Remarque: Je ne possède pas Fairy Tail, Hiro Mashima si. Je ne possède pas cette histoire, je l'adapte juste en français. Pour voir l'original - Across the Univers par Missus Carlikins.
Café
Chaque jour il s'asseyait à sa table, attendant que son nom soit appelé.
L'Œil gauche de Gajeel tiqua d'irritation. Il respira profondément par le nez, tentant de se calmer. Il n'avait jamais été quelqu'un de très patient, et d'avoir à faire la queue vingt minutes pour une putain de tasse de café c'était un peu trop pour lui. Surtout que c'était son premier café du matin.
Et Gajeel n'était pas quelqu'un du matin.
Ses doigts tapotaient contre sa cuisse quand finalement se fut à son tour de passer commande. Le pauvre garçon derrière la caisse semblait sur le point de s'évanouir et Gajeel savait qu'il ne devait pas passer sa colère sur les employés, aussi tenta-t-il d'adoucir son air renfrogné.
« Grand café, noir. » dit-il sèchement en tendant quelques pièces.
« N-nom s'il vous plait ? »
« Gajeel. »
« Ce sera près tout de suite. »
Il grogna et sorti de la file d'attente. Dix autres personnes avant lui n'avaient pas encore été servies, il devrait patienter.
Il soupira et regarda l'intérieur du petit café, cherchant une place pour s'assoir. Pratiquement toutes les tables étaient pleines de gens bavardant entre eux, d'étudiants sur leurs ordinateurs portables. Il aurait dû s'y attendre, l'endroit étant le plus proche du campus. Mais il était également le plus proche de chez lui et il n'avait aucune envie d'en chercher un autre.
Il était sur le point d'abandonner quand il remarqua une chaise cachée dans un coin. Il coupa à travers la foule, traversant rapidement la salle et fusilla du regard un garçon qui avait repéré la même chaise et avait presque posé sa main dessus. L'étudiant recula et Gajeel sourit, s'arrêtant devant la table.
Elle était occupée - évidement - et la jeune fille assise-là ne sembla même pas le remarquer. Son nez était plongé dans un bouquin, ses cheveux bleus encadrant son visage, une paire de lunettes rouges sur le nez. Il envisageait de juste s'assoir mais il était possible qu'elle soit accompagnée ou qu'elle attende quelqu'un. Et même si Gajeel pouvait être un salaud, il n'était pas obligé de l'être tout le temps.
« Excusez-moi », grogna-t-il. « La place est libre ? »
Elle agita la main sans même lever les yeux de son livre. « Je vous en pris. »
« Merci. »
Il s'assit et regarda vers le comptoir. Il y avait encore pas mal de monde qui attendait et il se demanda combien de temps ils leur faudraient pour un simple café.
Patience.
Ses yeux se posèrent sur sa compagne de table et il se demanda comment elle pouvait être aussi concentrée avec tout ce bruit autour. Le bavardage constant lui aurait rendu impossible de faire quoi que ce soit sans un casque antibruit. Mais elle ne semblait même pas un peu gênée.
Il pensa démarrer une conversation, il s'ennuyait et il savait qu'il devait attendre encore un peu avant de d'avoir son café et de sortir de là, mais il avait le sentiment qu'elle l'ignorerait tout simplement s'il essayait. Alors il resta assis en silence, tendant l'oreille pour entendre son prénom, mais il ne pouvait s'empêcher de la regarder.
Elle était mignonne. Elle lui rappelait un lutin, ses grands yeux bruns cachaient quelque chose d'espiègle tandis qu'ils dévoraient les pages. Il pouvait dire qu'elle était petite, même assise, il l'a dominait, et il pensa vaguement qu'elle devait lui arriver à l'épaule.
Puis il entendit son nom et se leva sur ses pieds, récupérant sa boisson et grognant un « merci » dans sa barbe. Le café en main, il fit son chemin vers la sortie, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.
Elle n'avait toujours pas levée les yeux de son livre.
Pour le deuxième jour consécutif, Gajeel dû attendre dans cette longue file insupportable pour un café, et pour le deuxième jour consécutif, il se retenait de commettre un meurtre.
Tu ne peux pas te permettre de retourner en prison.
Il soupira et se frotta les tempes. Un mal de tête se préparait juste derrière ses yeux et il n'était pas encore dix heures.
Je dois vraiment me trouver une nouvelle machine à café dès que possible.
