Bonsoir.

Avant tout, merci à tout le monde pour vos reviews et vos encouragements qui font chaud au cœur. Voici le deuxième chapitre des (més)aventures d'Adrian, le petit loup-garou moldu. C'est plus calme

et moins sanguinolent que le premier chapitre, mais les problèmes du quotidien commencent à se faire sentir pour la famille Trell. Bonne lecture!


Chapitre 2

Adrian hurla en se redressant et puis, seulement ensuite, ouvrit les yeux et se réveilla. Joyce avait bondit dès que son fils avait commencé à crier et elle le serrait déjà dans les bras quand une infirmière magique ouvrit la porte de la chambre.

« Madame, laissez-moi le …

- Non ! Vous, laissez-nous ! cria Joyce. Vous croyez que je ne suis pas capable de consoler mon fils ? Vous croyez que je ne sais pas m'occuper de lui ? Qu'est-ce que vous pouvez faire contre ses cauchemars, hein ? Qu'est-ce que vous pouvez faire ? »

L'infirmière battit en retraite, avec un air de profonde vexation, et Joyce berça doucement contre elle le petit être dont elle n'avait fait qu'accentuer la terreur en criant ainsi.

« Manmanmanmanmanmanman… psalmodiait son fils au rythme de ses mâchoires claquantes.

- C'est fini, mon bébé, ce n'était qu'un vilain cauchemar…ça n'existe pas en vrai…rien de tout cela n'existe en vrai.. » souffla-t-elle doucement dans les cheveux de son fils.

Celui-ci se serrait dans ses bras contre sa poitrine et ne semblait jamais être assez proche de sa mère à son goût. Joyce se balançait lentement d'avant en arrière pour le bercer. Ce qu'elle avait dit à l'infirmière n'était pas tout à fait vrai. Consoler Adrian d'un cauchemar était devenu un peu plus compliqué, plus long, moins facile. Parfois, il avait dans ses yeux fixes une telle horreur qu'elle semblait l'empêcher de voir quoi que ce soit d'autre. Il lui semblait alors que non seulement, il ne la voyait plus, mais qu'il ne l'entendait et ne la sentait pas non plus.

Terreur. Quoi qu'il se soit passé, quoi qu'il ait vu le 24 décembre dernier, Adrian en avait été profondément marqué. Il semblait avoir vu le Mal en personne. « Loup-garou » on lui disait. Bon, mais les loups-garous n'existaient pas et Joyce était persuadée que l'attaque d'un loup, même d'un très gros loup, n'aurait pas pu provoquer un tel traumatisme psychologique chez son fils.

Elle-même était encore hantée par l'image de son fils, évanoui de douleur, le corps lacéré et baignant dans son sang. L'image ne la quitterait sûrement jamais de sa vie, mais, elle était adulte, elle pouvait gérer. Elle pourrait trouver les mots pour en parler, en parler à un psychologue et se débrouiller de cela. Mais son bébé, qui ne parlait même pas encore complètement bien ? Qui n'avait d'expérience de vie que trois ans de douceur et d'amour ? Dans quel état sortirait-il de cet enfer et de cette abomination dans lequel on les maintenait depuis une semaine ?

« J'entends que notre petit bonhomme est réveillé. fit joyeusement le docteur en rentrant sans frapper.

- Ca va aller, merci. réitéra-t-elle, plus calmement mais fermement.

- Nous pourrions en profiter pour prendre encore un peu de potion de régénération de sang et d'essence de Dictame ?

- Pas bon ! se plaignit Adrian.

- Mais cela te fait beaucoup de bien.

- Il vous dit qu'il n'aime pas ça ! fit Joyce cassante.

- Il en a besoin, Madame. »

La fureur prit Joyce. Elle se pencha le plus qu'elle put en maintenant son fils contre elle et balaya d'un revers de bras toutes les fioles et autres bols d'onguent multicolores qu'il y avait sur la table de nuit. Le tout se fracassa à terre.

Adrian sursauta dans ses bras. Joyce tourna un regard de défi au docteur.

« Eh bien comme ça, il n'en a plus besoin !

