sombre pour passer inaperçu. Le van qu'il conduisait était elle aussi de couleur foncée. Il voulait se fondre dans le décor.
L'homme était particulièrement de bonne humeur. Son plan avait fonctionné comme prévu. Il avait passé plusieurs mois à admirer et à suivre sa proie. Il avait noté ses moindres faits et gestes pour préparer son plan qui pris quelques jours à mettre en place et quelques heures à réaliser. Tout c'était passé sans inconvénient même si à un certain moment il avait cru que tout allait échouer. Il avait rapidement repris le contrôle de la situation.
Le conducteur du van se rappela la première fois qu'il avait vu sa proie. C'était dans un café non loin de sa résidence. Il l'avait vu assis à une table, seul, buvant un café tout en lisant ce qui semblait être un rapport quelconque. Il l'avait observé jusqu'à ce qu'il quitte le café. Le conducteur était retourné le jour d'après à ce même café et à cette même heure pour voir si la personne était là. Heureusement pour lui, elle y était toujours buvant un café. La personne y allait à chaque jour et à la même heure. L'homme avait su en la voyant qu'il la désirait plus que tout ce qu'il avait pu désirer dans sa vie. Il avait observé l'homme sans jamais l'aborder. Il l'avait presque fait, mais il préférait pour l'instant la relation à distance qu'il avait créée avec sa proie sans qu'elle ne le sache. Il avait appris un jour que sa proie s'appelait Spencer Reid. Il l'avait de nombreuses fois suivi jusqu'à son appartement discrètement sans jamais attirer l'attention sur lui. Vincent Garner était un homme discret et ce malgré sa forte taille. Personne ne se souciait de lui, il était invisible aux yeux de tous sauf aux yeux de Spencer. Il savait que Spencer allait le comprendre. Il était fait pour lui. Dans les premières semaines, Vincent suivait Spencer Reid toute la journée sans que personne ne s'en rende compte. Il avait rapidement appris que Spencer faisait parti du FBI ce qui l'attirait encore plus. Il apprit également qu'il était souvent à l'extérieur de la ville. Il avait donc adapté son horaire de travail en conséquence. Il savait tout de Reid ou presque. Il avait fait de son côté des recherches personnelles à son sujet.
Vincent Garner conduisait depuis quelques heures lorsqu'il s'arrêta dans l'entrée de garage d'une vieille et petite maison. Elle était identique à toutes les autres maisons qui se trouvaient sur la rue. Elle était faite en brique beige, les trois fenêtres qu'on pouvait voir de face étaient petites. Il y avait de longs rideaux sombres qui les couvraient à l'intérieur. On ne pouvait pas voir dans la maison. La porte d'entrée était brune et n'avait aucune fenêtre. La maison ne semblait pas avoir de sous sol et elle paraissait inhabitée car le terrain ainsi que la demeure n'était pas entretenue. Garner débarqua du véhicule et ouvrit la valise d'où il sortit un homme inconscient après avoir vérifier que personne n'était dehors. Il prit l'homme dans ses bras et le porta jusqu'à l'intérieur de la maison. Il le déposa sur un grand lit dans l'une des quelques pièces de la maison. Il lui attacha solidement les mains au dessus de sa tête après les barreaux du lit. Il regarda l'homme inconscient avant de déposer un baiser sur front. Il quitta par la suite la pièce et verrouilla la porte pour empêcher que sa proie ne s'échappe à son réveil.
Spencer Reid était étendu, attaché, sur le grand lit. Il était toujours inconscient à cause du coup reçu à la tête plus tôt dans la soirée. Il semblait paisible, dans un sommeil profond. Il ne se doutait nullement des projets de son agresseur. Il était pour le moment dans les bras de Morphée.
