Bonsoir à tous, nouveau chapitre pour vous, bande de chanceux, sur les aventures de notre Chibi-Ace. J'espère que vous avez appréciez l'intro, parce qu'on enchaîne !
Vu qu'Ace traîne avec Haibara, on le verra donc souvent en présence des enfants. Mais bien entendu, on aura des aventures où il sera avec les adultes et Conan. Voir même en train de mettre en spectacle ses talents de voleur.
Bref, première enquête à laquelle Ace assiste.
Passez une bonne lecture et à bientôt !
Conan restait immobile, ses lunettes radar en main, laissant Red explorer son visage de ses mains afin de se faire une idée de son apparence.
- Une possibilité que tu puisses retrouver la vue ? demanda Haibara assise un peu plus loin sur le canapé.
- Tu fais des miracles, Haibara ? Vu la cicatrice, c'est pas faisable, commenta narquoisement Conan.
- Dans d'autres circonstances je t'aurais dit aucun problème, mais de ce que j'ai cru comprendre, ça fait environ six mois que Vermouth m'a pris mes yeux, répondit Red. La cicatrisation est faîte, c'est trop tard. Trop vieux.
Une autre pièce, pour Conan, à rajouter dans le puzzle qu'était Red.
La sonnette de la maison d'Agasa sonna et le professeur alla ouvrir.
- Prêt pour ta première sortie cinéma ? demanda narquoisement Haibara à Red alors que le reste de la bande des Détectives Boys débarquait joyeusement dans le salon.
Pour toute réponse, Red chercha à tâtons sa canne d'aveugle made by Agasa et se leva. Il sortit ses lunettes noires de sa poche et les mit sur ses yeux. Inutile de choquer les enfants avec sa cicatrice.
- Dawn ! Tu viens avec nous ?! s'étonna Genta.
- Pourquoi, ça te pose un problème, Kojima ? rétorqua Red avec un sourire de coin.
- C'est que… on va au cinéma… tu vas pas pouvoir suivre…
- T'es méchant Genta ! Red-kun a le droit de venir s'il en a envie ! défendit Ayumi. Ayumi te décrira les images et les actions, d'accord, Red-kun ?!
- Merci, Ayumi-chan ! remercia Red avec un sourire à peine plus grand.
- Conan, tu fais quoi sans tes lunettes ? demanda Mitsuhiko avec perplexité.
- Dawn voulait se faire une image mentale de moi, c'est tout. Agasa et Haibara y sont passés, explicita Conan en se remettant ses lunettes.
Ayumi prit les devant et retira des mains de Red sa canne, avant de lui prendre chacune de ses mains, pour les porter à ses joues, pour qu'il puisse avoir une idée de son visage, toujours en restant souriante.
- Comme ça, tu sauras à quoi Ayumi ressemble !
Red se demanda pendant un instant pourquoi il avait l'impression qu'on lui en voulait, parce qu'il sentait des regards noirs peser sur lui venant de Mitsuhiko et Genta.
Agasa regarda ça et eut un sourire.
Quand il voyait ça, on avait dû mal à se dire que trois des enfants étaient en réalité des adultes.
Enfin, ils décolleraient juste un peu plus tard pour aller au cinéma.
- GOMERA ! GOMERA !
Le triple cri fit regretter pendant un instant le bruit des canons à Red.
- CE SERA GOMERA ! insistaient Genta, Mitsuhiko et Ayumi.
Conan essayait d'être logique et de leur faire valoir son choix sans hurler et surtout… en essayant de les calmer.
- Eh oh ! On est des détectives oui ou non ? Dans ce cas, allons voir « Le meurtre de la Légende d'Onimaru » qui se joue au cinéma Kaminari !
Mais les gosses ne voulaient pas bouger et ils commençaient à attirer l'attention des passants. Le choix de Conan ne convenait pas à tout le monde.
- C'est un film où il faut beaucoup réfléchir non ? demanda Genta sans entrain.
- Aujourd'hui, moi je préfère voir un film plus amusant, plus « Grand Spectacle » ! pointa Mitsuhiko.
- Haibara, qu'est-ce que tu en dis ? demanda joyeusement Ayumi à l'autre fille qui avait en main le programme du cinéma.
Haibara leva le nez de la revue et donna son opinion :
- Pourquoi pas Einstein : jours de Doute et de Gloire ?
- C'est quoi ça ? marmonna Genta.
Conan essaya de ne pas avoir un rire narquois. Question prise de tête, il n'y avait pas mieux.
- Et toi Dawn ? demanda Mitsuhiko.
Red attendait avec patience que le choix soit fait, le menton appuyé sur ses mains et le sommet de sa canne d'aveugle.
- Haibara, tu peux me faire une traduction des choix ? Outre celui d'Edogawa, puisque je sens venir à plein nez le policier, demanda calmement et sereinement Red.
- T'as le choix entre un film pour un jeune public sur des monstres ou un documentaire sur notre équivalent de… Vegapunk, je ne me trompe pas ? traduisit Haibara.
- Haaan…
Conan n'avait strictement aucune idée de qui était Vegapunk, à part que ce devait être un scientifique de génie pour être comparé à Einstein… Mais d'où sortez donc Red ? Que les enfants ne connaissent pas Einstein, c'était plus compréhensible, et encore, mais un adulte, beaucoup moins.
- Sans vouloir être offensant, je me porte sur les deux autres choix, finit par dire Red en haussant les épaules. Policier ou film de monstre. Je te laisse la science.
- Pourquoi n'irions-nous pas chacun de notre côté ? Je pense que ça résoudrait le problème, non ? proposa Conan.
- Ah non ! refusa Ayumi. Si le professeur Agasa nous a donné des bons de réduction, c'est pour qu'on y aille tous ensemble…
- Alors qu'est-ce qu'on fait ? demanda Genta.
- Il ne reste qu'une seule solution, annonça sérieusement Mitsuhiko.
- Oui ! Ayumi ne voit que ça… approuva Ayumi.
Et le film se joua donc au Janken.
C'est pourquoi les six enfants finirent dans une salle de cinéma presque déserte. Haibara était entre Conan et Red, pour faire l'audio-description à l'aveugle. On avait les vrais enfants qui regardaient avec de grands yeux l'écran, la passion plus qu'évidente dans leur regard. Venait ensuite un Conan qui avait l'air de s'ennuyer comme un rat mort, une Haibara qui avait croisé les jambes comme une femme et avait posé ses mains sur ses genoux, et enfin Red, appuyé sur son accoudoir de gauche pour soutenir sa tête, ses lunettes empêchant de dire s'il suivait ou non le film.
En attendant, le groupe écoutait les lamentations d'un scientifique sur le grand écran :
« En publiant le résultat de mes recherches, beaucoup d'innocents vont encore périr… Il ne reste qu'un seul espoir à l'humanité… cette légende… La force du géant Gomera…»
Et le monstre à l'allure de dinosaure apparut à l'écran dans un rugissement assourdissant dans un décor d'apocalypse.
Les trois gosses étaient plus qu'heureux, suivant avec passion le film et criant des encouragements au monstre.
Conan les regarda en soupirant.
- Décider au Janken… on avait cinquante pour cent de chance que ce soit Gomera… marmonna Conan.
- Moi, je trouve que ce film est assez bien fait, nota Haibara avec une certaine joie. Notre naïve humanité anéantie par son admiration pour la science… tu ne trouves pas que c'est excitant ?