- Madame, vous n'êtes pas raisonnable. C'est pour le bien de votre fils ! »

En se retenant visiblement d'éclater de rage, le sorcier sortit de sa blouse sa baguette.

« Rangez cette horreur ! glapit Joyce.

- Reparo. » déclara le médecin sans prétendre l'avoir entendue.

Mme Trell regarda avec dépit et déception tout ce qu'elle avait réussi à briser se reconstituer aussitôt, sans aucune fêlure apparente. Elle ne pouvait rien contre eux.

« Je sais ce que vous êtes ! Vous êtes une secte ! Vous nous retenez prisonniers ! »

- Nous ne sommes pas une secte. Vous pouvez partir si vous voulez ! »

- Absolument ! Je prends mon fils et je m'en vais ! »

- Sauf qu'Adrian, lui, il doit rester ici ! »

- Vous savez pertinemment que je ne le laisserai pas ! Vous êtes des monstres ! Des abominations de la nature, là, avec vos potions et vos baguettes ! Vous devriez être brûlés en place publique, comme au Moyen-Age ! »

- Oh, à vrai dire, cela ne nous fait pas grand chose… et nous ne sommes pas des monstres. Je parle en exceptant l'être qui a attaqué votre fils, bien évidemment. »

- Je sais bien que c'était l'un d'entre vous ! Regardez ce qu'il lui a fait ! » s'écria-t-elle

Attrapant son fils par le menton elle lui tourna doucement la tête vers le médecin, en désignant les profondes cicatrices qui barraient le visage auparavant si angélique de son petit Adrian.

« Vous êtes forcément complice ! Vous avez défiguré mon fils, vous avez enlevé son cousin et vous avez assassiné Darius.

- Ne mettez pas cela sur le compte de la communauté entière ! La plupart d'entre-nous est absolument pacifique. Nous ne sommes pas responsables des atrocités commises par un seul individu.

- Vous êtes tous des monstres… répéta Joyce.

- Vous aviez déjà confié Adrian à la garde de Darius Grimstone. Avez-vous eu à le regretter ? Il était des nôtres pourtant….

- Ne parlez pas de Darius ! protesta-t-elle pour éviter que toute sa peine ne revienne d'un coup.

- Nous essayons de vous aider !

- Je m'en fiche de votre aide ! Retournez…retournez en Enfer ! cracha-t-elle.

- Et que ferez-vous dans vingt jours, toute seule, sans notre aide ?

- Quoi, vingt jours ? demanda-t-elle, soudain décontenancée.

- Dans vingt jours, ça sera la pleine lune, Madame Trell. Toute la nuit, votre fils subira sa première transformation. Il sera aussi dangereux que l'individu qui l'a rendu comme ça.

- Encore cette histoire de loup-garou ! Vous trouvez que j'ai la tête de quelqu'un qui croit aux contes de fée ?

- Madame, vous devriez sérieusement revoir la liste des choses que vous croyez et des choses que vous ne croyez pas ! Cela fait une semaine que vous vivez dans un hôpital magique ! Vous avez vu plus de magie qu'aucun moldu, même en relation avec notre monde, n'en verra jamais ! Et vous croyez toujours que les loups-garous n'existent pas ? » claqua le médecin d'une voix qui frôlait l'agression

Il fit un pas en avant et, avant que Joyce n'ait pu réagir, tendit la main vers Adrian. Il remonta la jambe de son pyjama jusqu'au genou, laissa le silence s'installer et déclara :

« Croyez au moins ce que vous voyez, Madame. »

Il sortit en laissant Joyce le regard fixé sur la jambe de son bébé. Depuis quelques jours, celle-ci avait la pilosité d'un enfant d'une dizaine d'année.

Une fois la porte fermée, le Médicomage prit une grande respiration, puis une deuxième, histoire de se calmer. Il était lui-même de parents moldus et c'était plus particulièrement pour cela qu'on lui avait confié le cas Trell. A vrai dire, c'était son premier véritable patient attitré depuis la chute de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Avant, le directeur de Sainte-Mangouste avait pris des dispositions pour que le personnel de sang moldu ne soit pas trop sollicité au vu de tous, pour leur propre protection.

