« ********************************************************************* »

- Eh ben, je t'ai connue plus combattive que ça Marine. Tu te ramollis ou quoi ?

- Pas du tout. Je m'économise avant de te donner le coup final

- Tu parles ! Tu ne fais qu'éviter, tu ne pares aucun coup, et c'est à peine si tu en donnes ! Je te fais peur on dirait, c'est nouveau ?

- Ça suffit ! - leur crie Aiolia - Cet entrainement est terminé. Shina, Marine, laissez la place aux autres

- De quoi ? Depuis quand tu interrompt les combats des autres Aiolia ?

- Chacun a le droit d'utiliser cette arène. Elle ne t'es pas réservée Shina

- Nous avions à peine commencé, tu abuses ! Va t'entraîner plus loin ! C'est pas la place qui manque

- De toute façon, j'ai besoin de l'aide de Marine. Il y a des petits nouveaux arrivés d'hier, tu veux bien venir les évaluer avec moi Marine ?

- D'accord

- Mais ?

- A plus tard Shina - - fait Aiolia en partant. Marine le suit à quelques pas derrière. Shina les regarde en croisant les bras. - Bizarre ça !

Une fois dépassés des rochers, Marine rejoint Aiolia, hors de la vision des arènes.

- Ce n'était pas la peine Aiolia ! Je gérais très bien la situation. Si jamais quelqu'un se doute…

- Tu prends trop de risques, je m'inquiétais

- Je t'assure que non ! J'ai évité chacune de ses attaques

- Quand même ! Tu dois absolument arrêter les combats

- Comment veux-tu que je le fasse sans éveiller des soupçons ?

- Alors bats-toi juste avec moi ! Je ferais semblant de te frapper

- Aiolia ! Les entraînements entre castes sont réservés à des événements spéciaux. Ça ne marchera pas !

- Il faut trouver un stratagème ! Et vite. Avant qu'un accident n'arrive

- Bon, as-tu reparlé avec ton frère ?

- Pas vraiment, mais il avait promis de se taire. Par contre, j'ai bien vu qu'il ne nous soutiendrait pas, alors je lui ai menti sur nous

- C'était plus prudent en effet. Tu n'es pas trop déçu ?

- Déçu de quoi ?

- De cette distance qui s'est installée entre vous deux

- J'y ai bien réfléchi, c'était inévitable. Tout d'abord parce que j'ai grandi. J'avais le souvenir d'un être héroïque, un dieu légendaire. Mais c'était une vision d'enfant. La vérité est toute autre

- Et il y a nous. Sans moi, tu aurais pu renouer avec lui et…

- Non mon cœur. Je ne regrette pas notre histoire, crois-moi. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. La plus belle

Aiolia la serre contre lui, et elle appuie sa tête contre son torse.

« ********************************************************************** »

- Tu as demandé une audience. Alors nous t'écoutons, femme. Qu'as-tu à nous dire ?

Mü encourage la servante à s'approcher, mais celle-ci, angoissée d'être devant les deux Popes, tremble sur place.

- Majestés, … j'ai honte de me présenter ainsi devant vous, mais ma conscience m'interdit de me taire. Je… j'ai été témoin d'un crime

Les deux Popes se regardent, intrigués. Saga ajoute, d'une voix qu'il essaie de rendre rassurante :

- Parles sans crainte

- Quelqu'un a bafoué une loi du Sanctuaire, mes seigneurs

- Qui ?

- C'est quelqu'un de haut rang, mais ne devons-nous pas tous respecter la loi ? - - dit-elle avec un soupçon de méchanceté. Il n'était pas dit qu'une simple servante ne pourrait pas se réjouir de la chute d'un être supérieur ! Ils se croyaient tous tellement forts, meilleurs qu'eux, les serviteurs regardés avec mépris, si ce n'était pas battus comme des chiens.

- En effet, aucun passe-droit ne sera accordé. Nous sommes ici pour accorder la même justice à tous. - - explique Mü. - - Explique-nous

- Je suis servante aux thermes. Et … j'ai vu…

- Quoi donc ? - - commence à s'impatienter Saga. Mü le regarde d'un air de réprimande. Il n'oubliait pas son rôle de corégent, qui lui avait été donné par Athéna, pour veiller sur le Sanctuaire en son absence. Son poste sous-entendu était de temporiser les excès de Saga, pour éviter la tyrannie et les intrigues.

- Une des femmes-Chevaliers se baignait. Elle essayait d'être discrète mais j'ai bien vu

- Vu quoi ?

- Elle était enceinte !

- Vraiment ?

- J'ai eu trois grossesses, mes seigneurs, avant de venir travailler pour vos seigneuries, je sais reconnaître les signes. Je n'ai aucun doute sur la rondeur de son ventre

- C'est en effet une faute très grave. Tu dois nous révéler le nom de la fautive maintenant

- C'est… le Chevalier de l'Aigle


aïe aïe, il fallait que cela arrive! Comment vont-ils s'en sortir?