- Ha, ha, ha…
Red soupira et se redressa en se bouchant les oreilles.
- La prochaine fois que je mets les pieds dans un endroit pareil, je prends des boules Quiès. Même si l'histoire est originale, le volume est très fort, grommela Red. Pourtant, j'ai grandi avec un vieux qui avait la capacité sonore d'une corne de brume.
Il n'était pas le seul à avoir un problème de bruit dans cette salle noire.
- Vous en faîtes du bruit !
Le groupe se retourna pour voir un jeune homme à lunettes, d'une vingtaine d'année visiblement, parlant le plus fort possible sans pour autant aller au point de couvrir le film.
- Pensez un peu aux autres spectateurs ! leur dit l'étudiant.
- Nous sommes désolés… s'excusa Mitsuhiko.
- Et si vous pouviez rester assis et arrêter de lever les bras pendant la projection… je n'arrive pas à suivre le film…
Et sur ce message, le jeune homme retourna à sa place un peu plus haut.
- Pour qui il se prend celui-là ? grommela Genta en regardant d'un air boudeur l'homme qui les avait grondés.
- C'est de votre faute aussi ! Si vous regardiez le film plus calmement ! Pensez à Dawn qui doit suivre sans les images et baissez d'un ton ! rouspéta tout bas Conan.
- Merci de ta sollicitude, Edogawa, remercia Red en se débouchant les oreilles.
Mais maintenant qu'ils étaient déconcentrés du film, les curieux se manifestaient.
- Mais il n'y a vraiment pas beaucoup de spectateurs… nota Haibara.
- Nous sommes dix en tout, pointa Red sans même se retourner. Nous et quatre adultes je pense.
- T'es trop fort, comment t'as réussi à savoir ça sans regarder ? souffla Ayumi.
- Magie, sourit Red d'un air espiègle.
Conan aussi en était estomaqué. Les autres spectateurs étaient pourtant assez loin, même en ayant l'oreille fine, il n'aurait pas pu les entendre, surtout avec le bruit des gosses et le volume du film. Pourtant, Haibara ne semblait pas surprise, simplement amusée devant l'étrange capacité.
- C'est normal qu'il y ait aussi peu de monde ? demanda Red. La salle a l'air grande pourtant.
- Aujourd'hui, c'est le jour de commémoration de l'édification de l'école de Teitan ! Donc, pour nous, c'est férié, expliqua Mitsuhiko. Mais il n'empêche qu'on est en semaine. Qui plus est, ce film est très vieux.
Genta et Ayumi avaient une autre version des faits sur l'absence de spectateur. Apparemment, ce cinéma avait une mauvaise réputation. On avait souvent des disputes dans les salles.
Conan fit courir son regard sur la salle presque obscure.
L'endroit n'était pas un modèle de propreté, vu qu'il y avait des cordes et des câbles sur le sol, en plus des escabeaux qui traînaient au petit bonheur la chance. Ils étaient peut-être en rénovation…
Le premier film était fini.
Genta, Mitsuhiko et Ayumi l'avaient beaucoup aimé.
- Ce Gomera était trop chouette !
- Oui ! Sa tête faisait peur et son corps était un peu trop petit mais c'était super !
- C'est le premier de la série des Gomera ! apprit doctement Mitsuhiko. Il a été fait bien avec notre naissance. Petit à petit, il évolue !
- Et toi Conan ? Comment tu as trouvé ça ? demanda Ayumi au détective.
- Euuuh… pas mal… répondit faiblement Conan avec un sourire forcé.
Surtout qu'il l'avait vu plein de fois quand il était môme…
- Et toi, Dawn ? demanda Mitsuhiko à Red qui s'était assis sur une banquette contre le mur du couloir.
Le silence lui répondit
- Dawn ?
Red avait la tête penchée vers l'avant, sa canne contre l'épaule, son visage obscurci par ses cheveux.
Conan s'approcha et prit son pouls, avant de soupirer en le sentant fort et régulier. A force de voir des scènes de crimes depuis tellement longtemps, il en devenait paranoïaque.
- Dawn ?
Il le secoua et Red sursauta.
- Hein ? Quoi ? marmonna le garçon en tournant la tête à gauche et à droite.
- Ici, fit Conan.
Red tourna la tête vers Conan.
- Tout va bien, Dawn ? T'as pas répondu à ma question, s'inquiéta Mitsuhiko.
- Je l'ai pas entendue, j'ai eu une crise de narcolepsie, répondit Red en se massant les paupières sous ses lunettes. Tu peux la répéter ?
- Narcquoi ? grommela Genta.
- C'est une maladie qui fait qu'on peut s'endormir à n'importe quel moment, résuma Haibara avec un sourire moqueur.
Conan ne pouvait s'empêcher de se demander comment avec une chance aussi pourrie que la sienne, ce gars avait réussi à s'échapper de l'Organisation et survivre à plusieurs mois de cavale en dépit de ses deux handicaps.
Mitsuhiko reposa sa question à Red qui se contenta de hausser des épaules, en disant que c'était intéressant.
- Allez ! On rentre et on se fait un match de foot ! Qu'est-ce que vous en dîtes ? proposa Conan avec espoir.
- Eh attend, il en reste encore deux, non ? pointa Genta.
- He ?
Conan se tourna et ouvrit des yeux ronds de désespoir en voyant le panneau d'affichage derrière lui.
Une trilogie.
Et lui qui les avait déjà tous vus et revus…
- Trois films, nota machiavéliquement Haibara. Ça fait six heures de Chef d'Œuvre du septième art… ça fait pas un peu trop, non ?
Conan était au bord du désespoir en fixant le panneau comme s'il espérait que les noms changeraient sous ses yeux. Tout mais pas Gomera…
De leur côté, les vrais enfants avaient l'intention d'aller s'acheter de quoi grignoter.
- J'avais oublié ce que c'étaient de vrais gosses et pourquoi je les adore… soupira Red avec un sourire en se levant de son siège alors que les gnomes s'éloignaient déjà.
- Ça fait du bien, non ? souffla doucement Haibara. Faire reposer la matière grise de temps en temps… profiter d'un peu de répit… Moi aussi, je m'y suis résignée…
- Tu parles d'un répit, grommela Conan.
- Si tu utilises trop ta tête, tu vas devenir chauve comme mon insomniaque de sup' ! Autrement dit, avec une tête d'ananas ! avertit Red avec un sourire moqueur.
- J'aurai plutôt dit comme le professeur, puisqu'Agasa-akase a la calvitie, mais ta description marche aussi, Dawn, approuva Haibara.
Elle le prit par le coude et le guida jusqu'au stand de pop-corn, laissant Conan tâter son crâne avec inquiétude pour s'assurer que ses cheveux étaient toujours là.
Au stand, ils passèrent donc commande et la jeune vendeuse leur donna le tout.
- Voilà ! Trois colas, trois cafés glacés ! Et six pop-corn ! leur dit la femme en tendant le ravitaillement aux enfants.
- Trois pop-corn suffisaient, pointa Mitsuhiko.
La vendeuse se contenta de leur sourire :
- Ne vous en faîtes pas, c'est moi qui régale ! D'une, vous venez souvent ici… et de deux, vous êtes mes derniers clients.
- Les derniers ? interrogea Red avec curiosité.