Il avait grandit en ignorant tout du monde magique jusqu'à la lettre de Poudlard. Mais Merlin, ses parents ne s'étaient jamais montrés aussi opiniâtrement incrédules que cette jeune femme. Certes, certes, les circonstances n'aidaient pas. Pour commencer, si feu Monsieur Grimstone n'avait pas caché son existence à sa famille, celle-ci n'aurait pas cette réaction de suspicion. Pour les Trell, le monde magique ne serait jamais rien d'autre que cet univers qui avait fait de leur fils un monstre. C'était compréhensible.

Rare, extrêmement rares même, étaient les cas de lycanthropie moldue. Généralement, un moldu pur, un si jeune enfant qui plus-est, ne survivait pas à l'attaque d'un loup-garou. Mais son oncle l'avait tiré à temps des griffes de Greyback. Pauvre enfant, pauvre famille, n'aurait-il pas été préférable qu'il y reste, comme son oncle, ou comme son cousin ?

Le père, Calvin Trell, semblait plus raisonnable. Il ne niait pas l'évidence, à la différence de sa femme. Il avait admis que les plaies ne se seraient pas refermées sans magie, que l'essence de Dictame effaçait lentement mais sûrement les cicatrices, il avait accepté qu'on puisse faire des centaines de choses rien qu'en agitant une baguette de bois, et même que les Loups-Garous existaient. Mais il rejoignait sa femme sur un point : à les entendre, personne d'eux ne seraient jamais capable de s'occuper mieux de leur fils qu'eux.

Calvin Trell s'avançait justement dans le couloir. Le Médicomage se dirigea vers lui.

« Bonjour, Monsieur Trell. Je suis content de vous voir.

- Comment va-t-il aujourd'hui ?

- Oh, de mieux en mieux. Mais… c'est votre femme…elle craque un peu nerveusement.

- Je sais. Ce n'est pas le meilleur endroit pour elle.

- Ce n'est le meilleur endroit pour personne, monsieur, c'est un hôpital. Monsieur Trell, avant que vous n'alliez les voir, je dois vous parler sérieusement.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Calvin la voix soudain inquiète.

- Rien de grave, dans les circonstances données. Je veux juste vous parler d'avenir. Voulez-vous me suivre dans mon bureau ? »

Une fois installé, Calvin jeta des coups d'œil inquiet aux portraits de célèbres Médicomages, qui s'accoudaient au rebord de leur tableau sans même se donner la peine de prétendre ne pas écouter les conversations. Son regard se posa ensuite sur la vitrine où était exposés toute sorte d'appareils médicaux magiques. Il eut une moue de révulsion à la vue de certains instruments dont il ne devait certainement pas saisir la profonde utilité.

« Hum. Monsieur Trell ?

- Oui ? s'exclama le concerné sur un ton d'excuse en se re-concentrant sur lui.

- Bien. Comme je tentais de l'expliquer à votre charmante épouse tout à l'heure, dans vingt jours, la lune serait à nouveau pleine.

- Et alors ? … oh…la légende des loups-garous… elle est vrai alors ?

- Absolument vrai. C'était la pleine lune le soir de l'attaque. Fenrir Greyback était sous l'influence de la pleine lune quand il a agressé votre fils. Il est probable qu'il ne l'a pas voulu. Mais il faut que vous sachiez que rien ne peut retenir la rage d'un loup-garou sous état de transformation. La pulsion d'attaque est plus forte que lui, il ne peut pas lutter contre, il faut qu'il attaque.

- Et vous n'avez pas trouvé de remède contre ça…contre la lycanthropie ?

- Malheureusement non. »

Le Médicomage garda pour lui les recherches actuelles sur une potion permettant d'annihiler l'instinct de rage. Il faudrait encore des années et des années de recherches avant d'obtenir peut-être des résultats. Pour l'instant, ces études sur la plante aconite étaient tenues secrètes, afin de ne pas donner de fausses joies aux loups-garous.

« Non, monsieur, ce dont je voulais initialement vous entretenir, c'est de l'avenir immédiat de votre famille. Je crains qu'Adrian ne puisse rester dans votre famille…

- Pardon ? Pourquoi ? Qu'insinuez-vous ! Quel droit avez-vous pour me retirer mon enfant ? cria brusquement Trell en se levant à moitié.

