A/N : Je tiens tout d'abord à remercier chaleureusement eden'sworld, hop et Chilam ! Vos reviews m'ont fait très plaisir ! Je les ai transmises à Jacky (l'auteur original) qui était ravie également !
Je trouve aussi le concept très intéressant car peu exploité... Il est dommage que ce personnage soit purement et simplement supprimé des films d'Harry Potter, ne trouvez-vous pas ?
En tout cas, j'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire la suite que j'en ai eu à la traduire ! Bonne lecture !
Eté
Nous étions en 1691. Moi et ma soeur, ma très chère Mairi, venions d'avoir quinze ans. C'était le début de l'année scolaire, nous étions alors en cinquième année. Le fait que nous, simples Highlanders du XVIIème siècle, devions aller à l'école, était pour le moins surprenant. Normalement, les gens comme nous n'y allaient pas, du fait du manque d'argent et de l'inexistence d'un établissement convenable dans la région reculée des Highlands où nous vivions.
Mais dans notre cas, il ne s'agissait pas d'une école ordinaire... C'était Poudlard, la célèbre Ecole de Sorcellerie, fondée il y a 691 ans par Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle. Là-bas, peu importait le fait que nous n'étions ni riches, ni anglais. La seule chose qui comptait était que nous avions certains pouvoirs magiques, tout comme nombre de nos ancêtres... C'est cet héritage qui nous avait permis d'étudier, d'apprendre à maîtriser des charmes, des sorts et beaucoup d'autres choses, comme chacun des enfants nés sorciers des Îles Britanniques, qu'ils soient riches ou pauvres, Anglais, Irlandais ou Ecossais.
Bien sûr, certains ne pensaient pas que nous soyions tous égaux : il y en a toujours qui se croient les meilleurs et n'éprouvent que du mépris pour ceux qu'ils estiment inférieurs.
Je ne pense pas que la haine et le mépris soient apparus avec les Serpentards, mais ce sont eux dont on a parlé en premier... Et à partir de là, un grand nombre de familles se mirent à avoir le même mode de pensée : les Blacks, les Snape, les Malfoys et bien d'autres.
Aujourd'hui, c'est surtout ce Jedusor qui dirige le mouvement, mais à mon époque, on trouvait la majorité des racistes au sein de la famille Campbell. C'était un clan écossais... et accessoirement nos pires ennemis... Non seulement, ils étaient des Serpentards, mais dans ce monde où sorciers et moldus n'étaient pas séparés et étaient gouvernés par le même monarque, ils étaient partisans de ce sâle traitre anglais, ce William d'Orange, qui avait usurpé le trône qui aurait légalement dû revenir au bon roi James.
Comme vous l'avez peut-être deviné, ma famille ne comptait pas parmi ses plus loyaux sujets. Non. Absolument pas. En fait, mon père appartenait au groupe de rebelles qui s'était battu lors du soulèvement jacobite de 1689. Nous ne nous doutions pas à ce moment-là que cette bataille, perdue lorsque le chef des Jacobites, le Vicomte Dundee, mourut, pourrait mener notre clan à sa perte... Non, nous ne savions pas que les McDonalds de Glencoe disparaîtraient bientôt, simplement parce qu'ils étaient restés fidèles au roi, James Stuart II.
Mais en été 1691, rien n'aurait pu laisser présager le sombre avenir de notre petite famille. J'étais un garçon insouciant de quinze ans qui se souciait plutôt des tours qu'il pourrait jouer aux fils des Campbells, plutôt que de savoir pourquoi ils étaient de tels ennemis.
Mon meilleur ami, Patrick O'Malley et moi étions allongés dans l'herbe et profitions simplement du - oh combien agréable ! - soleil... Comme toujours, nous parlions de tout et de rien... en majorité de bêtises.
- Tu sais, Pat, dis-je en souriant, nous devrions préparer une nouvelle farce... Nous n'avons fait aucune victime ces derniers temps...
Pat gloussa :
- Bien sûr que non... Nous étions en vacances. Toi, tu étais ici en Ecosse et moi en pleine Irlande verdoyante... Il aurait été difficile de faire quoi que ce soit, hmm ?
Je soupirai.
- Ouep, mon pote... S'il y une raison pour laquelle les vacances, c'est nul, c'est bien celle-ci...
Pat rit.
- Mais tu n'as pas séché l'école, si ?
- Non, juste quelques blagues... , répondis-je en regardant le ciel bleu clair presque sans nuages.
Ah, comme j'aimais cela, simplement rester couché sur la pelouse de Poudlard, et ne rien faire d'autre que de préparer nos prochaines facécies...
- Tu sais, nous devrions attaquer ces fichus Campbells... Saleté de barons ; ils pensent qu'ils sont mieux que nous, hein... Nous devrions... Ah, je ne sais pas... faire disparaître leurs sous-vêtements ou quelque chose comme ça...
- Oh, non...
Je vis Pat froncer les sourcils.
"Etrange", songeai-je. "Il aime autant que moi les embêter..." Mais ensuite, il poursuivit :
- Nous l'avons déjà fait l'année dernière ! Si nous essayions autre chose ? Le coup des sous-vêtements, c'est encore trop gentil pour des gens comme eux...
Je ris aux éclats. C'était du Paddy tout craché... Il aimait essayer des nouveautés... en particulier des nouveautés qui causeraient des embêtements aux frères Campbell...
Il sourit :
- Tu te fiches de moi, McDonald ? Tu me trouves drôle ? Je vais te donner de quoi rire, moi !
