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Chapitre Deux

Je suis arrivé à Seattle au mois de septembre. J'avais été accueillie par mes amis et ma famille. Seulement Edward manquait. Il ne semblait pas au courant. Pendant le mois précédent mon arrivé, j'avais tenté à plusieurs reprise de le contacter mais sans résultat. Je tombais dans le vide. J'avais fini par abandonner mais j'étais déterminé à tout arranger et ce, dès que je serais de retour. J'avais trouvé un appartement en centre-ville. Non loin du studio d'enregistrement. Pour commencer, j'avais du réglé pas mal d'affaire avant de pouvoir m'occuper du cas « Edward Cullen ». J'avais essayé d'avoir son adresse par Alice parce que les garçons n'étaient jamais d'humeur pour parler de lui. Pire que des filles. Un vendredi soir, seul jour cette semaine-là qui était libre dans mon emploi du temps, j'avais débarqué devant son taudis. Appelons-le directement comme ça. Ce bâtiment était sérieusement délabré et moche en plus de se trouver dans un coin de Seattle hyper sordide. Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre ici bordel ? J'avouais ne pas être très à mon aise dans ce coin. C'était bien le genre d'endroit où une femme était susceptible de se faire violer à tout moment. J'ai appuyé sur la sonnette en priant pour avoir une réponse. Décidément, je n'avais pas de chance ! Je n'ai pas reçu la moindre réponse. J'ai alors tambouriné sur sa porte jusqu'à une porte voisine s'ouvre.

« Il est pas là, dit une voie féminine.

-Ah, fis-je un peu gêné en voyant le parfait exemple d'une prostitué. He bien, merci…

-Mais si vous le cherchez, il est probablement au « Seven Gin » sur la cinquième avenue.

Je la remerciais et partis rapidement. Mais quel con m'avait collé une andouille pareille ! Celui-là il allait m'entendre. J'en avais déjà mare de courir après se crétin nymphomane. J'attrapais un taxi en bas de la rue et une fois arrivé devant le bar, je soufflais pour me donner du courage. Je ne l'avais plus vu depuis au moins cinq ans. Je poussais la porte du bar bourré à bloque. De la musique commerciale peuplait les lieux comme tous les bars et boîtes de nuit branchés. J'en étais malade. Je trouvais une place au contoir et m'installais sur un tabouret ne sachant pas le moins du monde comment j'étais supposée le retrouver avec tout ce monde…

-Salut, jolie brune…

Je tournais la tête pour rester figé devant l'apparition. Edward ! J'ouvris de grands yeux.

-Merde Bella ?

-Ed… Mais… Oh Ed ! Soufflais-je avant de l'étreindre un moment. Il me serra autant. J'avouais que là, je savourais.

-Mais Bella, que fais-tu ici ? Tu n'es pas censé être à L.A. ? Je… si j'avais su…

-Fais pas l'innocent Cullen, j'ai essayé de te joindre je ne sais combien de fois et à chaque fois je tombais sur ta messagerie. Dois-je te rappeler l'utilité qu'à un téléphone ?

Au lieu de me répondre, il me serra de nouveau dans ses bras comme pour s'assurer que je n'étais pas un fantôme. Edward m'offrit un verre et me posa des tas de question sur mon boulot comme si il savait que j'étais au courant de tout et qu'il faisait tout pour éviter qu'on aborde ce sujet plus que sensible. Je décidais de jouer à ce jeu, juste parce que ce bar n'était certainement pas le lieu pour parler de ça.

-Tu sais qu'on finira par parler de ça un jour, Edward.

Il se ferma l'espace d'un instant. Puis plongea dans son verre. C'était tellement plus passionnant que la réalité.

-Ce n'est que des conneries, Bella. Tu ne vas pas jouer au psy avec moi, quand même ? Ça fonctionne avec Alice mais pas avec moi.-Arrête un peu, Edward. Tu n'en as pas marre de jouer au connard ? Je ne suis pas là pour jouer au psy mais je suis là pour jouer mon rôle d'amie. Je te dois des excuses Edward.

Il releva les yeux à une vitesse fulgurante. Il ne comprenait pas visiblement pourquoi c'était moi qui m'excusais.

-J'aurais dû être là pour toi. Je n'ai pas été une amie correcte.

-Je me demande qui de nous deux est le roi des cons ? Moi ou toi qui t'excuse pour un truc qui n'est pas… Tu as été là pour moi. Plus que tu ne le crois. Il suffit que je pense à toi pour que ma journée soit plus jolie. Tu sais, je suis un grand garçon. Je peux résoudre mes problèmes tout seul. Je ne dois pas compter sur toi à chaque fois que je fais une connerie. Tu as une vie aussi, Bella.

-Sans doute, Edward mais tu fais partie de ma vie. Que tu ne le veuille ou non, je serais là. Toujours.

Après ça, on quitta le bar pour aller dans un petit restaurant de la huitième avenue. Je commandais deux cafés et deux glaces.

