Une boîte de chocolats

Disclamer : James et Lily appartiennent à JK Rowling, je ne fais que les emprunter.

Résumé : La vie c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber...Pour ma part, je suis tombée sur la maladie... Maintenant, je souhaiterais lui prouver que je suis plus forte qu'elle... mais j'ai surtout envie de tomber sur un bon chocolat..fourré praliné. Mon préféré. Et si ce chocolat s'appelait James Potter ?


Chapitre 1

La séance shopping de Katerine n'avait rien d'innocent. Elle souhaitait me changer les idées avant les examens que je devais effectuer deux jours plus tard. Ce n'était qu'une visite de surveillance, où les soignants me feraient une ponction de moelle osseuse et une prise de sang. Une consultation post-traitement pour s'assurer que la moelle osseuse greffée fonctionnait normalement. C'était la deuxième visite depuis la fin des cures deux mois auparavant. Je refusais que mes parents m'accompagnent, j'estimais que je devais affronter ces rendez-vous seule. Ma mère en était peinée mais respectait mon choix, d'où sa résolution de mener la danse à la maison les jours précédents la visite. De plus, j'avais remarqué que les médecins étaient plus francs envers moi, en l'absence de mes parents. Tout au long de la maladie, ils les avaient épargné, choisissant leurs mots avec soin et prudence. Quand j'étais seule, ils ne me cachaient rien et j'appréciais énormément cette franchise. Je considérais être assez mure pour entendre les vérités, sans fioritures.

Le réveil sonna tôt ce matin-là, trop tôt. Je m'étais endormie tard dans la nuit, la gorge serrée, malgré les chansons d'Oasis qui résonnaient à travers mes écouteurs pour me détendre. Quand j'ai enfin réussi à m'endormir, mon corps suant m'a réveillé à peine quelques heures plus tard, me forçant à changer de pyjama. A ce moment-là, mes parents s'agitaient déjà dans la maison. Pour eux aussi, la nuit avait été courte.

Quand je descendis dans la cuisine, ma mère s'affairait dans quelques dossiers, éparpillés sur la table ronde. Elle m'accueillit avec un sourire crispé.

- Bonjour ma douce, dit-elle doucement, alors que je posais un baiser sur sa joue. Je ne t'ai rien préparé, je sais que tu manges guère ces matins-là...

- Tu as bien fait, je n'ai pas faim.

Je me servis une petite tasse de café et le sucrait à outrance, espérant que cela m'aiderait à le boire. Une boite d'Atarax, un léger sédatif, reposait à côté de la machine à café. Je pouvais prendre ce médicament les matins des examens pour me détendre mais je ne le souhaitais pas. J'estimais que mon organisme avait suffisamment pris de traitement pour le reste de sa vie. Les autres ponctions de moelle osseuse s'étaient déroulées sans, je pouvais m'en passer.

Je m'accoudais contre le plan de travail, silencieuse. Les yeux fatigués de Katerine témoignaient de sa nuit agitée et cela me fit culpabiliser. Nous n'avions pas demandé à ce que la maladie s'installe dans notre maison, comme un membre à part entière. Mes parents souffraient de cette situation et je l'accentuais en les écartant du départ de l'indésirable. Mais leur contribution était de trop pour moi.

- Ton père et moi serons toute la journée au cabinet, reprit ma mère. Dès que ton rendez-vous est terminé, tu nous appelles et je viendrais te chercher.

- Ne te fais pas de soucis, je pense que je pourrais rentrer en bus...

- Il en est tout simplement hors de question ! Tes examens ne sont pas anodins et je ne veux pas que tu te promènes seule dans la rue, imagine que des effets secondaires se manifestent ?

Je n'insistais pas et vidais ma tasse de café pleine dans l'évier. Malgré un goût sucré prononcé, cela n'avait pas convenu à mes papilles. Je passais derrière ma mère et glissais une main sur son épaule, que je serrais doucement. Katerine soupira.

- Quelle maman suis-je ? C'est moi qui devrait te réconforter... Je me sens tellement inutile dans ces moments-là...

J'encerclais son cou avec mon bras et posais la tête sur son épaule.

- Non, tu respectes mes choix, c'est différent... Tu prends énormément sur toi et j'apprécie beaucoup. Ne t'inquiète pas pour moi, tout va très bien se passer.

