Chapitre 2 : Inquiétude...

Link regardait Amandine. Lui était allongé sur le lit, elle assise devant une coiffeuse. Un drap noir recouvrait sur les trois miroirs. Amandine ne supportait pas le film qui se jouait devant ses yeux. Elle voyait Link, au sol, et elle se tenait devant lui l'épée levée au-dessus de la tête du jeune homme. Elle abattait l'arme. Du sang coulait ensuite.
- Il ne sert à rien de fixer ce drap, viens donc te coucher.
- Link, je ne me sens pas bien. J'ai l'impression que quelque chose de terrible va se passer.
Link s'était levé et s'approchait de la personne qu'il aimait.
- J'ai déjà entendu ça quelque part sauf que c'était une autre fille qui l'a dit, murmura-t-il. Viens, il est tard.
Elle se leva à contrecoeur et rejoignit son amant.
- J'irai à la bibliothèque demain.

Le lendemain, Amandine alla à la bibliothèque du château. Le temps passa sans qu'elle s'en rende compte. Puis après plusieurs recherches infructueuses, une voix, qui n'était qu'un murmure, se fit entendre.
- Amandine... Porteuse de la Triforce de la Force...
- Qui est là ?
- Tu ne reconnais pas ma voix ? Tu ne l'as entendue qu'une fois mais je pensais que tu aurais plus de mémoire !
Amandine s'était levée et regardait partout pour trouver l'origine de la voix. La bibliothèque était vaste.
- C'est impossible ! Pas toi ! Tu es enfermé !
- Tu crois qu'une simple bouteille me retiendrait ? J'ai échappé au sceau, alors ça, ce n'était rien !
- Montre-toi que je te détruise un coup !
- Non, tu ne me détruiras pas, tu m'aideras.
Amandine se retourna, et tomba nez à nez avec Ganondorf qui la regardait. Leurs regards se rencontrèrent. Il l'hypnotisait. Elle ne pouvait rien faire. Mais quatre heures sonna et la douleur qui envahit Amandine lui permit de fuir ce regard qui serait sa perte. Elle s'effondra. Quelques secondes plus tard, elle se releva. Elle était seule, la bibliothèque était silencieuse et il lui semblait que l'épisode avec Ganondorf n'était qu'un rêve. Elle s'en alla en courant et, dans un des couloirs menant à sa chambre, elle croisa Link. Il lui proposa de faire un tour à cheval mais elle déclina l'invitation et alla se coucher sans dormir.

Link, lui, alla faire un tour du côté de la piste d'entraînement au tir à l'arc. Le refus d'Amandine lui avait ôté toute envie de faire un tour à cheval. La piste était déserte. Il s'assit par terre et regarda le ciel.
- C'est beau, n'est-ce pas ? murmura une voix à côté de lui.
Link sursauta et regarda partout mais il était seul.
- Je t'ai fait peur ?
- Qui est là ? Link s'était relevé.
- Tu le sais. Non ce n'est pas peine de sortir tes armes, elles ne serviraient à rien. Sans cette fille tu ne peux me battre.
Link rangea son épée. Ganondorf avait malheureusement raison.
- Comment ?
- C'est hilarant comme toutes les personnes, même les enfants, t'aiment. Il m'a suffi de dire que tu étais un monstre à une gamine qui passait par là et... me voilà.
- Que veux-tu ?
- La Triforce. Je ne t'ennuierai pas plus longtemps aujourd'hui. Mais fais attention. Si je suis un fantôme, j'ai toujours des pouvoirs qui dépassent ton imagination.
Link reçut une boule d'énergie dans le dos et s'effondra. Quand il se releva, il était seul. Comme pour Amandine, sa discussion avec Ganondorf ne semblait pas s'être réellement déroulée. Il rejoignit son épouse dans leur chambre, mais ne lui dit rien.

Zelda était dans la salle du trône, seule. Elle observait les vitraux, plus spécialement ceux représentant le combat de Link contre Ganon. Link était tout petit et le monstre immense. Elle se souvenait parfaitement de ce combat. Les ruines du château de Ganondorf avaient été l'arène. Des flammes entouraient les combattants, l'empêchant d'aider le héros du Temps. Il n'avait pas l'Epée de Légende, elle était plantée dans le sol à un mètre d'elle et elle n'avait pas songé à la lui lancer. Il avait affronté le monstre seul. Il avait réveillé les Sages seul. Il avait récupéré les clés du Saint Royaume seul. Elle s'était cachée pendant qu'il risquait sa vie pour Hyrule.
- Il était seul comme tu l'es aujourd'hui.
Zelda avait sursauté.
- Qui va là ? Montrez-vous.
- Zelda, petite garce, tu m'as fait souffrir et, bientôt, tu me le payeras.
- Ganondorf ? murmura-t-elle.
- Oui, princesse...
Il lui toucha l'épaule. Elle se retourna et vit Ganon. Il souriait. Elle s'évanouit de peur.
- Elle n'a pas changé.
Il se pencha sur elle et lui murmura à l'oreille :
- Oublie ce qui vient de se passer.
Il disparut dans un souffle de vent. Quand Zelda se réveilla, elle ne se souvenait de rien.