Bonjour tout le monde! Me revoilà avec un nouveau chapitre! je voudrais remercier mes reviewers du fond du cœur, merci d'avoir pris le temps de laisser vos avis, ça fait plaisir!

Sur-ce, j'espère que ce chapitre vous plaira ;)


Chapitre 2

- Je suis partante, énonçai-je la première.

Tous se retournèrent dans ma direction pour me dévisager.

- Si tu y vas, j'y vais aussi, dit Ron, en posant sa main sur la mienne.

Je lui lançai un pâle sourire avant de me reconcentrer sur la scène qui se déroulait devant mes yeux.

- Ça me tente bien, dit Luna avec son fameux sourire énigmatique.

- Je vous suis, ajouta Ginny, une lueur de défi dans le regard.

- Non ! contra brusquement Harry. Ginny, ça peut être dangereux. Tu es enceinte. En plus, il faut que quelqu'un veille sur James. Si tu veux, je resterai avec toi…

- Non ! s'exclama à son tour la jeune femme en plantant ses yeux dans ceux de son mari. Non, répéta-t-elle plus doucement. Ils ont besoin de toi.

- Tu sais, commença Ron, on ne court sûrement aucun danger. Si tu veux venir, Ginny, je ne vois pas où est le problème.

- Le problème est là, dit Ginny en poussant vers nous un exemplaire de la Gazette du sorcier, où elle avait trouvé une place en tant que journaliste.

Je m'en saisis et lus tout haut le titre qui faisait la Une.

- Aliana, Jiela et Deribus Charls, Mangemorts incarcérés à Azkaban depuis la Bataille Finale, se sont échappés de leur cellule hier matin. Ils sont recherchés activement par le Ministère de la magie... Tu étais au courant ? Demandai-je à Harry, qui était Auror, et qui devait avoir eu vent de la nouvelle

Ce-dernier haussa les épaules.

- J'ai pris des vacances de deux semaines. Ils ne m'ont pas prévenu en tout cas.

- Je ne vois pas ce que ça a avoir avec notre histoire, dit mon mari en appuyant les coudes sur ses genoux.

- Tu ne comprends donc pas ? demandai-je, perplexe. Trois Mangemorts s'échappent d'Azkaban et une porte mystérieuse apparaît à Poudlard. C'est une drôle de coïncidence, tu ne trouves pas ?

- Hé, c'est toi le génie, pas moi !

Je poussai un soupir. Après la défaite de Voldemort, les Mangemorts qu'on avait retrouvés avaient été jugés et condamnés à passer le reste de leurs jours à Azkaban. Seulement, certains n'avaient jamais été localisés, et je me doutais qu'ils nourrissaient un sentiment de vengeance profond à notre égard, et surtout à l'égard d'Harry. Leur maître était mort, mais les Mangemorts n'avaient pas pour autant disparus de la circulation, et même si la plupart avaient été mis hors d'état de nuire, d'autres étaient toujours en liberté. Et à présent, plusieurs Mangemorts s'étaient échappés. Une chose était sûre : c'était loin d'être un bon présage en ce qui concernait notre avenir.

- Vous êtes sûrs que c'est une bonne idée d'y aller alors que des Mangemorts sont peut-être à vos trousses, demanda Ginny avec une mine inquiète.

- Si nous n'y allons pas, qui d'autres le fera ? dit Luna avec un détachement inapproprié pour la gravité de la situation.

Devant le visage dubitatif de Ginny, j'ajoutai :

- Elle a raison, tu sais. Nous serons cinq, ils seront trois. Nous sommes en majorité numérique. Et si ça se trouve, derrière cette porte, c'est un rat que les élèves ont entendu. Je suis sûre que tout va bien se passer.

Mais au fond de moi, j'en doutais profondément. Je voulais juste rassurer mon amie.

- Ce n'est pas ce que tu as dit tout à l'heure…

- Tu sais, elle dit beaucoup de chose, Hermione, mais ce n'est pas toujours vrai…

Je décrochai un coup de coude dans les côtes de Ron qui avait prononcé cette phrase, ce qui fit rire mes amis.

- Aïe ! s'exclama-t-il en se massant le flac d'un air indigné

- Tu l'as mérité, répliquai-je en jetant un coup d'œil dans sa direction.

Sa remarque, bien qu'inutile pour résoudre notre problème, avait au moins eu le mérite de détendre l'atmosphère.

- Alors, on part quand ? demanda Luna

- Le plus vite possible, répondit Neville. McGonagall souhaite qu'aucun élève ne soit mis en danger. Si des Mangemorts veulent attaquer Poudlard, il faut qu'ils soient mis hors d'état de nuire dès que possible.

- S'il faut se dépêcher, pourquoi ne pas partir maintenant ? proposa Harry

- Doucement, le contrai-je. Il faut se préparer d'abord. Et il faut qu'on dorme aussi. On ne va pas être prêt à se défendre si on n'est pas reposé. Il faut aussi minimiser les risques et être sûr de savoir faire face à ce qui nous attends et…

- Encore une fois, tu réfléchis trop, Mione, me coupa Ron en rigolant.

