Chapitre 2 :
« 10 septembre :
Cher journal,
Premier jour de cours et première désillusion. Les gens de cette université ne sont au final pas plus intelligents que l'illettré notoire de Central. Ils sont même pires, surtout les garçons. Comment peut-on se faire prendre pour une chaise ?
Heureusement que Riza est venue me voir. Cette fille est chic, quant à lui, Roy Mustang, de ce que j'ai compris, il apprit le sens du terme balourd. Oui, ce type est un balourd.
J'ai enfin appris à quoi ressemblait le « Roi », et pour le coup je comprends Riza. Je crois même qu'elle a été trop bonne en le décrivant comme le roi des bouffons ! Quel doux euphémisme, j'aurais bien volontiers penché pour le Roi des andouilles. Rien que le fit de penser que je vais passer mon année avec un mec comme ça me déprime … oui vive les antidépresseurs, je devrais songer sérieusement à prendre des actions dans cette branche ! Par pitié aidez-moi ! »
Je sens que cette journée n'était que le prologue d'une année absolument … merdique, je n'ai pas d'autre mot pour ça. Résumons.
Hier, Riza a fini de me faire visiter le campus, en évitant soigneusement de se retrouver dans le même endroit que ce fameux Roi … tu parles d'un roi, le roi des crétins oui. Toujours est-il qu'elle est apparue devant moi aujourd'hui quand je m'y attendais le moins. Oui, il a fallu qu'il m'arrive une merde aujourd'hui … pour changer. Je m'explique ? bien parfait … disons pour être simple, que j'étais bien assise dans un coin de l'amphithéâtre et que comme à mon habitude, j'étais le nez plongé dans mes bouquins. Seulement pas comme à mon habitude, encore heureux, je me suis tout simplement fait prendre pour une chaise par le plus grand crétin que la Terre ait porté.
Oui, ce très cher Roi, m'a tout simplement pris pour une chaise, avant de s'apercevoir que la place était prise. Qu'a-t-il fait ? ahh c'est bien là le meilleur. Pas une excuse, rien, il m'a seulement poussé pour prendre ma place. Qu'ai-je fait ? je suis tombée par terre, sous les rires moqueurs des autres et un regard hautain de ce crétin fini.
Ne s'attendait-il pas à voir la porte s'ouvrir sur la personne qui arriva par la suite et qui en me voyant au sol, a froncer les sourcils avant de s'avancer vers moi, provocant un sourire qui se voulait je pense charmeur de ce cher Roy Mustang. Roy qui se fit superbement ignoré par Riza qui se contenta de m'aider à me relever en me faisant un sourire et en me parlant gentiment sous le regard surpris du noiraud.
-Ne fais pas attention à ce balourd indiscipliné. C'est le fameux Roi, me déclara-t-elle en insistant bien sur le dernier mot avec une grimace de dégoût.
-Prononce ce mot avec un peu plus de respect ma belle ! grogna Mustang en la regardant amoureusement.
-M'adresse pas la parole l'empoté. On a pas parcouru les allées de la bibliothèque ensembles ! faudrait-il encore que tu saches où elle se trouve déjà. Winry ça va ? tu ne t'es pas fais mal ?
Je lui ai seulement répondu que tout allait bien, avant de récupérer mes affaires pour m'éloigner de ce type. Dangereux pour ma santé je crois, toxique !
La sonnette retentit. Qui est-ce ? Je n'ai donné mon adresse à personne, du moins je crois. Sortant de la douche, je passe une sortie de bain et vais ouvrir. Mes cheveux mouillés gouttent sur le sol, alors que je regarde Riza qui se tient face à moi. Comment a-t-elle su où je vivais ? et que fait-elle ici ? Elle me sourie doucement.
-Riza ? que fais-tu ici ?
-C'est bien toi ? wahouu j'avais peur de mettre trompé de porte ! pourquoi tu viens pas comme ça à la fac ?
-En sortie de bain ? répondis-je suspicieuse.
-Non ! les cheveux lâchés et sans lunettes je veux dire ! t'es vachement jolie comme ça !
-Tu voulais quelque chose ? finis-je par demander en la faisant rentrer.
-Euh oui …
-Comment as-tu trouvé mon adresse ?
-J'ai mes sources ! bon allez sérieusement, je venais pour savoir si ça t'intéressait d'aller à une fête d'intégration.
-Pardon ?
Je ne vais jamais aux fêtes … mais ça elle ne semble pas le savoir.
-J'y vais jamais, répondis-je simplement en me dirigeant vers ma chambre pour sortir des vêtements confortables.
-Mais j'ai pensé à toi pour le coup, m'expliqua-t-elle depuis le salon. C'est une fête d'IN-TE-GRA-TION !
-J'avais cru comprendre oui merci, soupirais-je en repassant vers elle. Je t'offre quelque chose ? thé, café, chocolat chaud ?
