Commentaire d'auteur :
Hello mes loulous ! Comment ça va vous ? Moi je peux vous dire que je pète la forme, et c'est grâce à vous !
En effet, je ne m'attendais absolument pas à ce que cet OS vous plaise à ce point et je vous remercie infiniment pour votre accueil ! Comme je l'ai dit dans mes réponses de reviews à certains, j'ai faillit abandonner l'écriture de ce texte à deux reprises en me disant que ça ne plairait pas et vous m'avez démontré le contraire, je ne sais pas quoi dire à part merci !
C'est pour cela que même si à la base faire une suite ne me tentait pas plus que cela, j'ai totalement changé d'avis grâce à vos adorables reviews, vous pouvez donc vous applaudir de m'avoir fait changer d'avis ! Allez-y, vous avez le droit ! ^^
Je l'ai donc terminé en moins de trois jours, oui encore 20k de mots en trois jours, j'ai l'impression que je vais mourir et dès que j'aurai posté cette suite, je vais migrer loin de mon PC que j'en suis venue à détester durant ces trois jours - si je continue à taper sur un clavier va y avoir un meurtre ! XD En plus de cela, je l'ai finit cette nuit à quatre heures du matin, sachant qu'il faisait chaud par chez moi et donc vingt-huit dans ma chambre avec ce crétin d'ordi qui chauffait sur mes jambes - c'était l'enfer, faut vraiment que je vous adore pour subir tout ça ! XD
Sachant qu'il m'a fallut également deux heures et demi ce matin pour répondre à touts vos reviews (ça m'apprendra à le faire au dernier moment tiens!) j'ai le dos en compote et des cernes de dix kilomètres ! x'D Je vous laisse donc avec ce texte, on se retrouve en bas où je devrais vous dire certaines choses importantes dessus ! :D
PS : Je n'ai pas vraiment corrigé ce texte, je l'ai fini à 4h bordel, il fallait que je dorme ! XD et puis je me dépêche de poster car on va aller m'acheter de quoi refaire ma chambre une seconde fois (oui, une lubie, ma mère et moi ça ne nous plait plus ce qu'on avait fait il y a quelques années XD) et je serait absente toute l'aprèm, donc je voulais poster avant ! :D
Partie 2
Six mois. Six longs mois depuis que Peter avait réussi à voler un baiser à Tony et depuis, eh bien, les choses étaient devenues terriblement frustrantes.
Comme le milliardaire l'avait promis, il pouvait continuer à venir autant qu'il le souhaitait, travaillant tous les deux sur des projets toujours plus incroyables les uns que les autres, et le plus vieux faisait comme si ce qu'il s'était produit, ainsi que leur discussion n'avait jamais eu lieu. Dans un sens, cela avait rassuré le plus jeune, qui avait peur que Tony ne se referme après cela et ne souhaite plus le voir - mais d'un autre côté, être de nouveau considéré comme un ami, ou encore le gamin qu'il se savait être, c'était une torture.
Au moins, durant ces six derniers mois Tony ne lui avait pas fait l'affront de ramener des conquêtes à la tour, même les soirs où l'araignée restait dormir dans une chambre d'amis car ils avaient bossé trop longtemps dans l'atelier. Il ne savait pas si le plus vieux se sentait coupable et n'osait pas, ou tout simplement que l'envie de ramener des gens lui était passée, mais dans tous les cas Peter en était satisfait, car il n'aurait pas supporté de voir une quelconque fille suspendue à son bras, battant des cils et tentant de mettre le grappin sur l'ingénieur pour sa célébrité et son argent, ne connaissant rien de lui et de ce qu'il avait traversé par le passé, contrairement à lui.
Quoiqu'il en soit, Peter avait l'impression que ces six derniers mois étaient passé à une lenteur exaspérante. Avec l'approche de ses examens de fin d'année, les derniers avant d'avoir la chance d'entrer au MIT, il pouvait heureusement penser un peu à autre chose que Tony, même si ce dernier lui revenait bien trop souvent en tête pour que ce soit sain - il n'était pas sûr de réussir à tenir jusqu'à ses vingt-et-un ans, pour être honnête, ni même à continuer de cacher ce qu'il ressentait de cette manière, alors que Ned commençait à se poser des questions quant au fait qu'ils ne se voyaient quasiment plus.
Pour ce qui était de sa tante, il avait été difficile de la démentir alors qu'elle était déjà persuadé que Tony le voulait - il lui avait fallut mentir, lui raconter qu'il avait clairement posé la question à l'ingénieur qui lui avait juré que non, il n'y avait rien de ce genre, et elle l'avait finalement cru, le laissant tranquille avec cela, se disant que c'était peut-être simplement un moyen pour Peter d'avoir une nouvelle figure paternelle à présent manquante. Si elle savait qu'il s'était jeté sur les lèvres du milliardaire de lui-même, elle en ferait une syncope...
Soupirant un peu, Peter tenta de chasser ces pensées parasites de son esprit - elles revenaient sans cesse, s'agrippant à lui comme des sangsues dégoûtantes - et de se reconcentrer sur ce qu'il était en train de faire, c'est-à-dire observer Tony à la dérobée plutôt que de continuer à travailler sur les répulseurs de l'Iron man.
Le plus jeune était d'ailleurs ravi de cette confiance que lui avait donné Stark un mois plus tôt pour trafiquer son armure avec lui, lui demandant même conseils sur certaines choses et posant des questions pour voir ce que Peter savait répondre. C'était incroyable d'en être arrivé là et c'était comme avoir un prof particulier absolument génial - même s'il continuait de travailler sur ses cours évidemment, malgré leur simplicité qui lui semblait presque enfantine.
- Est-ce que c'est toi qui a le tournevis à six pans ? demanda l'araignée en regardant partout sur sa portion de bureau, fronçant les sourcils.
Sans un mot, Tony lui tendit ce qu'il cherchait, et cela donna l'occasion au plus jeune de le fixer - il n'y avait pas à dire, depuis qu'il était arrivé ici après les cours, il trouvait que l'ingénieur se comportait d'une drôle de manière, évitant son regard et parlant peu - certes, il n'était pas quelqu'un de bavard, mais là cela crevait les yeux.
- Quelque chose ne va pas ? lui demanda-t-il innocemment, commençant à trifouiller le répulseur du bras droit de l'armure où se trouvait un faux contact.
Tony arrêta ce qu'il était en train de faire, lâchant un léger soupir tandis que sa main se crispait sur un bout d'armure. Il laissa passer quelques secondes avant d'inspirer à fond comme pour se donner du courage, reprenant son travail tout en avouant du bout des lèvres, dans un souffle presque tremblant, inquiet :
- Steve va revenir à la tour.
- Quoi ?!
Le cri s'échappa de la bouche de Peter alors qu'il se redressait d'un bond, quittant son tabouret et ce qu'il était en train de faire, jetant un regard choqué à l'ingénieur. Voyant que ce dernier ne réagissait pas, il continua :
- Pourquoi ?! Pourquoi il revient, et pourquoi maintenant ?!
Tony se contentait de rester silencieux, penché sur son armure comme s'il était seul dans la pièce, et l'estomac du plus jeune se tordit, alors qu'il s'exclamait, une pointe de colère au fond de la voix, commençant déjà à perdre patience :
- Tony !
Ce dernier soupira à nouveau et arrêta ce qu'il faisait, lâchant son tournevis et agrippant son T-shirt entre ses mains pour éviter que Peter ne les voit trembler - mais l'araignée l'avait remarqué, évidemment. Levant les yeux jusqu'à lui, le plus vieux pinça les lèvres avant d'avouer :
- Le lieutenant Ross ainsi que Fury ont réussi à le retrouver et passer une sorte de marché avec lui. Bucky est lavé de tous ses crimes à la nation et en échange, ils doivent tous les deux signer les accords, ayant évidemment la possibilité de les faire modifier à notre convenance par la suite en faisant pression sur les gouvernements, puisqu'ils ont besoin de nous et qu'on devrait avoir gain de cause sans trop de mal.
Sa déclaration laissa le plus jeune bouche bée et son coeur se serra douloureusement tandis qu'il ajoutait, tentant de cacher l'amertume de sa voix :
- Et en quoi a-t-il besoin de s'installer à la tour ? La base du SHIELD n'est-elle pas amplement suffisante ?!
- Fury a pretexté que c'était pour reformer l'équipe et tenter d'oublier ce qu'il s'était produit en Sibérie.
Un ricanement amer s'échappa de la bouche du plus jeune, tellement hors contexte de sa personne que cela fit mal à Tony - parce que Peter n'était pas ce jeune homme moqueur et si dégoûté, il ne devrait même pas avoir à se soucier de cela, pourtant il se mettait volontairement en plein dedans.
- Je crois que cette tour est encore la tienne, jusqu'à preuve du contraire, ils n'ont pas le droit de t'obliger à les héberger ! continua l'étudiant d'un air sûr de lui, cherchant sûrement à se rassurer.