Je ne mentais pas. J'étais étonnement plutôt sereine par rapport à la conclusion de cette consultation. Si le cancer revenait, je pensais le ressentir. Du moins, je l'espérais. Les prémices de la leucémie avaient marqué mon esprit à vif. Je ne pouvais que les reconnaître s'ils surgissaient à nouveau. Ma mère se retourna et glissa une main dans mes cheveux courts.

- J'admire ton optimisme, chuchota-t-elle. Je ne te l'ai jamais dit mais... tu as été fantastique dans ton combat...

- Arrête maman, tu exagères, répondis-je, gênée.

- Si ma chérie, je t'ai vu dans les pires moments et tu avais toujours cette étincelle dans les yeux... Alors que moi, je me cachais dans la chambre pour pleurer et ne pas te montrer ma détresse.

Je la serrais dans mes bras pour dissimuler mon émoi. Elle enfouit son visage dans mon cou et je réprimais difficilement des larmes. J'espérais de tout cœur que cela serait bientôt derrière nous, comme un lointain souvenir.

- J'estime que toute la famille s'en est très bien sortie, tu sais..., repris-je en souriant.

- Mais ta sœur...

- N'en parlons pas, veux-tu !

Elle hocha la tête et plongea à nouveau son regard dans ses dossiers. Je sortis de la cuisine pour aller me préparer à l'étage. Une fois douchée et habillée, je préparais un petit sac dans lequel je glissais mon Ipod, des écouteurs et Si je reste. La consultation commençait rarement à l'heure, d'où quelques munitions nécessaires.

Mes parents m'attendaient dans le hall, fin prêts. Je revêtis un gilet, les rayons de soleil en cette fin de mois de mai réchauffaient encore difficilement mon corps frêle. Le trajet jusqu'à l'hôpital se déroula en silence. Mes parents me déposèrent devant l'entrée et je les embrassais, leur visage cachant mal le désarroi et l'appréhension. Avant de passer les portes coulissantes de l'hôpital, je leur adressai un petit signe de la main et inspirais un bon coup.


Blanc, blanc et blanc. Les couloirs se ressemblaient tous, les gens qui les traversaient aussi. Certains vêtus de chemises fendues bariolées de l'hôpital, d'autres portaient des blouses de différentes couleurs selon la profession et enfin les visiteurs arboraient leurs tenues de civils. Pour ma part, je faisais partie de ceux qui changeraient de costume dans quelques instants.

Le service d'hématologie se trouvait au deuxième étage. Je partageais l'ascenseur avec deux autres patients accompagnés de leur famille. Les écouteurs dans les oreilles, je leur offris un mince sourire de politesse. Les discussions animées et joyeuses raisonnaient rarement dans la cabine. Je descendis à l'étage concerné et saluai mes camarades de voyage. L'étage se divisait en trois grands couloirs. Deux concernaient les hospitalisations à moyens et longs séjours et le troisième recevait les patients venant pour une consultation ou une hospitalisation journalière, pour un examen par exemple. Comme moi. Je m'engageai dedans, les cœur battant à tout rompre. Pourtant très sereine deux heures plus tôt, je sentis une légère inquiétude pointer en moi.

Je me dirigeai vers le bureau des infirmières et fut accueillie par le sourire d'une jeune soignante brune. Je le reconnus de suite. Elle s'appelait Eva et s'était occupeé de moi lors de la dernière consultation. Ma mémoire visuelle fonctionnait énormément depuis le diagnostic du cancer. Je serais sans doute capable de reconnaître chaque visage des infirmières, aide-soignantes et médecins qui avaient gravité autour de ma prise en charge. Ils avaient été ma seule compagnie pendant les longues semaines passées en chambre stérile, durant la première phase de traitement.

- Bonjour, je suis Lily Evans, j'ai rendez-vous pour une prise de sang et un examen de la moelle osseuse, dis-je d'une voix timide, en tendant ma convocation et les étiquettes nominatives que j'avais récupéré un peu plus tôt à l'accueil de l'hôpital.

- Bonjour Lily... j'avoue être toujours autant impressionnée par l'éclat et la couleur de tes yeux, répondit-elle, employant une familiarité qui me plaisait.

Elle me l'avait déjà souligné lors de notre première rencontre. Avant d'être malade, je me lassais souvent de ce compliment, car trop répétitif. Mais j'avais appris à l'apprécier car cela signifiait qu'un peu de vie régnait encore en moi. Cliché... je le concède. Munie de ma convocation, Eva chercha mon dossier et vérifia les modalités de la consultation. Elle revient vers moi quelques instants plus tard.

