"- Monsieur, il est enfin arrivé, annonça Jacky.
Il se trouvait dans un bureau médical spacieux. Un homme en blouse blanche assis en face de lui, écrivait tandis qu'il attendait une réponse. Cet homme avait des traits légèrement féminins et bien dessinés, une peau pâle, des paumettes lisses, un menton en V , de grands yeux verts et un nez fin. Ses cheveux bruns bouclaient très légèrement, voire ondulaient.
"- Très bon travail, avez vous prévenu l'équipe..."médicale" ? Demanda-il en accentuant sur le dernier mot. Sa voix était harmonieuse, un peu trop même. D'un mélange de douceur et d'autorité, de charmes et de froideurs.
- Oui, il s'occupe de lui.
- Bien, j'espère que vous ne l'avez pas trop..."amoché". Cela nuirait à notre projet.
- Euh, nous avons essayé, répondit Jacky un peu craintif. Un regard noir se posa sur lui.
"- sachez que si je trouve qu'il n'a été "suivi" correctement pendant les kilomètres qui ont séparé Londres et ici, je vous ferai virer...et vous offrirai le meilleur "adieu". Est ce clair ?
- Oui, monsieur, déglutit-il avant de sortir.
Décidément, ses employers n'avaient rien dans la tête. Ils étaient tous stupides. Enfin, son projet tant attendu allait bientot se réaliser. Un nouveau monde connaitra une nouvelle ère.
Il se leva de son bureau et ne put s'empêcher de sourire. Un sourire de joie et de victoire.
Sherlock ne fut pas surpris de se retrouver dans une pièce inconnue. Grise par les murs. Sans fenêtre, une porte surement bien fermé. Couché sur un matelas, il était toujours attaché les mains dans le dos. Des fourmis commençaient à envahir ses bras. Il tenta de se mettre assis. Il remarqua alors que on lui avait enlevé son manteau et déposé non loin de lui, au sol. Il se mordit les lèvres, frustré par le traitement que l'on adressait à son vêtement favori. Le problème n'était pas là. Que faisait-il là ? Et pourquoi ? Rapidement, il fit le lien avec l'expérience "Race Supérieur". Pourquoi l'avaient-ils enlevés ?
La porte émit un bruit de clé. Quelqu'un venait. Sherlock se colla au mur malgré son reste de sang froid. Il n'avait pas confiance en la suite et était sur que on ne le laissera aucun répit surtout si un certain Moriarty se cachait derrière tous ça, bien que dans le fond, il n'en était pas du tout convaincu.
Trois individus en blouse blanches, masqués, entraient.
"- Prenons le, dit l'un d'eux.
- Que me voulez vous ? S'écria Sherlock lorsque on le toucha.
- C'est pour le bien de l'humanité, M. Holmes."
On lui administra alors une faible dose d'une drogue assez bien pour l'affaiblir et le porter hors de cette chambre.
Sherlock eut un peu de mal à observer autour de lui. Il savait seulement qu'il se trouvait dans un ancien ou pas hôpital. Tout sentait le désaffectant. On le plaça dans une autre salle sur une chaise. Ses poignets furent cependant attachés aux bras de la chaise par des bandeaux en métal. Les individus en blancs sortirent le laissant seul.
Non, il n'était pas seul. Un homme était avec lui. C'était en réalité, l'homme qui avait été prévenu par Jacky. Mais Sherlock ignorait. Tout ce qu'il pouvait déduire, c'est que cet homme était surement un médecin...Il réussit à trouver la force de relever la tête vers celui qui se tenait en face de lui.
"- A qui ai-je l'honneur, souffla le détective en plissant des yeux car il ne voyait que le flou.
- Je suis le professeur Presbury.
En entendant ce nom, Sherlock tressaillit violemment. Il connaissait ce professeur. Que dans les journaux et les rumeurs à ce sujet. Il était à peine majeur quand il en avait entendu parler. Il savait que son frère avait été impliqué pour son arrestation très discrètement sans pour autant être assez connu des journaux. Puis n'en avait jamais entendu parler. Est ce que le professeur souhaitait se venger en l'enlevant ? Non, Mycroft ne l'a jamais vu. Et Sherlock était sur qu'il ignorait les membres de sa famille. De plus, Mycroft faisait toujours attention à ce que le secret de son nom soit garder.
Sa vue devint de plus en plus net. Il rencontra les yeux verts de Presbury qui lui souriait de ses dents extrément blanches. Il fut frappé par le physique de cet homme. Il ne souvenait pas d'avoir vu dans les journaux un homme aussi jeune et d'une beauté presque froide.
"- Vous n'êtes...pas le professeur Presbury, lança-t-il avec mépris.