Le silence anormalement long qui suivit sa déclaration l'inquiéta, et ce fut d'une voix beaucoup moins assurée, incertaine qu'il demanda doucement :
- Tony...?
- Je n'y suis pas obligé. J'ai accepté.
Cet aveu laissa Peter bouche bée un instant, se demandant s'il avait bien entendu et s'il n'était pas en train de rêver - ou plutôt, de vivre un vrai cauchemar - et un frisson de peur le parcourut. Pourquoi Tony souhaitait-il tellement laisser Steve revenir ici comme s'il n'était jamais parti, comme si'l n'avait rien fait de mal ? Ne l'avait-il pas lui ?
Oh, il savait bien que la comparaison n'était pas fameuse, il ne faisait pas le poids face à Captain America après tout, mais se voir ainsi écarté par le retour du blond le rendait nauséeux - comment pourrait-il attendre jusqu'à ses vingt et un ans sans oser approcher Tony si Steve revenait ? Si ses chances volaient en éclats parce que le brun était toujours intéressé par le soldat ?
- Pourquoi ? As-tu vraiment besoin de sa présence ici ?! demanda-t-il, la voix un peu plus apeurée qu'il ne le voulait à l'origine.
- Peter- commença le plus vieux, une grimace triste sur le visage.
- Ne suis-je pas suffisant pour toi ?
- Peter ! s'exclama Tony avec force, poussé à bout, son regard bouleversé se plantant dans le sien, lui faisant manquer un battement de coeur, devenu affolé.
Il savait bien qu'il réagissait comme un enfant, un gamin jaloux qui ne voulait pas partager ce qu'il considérait déjà comme sien - mais ce n'était pas le cas, pas encore, Tony restait volontairement hors de portée pour qu'il ne puisse l'atteindre, et il acheva de creuser ce fossé entre en ajoutant sans oser le regarder en face :
- Je ne comprends pas pourquoi tu réagis de la sorte, cela ne te concerne pas.
- Comment peux-tu dire une chose pareille ?! releva Peter, tentant de cacher ses yeux - parce que merde, ils devenaient larmoyants et il ne voulait pas pleurer, même s'il avait mal, même si Tony l'éloignait de lui encore plus que six mois plus tôt.
- Je ne t'appartiens pas, Peter ! s'écria finalement le milliardaire, poussé à bout, frappant violemment sur le bureau alors qu'il se redressait d'un bond, lui jetant un regard qu'il voulait glacial - mais il semblait tout aussi perdu que lui.
Ses paroles arrachèrent un glapissement de stupeur de la part de l'araignée qui recula d'un pas, comme frappé en plein coeur et cette fois, qu'on le pardonne mais il ne put empêcher son regard de s'emplir de larmes pour de bon - il détestait réagir ainsi, et pourquoi n'était-il pas plus vieux... Pourquoi ne savait-il pas gérer ce genre de situation, bon sang !
- Je le sais mieux que personne, cracha-t-il en guise de réponse, l'air blessé. Puisque tu ne me laisses même pas approcher.
Le visage furieux de Tony se transforma en grimace et il baissa la tête d'un air coupable et sa voix trembla un peu lorsqu'il ajouta, même pas sûr de ses propres paroles :
- Je te l'ai déjà dit l'autre fois, tout ça n'est pas possible, ne t'obstine pas.
- Alors tu préfères te rabattre sur le Cap ? Tu penses que ce sera moins choquant ?! lui cria le plus jeune avec hargne, son corps tremblant sans qu'il ne puisse plus rien contrôler.
- Ce n'est pas ça, répondit le brun d'une voix presque suppliante, lui jetant un regard désespéré. Il n'y aura jamais rien, d'accord ? Jamais, je...
- Depuis combien de temps es-tu au courant de son arrivée ? le coupa soudainement le lycéen, se rendant compte que l'air mal à l'aise de Tony était plus que louche.
Ce dernier n'osait pas le fixer, l'air véritablement désolé et un nouveau grognement frustré s'échappa des lèvres du plus jeune qui l'interpela de nouveau, le faisant relever les yeux jusqu'à lui pour répondre :
- Cela a été décidé il y a un mois durant une réunion. Steve arrive dans cinq jours.
Le plus jeune eut comme l'impression d'avoir une pierre aussi lourde que le plomb qui le clouait sur place en entendant cela, sa voix se faisant un peu faible tandis qu'il demandait, comme s'il refusait d'y croire :
- Tu es au courant depuis un mois...et tu ne me préviens que maintenant ?!
- Je ne voulais pas que nous nous disputions, avoua le plus vieux d'un air triste, attendrissant presque son interlocuteur sans même le vouloir.
Ce dernier eut un reniflement dédaigneux et lâcha :
- Tu accuses le capitaine Rogers de t'avoir caché la vérité, mais ne fais-tu pas la même chose avec moi ?
- Mais ce n'est pas quelque chose d'aussi grave ni même important ! s'exclama Tony pour se justifier, agacé que le plus jeune compare cette info au meurtre de ses parents.
- Pour moi, ça l'est, se contenta de répondre Peter.
- Tu en fais trop, on dirait un caprice d'enfant, soupira Stark en guise de réponse, l'air las.
Peter en avait assez entendu, il avait déjà l'impression d'avoir le coeur au bord des lèvres et sur le point de fondre en larmes mais elles se contentaient de rouler sur ses joues sans un bruit, silencieuses alors qu'il voulait hurler, sangloter et avoir Tony - ce n'était pas possible, les choses n'étaient pas ce qu'il voudrait qu'elles soient, Stark le lui avait déjà dit par le passé, les déceptions faisaient partie de la vie et celle-ci était la plus amère de toutes.
Se détournant, il ramassa son sac posé dans un coin, jetant un dernier regard à Tony qui lui tournait obstinément le dos, les épaules basses - et s'il entendit le cri de frustration du plus vieux lorsqu'il quitta l'atelier, ce n'était désormais plus son problème.
Il en avait assez de se soucier d'aimer quelqu'un qui s'interdisait de le lui rendre alors qu'il en avait tellement envie au fond - ou à tout le moins le considérer pour cela, tenter de comprendre son point de vue. Il se sentait si fatigué, et il n'avait même pas dix-neuf ans...
Ce n'était plus de son ressort désormais, n'est-ce pas ? Steve le remplacerait à merveille, si lui n'était pas assez bien.
- Tout va bien Peter ? questionna Ned en mettant le jeu en pause, lui jetant un regard concerné.
L'interpelé fronça des sourcils, faisant comme s'il ne comprenait pas la question, ignorant son coeur serré dans sa poitrine tandis qu'il répondait pas automatisme, comme Tony avait toujours su le faire lui aussi :
- Ouais évidemment, pourquoi ?
- Tu as l'air totalement ailleurs. Je veux dire, depuis quelques mois t'es bizarre mon pote, on dirait que tu planes à quinze mille les trois quarts du temps, mais depuis trois jours on dirait que t'es même plus sur la même planète que nous !
L'araignée n'était pas aussi douée que Stark pour mentir sur son état, bien malheureusement, et son air assuré se transforma en grimace peu discrète tandis qu'il baissait les yeux sur la manette entre ses mains, l'esprit de nouveau ailleurs. Voilà trois jours qu'il s'était disputé avec Tony et depuis ce dernier lui avait envoyé bon nombre de SMS et l'avait appelé presque autant de fois. Peter l'ignorait tant bien que mal mais son humeur ainsi que sa concentration ces derniers jours s'en était retrouvée grandement affectée.
- C'est le stress des examens, rien de plus, mentit-il à son meilleur ami.
Ce dernier eut un sourire amusé, semblant le croire sans problème alors qu'il lui affirmait joyeusement, cherchant à le rassurer :
- Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes, t'as vu un peu ton niveau ? Si tu ne réussis pas ces examens, personne n'y parviendra !
- Je suppose...répondit-il d'un air hésitant, l'air incertain.
- Mais si je te le dis ! Bon, prêt à te faire exploser ? continua Ned en lui désignant l'écran de jeu mis en pause.
- C'est toi qui va mordre la poussière ! répliqua le plus jeune en attrapant sa manette, ignorant royalement son téléphone qui se mettait à vibrer pour la énième fois dans sa poche.
Peter ne rentra qu'en fin d'après-midi chez lui, saluant May qui était en train de préparer le diner et discutant un peu avec elle des cours et du temps qu'il avait passé chez Ned - et il se sentait coupable de lui faire croire qu'il passait tout son temps chez lui après les cours mais n'avait pu s'en empêcher ces six derniers mois, même s'il était pas allé à la tour Stark ces trois derniers jours.