Il avança jusqu'à la caisse, content que se soit enfin son tour. C'était une jeune fille cette fois, et elle ne semblait pas affecté par ses piercings ou par son air renfrogné et lui donna un sourire qui puait la fausseté.
« Que puis-je pour vous, monsieur ? »
« Grand café, noir. »
Son sourire ne se fana pas et elle prit les pièces qu'il lui tendait en donnant son nom. Gajeel balaya de nouveau la salle du regard, et encore une fois elle était bondée. Puis ses yeux se posèrent sur des cheveux bleus.
Elle avait un livre différent aujourd'hui et ses cheveux étaient tirés en une queue de cheval haute. La chaise en face d'elle était libre encore une fois et il se demanda pourquoi personne d'autre n'avait tenté de s'assoir à côté d'elle.
Il se dirigea vers elle et saisit le dossier de la chaise.
« Pris ? » demanda-t-il.
Une fois de plus, elle ne leva même pas les yeux. « Non. »
Il s'assit sans un mot. Et une fois encore il la regarda, il ne pouvait pas sans empêcher. Il y avait quelque chose chez elle qui lui donnait envie de voir chaque expression que son visage pourrait faire.
A présent ses lèvres étaient légèrement pincées et ses sourcils froncés pendant qu'elle lisait. Il se demanda encore une fois comment elle pouvait se concentrer…
Puis encore une fois son nom fût appelé, et encore une fois il partit sans un mot.
C'était devenu une routine.
Chaque jour, depuis une semaine, il allait au café à quelques pâtés de maison de chez lui. Chaque jour il commandait un grand café noir. Chaque jour il s'asseyait à sa table et attendait que son nom soit appelé. Chaque jour, ses yeux ne quittaient pas son bouquin.
Elle n'avait jamais le même livre deux jours de suite et il se demanda comment elle réussissait à lire aussi vite. Certains de ses livres semblaient faire plus de six cent pages. Il se fit brièvement la réflexion qu'elle devait rester là et lire toute la journée.
Il fallut attendre dimanche pour que quelque chose change.
Il arriva à la boutique, prêt à faire la queue, pour découvrir qu'il n'y en avait pas. La femme derrière la caisse le salua en l'appelant par son prénom et commença à préparer sa boisson avant même qu'il n'ouvre la bouche. Apparemment, il était devenu un habitué.
Avec sa tasse à la main il se détourna du comptoir et observa la salle. Il savait qu'il aurait dû juste partir, il n'avait aucune raison de rester. Et même s'il restait, il n'avait aucune raison de s'assoir à côté d'elle. Mais il ne pouvait détourner les yeux de sa tête bleue maintenant familière et il se dirigea vers elle.
« Pris ? » demanda-t-il, comme tous les jours.
« Non. » dit-elle, les yeux toujours rivés sur son livre.
Il sourit et se laissa tomber sur la chaise, sirotant son café.
« Je me demandais si vous alliez vous assoir ici aujourd'hui. » dit-elle sans bouger les yeux. Il haussa un sourcil et appuya ses bras sur la table, remarquant que ses cheveux étaient de nouveau lâchés, sa mèche retenue par un simple bandeau à pois.
Mignon.
« Pourquoi ne l'aurais-je pas fais ? »
Ses yeux se posèrent sur la salle brièvement avant de retourner à son livre. Toujours sans le regarder.
« La salle n'est pas exactement pleine aujourd'hui. Vous auriez pu vous assoir sur n'importe qu'elle chaise. »
« Peut être que je voulais celle-ci. »
Il ne manqua pas de noter la légère rougeur sur ses joues et il sourit.
Puis il ne put s'empêcher de le dire.
« Levy. »
Son nom roula sur sa langue. Depuis qu'il l'avait lu sur son gobelet, il y a quelques jours, il n'avait cessé de le répéter dans sa tête. Il voulait connaître Levy. Il voulait savoir si elle ne faisait vraiment que lire ou si elle avait d'autres passe-temps. Il voulait savoir tout ce qu'il pourrait sur elle.
Et finalement, elle leva les yeux.
Ses yeux bruns s'agrandir et sa bouche forma un petit « o » de surprise, et il sourit à sa réaction. Lentement, un sourire étira ses lèvres et elle posa son livre sur la table.
« Gajeel. »
Et son nom n'avait jamais sonné aussi bien à ses oreilles.
« Tu m'as enfin regardée. »