-Du chaud et du froid, sourit Edward pour la première fois depuis que je l'avais retrouvé. Comme au conservatoire. Tu m'as manqué.

-A moi aussi, Cullen.

-Dis-moi, qu'est-ce que tu fabrique dans ce taudis où tu vis ? Tu gagnes si mal ta vie au conservatoire ?

Il rigola tout seul.

-Je me suis enterré là pour avoir la paix. Je savais que personne ne viendrait là pour me harceler. Enfin, je n'avais pas pensé à toi.

-T'es con, tu sais. Tu es ridicule.

Je me tu quand la serveuse déposa les tasses et les deux assiettes de glaces. Nous commençâmes à manger en silence. L'histoire des glaces et du café bien chaud remontait à deux mois après notre première rencontre. Je m'en souvenais comme si c'était hier. Edward et moi étions inscrits au conservatoire de musique qui se trouvait sur le campus de Seattle. J'y apprenais le piano, la guitare et un peu le chant. J'avais bien sur pas mal d'autre cours que je partageais avec Edward. Une après-midi, nous avions notre dernier cours en commun. Deux heures sur l'histoire de la musique. Je marchais dans le couloir quand Edward apparue et me prit le bras en me tirant à l'opposé de l'auditoire.

-Mais Edward ! Qu'est-ce que tu fous ? On a encore un cours je te ferais dire…

-Merci, j'étais déjà au courant, répondit-il en continuant à marcher.

- Edward, je ne peux pas rater ce cours…

-Oh par pitié Bella, on ne fait que sécher un cours, on ne va pas commanditer un meurtre.

-Tu veux qu'on sèche ? Demandais-je naïvement.

-Ben oui, C'est un cours en auditoire. On doit être une cinquantaine à le suivre. Personne ne le remarquera. Et puis, je connais des gens qui nous donneront leur note.

Je me détendis un peu mais je n'étais pas forcément rassuré. Eh bien oui, j'étais une élève sérieuse à l'époque. Je refusais de brosser ne serait-ce qu'une minute de cours.

-Et je peux au moins savoir où tu m'emmène comme ça ?

-Boire un café…

-Je ne sais pas, Ed…

Edward s'arrêta de marcher et m'observa avec des yeux brillants.

-Ne me dit pas que tu n'as jamais fait l'école buissonnière ? S'exclama-t-il choqué.

-Non, soupirais-je agacée de me rendre compte que j'étais une chochotte.

-Ah j'y crois pas, dit-il, t'a même jamais fais croire à tes parents que t'étais malade, juste pour ne pas aller à l'école ?

Je secouais la tête. Il soupira et je soupirais. A ce moment, je fus pris d'un élan de fierté. J'attrapais alors la main d'Edward et je couru avec lui vers la sortis. Nous sommes allé dans un petit restau' près du conservatoire et nous avons pris un café. Edward pour me récompenser, m'offrit une glace. Depuis, chaque semaine nous prenions un café et une glace. En y repensant, ce fut un jour très amusant que je n'avais jamais pu oublier. J'observais Edward mangé sa glace. Il n'était clairement plus le gars le plus charmant et pétillant qui soit. Maintenant, il était plus sombre que jamais.

-Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? Soupirais-je à un moment où j'en eus assez de réfléchir. Tanya Delany, sérieux ? Pourquoi t'es sorti avec cette écervelée ? A l'université déjà, on disait que c'était une psychopathe.

-Je ne sais pas, répondit-il.

Je savais qu'il y avait une autre vrai raison. Mais j'étais sur qu'il ne me dirait rien de plus à ce sujet. Il n'en restait pas moins que je voulais savoir.

-Ecoute, Edward, je veux vraiment t'aider mais j'ai l'impression que là, tu ne veux pas de cet aide. Je te passe mon adresse et mon numéro de téléphone, au cas où tu l'aurais perdu…

Je griffonnais le tout sur une serviette et me levais.

-Je suis vraiment désoler pour tout ce que tu as vécu. Mais il va arriver un jour où tu voudras tourner la page et te remettre à vivre. Quand ce sera le cas, fais-le-moi savoir. En attendant, je t'attendrais.

Je déposais un baiser sur sa joue et sortais. Dehors, l'air était frais. On sentait que l'été touchais à sa fin. Je ne me sentais pas forcement bien. Mais pour le moment, je ne pouvais rien faire sans lui. Sinon, il agira comme avec Emmet ou Jasper ou encore comme avec ses parents. Carlisle et Esmée Cullen. Les gens les plus adorables que j'ai rencontrés. Comment avait-il réagis en apprenant le tournant catastrophique que prenait la vie de leur fils. Je l'ignorais. Sans plus, je décidais de rentré. Le lendemain, j'avais des réunions plutôt importantes et puis, je ne me sentais pas apte à rejoindre Alice dans une boîte de nuit. Dans le taxi qui me ramenait chez moi, je repensais à Edward. Comment ne pas penser à lui après tout. Désormais, je n'avais plus qu'à attendre.

A suivre…