- Erreur, très cher monsieur Holmes. Je suis le professeur Presbury, celui qui avait été arrêté pour des expériences hors-la-loi envers les...humains.
- Vous n'êtes pas ressemblant à l'homme que j'ai vu dans les journaux...
- J'avais autrefois eu 40 ans, mais maintenant, j'ai l'air d'avoir 25 ans. Ma science, mes expériences, ma chirurgie m'ont abouti à cela."
Il s'assit en face de Sherlock, l'air confortable, gardant son sourire charmeur.
"- Comment ? Voulut savoir le détective ne sachant que dire d'autre.
- Évidemment, vous ne savez rien de ce qui peut se passer dans le monde, dans d'autres pays, d'autres régions que votre Angleterre. Vous savez, vous n'êtes pas le premier, et vous ne serez pas privilégié par rapport aux autres.
- Aux autres ? Tilta-t-il.
- D'autres. Oui, de jeunes hommes élégants, aux qualités exceptionnelles. 3 jeunes hommes...affectés à mon service."
Il appela avec un petit microphone des noms. la minute qui suivit, les trois hommes qui avaient emmené Sherlock dans la pièce, revinrent. Toujours avec leurs masques, seuls les yeux étaient visibles. Sherlock remarqua que leurs yeux étaient d'un bleu verdâtre.
"- Voici ces trois jeunes hommes dont je vous ai parlé. Montrez à monsieur Holmes, ce que vous êtes devenu grâce à moi." Ordonna Presbury à leur attention.
Les trois obéirent machinalement.
Leurs visages n'avaient rien à voir avec Presbury, ni avec les gens ordinaires que Sherlock avait pu rencontrer au cours de sa vie. Non. C'était carrément des poupées en porcelaine. Leurs visages n'avaient presque rien d'humains. Figés tels des statues de marbres, ils se laissèrent observer par Sherlock qui ne pouvait détacher ses yeux d'eux.
Leurs traits étaient tous très bien déssinés, leurs nez bien fins, les yeux bien grands. Ils avaient un magnifique menton qui permettait une proportionnalité à leur visage, des oreilles ressemblant à ceux d'un elfe sans pointe au bout supérieur, des lèvres bien fines mais légèrement pulpeuses. Ils ne souriaient pas, leurs expressions étaient d'une neutralité incroyable. Sherlock remarqua que leurs cheveux étaient aussi bruns que ceux du professeur Presbury. Étrangement, on aurait pu dire qu'ils étaient tous frères avec le Professeur Presbury.
Mais quelques choses clochaient. Oui. Un élément n'allait pas avec ces caractéristiques faciales...Le corps. Leurs corps.
"- Ce ne sont pas des jeunes hommes, murmura Sherlock, mais des hommes mures plus âgés."
Le professeur Presbury l'entendit tout de même. Et se rapprocha du prisonnier.
"- Vous êtes très fort. Je vois que mon choix portait sur vous était le bon.
- Comment ? Comment avez vous fait ? Ce ne sont pas leurs vrais visages, ce ne sont que...qu'une sorte de chirurgies esthétiques, se choqua Sherlock.
- Ce sont des expériences, des prototypes. Des personnes qui ont été à mon service depuis mon début de carrière. Des personnes qui ont changé leur apparence pour une autre.
- Et que sont devenus vos trois jeunes hommes ?
- Ils nous ont été bien utiles. Ils ont pu rendre l'Humain plus moderne, plus beau.
- Que sont-ils devenus, coupa froidement Sherlock avec insistance, vous les avez tués ?
- Ils sont morts parce qu'ils le devaient pour le "bien de l'Humanité"." Cracha le professeur.
Encore ces mots. "Le bien de l'Humanité".
"- Quand j'aurai fini mon expérience final, quand les derniers éléments de perfection auront été trouvés, une nouvelle race naitra. La Race Supérieur."
Des frissons parcoururent le corps de Sherlock qui comprit maintenant ce que craignait les SDF. Devenir comme ces trois individus changés en poupées presque en robots.
"- Les êtres humains vivront dans une jeunesse belle et éternelle. Ils seront magnifiques, forts, puissants, courageux.
- Vous comptez les manipuler comme ceux-là qui ne savent que vous écoutez ? Vous croyez qu'ils accepteront une telle...chirurgie ?"
A cette question, le professeur éclata de rire.
"- Monsieur Holmes, vous êtes tellement intelligent. Je suis sur qu'ils accepteront car j'ai crée une pilule qui permet d'effacer tous éléments négatifs à mes idées. Je suis pratiquement leur cerveau. Mais pour l'instant, ils ne sont réservés qu'à mon personnel. Je ne compte pas vous le faire prendre. Non, je veux que vous gardiez toute votre tête. Votre esprit."