- Bien tu as rendez-vous dans un petit quart d'heure avec le Dr Webber. Je te propose de faire la prise de sang en attendant.

J'approuvais d'un signe de tête et la suivit dans la pièce adjacente. Il s'agissait de la salle de soins où les infirmières réalisaient les prises de sang et stockaient tout le matériel pour les différents soins. Je m'installai dans le grand fauteuil et relevai la manche de mon gilet. Quelques veines subsistaient encore au niveau du bras droit, malgré les nombreux prélèvements déjà effectués. Eva farfouillait dans différents tiroirs, sortant un garrot, des cotons, du désinfectant et des tubes aux bouchons colorés. Un trop grand nombre de tubes. L'infirmière s'installa à mes côtés, posant son matériel dans un plateau en fer.

- Je sais que ce nombre de tubes peut paraître impressionnant, dit-elle en remarquant ma grimace. Mais je t'assure que c'est minime.

Elle serra le garrot autour de mon bras et le tâtonna à la recherche d'une veine suffisamment importante pour supporter le prélèvement.

- Je crains toujours autant les prises de sang... C'est ridicule, avec toutes celles que j'ai eu ces derniers mois...

- Je dirais plutôt que c'est normal, chaque personne a ses petites angoisses... Comment vas-tu depuis la dernière fois ?

Elle désinfecta la bout de peau où elle avait repéré la veine et enfila des gants en latex. Je savais qu'elle demandait de mes nouvelles pour m'occuper l'esprit pendant l'acte de soins. Je haussais les épaules.

- Je garde plutôt le moral... J'ai repris un peu de poids, même si je ne remplis toujours pas mes vêtements comme il le faudrait. Mais je crois que cela arrange plutôt ma mère, qui a pu ainsi se faire plaisir en m'achetant des nouveaux habits pour cet été.

Eva rigola doucement et je grimaçai quand l'aiguille (pourtant fine) traversa mon épiderme. Je détournai le regard.

- Je la comprends, cela fait parti des petits plaisirs des mamans, tu ne pourras pas l'empêcher. Tu sais, c'est un moyen pour elle de déculpabiliser... C'est un phénomène que nous retrouvons chez de très nombreux parents. Ils considèrent la maladie comme une erreur qu'ils n'auraient pas dû produire et ils cherchent un moyen de la compenser, comme pour se faire pardonner.

Je soupirai.

- Pourtant ce n'est pas de leur faute... Je veux dire, cela m'est arrivé, comme cela aurait pu concerner le fils des voisins. C'est comme ça, personne n'est responsable.

- Toi tu le sais, mais concernant les parents, c'est un processus plus long et l'acceptation survient souvent des années après. Surtout quand les enfants malades sont jeunes.

- C'est étrange, j'ai l'impression d'être plus inquiète pour eux que pour moi-même...

Eva desserra le garrot. Je sentis alors l'aiguille se retirer et un coton imbibé de désinfectant prendre sa place. Je soufflai, satisfaite que cela soit terminé. Le prélèvement de moelle osseuse ne serait pas plus agréable mais au moins, je serais sous anesthésie locale.

- Ma belle, tu es trop mature pour ton propre bien je crois..., répondit la jeune infirmière en apposant un petit pansement sur mon bras.

- Sorti de votre bouche ainsi, je ne sais pas si c'est un compliment, rétorquai-je en souriant.

- Hmm, je concède que c'était un peu maladroit... Tout cela pour te dire que tu dois avant tout penser à toi. Ce n'est pas à toi de tenir le rôle de parents et ils refuseront sans doute que tu leur enlèves cela.

Je remis en place mon gilet et croisait les bras contre ma mince poitrine.

- Que dois-je faire alors ?

- Es-tu déjà aller à des groupes de soutien, organisés par des associations ?

Eva étiqueta chacun des tubes avec les étiquettes à mon nom que je lui avais fourni à mon arrivée. Elle compléta l'ordonnance et rangea le tout dans une petite pochette en plastique, qu'elle déposa dans un petit panier en plastique où d'autres pochettes se trouvaient déjà.

- Ce genre de réunions où nous nous installons en cercle autour d'un monsieur volontaire pour écouter nos jérémiades de jeunes malades ?

- Tu ne manques pas de verve et d'ironie, répondit Eva en rigolant. Oui, je parle de ce genre de réunion.