- Oui, nous fermons aujourd'hui… annonça un vieil homme en arrivant.
Les enfants se tournèrent vers le vieillard à la canne.
- Ce cinéma qui aura existé pendant plus de trente ans et dont je suis le directeur, ferme ses portes, expliqua l'ancien.
- Je vois ! C'est pour ça qu'il y avait tout ce matériel dans la salle, comprit Conan.
- J'avais senti beaucoup de poussière, aussi, souffla Red.
- Je suis désolé, s'excusa le directeur. Ils faisaient des travaux même avant la séance…
- Oui, ils pourraient quand même attendre jusqu'à demain, grommela la vendeuse avec mécontentement.
Un autre homme arriva. Le genre d'homme à se faire des ennemis facilement.
- Allons, ne dîtes pas ça… ricana l'homme avec sa cigarette au bec. Nous, on était même prêt à le détruire sur le champ… on a été bien gentil d'attendre jusqu'à aujourd'hui… Tout ça parce que le directeur de l'établissement souhaitait attendre la date d'anniversaire de l'ouverture de ce cinéma…
- Haruta-san, salua de mauvaise grâce ce dernier.
Red manqua de s'étrangler de surprise sous le nom.
- Dire que je suis venu voir la dernière séance de ce cinéma pourri… on ne peut pas dire qu'il y avait foule. J'aurais préféré payer moins cher… cette démolition n'est pas donnée… qu'est-ce que ça nous arrangeait que Gomera écrase ce cinéma.
Et l'homme ouvrit la porte de la salle de cinéma, sa cigarette au bec.
Un homme arriva à cet instant pour rappeler qu'il était interdit de fumer dans la salle.
- Ne m'obligez pas à le répéter à chaque fois ! rouspéta le nouveau venu.
- Ah, désolé, s'excusa moqueusement le fumeur.
Avant même d'avoir pu se débarrasser de sa cigarette, celle-ci entra en combustion, lui faisant cracher le mégot de surprise. A terre, la cigarette cessa de se consumer aussi mystérieusement que son début de combustion.
Conan se détourna du mystère en entendant le claquement de langue agacé de Haibara.
- Continuez comme ça, ossan, et vous finirez entre quatre planches ! pointa un peu trop joyeusement Red.
Son sourire un peu trop grand était digne d'un psychopathe.
- C'est quoi ce gosse… tch !
Et l'homme entra dans la salle en claquant la porte sur lui.
- Vraiment… grommela l'homme qui l'avait grondé sur la cigarette.
- Tu devrais pas parler comme ça, mon garçon, gronda gentiment le directeur à l'adresse de Red qui lui assura avec une innocence suspecte qu'il ne le referait plus.
Ce gars était un démon.
Mais Conan avait d'autres questions pour l'employer (qui semblait être le projectionniste, d'ailleurs).
- Cet homme vient souvent ici ? demanda Conan.
- Oui, ces derniers temps, il est là tous les jours. En plus, juste avant qu'il n'arrive, vous pouvez être sûrs qu'il y aura une dispute entre voyous. C'est une des raisons pour lesquelles on a perdu beaucoup de clients, expliqua le projectionniste.
- Je suis sûre que c'est lui qui payait ces voyous ! accusa avec colère la vendeuse. Il a fait tout ça pour saper la réputation de ce cinéma et nous obliger à fermer !
Pendant que le directeur essayait de l'apaiser, Conan et Haibara remarquèrent l'étudiant de tout à l'heure prendre des photos de l'endroit. Apparemment, l'étudiant, répondant au nom de Ide, était un visiteur très régulier du cinéma, et ce, depuis longtemps, bien assez longtemps pour que le directeur le voit presque comme un fils et le laisse prendre tranquillement des photos de l'établissement en souvenir.
- Et si nous allions déjeuner ? proposa le directeur à la vendeuse.
- Zut ! J'ai oublié d'aller acheter les déjeuners ! Et l'épicerie qui est toujours bondée à midi… se rappela la vendeuse.
- Dans ce cas je vais y aller.
- Non ! M. Le directeur ! Aujourd'hui, vous devez profiter des films !
- C'est vrai, j'oubliais…
- Tu n'auras qu'à y aller quand la projection du prochain film aura commencé ! proposa le projectionniste. Aujourd'hui, non plus, il ne devrait pas y avoir beaucoup de clients. Et si jamais y'a du monde, la guichetière viendra nous donner un coup de main !
L'homme regarda sa montre, notant que c'était bientôt l'heure de la prochaine séance. Après avoir demandé à la vendeuse de racheter du thé, il fila à son poste.
La conversation finie, les enfants étaient tristes.
Après tout, le cinéma avec ses films intéressants était sur le point de disparaître.
- C'est malheureusement ainsi que va le monde, soupira Red. Quelqu'un pour m'aider avec ma boisson ou mon pop-corn ?
- Je vais les porter pour toi, se proposa le directeur avec un sourire.
Red lui offrit un sourire resplendissant.
Ainsi commença La Revanche de Gomera.
Avec son suspens, sa musique et son scénario.
Pour un couple qui appréciait le film à l'avant-dernier rang, la séance de cinéma fut gâchée par ce cher promoteur immobilier qui mit ses pieds sur le siège de la femme, avant de leur souffler sa fumée à la figure. Pour le coup, le couple ne resta pas plus longtemps.
Conan le regarda faire d'un mauvais œil.
Apparemment, il était très probable que les voyous aient bien été engagés par cet homme.
Conan regarda dans l'autre allée le directeur. Pauvre homme.
- Atch !
Toute la salle se retourna de nouveau vers le promoteur qui venait de se brûler les lèvres avec une nouvelle combustion de cigarette.
- Il apprendra peut-être comme ça, marmonna Red.
Conan le regarda alors qu'Haibara lui donnait un coup de coude.
- Arrête tes bêtises, tu vas finir par sérieusement le blesser, gronda la scientifique.
- Il nous foutra la paix.
Conan le regarda un instant avec perplexité.
Comment diable ce gars pouvait être responsable de la combustion de cette nouvelle cigarette, comme le pointait le commentaire de Haibara ?
Il secoua la tête et se remit droit dans son siège. Il y songerait plus tard, quand il aurait un peu plus d'éléments. Il n'avait pas envie de se prendre la tête pour l'instant.
Red dormait à moitié dans son siège quand son Haki l'alerta que quelque chose n'allait pas.
Une voix venait de s'étouffer.
Sans écouter les murmures de Mitsuhiko qui se plaignait du froid dû à la climatisation (qu'est-ce que ça pouvait être ce truc ?), ni l'appel au secoure de Conan qui avait envie d'aller aux toilettes mais qui avaient malheureusement Haibara et Ayumi d'endormies contre lui, Red descendit de son siège, marchand courbé dans le noir, quasiment accroupi.
S'aidant de ses mains, il se glissa le plus discrètement possible hors de la rangée et remonta l'escalier vers le sommet de la salle, sans s'occuper plus du reste.
Il devait voir ce qu'il se passait. Enfin, façon de parler.
Il savait pertinemment qu'une voix qui s'éteint, ça voulait dire un mort.
Il était presque arrivé au dernier rang quand des plaintes raisonnèrent dans la salle de projection.
En ayant vu l'ombre sur l'écran, Conan s'était levé sur son siège pour regarder vers la salle de projection et voir une silhouette pendue devant la fenêtre. Son mouvement réveilla Ayumi et Haibara.