Je plissai les yeux, menaçante :

- Tu préfères te faire tuer bêtement parce que tu ne t'es pas préparé à toute éventualité ?

- Je rigolais, simplement, dit-il en levant les mains au ciel en signe d'innocence.

- Mais moi je ne rigole pas ! Tu ne sais pas ce qui nous attend là-bas ! Je ne veux pas courir de risques inutiles !

- Elle a raison, me défendit Neville. Il faut se reposer.

Ron leva les yeux au ciel et tourna la tête dans la direction opposée à la mienne. Je soupirai et appuyai mon menton sur ma main. Tout ce que je voulais, c'était le protéger. Protéger tous mes amis, pour que personne ne soit blessé. Mais mon mari ne semblait pas comprendre ça.

- On part demain matin, conclut Neville.

Et personne n'osa contrer sa décision.


Je me trouvai dans une chambre d'enfant, illuminée par les rayons de soleil qui entraient par la petite fenêtre. J'étais appuyée contre un mur de la pièce, la tête renversée en arrière. Je portai mon regard sur mon ventre légèrement arrondi et relevai les yeux pour les promener dans la salle. Des étagères remplies de jouets pour bébé, des vêtements rangés dans une armoire, les murs peints en un bleu clair qui donnait un côté apaisant à la chambre. Et, au centre de la pièce, un berceau, surmonté d'un module représentant des animaux.

Je voulu m'avancer jusqu'au petit lit, mais mes pieds semblaient collés au sol par une force surnaturelle. Je les regardai, incrédule, et marquai un mouvement de recul. Tout le bas de ma chemise de nuit était maculé de sang. Beaucoup de sang.

Je voulu reporter mon intention sur la petite chambre, histoire de me rassurer. Mais à la place, tout était rouge. Maculé de sang. Je voulu hurler mais n'y parvins pas.

Puis tout devint noir.


Je me réveillai en sursaut, et, tremblante, je m'adossai contre la tête du lit pour reprendre mon souffle. Un filet de sueur glacé coulait le long de mon échine. J'avais chaud et froid à la fois, mais surtout, j'avais peur.

J'avais encore fait le même cauchemar. Toujours le même cauchemar, qui me poursuivait toutes les nuits, m'empêchant de dormir.

Je regardai mon mari, profondément endormi à mes côté, allongé sur le ventre, serrant l'oreiller contre lui.

Je sortis du lit pour ne pas le réveiller. Le parquet était froid sous mes pieds nus. J'avais besoin de calme, pour réfléchir.

Je descendis au salon et m'assis en tailleur sur le canapé. Mes mains tremblaient toujours du rêve que j'avais fait. Rêve cruel qui me ramenait sans cesse à la réalité de la situation.

Je le faisais toutes les nuits depuis ma fausse couche. Je n'arrivais pas à tourner la page. Je ne m'étais jamais sentie aussi vulnérable que depuis ma précédente grossesse.

Chaque fois que je fermais les yeux, les images sanglantes se frayaient de nouveau un chemin jusqu'à ma tête. Je voulais garder espoir, mais une petite voix au fond de moi me disait que jamais je n'oublierais ce qui c'était passé.

C'était le 5 novembre de l'année passée. Par une belle journée d'automne, ni trop chaude, ni trop froide. Les arbres avaient commencé à perdre leurs feuilles, et le village était parsemé de couleurs chatoyantes. Le rouge, l'orange, le brun, donnaient au monde une atmosphère de fête.

J'avais été réveillée par un mal de ventre soudain. J'étais à 8 semaines de grossesse et à part quelques nausées matinales, je me sentais plutôt bien. Et tellement heureuse à l'idée de devenir maman.

Mais le mal de ventre était insupportable. Je m'étais recroquevillée en position fœtale pour essayer d'échapper à la douleur. La tête enfuie dans l'oreiller, en sueur, j'avais gémi, soudain inquiète. Etait-ce normal de ressentir cela durant la grossesse ? Ginny n'avait jamais mentionné une douleur pareille.

Je m'étais levée en titubant, peinant à rester debout. Je m'étais rendue dans la salle de bain, et avait constaté avec étonnement que j'avais des pertes de sang.

Je n'étais certes pas experte en grossesse, mais je savais que ce n'était pas normal. Ron n'étant pas là pour me conduire, j'avais pris mon courage à deux mains et je m'étais rendue en vitesse chez mon médecin traitant. Un docteur moldus qui me suivait depuis que j'étais enfant.

Il m'avait écouté en fronçant les sourcils et m'avait passé une sonde sur le bas-ventre. J'avais attendu patiemment, me disant que ça ne devait sûrement pas être trop grave, mais j'avais un mauvais pressentiment.

Puis le médecin avait pris un air qui m'avait inquiété. D'une voix douce, il avait commencé :

- Je suis désolée, Hermione, mais vous venez de faire une fausse couche.