-Un thé merci ! allez quoi ! viens, je pourrais te présenter une personne de ton amphithéâtre.
-Parce que cet idiot n'est pas suffisant ?
-Alphonse c'est pas Mustang. Il est sensible et super gentil. Je suis certaine que vous vous entendrez bien
-Riza je …
-Parfait ! donc je passe te chercher demain après les cours pour aller t'acheter des vêtements convenables pour la soirée et dans deux jours on ferra la fête
-J'ai pas le choix on dirait
-Exactement ! s'exclama-t-elle en me souriant par-dessus sa tasse de thé.
Et voilà, je suis embarqué dans un truc dont je ne connais même pas la portée. Pourquoi faut-il que tout me tombe dessus … et en plus j'ai cassé mes lunettes, tout pour bien faire.
-T'as les yeux super bleus ! observa Riza en me dévisageant.
-Hum, Riza tu veux bien arrêter ça ? j'aime pas trop qu'on m'observe avec autant d'insistance.
-Mais j'y peux rien ! tu es totalement différente de la fac ! et tes lunettes ? tu les mets pas chez toi ?
-Je les ai cassé tout à l'heure.
-Pourquoi tu en portes ?
-…
-T'es myope ? tu vois rien du tout ?
-Tu parles toujours autant que ça ?
-Exact … sauf quand je n'ai pas envie. Allez réponds !
-Juste pour lire. Le reste du temps c'est parce que je ne vois pas l'intérêt de les enlever.
-Tu devrais. Tu as des yeux superbes.
-C'est ça c'est ça … dis moi Riza … ce type là, Roy Mustang … il est toujours aussi balourd que ça ?
-Tu as compris ça …
Elle soupira avant de poser sa tasse fumante sur la petite table basse en me regardant.
-Tu le connais depuis longtemps ?
-Depuis toujours serait plus juste. Nos parents sont amis. Mais quand on était enfant il n'était pas comme ça. Il a changé depuis le collège.
-Comment ça ?
-Les hormones je crois. Toujours à courir après les filles. On ne se parlait déjà plus beaucoup au collège, le lycée encore moins et ici … ici, bah tu vois bien.
-Et pourquoi ? si c'est pas indiscret !
-Tout simplement parce qu'il a fait semblant de ne pas me connaitre … et que je n'en avais pas grand-chose à faire, sauf qu'à chaque fois qu'il venait à la maison, c'était comme si j'étais sa meilleure amie depuis toujours. Bref tu vois le genre, en privé je te connais mais pas en public.
-Mouais … balourd, c'est ce que je disais.
-Exactement ! et toi ? ta famille ? tes amis ?
-Tous dans le sud d'Amestris. Mes parents sont médecins et mes amis sont à l'université de South City. Rien d'extraordinaire, en somme.
-Tu as un copain ?
-Non et j'en vois pas l'utilité. J'ai pas spécialement envie de passer mes journées à me disputer avec un mec. Et j'ai bien peur que devoir passer celle de cette année à supporter ce cher Roi me suffise pour le restant de ma vie.
-Rhohh allez sois pas aussi pessimiste ! tu as bien un genre de mec non ?
-Pardon ?
Je ne peux pas vraiment croire, que je parle de ça avec une fille dont j'ai fait la connaissance la veille seulement. C'est un peu fort pour moi, je crois.
-Bah oui, regarde moi j'aime bien les ténébreux par exemple !
-Mustang ?
-Laisse le tomber celui-là ! allez un petit effort !
-… je ne sais pas. Je ne me suis jamais vraiment intéressée aux garçons
-Aux filles peut être ?
-Non plus. Mais je crois que si je devais avoir des préférences, j'irais vers les blonds.
Oui, le premier homme que j'avais trouvé un tant soit peu digne d'intérêt était un blond. Mais cela ne m'avait de toute façon pas tenu très longtemps, préférant largement le livre que je lisais à l'époque que cet homme.
-Les blonds ? Alphonse est blond tu sais ! me dit-elle en affichant un sourire immense
-Je ne crois pas avoir fait appel à une agence matrimoniale …
-Et son frère aussi. Mais lui c'est un crétin.
-Hum ?
-Il traine toujours avec Mustang … c'est son meilleur ami. Toujours fourrés ensembles, tous les deux.
-J'imagine le genre … et tu veux que je m'entende bien avec son frère … eheh tu rêves !
-S'il te plait ! tu verras Al' c'est pas du tout le même que ces deux loustics là ! d'ailleurs il ne traine jamais avec eux. Ou très peu du moins.
-Je le sens mal cette histoire là, soupirais-je. Vraiment mal …
-Bon, bref, on se voit demain à la fac et après aussi ! à demain ! décréta-t-elle en sortant de mon appartement.
Riza … partie aussi vite qu'elle était venue … ça me fatigue ! Je vais aller dormir, et je crois que ça sera la meilleure idée que j'aurais eut de la journée.