On ralluma la lumière et ce fut l'horreur pour tous.
- Je crois que pour toi, les moments de répit ça n'existent pas, pointa calmement Haibara à Conan.
Se guidant aux fauteuils, Red alla jusqu'à la vendeuse qui se tenait à quelques pas de la fenêtre de projection et lui tira un bout de son vêtement.
- Nee-san… qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tout le monde hurle ? demanda Red.
La femme ne lui répondit pas.
Ayumi criait d'horreur en voyant le corps pendu de l'entrepreneur juste devant la cabine de projection, sa dépouille se balançant légèrement.
Haibara regarda de son autre côté et nota l'absence de Red.
- Si toi, tu n'as pas de repos, il y en a un autre qui est toujours aux aguets. Aide-moi à retrouver Dawn, grommela Haibara.
- Seiji Haruta, quarante-trois ans. C'était le patron d'une agence immobilière près d'ici, il avait semble-t-il racheté ce cinéma qui ferme aujourd'hui, présenta l'agent de police Takagi à son supérieur l'inspecteur Megure.
Comme toujours, suite à un mort, la première division de la police était appelée sur les lieux du crime, voilà pourquoi la salle de cinéma grouillait d'agents de polices et du personnel scientifique de celle-ci qui cherchait à comprendre l'affaire en apparence simple, pourtant.
Megure se tourna vers le directeur du cinéma qui se tenait à quelque pas de là.
- Haruta-san venait souvent ici ? demanda l'inspecteur bien en chair avec son chapeau bien enfoncé sur le crâne.
- Oui, ces derniers temps, tous les jours. Il ne venait pas pour voir des films, mais pour surveiller l'avancée de la démolition du cinéma. Je crois qu'il avait trouvé un acheteur, un gérant de de supermarché qui le pressait, répondit le directeur.
- Il n'a jamais cherché qu'à nous embêter ! Il s'ennuyait certainement dans sa vie ! grommela la vendeuse de l'autre côté des inspecteurs, avec le projectionniste.
- C'était une atteinte permanente à notre activité commerciale ! renchérit ce dernier.
- Bien que nous lui ayons fait des remarques plusieurs fois, il continuait de fumer dans la salle et à se moquer des spectateurs ! Il s'asseyait toujours à la même place au fond, juste sous la petite fenêtre par laquelle on projette les films.
- Ce qui me gênait parce que sa fumée faisait de l'ombre sur la projection !
- Aujourd'hui aussi il fumait, jusqu'à ce qu'il ait un problème avec une de ses cigarettes. On l'a tous entendu se plaindre et l'écraser du pied, confirma le directeur.
- Mais est-ce vrai qu'il s'est pendu pendant la projection ? demanda Megure.
- Oui, pas de doute ! assura le projectionniste. Il s'est pendu devant la lucarne par laquelle je projette mes films… c'est pour ça que sur l'écran est apparue l'ombre de la corde et de sa tête.
- Vous savez à quelle heure c'est arrivé ?
- Euh oui… c'était à…
La réponse vint d'en bas.
- C'était au moment de la scène d'Emera !
Megure baissa la tête pour voir la bande des Détectives Boys amassée à côté de lui.
- C'est la scène où la fée Emera essaye d'apaiser Gomera qui est en colère ! assura Mitsuhiko.
- Sur le gros plan d'Emera est apparue une ombre qui se balançait ! confirma Genta.
La présence des enfants tira un air blasé à Megure.
- Encore vous…
Red se pencha à l'oreille de Haibara.
- C'est courant, si je comprends correctement le commentaire de ce gars ? se fit confirmer l'aveugle.
- Malheureusement oui. Je pense qu'au vu du nombre d'affaires dans lesquels Edogawa est impliqué, il doit être maudit ou quelque chose du genre, confirma Haibara.
Pendant ce temps, l'étudiant disait que la mort devait avoir eu lieu vers 12h44, puisque la scène se situe un peu avant le milieu du film. Takagi revint entre temps pour dire que d'après la femme du guichet, personne d'autre n'était entré dans le cinéma à part ceux déjà dans la salle. Ils étaient donc tous suspects.
Sauf que voilà, le projectionniste fit une remarque qui fit mouche :
- Dîtes, monsieur l'inspecteur, il s'agit d'un suicide, non ? Un vieil homme, une femme, un gringalet… vous les imaginez soulever cet homme et le pendre au bout d'une corde ? A la rigueur, moi j'aurais pu le faire, mais lorsque l'ombre est apparue sur l'écran, j'étais dans la salle de projection, n'est-ce pas Yuriko ?
- Oui, confirma la vendeuse. Cela ne fait aucun doute puisque c'est le moment où je lui ai apporté son déjeuner et son thé.
- Où étiez-vous tous les deux à ce moment-là ? demanda Megure au vieillard et à l'étudiant rachitique.
- Je regardais le film dans la salle, pointa le directeur.
- Donc, en vous y mettant à deux, vous pouviez y arriver… en plus, vous semblez bien vous connaître tous les deux…
- C'est impossible, pointa l'étudiant par-dessus la protestation du directeur.
Le jeune homme sembla chercher pendant un instant quelque chose dans son appareil photo numérique, avant de le tendre à l'inspecteur en le présentant comme son alibi, montrant clairement une photo prise au moment du crime. Cela écartait clairement l'homme de la liste des suspects, car toutes les photos prises auparavant l'avaient été à partir du même endroit.
- C'est un appareil photo numérique ! grommela Megure. Vous avez pu rajouter une ombre sur une photo que vous aviez prise auparavant !
- Je ne pense pas, informa Conan.
Megure le regarda. Essayant de ne pas s'agacer devant le manque de compréhension de l'inspecteur, Conan lui montra la preuve irréfutable de l'authenticité du cliché.
- Oui ! Regardez les spectateurs de la salle !
Megure donna l'appareil à Conan qui fit défiler les photos les unes après les autres, montrant les spectateurs qui prouvaient que la photo avait été prise aujourd'hui. On avait d'abord Mitsuhiko qui revenait des toilettes alors que le directeur se levait, et cinq photos plus loin, au moment de l'apparition de l'ombre, Conan apparaissait sur le cliché, debout sur son siège, regardant vers l'arrière.
Si l'étudiant n'avait pas su qu'ils allaient venir, comment aurait-il pu rajouter ces images ?
Pour ce qui était de l'excuse du directeur pour se lever, c'était à cause du réglage de l'air, plus fort que d'habitude. Mitsuhiko confirma qu'il faisait assez froid, raison pour laquelle il avait eu envie d'aller aux toilettes.
Pendant que Megure explorait les environs, regardant la salle avec la climatisatoin, puis la pièce de projection, Haibara nota le soupir de Red qui s'était hissé difficilement sur le dossier de la rangée de fauteuil du fond du cinéma.
- Tu sais quelque chose, Dawn ? demanda Haibara.
Red ne répondit pas, se contentant de balancer ses jambes, l'air de s'ennuyer.
- Les autres s'en vont, pointa le pirate.