La laissant finalement terminer ce qu'elle préparait, il reprit son sac sur son épaule, grimpant les quelques marches menant à sa chambre avant de refermer la porte derrière lui, jetant ses affaires de cours dans un coin de la pièce sans plus s'en préoccuper, son téléphone se mettant à vibrer encore une fois dans sa poche avant même qu'il n'ai le temps de faire autre chose d'autre. Lâchant un soupir agacé, il récupéra l'appareil, fixant le nom de Tony sur son écran qui s'afficha en même temps qu'une photo qu'il avait prise en douce dans l'atelier, ne sachant quoi faire. Le brun le harcelait depuis trois jours et il n'était pas sûr de vouloir avoir cette discussion, mais elle était essentielle et la repousser n'était pas non plus la meilleure des idées. Finalement, il décrocha sur la dernière tonalité, se mordant la lèvre inférieure alors qu'il portait l'appareil à son oreille, attendant quelques secondes avant que la voix de l'ingénieur ne demande :
-...Peter ?
- Ouais ?
Si la voix de l'étudiant sonna plus sèche qu'il ne le souhaitait, il ne tenta pas de détendre l'atmosphère tendue pour autant, attendant de savoir pourquoi Tony le harcelait de cette manière - pourquoi ne s'était-il pas déplacé pour lui parler si c'était si important, après tout ?
- Ecoute, par rapport à l'autre jour...commença le plus vieux d'un air hésitant et mal à l'aise - Peter n'allait certainement pas lui faciliter la tâche, le laissant parler sans rien dire. Je crois que...je te dois des excuses.
Peter ne répondit rien à cela, parce que c'était trop facile ainsi, et peut-être que c'était encore un caprice mais cela n'était pas suffisant, pas après le "Il n'y aura jamais rien" qu'il lui avait presque craché, lui meurtrissant le coeur comme s'il ne s'était agit que d'un jeu - c'était tout sauf un jeu et il souffrait depuis trois jours, alors il ne l'aiderait pas dans cette conversation.
- Je...bon sang, ça à toujours été difficile pour moi de dire ce que je veux correctement mais...tu dois savoir que si je te ne l'ai pas dit, c'est que je ne voulais pas que nous nous disputions comme nous avons fini par le faire - je ne veux pas me disputer avec toi, Peter. Cette situation est déjà assez stressante pour moi et je voulais juste t'éloigner de toute cette merde - ce n'est pas à toi de gérer mes erreurs.
Cette fois-ci, le plus jeune ne put se taire plus longtemps et la question s'échappa de ses lèvres, presque outrée, comme s'il n'y croyait pas lui-même :
- Comment peux-tu encore dire que c'est de ta faute ? Nous avons déjà parlé de ça il y a quelques mois, tu t'en souviens ?
- Je sais, je sais, le coupa le plus vieux en lâchant un soupir, l'air un peu perdu. Je, j'ai juste...je suis terrifié, ok ? Je n'ai pas envie de me retrouver face à Steve et ses reproches, je ne veux pas me sentir à nouveau misérable alors que ça va mieux depuis que tu es là...
Son aveu arracha un faible sourire au brun et il s'adossa à la porte de sa chambre, ses doigts tapant dans un rythme distrait sur le bois un peu écaillé alors qu'il demandait soudainement, avide de savoir :
- Est-ce que tu... Est-ce que tu comptes lui parler de ce que tu ressens pour lui ?
C'était la question à un million de dollars, celle qui lui crevait le coeur parce que lui serait malheureux, mais qui était-il pour juger Tony et l'empêcher d'accéder au bonheur ? - si tant est que le Cap ressente la même chose, rien n'était moins sûr, et Peter était égoïste mais il espérait que non car le blond ne méritait pas Stark.
- C'est différent maintenant, souffla l'ingénieur en guise de réponse - et l'araignée sentit son coeur s'emballer stupidement avant de questionner dans un souffle, l'espoir gonflant stupidement au fond de sa poitrine :
- En quoi est-ce différent ?
- Tu es là.
Et rien qu'avec ces trois mots, il semblait au plus jeune que Tony avait tout dévoilé, que c'était là le coeur de tout ce qui leur arrivait.
- Tu n'as pas à te soucier de ce que je peux ressentir dans toute cette histoire, lui confia doucement le plus jeune - il se choquait lui-même d'une telle maturité et d'une telle gentillesse, cachant son désir égoïste d'avoir l'ingénieur pour lui tout seul au fond de lui.
- Je m'en soucie, le contra Tony dans un murmure qui lui semblait avoir été arraché d'entre ses lèvres. Plus que tu ne le crois.
Il sembla à Peter qu'une éternité s'écoula, alors qu'il ne pouvait plus effacer ce sourire triste de ses lèvres et que Tony ajoutait finalement :
- Je dois être honnête avec toi, au moins cette fois. Je crois qu'il y aura toujours un truc avec Steve, et ça ne sert à rien de m'en cacher. Avant que tu ne sois là, il a été celui qui m'a tiré vers le haut, qui m'a donné l'impression d'être chez moi de nouveau, d'avoir vraiment quelqu'un à protéger, tu sais ? Mais je ne pourrais jamais vraiment lui pardonner complètement, pas ça. Mais celui que je ne peux m'enlever de la tête depuis plus de six mois c'est toi, Peter.
Le lycéen sentit presque son souffle se bloquer dans sa gorge et un sourire se glissa sur son visage, sentant son coeur s'emballer brusquement alors qu'il glissait au sol, le dos appuyé contre sa porte de chambre et la main crispée sur son téléphone, fermant un peu les yeux pour se concentrer sur la respiration et la voix de Tony, à peine déformée de l'autre côté du fil.
- Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi, moi aussi.
Il y eut un silence durant lequel ils se contentèrent d'écouter la respiration de l'autre, ne se rendant pas compte à quel point cela les apaisait, et Peter finit par avouer :
- Tu me manques.
Cela ne faisait que trois jours qu'ils ne s'étaient pas vus et déjà cela lui pesait sur la poitrine, il voulait juste continuer à le regarder, se nourrir de cette vision qu'était l'ingénieur, le regard étincelant lorsqu'ils partaient dans des théories compliquées ou qu'il lui montrait une invention un peu bizarre mais plutôt cool qu'il avait bricolé entre deux cours d'anglais et de chimie.
- Je sais, se contenta de répondre le milliardaire - et l'étudiant savait sans avoir besoin que ce soit formulé à voix haute, qu'ils ressentaient cette même pression, ce trou dans la poitrine tous les deux lorsqu'ils étaient trop éloignés l'un de l'autre trop longtemps.
- Steve arrive dans deux jours, samedi matin, fit Tony après un instant de silence. Je...je ne suis pas sûr de pouvoir faire face seul...est-ce que tu viendras ?
Un sourire prit place sur le visage de Parker et il ferma un instant les yeux, appréciant la sensation de son coeur s'emballant face à cette simple demande - parce que c'était Tony, Tony qui lui demandait un soutien, parce qu'il ne pouvait pas gérer cela tout seul, et qu'il aurait pu demander à Pepper ou Rhodes, mais c'était après lui qu'il demandait.
- Bien sûr que je viendrais, lui assura-t-il avec douceur. J'ai dit que je serai toujours là quand tu auras besoin de moi, et je tiendrais parole.
- Merci, se contenta de répondre Tony face à une telle déclaration - et Peter ne le savait pas, mais l'Iron man avait les larmes aux yeux.
Ils s'écoutèrent encore un instant respirer, bercé par l'autre avant que Stark ne finisse par dire :
- Je dois te laisser...pas mal de trucs à préparer pour...tout ça, quoi. On se voit demain ?
Une légère grimace prit place sur le visage du plus jeune et il avoua :
- C'est vendredi et May voulait qu'on se fasse un ciné, je ne vais pas lui dire non au dernier moment...
- Je comprends, lui répondit l'ingénieur avant d'ajouter, comme s'il n'était pas certain : A samedi matin, alors ?
- Oui, samedi, répondit Peter avant de finalement raccrocher.
Il fixa un instant son téléphone entre ses mains, l'appréhension grondant dans sa poitrine - il ne voulait pas voir Steve, il ne voulait pas le voir approcher de Tony mais il n'y avait pas d'autre solution, au moins serait-il là pour aider l'ingénieur. Et si le captain se faisait trop détestable, il devrait prendre son courage à deux mains et le remettre à sa place car Stark serait bien trop fragile pour le faire lui-même.
Repensant aux paroles échangées avec Tony, un soupir léger lui échappa - comment était-il sensé attendre encore plus de deux ans - ses dix-neuf ans étaient dans moins d'un mois - quand le plus vieux lui avouait qu'il ne faisait que penser à lui en permanence ? Il était le plus jeune, le moins raisonnable des deux également, il ne savait honnêtement pas combien de temps il pourrait encore se retenir avant de tenter à nouveau sa chance - car il savait, il savait qu'il n'aurait pas à être trop insistant et que l'ingénieur s'avouerait vaincu, le regrettant presque aussitôt par la suite, persuadé d'avoir foutu la vie du plus jeune en l'air - ce n'était pas ce qu'il voulait, ce n'était pas une bonne base pour se lancer dans quelque chose de durable.