- Le Dr Webber me l'a suggéré et mes parents aimeraient aussi. Ils souhaiteraient que je rencontre des jeunes de mon âge dans le même cas.

- Qu'est-ce qui t'empêche de le faire ?

- Je ne sais pas, je n'arrive tout simplement pas à m'y résoudre. Est-ce que c'est réellement bénéfique de rencontrer des gens tout aussi malade ?

- Si tu veux mon avis, oui. Car les adolescents qui se présentent dans ces séances sont souvent optimistes, ont envie de se battre et veulent le crier sous tous les toits.

- Vous pensez sincèrement que je suis dans ce cas-là ?

Eva sembla réfléchir. Elle écrivit quelques phrases dans mon dossier, faisant sans doute un résumé de notre conversation et de son ressenti par rapport à mon moral du moment.

- J'ai lu ton dossier Lily...je t'ai rencontré deux fois et... je n'en ai aucun doute.

Elle referma le document et me sourit gentiment. Décidément, j'appréciais beaucoup cette fille. Elle semblait jeune et pourtant déjà si à l'aise dans son travail. Elle se leva et m'invita à la suivre. Nous rejoignîmes une autre salle d'examen, dans laquelle m'attendait le Dr John Webber. La petite cinquantaine, un physique un peu empâté et les tempes grisonnantes, il renvoyait une image rassurante, voire paternelle. Il m'avait suivi tout au long de la maladie, depuis l'annonce du diagnostic. Je l'estimais beaucoup, car très présent et investi. Enfin pour ma part.

- Bonjour Lily, comment vas-tu aujourd'hui ? Demanda-t-il en me serrant la main.

- Pas trop mal...

Je retirais le gilet et le glissait sur le dossier du fauteuil. Je posais mon sac sur le sol, revêtu de lino gris-blanc. Finalement, je n'avais pas ouvert Si je reste, les consultations s'étant enchaînées plus facilement que prévu.

- Désolé d'être aussi direct, mais préfère-tu commencer par l'examen ou la consultation en elle-même ?

- L'examen, comme ça, j'en serais débarrassé.

- Très bien. As-tu pris ta douche à la bétadine ce matin ?

J'hochai la tête. La bétadine scrub, appelée communément bétadine rouge était un savon désinfectant dont on se servait au préalable d'un examen invasif ou d'une opération. J'étais habituée à m'en servir. Simple mesure de précaution par rapport au risque d'infection. Ce produit laissait facilement des traces rouge-orangées dans la baignoire, au grand dam de ma mère, très maniaque.

- Parfait. Tu vas aller te changer dans la pièce à côté. Tu mets la chemise fendue et ensuite Eva viendra te rejoindre pour préparer le matériel. C'est elle qui m'assiste aujourd'hui, dit-il, un sourire confiant éclairant son visage encore jeune.

De nouveau je dodelinai de la tête et gagnai la salle voisine. Je me déshabillai et revêtis la longue chemise, non adaptée pour les personnes pudiques. J'entendis et Eva et le médecin échanger des paroles de l'autre côté du mur. Je crus saisir mon nom et décidais que je ne voulais rien savoir de leur conversation. Je m'installais sur la table d'examen et attendis la jeune infirmière.

Quelques instants plus tard, j'étais allongée sur le côté, la table d'examen à hauteur du Dr Webber. Habillé en stérile, servi par Eva, il se préparait à faire l'anesthésie locale après un asepsie minutieuse au niveau de la hanche. Je grimaçai de nouveau quand l'aiguille, bien plus grosse cette fois-ci, pénétra ma peau. Une sensation de brûlure suivit et je serrais les dents. Lors de la toute première consultation, le médecin m'avait expliqué que la ponction se faisait au niveau de la crête iliaque, à l'arrière de l'os de la hanche. J'avais l'impression que mon corps se souvenait de chaque prélèvement car les piqûres d'anesthésie semblaient de plus en plus douloureuses.

Eva tenta de faire la conversation mais je ne fus pas très réceptive. Cependant je l'écoutais raconter quelques petites anecdotes sur sa vie et plaisanter avec le Dr Webber. Certains patients diraient que c'est un manque de respect mais à cet instant, j'appréciais leur choix d'accepter mon silence.

- Voilà c'est terminé, déclara le médecin derrière son masque, une demi-heure plus tard.