Haibara remarqua en effet la bande suivre Conan qui poursuivait déjà Megure. Elle regarda une dernière fois Red, puis alla rattraper le groupe. Conan regardait par l'ouverture de la porte la pièce de projection. D'abord il y avait un vestiaire en désordre. Il se faufila dedans, puis suivit Megure dans la salle de projection. Le projectionniste présentait les deux projecteurs (l'un pour projeter le film, l'autre pour le rembobiner), les fenêtres qui ne pouvaient pas être ouvertes. Avec celle de droite servant à voir le film et celle de gauche utilisée pour la projection, et devant laquelle, l'homme s'était pendu.
Apparemment, pendant que l'incident, le projectionniste était entre les deux appareils et la vendeuse était à côté du premier.
Il n'y avait donc pas de meilleur alibi.
- Dans ce cas, il s'agit probablement d'un suicide… supposa Megure.
Un rire d'enfant l'alerta et le fit se tourner vers Conan et son air ultra innocent.
- J'ai pensé à un truc marrant ! Si on coupe le film en deux à partir de la scène d'Emera, on installe la première partie dans le projecteur au fond, et on passa la deuxième partie sur l'autre projecteur !
Illumination pour Megure.
Si on avait fait ça, dans ce cas, la première partie pouvait être diffusée sans être gênée par le corps, et donc, le meurtre pouvait être accomplie avant.
- C'est marrant, non ? sourit innocemment Conan.
Mais la théorie tomba à l'eau sous le rire du projectionniste. L'idée était marrante et certaines salles de cinéma le faisaient. Cependant, en agissant ainsi, la bobine montrerait des traces du raccord, chose que la leur ne présenterait pas. Sans compter que la vendeuse pouvait confirmer qu'il n'y avait qu'un seul projecteur en marche quand elle était entrée.
Ensuite, ce fut à la vendeuse de confirmer correctement ses actions. Comment elle était revenue des courses cinq minutes avant l'incident et avait demandé l'heure à la guichetière. Le fait qu'elle ait fait chauffer l'eau à la demande du projectionniste.
- Cette pièce est sale, commenta Ayumi en regardant autour d'elle dans le vestiaire.
- C'est vrai, c'est poussiéreux et le cendrier déborde de mégots, nota Hiabra dans un autre coin de la pièce.
- Vous pourriez au moins racheter le miroir, celui-ci est cassé ! gronda Genta en voyant le rafistolage fait sur le miroir.
- Vous ne nettoyez jamais ? demanda Ayumi avec perplexité.
- On n'avait pas envie de faire le ménage puisqu'on savait que c'était le dernier jour ! se défendit le projectionniste.
Et les adultes s'en allèrent, avec Megure disant que la bobine du film était désormais une pièce à conviction. Conan allait les suivre quand il remarqua que Mitsuhiko semblait étrangement silencieux.
- J'ai vu... Quand… quand je suis allé aux toilettes…
Il pointa son doigt vers la brave vendeuse.
- J'ai vu cette femme se tenir le haut de sa paupière devant le miroir des toilettes pour les filles !
- He ? s'étonna la femme.
- C'était quand exactement ? demanda Conan.
- Juste avant que l'ombre ne voile la scène d'Emera !
Megure était immédiatement sur Yuriko, puisqu'elle n'était pas restée en permanence dans le vestiaire après être revenue des courses et qu'il voulait des explications.
La demoiselle était en fait partie aux toilettes pour remettre en place un verre de contact qui s'était décalé. Vu que ça n'avait pris qu'une minute, elle n'avait pas trouvé nécessaire d'en parler.
- Si vous voulez des informations, je connais quelqu'un qui semble en avoir une et qui ne parle pas, pointa innocemment Haibara alors que tout le monde recommencer à s'éloigner.
Tout le monde la regarda.
- La tête de mule qui attend que le temps passe sait quelque chose, sourit-elle narquoisement.
- Tu parles de Red-kun ? demanda Ayumi en fronçant les sourcils.
- Je veux pas l'insulter ou me montrer vexant, mais je doute qu'il puisse avoir remarqué quelque chose, c'est physiquement impossible pour lui, contra Mitsuhiko.
- Qui est ce Red-kun ? demanda Megure.
- Dawn D. Red, un nouvel élève de notre classe, expliqua Conan. Et Haibara n'a pas tort. Même s'il n'a peut-être rien vu, il a peut-être perçu autrement un élément de l'enquête.
- Et où est votre ami ?
- Toujours dans la salle, répondit Haibara.
- Allons le voir.
Ils quittèrent le couloir pour revenir sur le lieu de l'incident, croisant en chemin Takagi qui revenait d'une enquête :
- Il semble que la victime avait d'importantes dettes de jeu ! Il n'aurait pas pu les rembourser, même en se reversant tous les bénéfices de la vente de cet établissement… d'après les dires du voisinage, tôt ou tard, son agence immobilière aurait fait faillite…
L'homme avait donc un mobile pour se suicider.
Cela laissa Conan pensif. Vu les circonstances, on pouvait penser que la victime soit en effet montée à l'échelle pour se passer la corde au cou, mais cet homme n'avait pas l'air de vouloir en finir.
A côté, on avait l'air conditionné qui ne soufflait pas comme d'habitude et la vendeuse qui va aux toilettes pour arranger sa lentille alors qu'il y a un miroir dans les vestiaires.
Conan suivit Haibara qui conduisait Megure et Takagi dans la salle de cinéma pour retrouver Red.
Les deux agents de polices regardèrent la salle, mais l'enfant n'était pas visible.
- Observez et vous verrez ce qui a pu être remarqué, pointa Haibara à voix basse.
Elle se tourna vers la salle et en parlant normalement, sans crier ou quoi que ce soit, demanda à Red de se montrer.
Un bras apparut à l'autre bout de la salle, au-dessus d'un fauteuil du premier rang.
- En voilà un qui a une bonne oreille, nota Conan avec un sourire de coin.
Voilà qui pouvait expliquer en partie la si bonne adaptation de Red et le fait qu'il ait su le nombre de personnes en tout dans la salle.
- Merci du compliment, Edogawa ! répondit Red en levant la voix pour se faire entendre.
Megure ordonna à Takagi de prendre le témoignage du gamin et alla voir ce que disait l'équipe scientifique au sujet de la scène de crime. Le grand et longiligne Takagi et les deux enfants allèrent donc jusqu'au fauteuil de Red qui s'était installé en tailleurs, l'air de s'ennuyer à mourir.
- La police veut te parler, tête de mule, lui dit Haibara en se plantant devant lui.
Takagi et Conan suivirent le mouvement.
- Red-kun, c'est ça ? se fit confirmer Takagi. Je suis l'agent Takagi Wataru. Ton amie m'a dit que tu avais remarqué quelque chose.
Red eut un tsk agacé et croisa ses bras sur sa poitrine.
- L'homme était déjà mort avant que tout le monde ne remarque sa présence au bout de la corde. C'était juste avant que Tsuburaya-kun aille aux toilettes, marmonna Red de mauvaise grâce. J'ai…j'ai entendu l'homme agoniser. Pas facile avec le film par-dessus, mais je suis certain qu'il était déjà là depuis quelques minutes avant qu'on ne découvre le corps.
Takagi prit les notes de ce que disait Red.
- Tu as vu quoi que ce soit ?
- Voir, certainement pas. Je sais que je me suis levé de mon siège quand j'ai entendu l'agonie du gars. J'ai… j'ai eu toutes les difficultés du monde à remonter jusqu'en haut.
- Si tu n'avais pas tes lunettes noires sur le nez, ça aurait peut-être été plus facile, non ? sourit Takagi avec bonhomie.
