Le lendemain matin, au petit déjeuner, alors que chacun prenait son petit déjeuner, le courrier arriva. Hermione, qui s'était abonnée à la gazette du sorcier, reçut son journal par l'intermédiaire de Wendy, la chouette que lui avait offert Dumbledore l'année précédente. Alors qu'elle lisait tranquillement le journal, des lettres en caractère gras attirèrent son attention. La jeune fille pâlit et lança un regard inquiet vers la table des Serpentards.

Voyant son amie changer de couleur, Ron la questionna :

-Qu'est-ce qui se passe?

Pour tout réponse, Hermione tendit le journal au rouquin. Celui-ci y lut :

« Une attaque d'une incroyable violence a frappé le monde des sorciers. Depuis quelques jours des moldus, accompagnés de plusieurs sorciers, tous fanatiques, traquent sans pitié les familles ayant eu un mangemort parmi eux. Preuve de ce mouvement, le manoir de la célèbre famille des Malfoy a été incendié cette nuit et un corps retrouvé à l'intérieur laisserait à penser que Narcissa Malfoy, la femme de l'ancien mangemort, a été prisonnière des flammes… »

Ron posa le journal, abasourdi. Lui aussi tourna les yeux vers le table des Serpentards et vit que Drago y riait :

-Visiblement il n'est pas encore au courant…

Puis, regardant autour de lui, en voyant que certains regardait le Serpentard d'un regard mi haineux, mi-dégoûtés :

-…mais d'autres le sont !

La matinée se passa dans un climat relativement tendu, les enfants de moldus ne ratant pas une occasion pour provoquer les Serpentards.

A l'heure du déjeuner, alors qu'Hermione montait les escaliers pour retourner chercher un livre d'histoire de la magie qu'elle avait oublié dans sa chambre, elle entendit une voix :

-Mais qu'est-ce que ces Sang de Bourbe ont mangé aujourd'hui ? On les accueille dans NOTRE école et voilà comment ils nous remercient !

La gryffondor finit de gravir les quelques marches qui la séparaient du palier. Elle croisa bien entendu Malfoy qui la regarda étrangement :

-Toi aussi tu vas me regarder bizarrement ?

-Tu es abonné à la Gazette du Sorcier ?

-Il n'y a que toi pour lire ces sornettes !

-Détrompes toi Malfoy, tu es l'un des rares à ne pas la lire, ce qui explique pourquoi tu n'es pas au courant.

La jeune fille se tâtait : « Je le mets au parfum ou pas ? Mais ce n'est pas à moi à lui apprendre la nouvelle ! D'un autre côté…». Puis, décidée :

-Je peux te parler 2 minutes ?

Le Serpentard la dévisagea : elle avait l'air sérieuse et, curieusement, aucune réplique mordante ne lui vint à l'esprit . Il réouvrit la porte de sa chambre et fit entrer la jeune fille. La pièce était en tous points identique à la chambre d'Hermione, seules les couleurs variaient. Et quelques posters de sorcières relativement découvertes étaient accrochées aux murs. La Gryffondor resta quelques instants silencieuse, plongée dans ses pensées :

« Y'a pas de doute, c'est exactement l'image que je m' attendais à avoir… pensa t-elle »

-Bon alors, ça vient ?

Visiblement, Malfoy s'impatientait. Hermione lâcha brusquement le morceau :

-Les Moldus et quelques sorciers ont attaqué le manoir de tes parents et le cadavre calciné de ta mère a été retrouvé, fit-elle d'une voix glaciale. Ils traquent toutes les familles ayant eu un mangemort parmi elles.

Ce fut comme si tout s'effondrait autour du Serpentard. Il pâlit brusquement, eut un vertige et se laissa tomber sur son lit. Il sentait le sang quitter son cerveau et entendait dans ses tempes les battements de son cœur.

Hermione resta silencieuse. Elle sentait une réelle compassion l'envahir vis à vis de son ennemi. Elle s'assit à côté du jeune homme, et tendit une main hésitante pour lui toucher l'épaule. Elle s'attendait à être brutalement rejetée, préparant un kilo d'insultes à lui balancer à la figure, mais Drago n'eut aucune réaction, comme si toute vie avait déserté son corps. Elle serra l'épaule du jeune homme de sa main : sa gorge était nouée . Elle ne pouvait pas dire pourquoi, mais en ce moment, elle avait l'impression que les barrières qui les avaient séparés s'affaissaient : elle voulait vraiment le réconforter.