- Monsieur, je vous prie de garder votre calme. Vous m'avez entendu. Dans vingt jours, votre fils subira sa première transformation. Il n'y en a jamais la nuit de l'agression. Mais en l'état actuel des recherches, il aura à la subir tous les mois de toute sa vie. Je peux vous montrer des photos de ce que cela donne, si vous le désirez.

- Merci… je … ça va aller, pour l'instant.

- Comme vous voudrez. Je dois vous prévenir que les transformations sont très éprouvantes.

- Eprouvantes… ?

- Eh bien, je sais que je peux vous parler en toute franchise. Déjà, c'est extrêmement douloureux, à cause de la transformation brutale et forcée du squelette, et de l'ensemble du métabolisme. Ensuite, la crise de rage de plusieurs heures de suite est épuisante. Il sera fatigué pendant plusieurs jours autour de la pleine lune, surtout après. Léthargique, même, juste après. Et les jours avant la pleine lune, il sera plus irritable, plus réactif… plus sauvage. »

Calvin détourna la tête et posa le visage sur la main, comme s'il voulait se mordre pour ne pas crier son désespoir. Le Médicomage laissa passer un peu de temps, dans un silence pesant. Monsieur Trell n'avait toujours pas le courage de relever les yeux vers lui, plongé dans l'horreur des révélations.

« Vous comprenez qu'il faudra… désormais organiser votre vie autour des cycles d'Adrian. Cela demande… un encadrement rigoureux, je veux dire, une prise en charge considérable une semaine avant et une semaine après la pleine lune.

- Mais… objecta Trell en re-tournant doucement ses yeux vers lui, ne sommes-nous pas, Joyce et moi, précisément les mieux placés pour nous occuper de lui ? Personne ne le connaît mieux que nous ! Il n'a même pas besoin de parler pour que l'on sache ce dont il a besoin.

- Certes, mais vous n'avez aucun moyen de défense.

- De défense ? »

Le sujet le plus épineux était sur le point d'être abordé. Le Médicomage croisa les doigts et s'appuya doucement à son bureau, en se penchant vers le Moldu.

« Monsieur, vous comprenez bien qu'Adrian est désormais… un danger… ? »

Il avait articulé ces trois dernières syllabes avec précaution

« Je…

- Monsieur, je vais être franc. Quand Adrian sera en crise de lycanthropie, peu lui importera que vous soyez ses parents, il voudra vous tuer. Il ne reconnaîtra personne, il ne sera régi que par son instinct…et cela sera un instinct de monstre sanguinaire. Il aura des griffes, des crocs, et ne recherchera qu'une seule chose : le sang. Il va passer sa nuit à tuer et dévorer avec sauvagerie et fureur.

- Il a … trois ans. murmura Calvin comme si c'était difficile.

- Ses forces seront décuplées. Je vous le dis, il est absolument hors de question d'essayer de s'approcher de lui une nuit de pleine lune. »

Le Médicomage hésita et puis se décida à assener un dernier argument.

« Adrian et Darius Grimstone ne sont retrouvés face à un Loup-Garou une nuit de pleine lune. Vous avez vous-même vu ce qui en a résulté… »

- Ca suffit ! C'est bon ! J'ai compris ! »

Sur le coup, Calvin Trell s'était dressé. Il arpenta la pièce pendant quelques temps, puis il soupira, se passa la main dans les cheveux et enfin se tourna vers le Médicomage.

« Mais il est hors de question que Joyce et moi abandonnions Adrian. »

A quelques étages de là, Joyce Trell s'était apaisée. Elle avait reçu de la visite et cela lui permettait de se détendre un peu. Assis sur le lit d'Adrian, Domitius Grimstone émerveillait le petit garçon avec une figurine de chien en plastique qu'il faisait courir dans ses mains.

Debout devant la fenêtre de la chambre, Joyce et Dumbledore les regardaient en silence. Malgré son accoutrement et la longueur de sa barbe, il y avait chez Dumbledore un petit quelque chose qui rassurait Joyce. Une aura de calme et de sérénité, quelque chose comme cela. Le vieil homme, en tout cas, irradiait la force positive et la protection. C'était, avec Domitius, le seul sorcier qui ne lui inspirait pas méfiance.