- Elles ne changeraient rien aux choses, ossan. Mon oreille a appris à compenser ce que je ne peux plus voir. C'est parce que justement je n'ai aucune preuve visuelle que je suis pas venu de moi-même me manifester. En un mot, comme en cent, je suis aveugle.
Le maigre sourire narquois de Red rendit Takagi franchement mal à l'aise.
- Ah… c'est quand même très intéressant ce que tu dis, Red-kun ! assura maladroitement Takagi avec un air franchement gêné. Je vais rapporter ça à l'inspecteur Megure.
Et l'homme s'en alla.
- Je vais aux toilettes, annonça Haibara en tournant les talons.
- Quelle plaie… grommela Red en l'écoutant partir.
- T'es certain de ce que tu dis ? T'es certain que t'as entendu l'homme mourir avant la scène d'Emera ? se fit confirmer Conan.
Red hocha la tête.
Valait mieux pas dire à ce curieux de première qu'il l'avait entendu avec le Haki.
Il se glissa hors de son siège.
- Tu peux me conduire jusqu'à ma canne ? Je l'ai oubliée à ma place quand j'ai voulu aller m'assurer de ce qu'il s'est passé, demanda Red à Conan.
- Oui, bien sûr.
Il prit Red par le coude et le conduisit jusqu'à leur ancienne rangée de sièges, permettant à l'aveugle de retrouver sa canne, avant de quitter la salle.
Dans le couloir, Conan chercha les toilettes de filles, les trouvant finalement au fond du passage, sur la gauche. C'était tout droit à partir de la salle de projection, mais pourtant, Conan ne parvenait pas à comprendre pourquoi la vendeuse était venue jusqu'ici exprès pour sa lentille.
Il ouvrit la porte et se hissa au lavabo pour mieux se voir dedans, laissant Red s'asseoir dans le couloir.
- Tu cherches quoi ? demanda Red.
- Une raison logique pour laquelle cette femme est venue ici alors qu'elle aurait pu le faire dans les vestiaires, répondit Conan en regardant toujours le miroir.
Pourquoi ça… pourquoi faire ça ici ?
- Alors, toi, ça ne te fait rien ?
Conan se tourna vers Haibara assise sur le lavabo de gauche pour se laver les mains.
De quoi elle parlait ?
La demoiselle se fixait dans le miroir, une main sous l'eau.
- Moi, tous les matins, quand je vois ça, j'ai froid dans le dos…
Elle rapprocha son nez du miroir.
- Qui es-tu, toi ? C'est la question que je me pose.
- Je me posais déjà cette question avant que Vermouth ne me fasse payer mon insolence, t'en fais pas pour, ça fait vingt ans qu'elle me taraude cette question, ricana narquoisement Ace depuis le couloir.
- Baka… c'est à cause du poison que tu as fabriqué qu'on en est là, non ? grommela Conan.
- Oui… soupira Sherry. J'en suis désolée.
Elle prit son temps pour se sécher les mains.
- Toi qui poursuis la vérité… tu dois mentir à tout le monde, soupira-t-elle.
Elle regarda le miroir désormais derrière elle.
- Même ce miroir qui est censé refléter fidèlement la réalité, ne reflète pas ta réelle apparence. De nous trois, c'est Dawn qui s'en sort le mieux. Dans son malheur, il ne peut pas voir le résultat de mes actes.
- Edogawa, fais-la taire, elle est invivable quand elle s'y met, gémit Red.
Mais Conan avait autre chose en tête. Quelque chose de bien plus intéressant que les états d'âmes d'Haibara.
- Merci Haibara ! remercia Conan avec un sourire féroce en sautant de son perchoir sur le lavabo.
- Hein ?
Conan filait déjà en courant dans le couloir, suivi de la tête par Red.
A cet instant, Ayumi sortit de sa cabine.
- Il n'est pas gêné, Conan, de venir dans les toilettes des filles, pointa la demoiselle.
- Je pense qu'il avait autre chose en tête que les filles, Ayumi-chan, sourit narquoisement Red en se levant. Je vais essayer de comprendre ce qu'il fabrique.
Conan avait déjà résolu l'affaire, il ne lui restait qu'à trouver quelque chose.
Courant sur la promenade derrière la dernière rangée de sièges, il sauta agilement par-dessus le dossier d'un des sièges pour aller s'agenouiller devant les fauteuils, devant des mégots de cigarettes consumés, dont une cigarette pratiquement brulée en entier, filtre inclus. Il ramassa d'ailleurs ce morceau carbonisé dans un mouchoir blanc qu'il tira de sa poche.
En se redressant, il nota des traces de chaussure sur le siège de devant.
Cela ne faisait aucun doute, il savait désormais qui avait tué Haruta, en profitant habillement des jeux d'ombres et lumières de la salle de cinéma.
- Edogawa, Agasa te cherche, appela Red en entrant dans la pièce de cinéma.
Conan se redressa avec un mince sourire féroce.
- C'est parfait, je dois lui parler.
Il remit le mégot à sa place et alla rejoindre Red qui tourna les talons et quitta l'endroit en se guidant de sa canne.
- T'es sûr de pouvoir retrouver Agasa ? demanda Conan.
- Tu verras bien, se contenta de dire l'aveugle.
Conan le rattrapa, et fourra les mains dans ses poches.
- Dis, Dawn.
- Hm ?
Conan hésita. Il voulait lui demander pour la combustion, mais quelque chose lui disait qu'il n'aurait pas la réponse comme ça, tout comme il sentait que le témoignage du garçon aux tâches de rousseur n'était pas totalement vrai même s'il concordait avec les données qu'il avait.
- Pourquoi on t'a vraiment pris tes yeux ? demanda finalement Conan.
- Sans entrer dans les détails, je dois malheureusement ma vie à l'Organisation. En échange, ils ont voulu que je bosse pour eux. Cependant, ils sont tombés sur la mauvaise personne. Même quand il est question de dette, je courbe pas ainsi l'échine. Mon allégeance ne va qu'à une seule personne et à personne d'autre. Je leur ai dit cela plusieurs fois, avant de finalement péter un plomb. Après avoir manqué de tuer Vodka, on a réussi à me neutraliser et c'est pour m'apprendre le respect que Vermouth m'a aveuglé.
Red fit un geste tranchant au niveau de ses yeux, facilement interprétable qui fit grimacer Conan. D'où l'importante cicatrice.
- Tu as de la chance d'être vivant.
- C'est l'histoire entière de ma vie, Edogawa. Agasa est là, non ?
Conan ouvrit des yeux surpris quand Red pointa du doigt Agasa qui attendait dans le couloir.
Pour un aveugle, il se débrouillait franchement bien.
Les deux bruns allèrent retrouver Agasa à qui Conan annonça qu'il avait compris l'affaire.
- C'est vrai, Shinichi-kun ? demanda Agasa en s'accroupissant au niveau du garçon et en parlant bas.
- J'ai aussi compris comment le meurtrier a mis en place son alibi. Le stratagème de la lumière et de l'ombre ! Ce qui explique clairement comment Dawn a pu entendre l'homme mourir avant la fameuse scène.
- Mais comment comptes-tu faire ? demanda Agasa en pleine panique. Je viens juste d'arriver, je ne peux pas jouer les détectives…
- Ah, c'est comme ça que tu procèdes, comprit Red.