Mais pour l'instant, Tony lui avait demandé de venir le soutenir face à Steve lors de son retour samedi, et cela suffisait à le faire sourire, assis là à même le sol de sa chambre, l'air misérablement heureux.
Le silence dans la tour Stark était presque écrasant, pesant sur leurs épaules déjà lourdes à l'idée de la confrontation qui allait avoir lieu dans un avenir proche - sûrement moins d'un quart d'heure - et qu'aucun d'eux ne voulait vivre.
Peter et Tony se trouvaient dans la salle à manger, chacun une tasse dans la main à peine entamée. L'ingénieur semblait perdu dans ses pensées, son regard perdu en direction du mur, à des années lumière de là - quant au plus jeune, il se contentait de l'observer, le coeur gonflé par l'émotion, parce que, dieu qu'il aimait le regarder.
Tony avait quelque chose de magnifique, même dans la douleur - bien, sûr il était déjà beau en temps normal, sublime avec un de ses si rares sourires sur les lèvres, mais ses prunelles assombries par la peine, presque rouges comme en cet instant le rendaient parfait mais surtout terriblement humain - qui aurait pu croire qu'il s'agissait là de la même personne que celui qui avait fabriqué l'Iron Man dans une cave au fond de l'Afghanistan et avait échappé à un groupe de terroristes par la même occasion ? Peter avait beau l'aimer, cela ne l'empêchait pas de continuer à l'admirer comme lorsqu'il était encore enfant, sauf qu'à présent, il se rendait encore plus compte à quel point il était stupéfiant, à quel point il était fort, même pour cacher la douleur au fond de sa poitrine. Pour lui, le plus vieux méritait amplement d'être heureux après avoir tant traversé.
- Tu es vraiment sûr que tu ne veux pas que je l'attende à l'entrée pour l'amener ici ? questionna une énième fois le lycéen.
Ses paroles attirèrent le regard triste de l'ingénieur sur lui qui sembla se reprendre, lui adressant un sourire plus ou moins assuré avant de répondre à nouveau :
- Je t'ai dit que ça ira, Jarvis va lui indiquer où nous sommes et puis, il a vécu ici, il connait très bien la disposition des pièces.
Ces mots arrachèrent une grimace discrète à Peter car il détestait qu'on lui rappelle que le blond avait vécu ici - il avait déjà vu la chambre intacte de ce dernier en cherchant sa chambre prêtée par le milliardaire un soir en revenant d'une fringale nocturne, merci bien. Voir les lieux qui n'avaient pas bougé, les affaires du soldat toujours sur le bureau et dans l'armoire lui avaient amplement suffit. Soupirant un peu, il dévisagea le brun et ajouta :
- S'il devient trop...désagréable, laisse-moi faire, d'accord ?
- Ce n'est pas à toi de gérer cela, Peter, répondit le plus vieux avec une grimace.
- ...Je pense que si, lui confia l'étudiant avec un sourire indulgent sur les lèvres.
Prenant une gorgée du chocolat devenu tiède, le plus jeune sursauta légèrement lorsque la voix de Jarvis retentit sans prévenir, demandant au milliardaire et propriétaire des lieux :
- Monsieur, le capitaine Rogers vient d'arriver à l'entrée. Dois-je le laisser entrer ?
Spiderman vit parfaitement l'éclat hésitant dans les prunelles de Tony, même si ce fut léger et aussitôt disparut, alors qu'il répondait déjà :
- Oui, dis-lui aussi où je suis, qu'il ne tourne pas en rond dans la tour pendant dix ans.
Un silence inconfortable s'installa après cela durant lequel les deux bruns n'osèrent vraiment se regarder, se contentant de jouer avec leurs tasses d'un geste distrait et miroir, sans même vraiment s'en rendre compte. Quelques minutes plus tard à peine, des bruits de pas se firent entendre dans le couloir qui menait à l'ascenseur et la silhouette du blond se découpa dans l'encadrement de la porte.
Steve ne portait pas son uniforme, à présent incomplet sans le bouclier que Tony avait gardé - Peter avait eut l'occasion de le voir, enfermé dans un atelier à présent inutilisé, laissé à l'abandon et introuvable de ceux qui le cherchaient.
Le soldat était en tout cas rasé de près, en jean et chemise qui semblait passée de mode, un large sac de sport à la main - alors il s'installait vraiment, réalisa le plus jeune avec amertume - et l'air terriblement mal à l'aise d'être là, le regard fixé sur Tony qui n'osait pas le regarder, la tête baissée sur son mug et les oreilles rouges de gêne.
- Bonjour, Tony, souffla la voix du Cap d'un air un peu hésitant.
- Salut, captain, répondit finalement l'ingénieur en osant relever la tête jusqu'à lui, le fixant avec un peu plus d'assurance, relevant le menton - il allait arrêter de s'apitoyer sur son sort, il n'était pas du genre à paraître faible, en tout cas plus devant Steve.
Ce dernier remarqua justement un mouvement sur la droite et tourna la tête, fixant Peter auquel il n'avait pas fait attention en entrant, restant sans voix un instant - le gamin lui renvoyait son regard sans un mot, son étrange silence accompagné d'un air peu avenant qu'il ne parvenait pas à identifier. Suivant son regard, une légère grimace passa sur le visage de l'ingénieur avant qu'il ne prenne les devants et ne s'exclame :
- Steve, je te présente Peter Parker, c'est un...ami à moi, fit-il après un moment d'hésitation sur le dernier mot, ne sachant pas trop comment son étrange relation avec l'étudiant - dont ils étaient les seuls au courant.
- Un ami ?! répéta un peu brusquement le blond, l'air incrédule alors qu'il dévisageait les deux bruns l'un après l'autre, remarquant la différence d'âge flagrante pour qu'on appelle ça de l'amitié. Mais il est-
Remarquant le regard glacial que lui renvoya le propriétaire des lieux, Steve ne termina pas sa phrase, refermant la bouche et inspirant à fond pour se calmer et tenter de faire disparaître la tension dans la pièce, en vain. Hésitant encore, jetant un nouveau regard en direction du lycéen avant de dire :
- Excusez-moi. Enchanté Peter, je suis Steve Rogers.
- Je sais parfaitement votre nom, répondit le concerné avec une drôle de grimace qui intrigua le soldat - pourquoi le gamin avait un tel venin dans la voix en lui adressant la parole ? Tony avait-il été raconter n'importe quoi sur son compte ?
Un nouveau silence s'installa dans la pièce, terriblement inconfortable avant que le blond ne finisse par demander :
- Tony, peut-on parler en privé ?
- Si tu as quelque chose à me dire dis-le, je n'ai rien à cacher à Peter.
Tony jeta un regard en direction du lycéen et ce dernier comprit le message, se levant tout en récupérant sa tasse de chocolat pour aller la remplir à nouveau et récupérer des gâteaux à grignoter devant la télé un peu plus loin, s'éloignant tout de même pour les laisser tranquilles mais guettant la moindre parole de travers du soldat - il ne le laisserait pas blesser Tony, c'était sûr et certain.
Quoiqu'il en soit, Steve semblait totalement perplexe face à cet ado dont la voix lui disait vaguement quelque chose, se demandant ce qu'il faisait ici en compagnie de son ancien camarade, et finit par avancer, s'installant lourdement à la table.
- Tu veux un café ? questionna Stark en récupérant sa tasse pour se resservir, lui aussi.
- Oui, s'il te plait.
L'araignée venait de se poser devant l'écran géant à quelques mètres de là, le volume bas, faisant mine de regarder l'écran alors que toute son attention était tournée vers la conversation - si Tony l'avait autorisé à rester, cela voulait dire qu'il acceptait que Peter entende la discussion, et ce dernier ne comptait pas s'en priver, loin de là.
Lorsque Tony déposa une tasse brûlante devant le blond et s'installa en face de lui à la table, il décida de laisser Steve parler le premier et cela ne fut pas très long, lorsqu'après avoir pris une première gorgée du liquide sombre il lui demanda :
- Désolé si ça ne me regarde pas, mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce gam- Peter, se rattrapa-t-il.
Stark pinça légèrement des lèvres, osant à peine le regarder dans les yeux depuis son retour, répondant :
- Il s'agit de Spiderman, tu l'as...rencontré à l'aéroport.
Le blond fronça un peu les sourcils, puis l'image d'un gars costumé en rouge et bleu et jouant les acrobates en lui arrachant son bouclier des mains avec des toiles lui revint à l'esprit - est-ce que Tony avait vraiment emmené dans une telle bataille un enfant de son âge ?!
- Le gamin du Queens, souffla-t-il alors, acquiesçant au souvenir.
- Celui a qui tu avais fait un oeil au beurre noir, répondit dans un murmure le milliardaire, refusant de le regarder - mais il avait l'air énervé à ce sujet.