Quand il revint à lui quelques minutes plus tard, il tourna la tête vers elle et regarda la main sur son épaule. Ses yeux se durcirent à nouveau et dès cet instant tout redevint comme avant. Hermione se leva et sortit, pour éviter un conflit qui serait inévitable et aussi peut-être pour éviter un certain embarras ou encore des remarques railleuses. On sait jamais avec Lui.

Quand elle descendit, Ron s'impatienta :

-T'en a mis du temps pour aller chercher un livre ! On va être en retard !

Les jours suivants, la tension était palpable. Les Moldus torturaient sans scrupules des familles entières n'ayant eu qu'un mangemort, ou ayant eu des relations quelles qu 'elles soient avec les serviteurs de l'ancien mage noir . Le ministère de la Magie restait muet sur le sujet et essayait tant bien que mal d'étouffer l'affaire.

Les mangemorts étaient la principale source de conversation à Poudlard, et des clans plus ou moins virulents se formaient. Un soir, Ron et Hermione étaient assis dans la salle commune des préfets en chef. La jeune fille était occupée à coudre, c'était de loin son passe temps favori :

-Et toi, t'en pense quoi, Mione ? interrogea Ron

Ne sachant que répondre, la Gryffondor lui retourna la question :

-Moi, fit le rouquin, je pense qu'après tout ce qu'ils ont fait aux sorciers et aux…aux Sang de Bourbe, comme y disent, on peut pas reprocher aux gens de les bousculer un peu…

Hermione ne put retenir un mouvement d'impatience :

-Mais enfin, Ron, est-ce que ça justifie que des Moldus qui n'ont absolument rien à voir avec les personnes torturées sous Voldemort, martyrisent les familles de mangemorts ? C'est complètement stupide ! D'abord, si c'étaient les victimes qui se retournaient contre leurs agresseurs, je comprendrai, mais là…en plus, ce n'est pas parce qu' un membre de ta famille est mangemort que tu es pourri : ça ne veut absolument rien dire ! Les mangemorts ont payé et c'est tant mieux, mais ça s'arrête là…on ne peut pas tenir leurs proches comme responsables…

Le rouquin fut impressionné par la véhémence des paroles de son amie. Néanmoins, comme il savait qu'elle avait raison et qu'il voulait l'agacer, il ajouta :

-Evidement, tu ne penses à personne en particulier en disant cela…

Le but fut atteint et Hermione le fusilla du regard :

-Non, Ron, je ne parle pour personne en particulier. Je parle en général !

Lorsqu'ils allèrent dîner dans la grande salle, tous les deux remarquèrent que les tables étaient quasiment vides. Seuls quelques élèves et les professeurs étaient présents :

-Mais qu'est-ce qui se passe ? murmura Hermione, inquiète

Ron haussa les épaules en signe d'ignorance. Soudain, des cris parvinrent du dehors. Dumbledore se leva de table, suivi des professeurs, tous autant inquiets les uns que les autres : ils sentaient bien que quelque chose couvait depuis quelques temps. Hermione et Ron les suivirent discrètement. Arrivés dehors, les deux adolescents furent frappés par le chaos sui avait investi les jardins du château : un immense cercle s'était formé et, au centre, plusieurs élèves de Serpentard et même d'autres maisons, sans doute opposants aux moldus. Ceux-ci composaient le cercle et jetaient à la figure des assiégés toute sorte de choses. Pierres, meubles, tout y passait.

Le spectacle offert aux arrivants était effrayant. Maîtriser un tel désordre et une telle violence demanderait beaucoup de puissance. Soudain, la mêlée fut générale, chacun se jetant sur un adversaire et l'empoignant violemment.

McGonagall, qui se tenait derrière Ron et Hermione, ne put s'empêcher de laisser échapper un exclamation d'horreur :

-Par Merlin ! Ces gamins sont complètement fous !

Puis, se tournant vers les deux Gryffondors :

-Dites à Mme Pomfresh de venir immédiatement et retournez dans votre salle commune.

-Mais…

-Mr Weasley, ce n'est vraiment mais alors vraiment pas le moment ! Nous avons une centaine de sorciers en furie dans ce par cet sûrement autant de blessés. Alors exécutez-vous !