- Habituellement, j'endors le détective Mouri Kogoro et je me fais passer pour lui, explicita Conan avant de revenir vers Agasa. Ça va aller, vous n'avez qu'à dire que nous vous avons tout raconté en détail !
Et il commença à lui souffler à l'oreille sa stratégie… avant de réaliser qu'il avait d'autres spectateurs. En effet, tous les Détectives boys étaient de retour. Si Haibara et Red étaient en retrait, les trois autres tendaient l'oreille.
- C'est pas juste ! pointa Ayumi avec déception. A chaque fois tu trouves tout, tout seul…
- Tu veux encore faire cavalier seul ? grommela Genta.
- Tu sais que tu vas perdre des amis ? avertit Mitsuhiko les poings sur les hanches.
Red eut un petit rire en entendant la scène. Les gamins étaient juste adorables dans leur naïveté.
- C'est bon ! assura Conan avec un clin d'œil. Cette fois, j'ai un rôle pour vous aussi !
Une main dans une poche, un doigt levé, Conan donna ses instructions à son équipe, intriguant légèrement Takagi qui passait dans le couloir à cet instant. Cependant, il ne s'attarda pas pour aller voir Megure et lui faire un rapport. Apparemment, il y avait un problème sur la somme nécessaire pour le rachat du cinéma. Il aurait manqué dix millions. Certes, les travaux avaient commencé, mais la vente et le paiement n'avaient lieu officiellement que demain. Vu l'importance des difficultés du défunt, la piste du suicide devenait de plus en plus probable.
Megure allait dire aux suspects qu'ils pouvaient partir puisqu'il s'agissait d'un suicide, quand la lumière s'éteignit.
- Qu'est-ce que c'est ?!
- Qui a éteint les lumières !?
La voix d'Agasa les interpella, légèrement étouffé. L'homme était dans la cabine de projection, éclairé par la lumière de celle-ci.
- Qu'est-ce que vous faites dans la salle de projection ?! demanda la vendeuse en mettant ses mains en porte-voix pour être entendue.
- Ce que je fais ? C'est évident, non ? Je vais rejouer sous vos yeux le stratagème qu'a utilisé le meurtrier !
What ?! Un meurtre !?
Derrière Agasa, Conan dévoilait l'affaire à tous en utilisant la voix d'Agasa.
- Il a étranglé sa victime dans l'obscurité de la salle de projection et il a essayé de monter son alibi avec ce projecteur ! Monsieur le Projectionniste, Furuhashi-san ! C'est de votre stratagème dont je parle !
Les protestations sur le fait qu'Agasa ne savait rien de l'affaire furent coupées par la brève apparition de Conan à la fenêtre, avant que l'argument principal ne soit remis sur la table par la vendeuse :
- Mais puisque je vous dis que quand l'ombre est apparue, Furuhashi-san était avec moi dans la cabine ?!
- Ah oui, ça… fit Conan avec la voix d'Agasa. Comme ça ?
Agasa se retira de la fenêtre pour projeter un morceau du film sur l'écran, alertant tout le monde. Puis brusquement, une ombre apparut à l'écran.
- Oh ! C'est la tête de Genta ! nota Ayumi sur l'échelle à côté de la corde avec Mitsuhiko.
La démonstration ne prit pas avec la vendeuse.
- Et en quoi consiste le stratagème alors ? Moi, je ne vois qu'un enfant suspendu au milieu de l'image, c'est tout…
- Ce n'est pas tout ! réfuta Ayumi.
- Genta est suspendu depuis tout à l'heure ! affirma Mitsuhiko.
- N'est-ce pas ?
- Ouiii ! affirma Genta toujours suspendu à la corde.
- Eh oh, c'est pas beau de mentir ! pointa l'étudiant.
Il allait dire autre chose qu'il se prit un coup de canne dans le tibia.
- Avant de tirer des conclusions hâtives, écoutez la suite, lui dit Red en lui donna un nouveau coup dans la cheville. Et on ne proteste pas.
Il se hissa difficilement sur les dossiers des sièges du dernier rang et attendit la suite. Ide lui jeta un regard noir et se massa la cheville.
- Si vous ne vous en êtes pas rendu compte, c'est parce que j'avais posé un magazine devant la fenêtre et que j'avais coupé la lumière de la salle de projection, expliqua Agasa. Ainsi, même si on suspend un corps, personne ne se rend compte de rien, à moins d'avoir une bonne oreille comme Red-kun.
- Mais, professeur Agasa, d'après les témoignages, le corps se balançait, non ? Un corps au bout d'une corde ne peut pas se balancer tout seul.
- Kaze, comprit Red.
- Même Red-kun a compris avant vous, inspecteur. Bon, aidons le brave inspecteur Megure, les enfants. Genta, Mitsuhiko et Ayumi, je compte sur vous !
Mitsuhiko se suspendit à la taille de Genta et Ayumi s'accrocha donc aux genoux de son ami intellectuel.
- A eux trois, ils correspondent à peu près au poids d'un adulte, expliqua Conan avec la voix d'Agasa.
Conan sortit ensuite son badge et demanda à Haibara de s'y mettre.
Debout sur sa chaise, Haibara mit en marche la climatisation.
Résultat, le trio suspendu à la corde se vit balancer par le courant d'air.
- La salle est une grande pièce fermée, reprit Conan avec le voix d'Agasa. Si on règle au préalable la direction et la puissance de la climatisation, on peut arriver à faire bouger légèrement le corps.
D'où le pourquoi on a noté que le vent était plus fort que d'habitude.
Mais le projectionniste ne se laissa pas avoir aussi facilement.
- La projection a lieu par la fenêtre devant laquelle les enfants étaient préalablement suspendus. S'ils se suspendent dès le début, l'ombre apparait. Et d'un autre côté, si on bouche la fenêtre avec un magazine, la projection n'est pas possible, pointa le suspect. Comment aurais-je pu projeter le film jusque-là ?
- Comme ça certainement, répondit Conan avec la voix d'Agasa.
L'ombre des enfants disparut de l'écran de projection, ne laissant que le gros plan du visage de la fée Emera, avant de réapparaître. Le personnel regarda vers la fenêtre de projection, ne comprenant pas comment le tour avait été fait. D'abord la fenêtre à droite des enfants, puis celle devant laquelle le trio se balançait au bout de la corde.
- Il a découpé le film en deux et fait marcher les deux projecteurs en même temps… devina le directeur avec effroi.
De colère, la vendeuse se précipita vers la salle de projection.
Agasa était en train d'abîmer une bobine importante !
Megure suivit la jeune femme et ils pénétrèrent en trombe dans la salle de projection, sans même surprendre le vieux scientifique qui s'y attendait.
Mais ce qui stoppa l'assaut et la colère, ce fut le bruit.
Il n'y avait qu'un seul projecteur en marche. Celui de devant.
La jeune vendeuse s'avança dans la pièce pour regarder le second, mais fut forcée de constater qu'il ne marchait pas, et qu'il n'avait même pas de bobine.
Le comment s'expliquait par ce qu'il y avait à l'extrémité du projecteur.
Un morceau de miroir.
- Oui, c'est un morceau du miroir cassé de la pièce d'à côté, expliqua Agasa. Et si on le bouge un peu…
Se courbant pour être sous le rai de lumière de la projection, Agasa orienta le morceau pour qu'il aille se projeter vers le reste du miroir accroché contre l'autre fenêtre.