- Ce n'est pas moi qui ait entraîné un enfant de quatorze ans dans une bataille pareille, Tony, répliqua aussitôt Steve, sur la défensive.
- Presque dix-neuf ans, le contredit le brun - et dans sa manière de le dire, il semblait que l'âge était terriblement important, crucial pour une raison qu'il ne connaissait pas.
- Il est toujours mineur.
Cette fois-ci, il ne manqua pas la large grimace que cela provoqua sur le visage de l'Iron man, lui arrachant un froncement de sourcils tout en jetant un coup d'oeil en direction du plus jeune qui regardait la télévision, étrangement silencieux, des gâteaux et sa tasse dans les mains.
- Peu importe, soupira-t-il finalement. Si Ross et Fury n'ont rien dit à ce sujet, je suppose que je n'ai pas non plus mon mot à dire.
- A vrai dire, ils ont essayé de découvrir son identité pour le forcer à signer les accords, même s'il est mineur, avoua soudainement le brun.
Ces paroles firent légèrement s'écarquiller les yeux du plus jeune qui les écoutait, inconscient d'une telle information. Vexé que le plus vieux ne lui ait pas dit une chose aussi importante, il se calma néanmoins tout aussi vite lorsque Tony ajouta d'un ton protecteur :
- Je leur cache son identité et j'espère bien qu'ils ne la découvriront jamais. Peter n'a pas à devenir l'un de leurs pions comme nous le sommes devenus.
Steve lui renvoya un regard surpris, cachant néanmoins que l'air surprotecteur du brun l'avait un peu attendrit alors que Tony ajoutait :
- J'espère pouvoir compter sur ta discrétion à ce sujet.
Le soldat acquiesça presque aussitôt - hors de question qu'un nouveau sujet de dispute n'éclate entre eux, et pour une fois, le brun semblait savoir quoi faire avec le gamin, tant qu'il ne lui arrivait rien, c'était sûrement pour le mieux.
- Tu as ma parole.
L'ingénieur sembla s'en satisfaire, acquiesçant d'un signe de tête, malgré tout la voix de Peter murmurant dans le silence fut un peu trop audible lorsqu'il cracha dans son coin :
- Pour ce qu'elle vaut...
Le super-soldat tourna brusquement la tête en direction de l'araignée, choqué de se faire critiquer par un adolescent de dix-huit ans alors que celui-ci faisait comme si de rien n'était. Un nouveau silence - ils se faisaient nombreux - terriblement lourd plana quelques instants avant que Steve ne se détourne de Peter, posant nouveau son regard sur Stark et commençant, indécis :
- Tony, écoute...concernant Howard et Maria-
- Pas la peine d'en arriver là, Cap, le coupa un peu brusquement l'ingénieur avec un sourire forcé. Je connais la situation et il n'y a pas besoin de s'étendre sur un sujet dont nous connaissons déjà chaque détail.
Peter avait lâché l'écran du regard, les fixant ouvertement cette fois, et plus particulièrement Steve qui insistait malgré la détresse évidente au fond des prunelles de Tony qui ne souhaitait en aucun cas avoir cette conversation, pas maintenant en tout cas.
- Je pense au contraire- tenta le blond.
- Tu ne vois pas que Tony ne veut pas en parler ?! s'énerva pour de bon l'adolescent d'une voix forte.
Cette fois-ci, Steve se tourna complètement vers lui, l'air irrité et s'exclama avant même de réaliser la portée de ses paroles :
- Ça suffit maintenant, c'est quoi ton problème à la fin ?!
- Mon problème ?! répéta l'araignée d'un air outré. Mon problème, c'est que tu es incapable de voir que Tony ne veut pas parler de ça maintenant !
- Je pense qu'il est assez grand pour me le dire, il n'a pas besoin d'un enfant pour le faire à sa place, répondit le soldat plus calmement - mais le ton était presque moqueur, Peter en était persuadé et cela le rendit furieux, tentant d'ignorer le fait d'avoir été traîté d'enfant à plusieurs reprises par le blond pour répliquer :
- Essaie un peu de te mettre à sa place au lieu de parler comme ça, je cherche juste à le protéger, expliqua lentement le brun en se levant, abandonnant sa tasse et ses cookies sur la table basse du salon.
Il se demanda au fond de lui ce qu'il était en train de foutre, bordel - il allait sur ses dix-neuf ans et il devrait être en train de se faire une partie de jeux vidéos avec Ned tout en se goinfrant de confiseries, pas protéger le super-héros dont il était amoureux - et qui avait presque trente ans de plus que lui, soit dit en passant - d'un autre particulièrement irritant, et capable de le mettre à terre d'un simple coup.
- Le protéger de quoi ? demanda le super soldat en fronçant dangereusement les sourcils, dubitatif.
- De toi, répliqua le plus jeune en lui renvoyant un regard qu'il voulait méchant, sûr de lui - alors que bordel, il était en train de critiquer Captain America et au fond de lui il était mort de trouille à l'idée que ce dernier veuille en venir aux poings.
Tony était étrangement silencieux pendant leur altercation, le visage affichant seulement une grimace tordue, leur jetant tour à tour des regards de détresse - il n'aimait pas les disputes, Peter le savait, mais celle-ci était nécessaire, et mieux valait s'en débarrasser maintenant que de la laisser couver pendant des mois dans la tour, attendant d'exploser à la moindre parole de travers ou mal comprise.
Steve afficha un air insulté à l'accusation du plus jeune et ses sourcils se fronçèrent comme s'il ne comprenait pas avant de faire remarquer :
- Je cherche à l'aider en ce moment même, tu te trompes de cible, petit.
Une grimace dégoûtée traversa le visage du brun et il perdit patience, désignant l'ingénieur étrangement silencieux tout en s'exclamant :
- L'aider ?! Parce que lui reparler de ton mensonge, c'est l'aider, selon toi ?!
Peter ne parvenait tout simplement pas à y croire. Le pire dans tout cela, c'est qu'il savait en fixant le visage du soldat que ce dernier était sincère à propos de ce qu'il disait, qu'il ne voyait juste pas le mal qu'il faisait, et c'était ce qui l'énervait le plus - peut-être aurait-il encore préféré la mauvaise foi plutôt que ça. Comment pouvait-il croire ne rien faire de mal en cet instant ? Pourquoi ne comprenait-il pas que reparler de telles horreurs maintenant, alors que lui-même revenait dans la tour et que c'était déjà un obstacle difficile - une chose à la fois, après tout - était tout sauf la bonne chose à faire ?!
Bon dieu, Peter se rappelait encore de cet oeil au beurre noir qu'avait Tony après la bataille de Sibérie - si le sien obtenu à l'aéroport n'était resté qu'une semaine à peine, celui du milliardaire était resté plus d'un mois. Un foutu mois ! Il s'y connaissait un peu niveau blessures après avoir dû soigner celles qu'il se faisait régulièrement en se battant contre des petits vandales de New York avec son tout premier costume, et il savait que ce genre de bleu ne devait rester qu'une semaine, tout au plus. Avec quelle force, avec quelle haine Steve avait pu frapper Tony pour que ce dernier en garde la marque aussi longtemps ?! Cela lui rappelait douloureusement les histoires qu'on voyait parfois dans les infos où dans les vieux téléfilms à la télé à des heures indues de l'après-midi, où l'homme frappait sa conjointe qui endurait en silence - Tony endurait en silence, pour que tout aille mieux dans l'équipe, que les Avengers puissent se reformer, et il encaissait sans un mot.
- Peter...tenta finalement d'intervenir le brun, l'air confus.
L'interpelé tourna la tête vers lui, fixant son air triste qui avait toujours le don de lui tordre le coeur et lui adressa finalement un sourire qu'il voulait rassurant tandis que Steve reprenait, le coupant avant qu'il n'ait eu l'occasion de dire quelque chose :
- Et que crois-tu savoir sur lui, peut-être ? Tu n'as que dix-huit ans, et je connais Tony depuis des années.
Peter était en train de rêver éveillé, ce n'était pas possible autrement ! Est-ce que le captain était en train de lui renvoyer à la figure le fait qu'il connaisse Tony depuis plus longtemps ? Qui était l'adulte entre eux deux, sérieusement ?!
Furieux, il grinça des dents et lui renvoya un regard froid avant de répliquer :
- Peut-être que je ne le connais pas depuis des années, c'est vrai. Mais moi, je ne lui ait jamais fait le moindre mal et je ne l'ai pas lâchement abandonné.
Steve se redressa brusquement de sa chaise, accusant le coup, s'écartant de Tony qui tenta de le forcer à se rasseoir, appelant leurs noms et tentant de les calmer, en vain. Il était déjà désemparé face au retour du soldat mais à présent que la situation dégénérait, il se sentait impuissant, choqué de les voir s'envoyer des piques avec une ferveur surprenante, avançant leurs arguments avec hargne - et il ne pensait pas voir Peter aussi mature et protecteur envers lui - il était l'adulte entre eux deux, après tout. Bon sang.