Sans plus protester, Ron tira Hermione par le bras et une fois prévenu Mme Pomfresh, ils retournèrent à leur salle commune. La jeune fille ne desserra pas les dents de la soirée:

- Mione, t'es sûre que ça va ? fit Ron d'un ton caressant

Hermione voulut sa donner de la contenance en ne regardant pas son ami et lui répondit :

-Bien sûr que ça va !

Mais son stratagème ne leurra pas son ami et, même si Ron n'était pas très observateur, il n'eut aucun mal à deviner l'angoisse croissante qui montait chez elle.

Ils passèrent la nuit au coin du feu, sachant très bien ce qu'ils attendaient. Soudain, la porte d'ouvrit. Ron faillit faire un bond au plafond et Hermione, plus nerveuse que jamais, regarda vers le seuil de la porte :

-Ce n'est que moi, fit joyeusement Victor

Ron se ratatina dans son siège en fermant les yeux : s'il les ouvrait, il risquait de perdre son calme.

Krum les dévisagea tous les deux :

-Ben vous en faîtes une tête ! Quelqu'un est morrrrt ? plaisanta t-il (NA : faut voir l'humour ! lol)

Puis, voyant qu'il n'obtenait pas de réponse, même de la part d'Hermione :

-Bon, j'ai comprrris. Je vais me coucher.

La nuit fut encore longue pour les deux gryffondors :

-Tu veux du thé ? proposa Ron à Hermione pour tenter de la détendre un peu

Celle-ci, emmitouflée dans une couverture hocha négativement la tête. Puis, après quelques heures d'attente, alors que Ron se préparait à annoncer à son amie qu'il tombait de sommeil et qu'ils feraient bien d'aller se coucher tous les deux, la porte s'ouvrit à nouveau. Malfoy apparut sur le pas de la porte, le visage en sang, des larmes de rage sur le coin des yeux. Il passa devant la cheminée sans accorder un regard aux deux gryffondors et monta directement les escaliers. Ron regarda fixement son amie. La jeune fille, une lueur de peur dans les yeux, venait cependant de s'endormir, blottie contre le fauteuil. Ne la réveillant pas, le rouquin réajusta la couverture qu'elle avait sur elle et monta se coucher à son tour. La journée du lendemain promettait d'être longue.

Le lendemain, en effet, la haine était au rendez-vous. Visiblement, les professeurs avaient peiné à arrêter la bagarre malgré tous leurs efforts. Une fois que tout le monde fut arrivé pour déjeuner, chacun put remarquer qu'aucune nourriture n'était servie. Par conséquent, tous les regards convergèrent vers la table des professeurs et plus précisément vers Dumbledore. Celui-ci affichait une mine courroucée qui aurait fait trembler le Moldu le plus fanatique. Il prit la parole, tentant de calmer la colère de sa voix :

-Je suis le premier, croyez-moi, à être attristé par les évènements de la nuit dernière.

Sa main tremblait, mais il y avait fort à parier que ce n'étaient ni l'âge et encore moins la peur qui suscitaient cette réaction :

-Je dois avouer que j'ai été très déçu par le comportement de bon nombre d'entre vous.

Des murmures de mécontentement circulèrent. MacGonagall frissonna : aucun élève n'avait encore eut le culot de contredire le puits de sagesse qu'était Dumbledore. Ces enfants de Moldus allaient-ils oser ?

Stoïque, le directeur continua :

-A la demande des professeurs et pour le bien des élèves, qu'ils soient moldus ou non, tous les élèves moldus devront retourner chez eux cet après-midi. Les cours de la journée sont annulés : vous reprendrez le Poudlard Express.

Le vieillard se rassit, comme pris d'un instant de fatigue :

-Bon appétit.

Ron tourna son regard vers Hermione :

-Tu vas partir toi aussi ?

La gorge nouée, celle-ci répondit :

-Tu as entendu Dumbledore, c'est mieux comme ça…

Malgré la gravité de la situation, le rouquin rit nerveusement :

-Mais c'est ridicule, voyons, tu n'y était même pas hier soir !

-Nous le savons, Mr Weasley, intervint MacGonagall, qui s'était faufilée entre les tables pour voir les réactions. Cependant, Miss Granger devra partir comme tous les autres. Pas d'exceptions.

Puis, se tournant vers Hermione :

-J'ai été ravie, Mlle Granger, de vous enseigner une part de ce que vous savez dit-elle, un soupçon d'émotion dans la voix, j'espère que les circonstances feront que nous nous reverrons bientôt …en de meilleures conditions, cela va de soi