- Ainsi, il se dirige vers le miroir que j'ai fixé au préalable sur la fenêtre de surveillance de la salle. Elle se réfléchit sur l'écran, évitant le corps en passant par la fenêtre. Sans couper la bobine et avec un seul projecteur, on peut changer de fenêtre de projection.
Agasa montra l'entrée de la pièce, puis le dispositif.
- Et en plus, disposé ainsi, même si quelqu'un ouvre la porte, le miroir est caché par le projecteur, conclut Conan en prenant la voix d'Agasa. La preuve, c'est que les mégots et les cendres de cigarette de Haruta-san ont été retrouvés juste en dessous de cette fenêtre de surveillance, car pour gêner la projection, il se plaçait toujours juste sous le faisceau du projecteur.
Furuhashi ne répondit rien alors que Conan récapitulait les actes du coupable.
- Vous avez d'abord chargé Tomosato-san, la vendeuse, de faire des courses afin d'avoir le champ libre dans la boutique. Puis, au début de la projection vous êtes allé dans la salle de réglage de la climatisation et vous avez changé la direction et puissance de l'air. Bien sûr, le film était projeté par la fenêtre de surveillance grâce au miroir. Vous êtes entré dans la salle et avez étranglé Haruta-san avec une corde préparée à l'avance, et vous l'avez suspendu devant la fenêtre de projection normale. Tout était prêt ! C'est justement à cet instant que Red-kun vous a entendu et a quitté son siège pour essayer de comprendre ce qu'il se passait. Enfin, vous êtes retourné dans la salle de projection, avez attendu qu'on vous apporte le déjeuner et avez enlevé ce qui obstruait la fenêtre de projection… il ne vous restait plus qu'à enlever le miroir, qui était accroché sur le projecteur, pour que l'ombre du corps apparaisse sur l'écran car en faisant la découverte de celle-ci en compagnie de Tomosato-san, vous aviez un alibi !
- Mais c'était un hasard que j'oublie d'acheter le déjeuner et que je sois obligée de sortir ! défendit la demoiselle.
- Cela n'avait pas d'importance, réfuta Conan derrière Agasa et toujours avec la voix du professeur. Furuhashi-san comptait, quoi qu'il arrive, vous envoyer acheter du thé. De plus, s'il tenait à ce que le directeur assiste aux séances, c'était pour qu'il soit témoin de la scène où le corps apparaitrait sur l'écran, et pour qu'aucun soupçon ne pèse sur lui, il a suspendu le corps, manœuvre qui nécessite une certaine force physique.
- N'est-ce pas plutôt vous qui avez imaginé tout ça ?!
- Si vous ne me croyez toujours pas, regardez sur l'appareil de Ide-san. La photo où l'ombre apparait sur l'écran.
Perplexe, l'étudiant se saisit de son appareil et regarda la photo pour noter quelque chose d'important. L'image du film était floue.
C'était le seul défaut du stratagème. Au moment où on enlève le miroir, la distance entre le projecteur et l'écran change, l'image devient par conséquent floue. Les projecteurs d'aujourd'hui avaient des objectifs spécifiques pour chaque salle, en changer prenait du temps, et bien entendu, quand on en change l'image se brouille. Ainsi, le coupable n'a pas pu régler à nouveau l'objectif avant que la lumière se rallume dans la salle.
La vendeuse refusait les faits et cherchait les moindres excuses pour innocenter son collègue. Mais la question suivante la laissa à court d'argument.
- Dans ce cas, pourquoi avez-vous eu besoin d'aller aux toilettes pour arranger votre verre de contact ? demanda Conan toujours avec la voix d'Agasa. Lorsque vous avez apporté le déjeuner dans la salle de projection et que vous avez fait bouillir de l'eau, pourquoi avez-vous eu besoin d'aller exprès aux toilettes pour cela ?
- Parce qu'il n'y avait pas de miroir dans le vestiaire, n'est-ce pas ? compris le projectionniste.
Tout le monde le regarda.
- Pardon Yuriko, tu te donnes tant de mal pour moi, mais… soupira Furuhashi.
Il avoua son crime.
Il avait longuement hésité à le faire, surtout ici, mais c'était plus fort que lui.
Il était passionné par son métier, il s'était toujours senti privilégiée depuis son poste, capable de voir la réaction des spectateurs. Mais à cause de cet homme, les spectateurs avaient fini par s'en aller. La preuve en était que la veille, alors qu'on était dimanche, le seul spectateur de la pièce avait été cet homme.
C'est pour ça que Furuhashi l'avait suspendu à cette fenêtre.
Pour qu'il puisse voir lui aussi ce paysage triste et vide qui n'inspire que la solitude.
- Je suis vraiment navré, directeur-san. Mon comportement égoïste a gâché le dernier jour de ce cinéma, s'excusa le projectionniste.
- Peut-être que c'était sa destinée… soupira le directeur, surprenant tout le monde. Avant même que cet homme ne vienne, le nombre de spectateurs diminuait. Les petites salles comme la nôtre, qui ne peuvent pas diffuser de films à la mode, ferment tour à tour… aujourd'hui, télés et vidéos sont largement diffusées. C'est peut-être démodé que de vouloir vendre du rêve au cinéma.
- C'est pas vrai !
Les adultes regardèrent les enfants qui venaient de se joindre à eux avec un air choqué.
- Ayumi adore le cinéma ! assura la gamine avec passion.
- L'écran est beaucoup plus grand que celui de la télé ! expliqua Genta en écartant les bras pour imager son commentaire.
- C'est un espace de rêve où on peut partager l'émotion à plusieurs ! renchérit Mitsuhiko.
- Oui ! Quand le bruit résonne dans le noir, on a l'impression d'être dedans ! fit Ayumi à ses amis avec un grand sourire.
- Ça fait battre le cœur ! approuva Genta. Même si on regarde longtemps, on risque pas de se faire gronder par maman !
- On ne ressent pas les choses de la même manière ! renchérit Mitsuhiko.
En voyant ça, le projectionniste eut une demande pour Agasa.
- Si vous savez comment fonctionne le projecteur, terminez la projection. C'est bien dommage d'avoir fait vivre un moment si désagréable à ces jeunes spectateurs. Qu'ils voient la suite du film.
Et c'est ainsi que devant seulement six spectateurs, la projection du film Gomera reprit.
- Pourquoi tu ris, Dawn-kun, c'est une scène d'action, pas humoristique, demanda Haibara à son voisin.
- Je ris pour deux choses. La première, c'est la passion du trio, la seconde, c'est la conversation à l'entrée de la salle entre la vendeuse et le directeur.
Red pointa son pouce par-dessus son épaule dans la direction des deux adultes en question.
- Ce cinéma va continuer à marcher. Le vieux a l'intention de remplir de nouveau les salles de spectateurs, expliqua Red. Il a trop de souvenirs avec ces lieux.
Red eut un sourire.
- J'ai beaucoup de respect pour les gens qui luttent pour leurs rêves.
Conan avait écouté la conversation en silence sans quitter l'écran des yeux.
Lutter pour ses rêves, hein ?
Une exclamation du trio à sa droite le fit grimacer.
C'était bien beau que le directeur soit déterminé à reremplir la salle de son ciné, mais il espérait pour lui que ce soit par des spectateurs vivants et non pas bruyants, comme ce trio de gosses.