Et en une seconde, il était au-dessus de moi et me chatouillait. Malheureusement, j'étais très chatouilleux... Evidemment, il gagna notre petite bagarre et, peu après, nous nous trouvions à nouveau allongés dans l'herbe en haletant.
- Tu. Es. Cinglé, lui dis-je, très sérieusement.
Il répondit de la même façon :
- Sinon, nous ne serions pas amis...
Et nous nous éclatâmes à nouveau de rire... En somme, nous passâmes une matinée très divertissante...
En tout cas, jusque midi, lorsqu'une ombre menaçante arriva sur nous. Un terrible, terrible destin nous attendait : les réprimandes de ma très chère soeur : Hania.
- Vous deux !
J'ouvris paresseusement un oeil.
- Ouep...
- Vous faites l'école buissonière !
D'une certaine manière, du haut de ses treize ans, elle maîtrisait déjà le froncement de sourcils furieux qui apparaissait dès que deux maraudeurs tels que nous se trouvaient à proximité. Ou plutôt trois, en comptant ma soeur jumelle, Mairi, lorsqu'elle prenait part à nos petites manigances... Cependant, Hania pouvait être très effrayante quand elle était en colère, ce qui était définitivement le cas ce jour-là.
- Vous ne devriez pas faire cela ! Le professeur Setanta est furieux…
Le professeur Setanta était notre Directrice et elle était toujours furieuse…
- Pas de problème, alors. C'est tout à fait normal, mmh ?
Nous nous étions habitués à ses colères, à la suite de nos petites blagues (notamment, faire exploser des toilettes, des potions etc.), et là, nous haussâmes simplement les épaules… Finalement, ce fut Hania qui gagna : Pat et moi nous levâmes et marchâmes en direction du château, prêts pour une bonne petite dispute de la part du professeur Setanta.
Trois heures de sermon et deux heures de colle plus tard, nous étions dans la Grande Salle pour le dîner.
Rires et autres bavardages emplissaient la pièce, montant jusqu'au célèbre plafond céleste. Le tout constituait un bruit énorme, étant donné qu'il n'y avait que 300 élèves. Mais d'un autre côté, 300 est un nombre considérable (et bruyant…) quand on parle d'adolescents tels que nous…
Je prenais un plaisir immense à constamment donner de petits coups à Pat, lorsque soudain, le regard dédaigneux de Morgaine Mc Gonagall me frappa de plein fouet. Elle avait les yeux les plus verts que j'avais jamais vus, et si les miens sont aussi sombres que l'intérieur d'une mine, les siens pétillaient de vie. Ses cheveux noirs flottaient avec une grâce incroyable, soulevés par une brise inexistante. La seule chose qui était dommage était qu'elle avait l'air si fâchée contre moi… Elle devait me trouver très puéril. Je me demande ce qu'elle penserait de moi à présent – 300 ans plus tard, et toujours égal à moi-même…
En tous les cas, je devais avoir l'air particulièrement stupide à cet instant ( tout comme Potty quand il regarde cette Asiatique, je suppose…), car Patrick explosa de rire. Quand à moi, je me mis à lui lancer des pommes de terre pour me venger – ce qui me rabaissa encore, aux yeux de Morgaine.
Plus tard, ce soir-là, alors que nous étions au lit, Patrick me demanda ce que je pensais de Morgaine. Je lui répondis de façon très franche qu'elle devait être la femme de ma vie. Malgré ses précédentes taquineries, je savais que je pouvais lui faire confiance en lui donnant une information aussi importante. Il était, après tout, mon meilleur ami. Et, plus important encore : je savais de qui lui était amoureux…
Patrick aimait beaucoup ma sœur jumelle, Mairi. Puisque Mairi et Morgaine étaient de bonnes amies, nous avions là l'opportunité de pouvoir les observer ensemble et de soutenir mutuellement nos petits cœurs blessés par la cruauté de l'Amour… Nous suivîmes beaucoup les filles, cet été-là…
C'était une façon très agréable de passer le temps. Nous restions assis sous un hêtre non loin du lac, tandis que les filles barbotaient dans l'eau peu profonde. Nous faisions des promenades dans les prairies qui entouraient Poudlard, toujours en conservant une distance respectable avec les jeunes filles.
Mais, évidemment, nous n'oubliions pas les blagues… Comment Peter Mc Donald et Patrick O'Malley pourraient-ils oublier d'être malicieux ?
Nous ne le pouvions pas. Faire exploser les cachots, cacher tous les livres de la bibliothèque dans un placard oublié et enfermer les frères Campbell dans la Salle sur Demande (pour leur plus grand plaisir, elle était pleine de Whisky Pur Feu…), n'étaient que quelques unes des… petites « expériences » que nous faisions.
Le temps passa. Il commença à faire plus froid et des pluies denses lessivaient littéralement les Highlands. Les arbres étaient décorés de rouge et d'or. Des orages frappèrent Poudlard, et, bientôt, l'automne conquit entièrement le magnifique paysage écossais. Les feuilles colorées commencèrent à tomber.
Du givre couvrait les pelouses le matin. Dans les premiers jours de novembre, les premières neiges couvrirent les douces collines et les roches acérées. Les cerfs se préparaient pour la dure saison à venir.
L'automne avait péri, tandis que l'hiver avait vaincu. J'ignorais totalement que c'était le dernier hiver, les dernières neiges et les dernières danses sur le lac gelé dont j'allais faire l'expérience en vie.
A/N : Voilà ! J'espère sincèrement que cela vous a plu et que ce chapitre est à la hauteur de vos espérances ! Reviews svp et merci d'avance !