« Pas de nouvelles de Sylvius ? demanda-t-elle à mi-voix, sans quitter des yeux le spectacle de son enfant riant.

- Non. Quand Adrian sera prêt, il faudra l'interroger… Ce n'est pas encore pour maintenant. On dirait que Sylvius s'est volatilisé.

- Cela ne pourrait pas avoir de rapport avec le fait qu'il soit… vous voyez ?

- Qu'il ait des pouvoirs, comme son père ? Non, il n'en avait pas assez pour disparaître comme cela, même sous le coup de la peur. Comment dire ? Le gène de la magie est puissant, mais la lignée Grimstone s'est uni avec des moldus pendant plusieurs générations de suite. Le pouvoir semblait s'être finalement un peu affadi chez Sylvius. Darius était -et Domitius est- un excellent sorcier, mais Sylvius ne semblait pas avoir hérité de dons magiques en grande quantité. Oh, en les cultivant, il serait très certainement parvenu à un niveau de magie absolument correct.

- Je comprends mieux, maintenant. » murmura Joyce.

Un détail, une conversation avec Darius, lui était revenu en tête :

« Tu as vraiment un fils merveilleux ! J'aimerais bien que le mien soit comme ça, plus tard. avait-elle dit, un jour qu'Adrian était encore nourrisson et que Sylvius amusait tout le monde du haut de ses deux ans.

- Hum, oui, avait répondu Darius. Enfin… il n'est pas tout à fait comme j'espérais…

- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'était exclamé Joyce, légèrement choquée.

- Il est…un peu trop normal…

- Tu préférerais un petit garçon anormal ?

- Je n'ai pas dit ça, Sylvius est juste un peu…banal. Ecoute, ce n'est pas grave. Tu sais à quel point je l'aime ! »

Et Joyce avait relégué cet extrait de conversation au fin fond de sa mémoire, sans plus s'en soucier.

« Oui, il avait bien sûr quand même une place réservée à mon école. Pauvre enfant. rajouta pensivement Dumbledore, tirant Joyce de sa rêverie.

- Votre école ?

- Oui, je suis directeur d'une école de sorcellerie, pour tout dire, -pardonnez-moi-, la plus prestigieuse du Royaume-Uni. J'ai eu Darius comme élève.

- Oh, attendez ! Mouffetard ? Couchtard ? Quelque chose comme ça !

- Poudlard.

- Poudlard, voilà ! J'ai vu le diplôme de Darius. Il est accroché dans leur salon. Il m'avait dit que c'était le diplôme de son école de commerce australienne. »

Dumbledore eut un sourire.

Calvin Trell rentra à ce moment-là dans la chambre. Adrian se désintéressa du petit chien animé et tendit les bras vers son père.

« Comment va mon grand bonhomme ? » demanda-t-il en le soulevant pour l'embrasser.

Joyce quitta Dumbledore pour aller rejoindre son mari qui reposait Adrian sur son lit.

« Comment va Gillian ?

- Pas très très bien…avoua péniblement Calvin, elle a du mal à relever la tête… enfin, elle est chez nos parents.

- Elle pourrait venir ici, je ne l'ai pas vue depuis…depuis qu'on a perdu Darius et Sylvius. Elle me manque… et je sais qu'elle est malheureuse, alors ça me … Je voudrais bien la voir… fit-elle, à court de mots.

- Elle a besoin d'un peu de temps. C'est très dur… » murmura Calvin.

Le regard des époux Trell se croisèrent. La peine se reflétait dedans, et celui de Joyce était même brillant de larmes. La mort de Darius et de la disparition de leur neveu avaient suffisamment bouleversé leurs vies à eux pour qu'ils comprennent aisément que le désespoir de Gillian était bien plus perçant que le leur.

« Tu es un peu en retard. fit Joyce pour changer de sujet.

- Le médecin m'a retenu pour me parler. On a des décisions à prendre, Joyce… »

Sa femme écarta le problème d'un vague geste de la main.