J'avais mis du temps à intégrer l'information. Puis j'avais cru que le monde s'écroulait autour de moi.

- C'est n'est pas rare durant les trois premiers mois de grossesse, et…

Je ne l'écoutais déjà plus. Un bourdonnement résonnait à mes oreilles, couvrant les paroles du médecin.

J'avais imaginé les Noëls en famille, au coin du feu. Les anniversaires. Les premiers pas, les premiers mots, la première fois que je tiendrai mon enfant dans les bras. Tout venait de s'écrouler comme un château de carte.

Le médecin continuait son laïus, sans se rendre compte de ce que je ressentais. J'interceptais quelques mots au hasard, sans comprendre leur sens. « bonne santé », « garder espoir », « aide ». J'avais réussi à entendre une phrase entière sans pour autant en comprendre le sens « chance, pas de curetage nécessaire… »

J'étais sortie du cabinet en ayant du mal à marcher. La tête me tournait, et c'est tout juste si j'étais arrivé à reconnaître ma voiture. Là, assise sur le siège passager, j'avais enfin réalisé la gravité de la situation. J'avais perdu mon bébé. Je ne deviendrais pas mère.

Et je m'étais mise à pleurer.

De longs sanglots déchirants, qui ne semblaient jamais vouloir s'arrêter. Je ne comprenais pas comment c'était possible. Je n'avais pas fumé, je n'avais pas bu, je n'avais rien fait qui avait pu provoquer cette fausse couche. Et pourtant, j'avais dû faire quelque chose de grave. C'était de ma faute, même si je ne savais pas ce que j'avais pu faire pour que ce drame ait lieu.

Toujours en pleurant, j'avais téléphoné à Ron. Après la Bataille de Poudlard, je l'avais en effet initié aux objets Moldus. Il savait se servir d'un téléphone et d'un portable, depuis qu'ils avaient vu le jour. Il avait même son permis de conduire.

Il avait décroché après deux sonneries.

- Allô ?

- Ron ? je… je…

Je n'arrivais pas à parler et je m'étouffais dans mes sanglots. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas réel.

- Hermione ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Tout va bien ?

- Je… c'est…

Je pleurais toujours, je n'arrivais pas à prononcer une phrase entière. J'avais envie de mourir.

- Hermione ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Explique-moi !

Je lui avais répondu par un sanglot encore plus violent que les autres.

- Je rentre à la maison le plus vite possible, d'accord ?

J'avais hoché la tête tout en sachant que c'était ridicule, car il ne pouvait pas me voir.

J'avais raccroché, et mis le contact. Aveuglée par les larmes, j'avais fait le chemin machinalement, manquant de faire plusieurs accidents.

J'étais enfin arrivée chez moi. Mon mari m'attendait sur le pas de la porte. Il s'était précipité vers la voiture, et avait ouvert ma portière. Je pleurais toujours sans pouvoir m'arrêter.

Il m'avait aidé à sortir du véhicule, m'avait conduit jusqu'à l'intérieur de la maison, et m'avait pris dans ses bras, me berçant contre lui, tentant en vain de me calmer. Alors que mes sanglots s'étaient faits un peu moins fréquents, il m'avait demandé :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- J'ai… J'ai… avais-je hoqueté.

Devant son air interrogateur, j'avais réussi à enfin prononcé cette phrase qui me faisait tant de mal :

- J'ai perdu le bébé.

Il avait marqué un mouvement de recul, et j'avais recommencé à pleurer de plus belle, m'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage.

Depuis, je ne m'étais jamais vraiment remise de cet épisode. Et je faisais le même rêve, toutes les nuits, comme si quelque chose refusait que je tourne la page. J'étais triste en permanence, et quand je recommençais parfois à me dire que la vie n'était pas si mal, ce rêve me ramenait à la réalité de la situation. J'avais perdu mon bébé et je ne parvenais pas à tomber enceinte de nouveau.

Puis, soudain, j'entendis quelqu'un descendre les escaliers. Ron devait se demander où j'étais passée. Je sentis un goût de sel sur mes lèvres. Je ne m'étais pas aperçue que je pleurais.

J'essuyai mes larmes précipitamment, ne voulant pas inquiéter mon mari plus qu'il ne l'était déjà, espérant que l'obscurité masquerait mes yeux rouges.

- Hermione ? chuchota Ron.

- Je suis dans le salon, répondis-je d'une voix que je parvins par miracle à rendre assurée.

Il s'approcha de moi et s'assit à mes côtés. Sentant les larmes recommencer à me piquer les yeux, je tournai la tête pour qu'il ne remarque pas ma tristesse. Il passa un bras autour de mes épaules et je me blottis contre lui.

- Encore un mauvais rêve, hein ?

Je hochai la tête et fermai les yeux. Une larme coula sur ma joue, puis une autre. Mon mari me caressa les cheveux jusqu'à ce que je finisse par m'endormir.


Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu! n'hésitez pas à laisser une review et à bientôt! :)