- Je n'ai jamais voulu ça ! S'il ne s'était pas attaqué à Bucky-
- Bucky ! répéta Peter d'un air agacé. Tu n'as qu'à retourner où vous étiez tous les deux, nous ne voulons pas de toi chez nous !
- Quoi, tu habites ici, peut-être ? releva le blond en fronçant les sourcils.
Voyant que le brun restait étrangement silencieux, l'air peiné, Steve secoua la tête, ajoutant :
- C'est bien ce que je pensais.
Peter serra les poings, impuissant face à l'adulte - s'il avait été aussi fort que lui et certain de ne pas se manger la défaite la plus écrasante de sa vie, il l'aurait déjà frappé pour parler de la sorte - mais il n'avait que ses mots comme arme.
- Dans tous les cas, je continuerais à être là pour lui, et tu devras t'y habituer, persiffla le plus jeune.
- Ça suffit tous les deux, s'agaça finalement Tony en frappant du poing sur la table, réclamant aussitôt le silence.
Une grimace apparut sur le visage des deux autres et après un instant d'hésitation, Peter jeta un regard vers le milliardaire et fit :
- Je vous laisse discuter tranquille, je ne pense pas pouvoir garder mon sang-froid si je continue à tout entendre, avoua-t-il avant de se détourner, se dirigeant vers l'un des couloirs, disparaissant dans la tour.
Steve, qui l'avait suivit du regard, haussa un sourcil en se rendant compte du chemin qu'il avait emprunté et se tourna vers Tony, lui adressant un sourire d'excuse qui fut royalement ignoré, l'ingénieur semblant exaspéré de leur comportement, et se contenta de demander :
- Où est-il allé ?
Un peu surpris par la question, le brun cligna des yeux et finit par lever les yeux en direction du plafond, demandant à Jarvis où était parti l'araignée.
- Il est allé à l'atelier, monsieur.
Tony se contenta d'acquiescer, pas surpris du tout mais le soldat lui renvoya un regard choqué, faisant remarquer :
- Tu le laisses y accéder ?!
- Oui, évidemment, se contenta de répondre l'Iron man comme si c'était une situation tout à fait normale - et ça l'était pour eux.
Le blond ne répondit rien à cela mais il restait plus que surpris. Avant qu'il ne parte brusquement sept mois plus tôt, il se rappelait bien que personne n'avait le droit d'aller à l'atelier de Tony si ce dernier ne s'y trouvait pas - et lorsqu'il y était, il fallait tout de même avoir son accord pour que Jarvis les laisse entrer à l'intérieur.
En l'espace de quelques mois, beaucoup de choses semblaient avoir changé, et il ne parvenait pas à établir s'il s'agissait de quelque chose de bien, ou pas.
- Bon, comme l'a dit Peter, je...je préfère qu'on ne parle pas de tout ça, en tout cas pas maintenant, d'accord ? fit Tony après s'être raclé la gorge pour attirer son attention.
- Oui, bien sûr, je...d'accord, termina Steve sans savoir quoi ajouter.
Le silence s'installa de nouveau, inconfortable, avant qu'il ne soit de nouveau brisé par le brun qui l'informa :
- J'ai laissé ta chambre comme elle était, tu peux t'y installer de nouveau. Il y aura peut-être un peu de ménage à faire, mais...
- C'est parfait, s'empressa de le rassurer le soldat avec un gentil sourire. Merci, Tony.
Tony détestait qu'il le remercie.
Lorsque Tony parvint à envoyer Steve vers sa chambre et put enfin respirer, il se félicita de ne pas perdre son sang-froid où faire une crise à laquelle il s'attendait honnêtement, se contentant d'aller à l'atelier rejoindre Peter, le trouvant penché sur une invention qu'il avait débuté la veille - sans vouloir dire au plus vieux de quoi il s'agissait.
- Je suis désolé, murmura aussitôt ce dernier lorsqu'il l'entendit entrer, le visage obstinément baissé vers ce qu'il était en train de faire.
- Pourquoi ? lui demanda le brun, plus que surpris, approchant à son tour.
- Je n'aurai pas dû perdre mon sang-froid de cette manière. Le Cap a raison, tu n'avais pas besoin de moi- je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
Peter semblait vraiment gêné de ce qu'il s'était passé, le bout des oreilles rouges et refusant de le regarder, inquiet à l'idée que son idole ne s'énerve après lui pour avoir pris de telles libertés vis-à-vis du blond - aussi sursauta-il violemment lorsqu'il le sentit poser une main sur son cou, le faisant relever la tête pour chercher son regard, incertain - et Tony souriait.
- Ce n'est rien, lui confia-t-il avec tendresse. C'est vrai que c'était un peu violent, mais...je te remercie, Peter.
- Pas la peine de me remercier, je n'ai fait qu'agir comme un enfant, marmonna le brun dans sa barbe inexistante, l'air mal à l'aise - être remercié de son accès de colère dont il avait honte était absolument horrible.
- Tu n'avais rien d'un enfant, le rassura le milliardaire.
- Ce n'est pas ce que disait le captain, répliqua l'araignée, un filet d'amertume dans la voix.
- Et je pense qu'entre lui et moi, je suis le plus apte à dire ce que tu es, Peter. Tu n'avais rien d'un enfant, tu étais...
Tony sembla chercher ses mots, son regard se perdant dans le fond de l'atelier, réfléchissant alors que le brun avait finalement relevé la tête et le dévisageait, plein d'espoir, jusqu'à ce qu'il ne reprenne, dans un murmure à peine audible, comme s'il ne voulait pas que Peter lui-même n'entende la fin de sa phrase :
- Tu étais sublime.
Peter toussa presque aussitôt pour cacher sa gêne, sentant ses joues s'enflammer face à un tel compliment et pinça les lèvres, ignorant son coeur qui s'emballait stupidement dans sa poitrine et qu'il avouait dans la frénésie du moment, insouciant :
- Je ne pourrais jamais attendre jusqu'à mes vingt-et-un ans.
Ses paroles eurent le don de figer brutalement le plus vieux dont la main se crispa imperceptiblement sur son cou, son visage se refermant, effaçant l'air doux qu'il affichait un instant plus tôt, faisant immédiatement regretter se paroles à l'adolescent. Retirant finalement sa main, Tony recula d'un pas, fermant un instant les yeux en inspirant à fond, comme s'il cherchait à regrouper son courage avant de dire, imperturbable :
- Nous avons déjà parlé de cela. Je ne l'accepterai jamais, Peter.
Le plus jeune tenta d'ignorer la manière dont son estomac se tordit à ses mots - il avait tenu tête à Captain America bon sang, il n'allait pas laisser Iron man l'empêcher d'accéder à ce bonheur - ce bonheur qu'ils mouraient d'envie de vivre tous les deux. Il n'avait peut-être que dix-huit ans - presque dix-neuf, se répétait-il sans cesse pour s'innocenter de tout geste vers le brun - mais il était temps de faire ce qu'il fallait, puisque l'ingénieur ne ferait pas le moindre geste vers lui, même si Peter savait - ça se voyait dans ses yeux, brûlant comme une flamme impossible à éteindre, à chaque fois qu'il le regardait.
Il n'avait que dix-huit ans et il savait lire le regard torturé et éparpillé de Tony, peut-être bien plus que n'importe qui d'autre avant lui - Pepper pouvait-elle se vanter d'une pareille prouesse ? Etait-ce si facile pour lui à cause de son âge ? Il ne savait pas cela, et pas sûr qu'il cherche la réponse. Ce qu'il savait, c'est que Tony voulait autant que lui le contact, sa peau contre la sienne avec une ferveur impressionnante, et surtout interdite - et lui s'en foutait, il était sûr de ce qu'il voulait, si le monde entier lui criait le contraire, lui hurlait à quel point c'était immoral, il se contenterait de rire.
- Je ne te laisserai pas le choix, répliqua-t-il en plantant son regard dans celui de Tony.
Ce dernier lâcha presque un glapissement stupéfié face à la réplique du plus jeune, le dévisageant avec des yeux ronds, et le brun tenta de garder la face, même si ce qu'il venait de dire venait de le faire rougir encore plus - il prendrait les choses en main, s'il n'y avait pas d'autre solution.
- Je n'en peux plus, c'est en train de me ronger de l'intérieur depuis six mois, je ne pense plus qu'à ça, tu comprends ? continua-t-il, l'air presque hagard à la pensée du temps qu'il avait perdu - attendre était stupide, il le savait maintenant, alors qu'il avait la confirmation de Tony que même une fois ses vingt-et-un ans passés, rien ne changerait pour le plus vieux.