Mes entrailles se dénouèrent soudainement et je sentis mon corps se détendre. L'examen n'avait pas été douloureux en soi mais une inexplicable oppression s'était emparée de moi pendant son exécution. J'entendais Eva ranger le matériel et le médecin jeter les instruments à usage unique ou souillés. Il retira ses gants et m'invita à m'asseoir sur le bord de la table.

- Comment te sens-tu ? Demanda-t-il en s'asseyant en face de moi

- Fourbue et endolorie, comme si je venais de faire une longue séance de sport, avouai-je.

- C'est normal malheureusement. Pas de nausées, de maux de tête ?

- Pas pour l'instant. Je peux me lever ?

- Je vais t'aider, intervint Eva. Je doute que tu apprécies mais je préfère rester à tes côtés pendant que tu rhabilles.

J'approuvais à contrecœur et la jeune infirmière m'offrit son bras pour m'aider à se lever. Une sensation de vertige me fit légèrement tituber et Eva me réinstalla de suite sur la chaise que le Dr Webber venait de quitter pour me laisser un peu d'intimité.

- Ce n'est rien, je n'ai pas pu mangé ce matin, mon corps proteste c'est tout...

- Cela peut être un effet de l'examen aussi, dit Eva, un pli soucieux déformant son front. Ne bouge pas, je vais te chercher un verre de jus de fruits.

J'écoutai son conseil sans broncher et attendis qu'elle revienne. Ma gorge sèche sembla apprécier le jus d'orange et je ne fus pas mécontente de me réhydrater un peu. Eva m'aida ensuite à me revêtir et je pus rejoindre sans trop de difficultés le bureau du Dr Webber. La consultation se déroula rapidement. A la fin, je décidai de lui demander, sans conviction aucune, un document concernant les fameuses réunions entre adolescents et jeunes de mon âge. Le médecin approuva la démarche et m'encouragea vivement de nouveau d'y participer. Je l'écoutais d'une oreille distraite. J'y réfléchirais en tant voulu. Au moment de partir, je lui serrais la main ainsi qu'à Eva les remerciant tout les deux de leur sollicitude.

A la moindre sensation étrange, tu n'hésites pas à nous contacter, recommanda une dernière fois le Dr Webber. La ponction de moelle osseuse n'est pas un acte anodin, il est important d'être attentif au moins effet indésirable.

- Très bien. Quand aurais-je les résultats ?

- D'ici une dizaine de jours pour la biopsie... Et sans doute cet après-midi ou demain concernant la prise de sang. S'il y a le moindre soucis, nous t'en tiendrons informée.

J'hochais la tête et quittais le bureau. Je rejoignis l'ascenseur et envoyai un message à ma mère pour qu'elle vienne me chercher. Mon estomac grognait et je rêvais soudainement de manger un hamburger bien gras avec des frites toutes aussi grasse, accompagnés d'un soda. Je savais que cela n'était pas très conseillé après un tel examen mais j'en avais réellement envie. Est-ce mon corps le supporterait ? Cela serait étonnant.

Assise sur un banc devant l'entrée de l'hôpital, j'attendis Katerine en zieutant distraitement la brochure fournie par le Dr Webber. Les réunions étaient animées par un certain James Potter. D'après les informations fournies, il avait perdu sa maman d'un cancer et souhaitait mettre à profit cette mauvaise expérience pour aider les autres. Les rendez-vous se déroulaient à la bibliothèque, deux fois par semaine, le soir. Un bruit de klaxon détourna mon regard du document. Ma mère me faisait des grands signes de la main au volant de sa voiture rutilante.

- Alors comment ça s'est passé ? Demanda-t-elle alors que je m'assois à ses côtés.

Je pris les lunettes de soleil qu'elle me tendit et accrochait la ceinture de sécurité. Le soleil était au zénith à cette heure de la journée et picotait agréablement la peau. Fait étonnant en Angleterre.

- Je préfère ne pas en parler maintenant si tu veux bien...

- Pas de soucis ma chérie. Je suppose que tu as faim ?

Elle contrôla ses rétroviseurs et s'engagea sur la voie principale, à la sortie de l'hôpital.

- Tu accepterais de m'emmener dans un fast-food ?

Le visage de ma mère s'éclaira d'un grand sourire. Elle savait autant que moi que ce n'était pas raisonnable mais sa joie de me voir réclamer à manger prenait le dessus.

- Que dirais-tu de prendre à emporter et de partager avec ton père ?

Cela me convenait parfaitement. J'approuvai vivement et la voiture prit la direction du restaurant le plus près. Cette journée n'était peut-être pas complètement perdue.