Tony le fixa sans savoir quoi dire, et Peter voyait bien dans son regard que ces six mois lui avaient parut interminables lui aussi, à passer leurs après-midi dans "leur" atelier, si proches et si innaccessibles, parce que la loi disait non, parce que le monde entier disait non alors que leurs coeurs hurlaient un oui. Ce n'était pas juste, rien ne l'était, et la seule chose qui paraissait réelle, c'était celle-là - mais c'était aussi tellement improbable que voilà où ils en étaient à présent, à se dévorer des yeux et le coeur au bord des lèvres, près à se ruer l'un sur l'autre mais se contentant d'effleurer - les hommes étaient bien assez doués pour se faire du mal eux-même, ils n'avaient pas besoin de Steve pour cela, l'un comme l'autre.
- Tu n'abandonneras jamais, n'est-ce pas ? chuchota finalement l'ingénieur, s'appuyant sur le bureau, ses mains se crispant sur le verre de ce dernier.
- Je te l'avais déjà dit six mois plus tôt, rien n'a changé - rien ne changera, avoua le plus jeune - il ne savait pas d'où il tirait cette assurance, cette motivation - tante May aurait donné n'importe quoi pour qu'il soit aussi motivé dans ses études, tiens. Si elle avait su ce qu'il faisait en cet instant, ce qu'il cherchait à obtenir...eh bien, mieux valait ne pas y penser, à vrai dire.
- Peter-
- Non, le coupa ce dernier, hésitant un instant avant d'ajouter : Je commence à te connaître à présent, et je sais que tu n'es pas le genre de personne à savoir résister à la tentation.
Peter eut un sourire - tellement doux, tellement sûr de lui aussi que Tony sentit son coeur s'affoler dans sa poitrine, le fixant d'un air éberlué alors qu'il ajoutait, dans ce ton de voix encore haut pour son âge mais qui semblait être un délice aux oreilles de l'Iron man :
- Combien de temps tu tiendras ?
Le silence qui suivit sa question fut plus qu'éloquent, et cela suffit à l'araignée.
Peut-être qu'il agissait comme un enfant, peut-être que Tony lui-même voyait cela comme un caprice. Lui-même savait que c'était seulement la jalousie qui le poussait à accélérer les choses, parce que malgré ce que disait le brun, qu'il n'en serait jamais rien avec Steve, il était terrifié. Terrifié à l'idée de perdre la seule personne pour qui il aurait été près à donner sa vie, la seule personne à laquelle il voulait dire "je t'aime", de son ton qu'il savait horriblement gêné mais sûr de lui.
Pourtant, il savait que le captain ne s'intéressait sûrement pas à la gente masculine, de ce qu'il avait pu apprendre - ses seules conquêtes se résumaient à une résistance du nom de Peggy Carter dans les années quarante, et la nièce de cette dernière à leur époque - ce qu'il avait d'ailleurs trouvé horriblement malsain, sérieusement, le soldat devait avoir un problème.
Quoiqu'il en soit, même en sachant cela il avait peur de perdre Tony - parce que soyons sérieux, aucun gamin comme lui ne pouvait faire le poids face à captain putain d'America. Frustrant.
Lorsqu'il jouait avec Michelle aux échecs, elle l'avait répété bien souvent, celui qui est le premier à jouer possède un avantage certain - cette information n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
Secouant la tête pour chasser cela de son esprit, il remarqua que Tony avait ignoré sa question et était allé s'installer à l'un des bureaux où se trouvait une sorte de boitier - un mini-traducteur transportable qui briserait la barrière de la langue, une idée de Peter sur laquelle il avait décidé de travailler pour l'adolescent. Ce dernier ne l'embêta pas plus - il devait déjà réfléchir à comment il allait s'y prendre pour décider le milliardaire avec Steve dans la tour, car il n'était pas sorti de l'auberge.
Peter détestait mentir à May - paradoxalement, il ne faisait que ça depuis six mois - mais il n'avait pas le choix, car il savait qu'elle n'appréciait pas qu'il passe autant de temps à la tour. Il avait beau avoir réussit à la détourner sur les intentions de Tony - un autre mensonge - elle voyait toujours d'un mauvais oeil le fait qu'il soit toujours avec ce dernier.
C'est donc pour cela que lorsqu'il l'appela pour lui dire qu'il dormait chez Ned ce samedi soir, il se sentit affreusement coupable - mais il n'y avait pas d'autre solution. Le pire, c'est qu'il avait même fabriqué sans rien dire à l'ingénieur une sorte de petit magnétophone avec lequel il avait enregistré la voix de son meilleur ami, qui fut ensuite recréée dans le petit appareil, permettant de lui faire dire n'importe quoi avec la voix de Ned, un peu comme une IA, pour le laisser tourner en fond lorsqu'il appelait sa tante, lui faisant croire que son ami était en train de parler dans le fond.
C'était une technique terriblement vicieuse et Peter savait qu'il finirait par le regretter lorsque cela lui tomberait dessus, mais pour l'instant il ne parvenait plus à se sentir coupable, surtout lorsque cela le permettait de voir un Tony encore ensommeillé ce dimanche matin en se levant.
Steve était là aussi, un peu plus loin à la table, comme s'il n'avait pas osé être trop près du brun et que quelque chose dérape, mais l'araignée s'en fichait bien, son regard entièrement accaparé par l'ingénieur, dans un pantalon de jogging rouge et or un peu ostentatoire et un vieux T-shirt gris à travers lequel la lueur du réacteur était parfaitement visible, les yeux encore plissés par le sommeil alors qu'il avait les mains enroulées autour de sa tasse de café en espérant retrouver dans sa chaleur celle du lit qu'il venait sûrement de quitter - bon sang, il était adorable ainsi.
Avançant pour se faire un chocolat chaud comme à chaque fois - Peter sourit en remarquant qu'il y avait encore une fois tout ce qu'il aimait manger dans le réfrigérateur - il salua les deux autres, préparant son petit-déjeuner avant de s'installer face au milliardaire, ignorant le blond un peu plus loin - qui lui avait tout de même calmement répondu.
- Alors Peter, que vas-tu faire aujourd'hui ? demanda Tony d'un ton neutre, prenant finalement une gorgée de son café.
Le plus jeune haussa les épaules - il avait bien quelques bricoles à trafiquer à l'atelier, mais rien de bien enthousiasmant. Il pensa un instant à demander à Stark de l'aider pour un projet quelconque mais ce dernier parla en premier, lâchant mine de rien :
- Tu n'as pas une petite copine à retrouver, ou j'en sais rien moi ?
D'accord, ça c'était un coup bas. Il savait que Tony culpabilisait sûrement des sentiments qu'il pouvait avoir, mais tenter de le pousser vers des filles, c'était ridicule. Repérant d'ailleurs le regard contrarié du plus jeune qui restait muet, il haussa un sourcil et corrigea :
- Ou un petit copain ?
Steve suivait la conversation avec intérêt, cherchant sûrement à en savoir un peu plus sur le jeune qui l'avait littéralement agressé pour protéger Tony la veille. Peter quant à lui saisit sa chance face à la question et eut un sourire amusé alors qu'il répondait envers l'ingénieur :
- Ce n'est qu'une question de temps, oui.
Et qu'on lui pardonne, mais Peter eut la satisfaction de voir Tony manquer de s'étouffer avec son café en comprenant qu'il s'agissait de lui dont il parlait. Steve quant à lui fronça les sourcils, les observant d'un air perplexe avant de tousser pour tenter de dissimuler sa gêne et se tourner vers le propriétaire des lieux pour demander :
- Au fait Tony...est-ce tu as toujours mon bouclier ?
Le brun se détourna à regret du sourire presque provocateur de Peter - petit insolent - et fixa le blond en fronçant les sourcils, répondant aussitôt :
- Oui, pourquoi ?
- Eh bien, j'aimerai le récupérer...lorsque les choses seront devenues plus...calmes dans l'équipe, je suppose que je serai de nouveau envoyé en mission et j'en aurai besoin.
- Très bien, je vais te le ramener tout à l'heure, répondit le brun en prenant une gorgée de son café, baissant le regard sur l'assiette de pancakes qui lui faisait de l'oeil.
- Sinon, je peux aller le chercher maintenant ? hésita le blond.
Tony retint un soupir exaspéré, roulant tout de même des yeux, relevant la tête jusqu'à lui alors qu'il avouait :
- Il se trouve dans l'ancien atelier, je suis le seul à y accéder, donc tu dois attendre un peu.
Le soldat ne répondit rien à cela, plus que surpris. Il savait que Tony avait plusieurs ateliers, et il voyait parfaitement bien celui auquel il faisait référence - le milliardaire avait finit par le fermer car trop endommagé au fil des ans, c'était un lieu qui faisait office de débarras maintenant - cela lui serra le coeur de savoir que le brun avait relégué son bouclier à ce qui pouvait être l'équivalent d'un grenier pour lui, comme s'il ne souhaitait même plus y penser, effacer jusqu'à l'existence de Steve de sa vie et de sa tour - malgré le fait qu'il ait laissé sa chambre en état, mais Tony était une contradiction vivante, après tout.
De son côté, Peter se contentait d'écouter la conversation, fixant Steve sans même se sentir triste pour lui et son foutu bouclier- qu'il n'avait lui-même pas revu d'ailleurs, puisque lui non plus ne pouvait pas accéder à l'ancien atelier.
- Dis-moi, je pensais voir Rhodes ici ? demanda le blond.
Le visage de Tony se fit un peu plus dur à ces mots et il répondit d'un ton cassant :
- J'ai terminé ses prothèses et il a décidé de prendre de longues vacances méritées, je lui ai donc prêté ma villa à Malibu.
Le super soldat remarqua parfaitement la manière dont Stark semblait vouloir éviter cette discussion et n'insista pas - après tout, il se savait très bien coupable de ce qui était arrivé au colonel, puisqu'il avait été celui déclenchant toute cette merde.
Cela sembla d'ailleurs faire fuir Tony qui termina son café d'un seul geste et les salua rapidement, disparaissant dans les couloirs de la tour et les laissant seuls tous les deux à la table - ce n'était pas son idée la plus brillante, là.
Peter était mal à l'aise, le visage obstinément baissé vers son chocolat chaud, sursautant légèrement lorsque la voix du blond l'interpela et qu'il répondit, d'une voix pas très assurée :
- Oui ?
Steve fronça les sourcils et se racla un peu la gorge - et l'araignée remarqua avec surprise qu'il semblait tout aussi mal à l'aise que lui - avant de dire :
- Je suis désolé que la discussion ait tourné ainsi hier. Je comprends tout à fait ton point de vue, et je ne veux pas que tu me voies comme un ennemi ici, Peter.
Ce dernier se retint de lui faire remarquer méchamment que c'était trop tard, se forçant à agir de manière adulte. Le soldat lui offrait un moyen de faire la paix, et même si le brun ne le voulait sûrement pas, il savait qu'ils ne pourraient pas vivre ainsi, se jetant des regards mauvais à chaque fois qu'ils se croisaient dans la tour. Ce serait invivable autant pour eux que pour Tony qui avait déjà dû mal avec la situation dans laquelle ils se trouvaient. C'est pour cette raison qu'il prit sur lui et tendit la main vers le soldat, demandant avec un ton neutre - il se félicitait intérieurement de réagir aussi bien :
- Sans rancune ?
Steve sembla sincèrement soulagé de la tournure de la discussion et serra sa main avec un sourire hésitant, répétant :
- Sans rancune.
Peter savait bien que Captain America n'était pas quelqu'un de mauvais, et que même s'il était furieux après lui pour ce qu'il avait fait de Tony, il pouvait parfaitement voir que le blond savait être droit et juste, prenant les bonnes initiatives pour tout le monde, aussi cette défaite par abandon lui sembla un peu moins amère.
Lorsque Peter eut finit son déjeuner et se fut habillé avec la tenue de rechange qu'il avait emmenée la veille, il descendit à son tour de l'atelier, la porte s'ouvrant sur son passage sans un mot - Tony avait ordonné à Jarvis d'ouvrir sans se poser de question lorsqu'il s'agissait de l'adolescent.
Ce dernier venait d'ailleurs de se figer, la bouche devenue soudainement sèche. Tony avait également quitté sa tenue de nuit avant de venir ici pendant que lui-même discutait avec Steve, portant maintenant un vieux jean tâché de cambouis - la routine - ainsi qu'un marcel noir. Bien malheureusement pour le pauvre lycéen, ce haut mettait bien trop en valeur les biceps et la peau hâlé de son idole, habituellement cachés dans des costumes dont le prix pouvait payer au moins un an du loyer de l'appartement de May et lui. Heureusement, en six mois Tony semblait avoir reprit le poids perdu juste après la Sibérie et n'avait plus rien à envier au captain, de l'avis du plus jeune en tout cas.
Tony ne l'avait pas entendu arriver, penché sur le bouclier de Steve qu'il avait été récupérer dans l'ancien atelier, et Peter se dit soudainement que l'occasion était trop belle - prenant son courage à deux mains, il se fit aussi silencieux que possible comme il savait si bien le faire, approchant dans le dos de l'Iron man.
Il hésita un instant alors qu'il se trouvait derrière ce dernier - le fait qu'AC/DC soit craché depuis les haut-parleurs installés dans l'atelier l'aidaient certainement à ne pas se faire entendre - et inspira à fond avant de trouver le courage de se pencher, sa bouche se posant au creux du cou de Tony.
Ce dernier sursauta brusquement, sa voix laissant échapper un glapissement de surprise avant de se figer - et Peter remarqua avec satisfaction qu'il ne s'était pas écarté d'un bond, ce qui était tout de même un bon point pour lui. Prenant son immobilité comme un signe encourageant, il rassembla tout le courage qui lui restait et laissa sa langue s'échapper d'entre ses lèvres et glisser sur la peau du milliardaire, remarquant du coin de l'oeil la manière dont les mains de ce dernier se crispèrent sur le bureau et qu'un soupir lourd de sens lui échappait, dangereusement près de son oreille, faisant tambouriner son coeur de joie.
- Peter...
Son prénom avait fui d'entre les lèvres de l'ingénieur dans un gémissement indécent, incapable à arrêter et le plus jeune se sentit stupidement heureux et tout aussi brûlant, souriant contre la peau de Tony lorsque la voix de Jarvis retentit soudainement par-dessus Love Song d'AC/DC :
- Monsieur, le capitaine Rogers se trouve à la porte de l'atelier.
Ces quelques mots furent largement suffisants pour que Peter s'écarte brusquement de Stark comme s'il s'était brûlé et ce dernier venait de se redresser d'un coup sur sa chaise, jetant un regard aussi frustré qu'énervé en direction du plus jeune - parce que bordel, et si Steve avait vu ?!
Ce dernier heureusement n'avait pas une vue directe sur eux à cet instant, se contenant de voir le lycéen penché près de la tête de l'Iron man, mais il pouvait aisément voir cela comme eux deux penchés sur le bouclier - et c'est ce que son cerveau décida de lui donner comme explication alors qu'il entrait à l'intérieur après y avoir été autorisé, tout de même un peu surpris d'avoir vu Peter faire un bond en arrière de cette manière.
- Hmm, je suis venu voir si tu avais été cherché mon bouclier ?
Il approcha du bureau en verre pendant que le lycéen retournait trifouiller il ne savait quoi dans son coin.
- Oui, je l'ai. J'ai poli le vibranium pour effacer les traces de griffes de T'challa et j'ai remis un bon coup de peinture, répondit calmement le brun en se décalant pour le laisser voir son travail.
Ne s'attendant pas à ce que Tony le répare en plus, un grand sourire apparut sur le visage du soldat tandis qu'il fixait son bébé qui semblait comme neuf, comme près de soixante-dix ans plus tôt, et posa une main ravie dessus avant de le récupérer, l'observant sous toutes coutures.
- Merci, il est comme neuf, s'exclama le blond avec enthousiasme.
Le brun se contenta d'hausser les épaules, lui indiquant que c'était trois fois rien - et le soldat récupéra ainsi son bouclier, allant jusqu'à ignorer le cri de Tony, sept mois plus tôt : "Mon père a créé ce bouclier ! Tu ne le mérites pas !" enterrant ce souvenir douloureux avec une facilité presque écœurante.
- Je vais aller courir un peu, alors...
- Vas-y, je ne te retiens pas, le rassura Tony avant de retourner à ce qu'il était en train de faire comme si le blond n'était jamais venu l'interrompre.
Ce dernier hésita un instant, se demandant s'il devait faire quelque chose de plus mais en voyant que les deux bruns étaient retournés à leur bricolage auquel il ne comprenait pas grand-chose, il abandonna finalement et quitta l'atelier après les avoir salués, les laissant seuls.
A peine le blond avait-il disparut que Tony se redressait d'un bond de son siège, jetant un regard noir au plus jeune qui déglutit avec difficulté alors que l'ingénieur s'exclamait :
- Non mais qu'est-ce qui t'a pris ? Et s'il avait tout vu, tu y as pensé ?!
Peter le fixa avec surprise, fronçant légèrement les sourcils en se voyant être désigné comme seul responsable, répliquant :
- C'est étrange, parce que tu n'avais pas l'air d'être contre quelques minutes plus tôt.
Ces paroles arrachèrent un grimace à Tony qui se rassit lourdement sur son tabouret, un grognement de frustration s'échappant d'entre ses lèvres alors qu'il prenait son visage entre ses mains, l'air poussé à bout.
- Pourquoi faut-il que tu- non, ne dis rien, je ne veux même pas en parler.
Peter ouvrit la bouche pour lui répondre mais le regard noir de la part de l'ingénieur l'arrêta dans son geste et il se contenta de grimacer, les épaules basses et l'air mal à l'aise, comme un enfant pris en faute en train de voler dans un magasin de bonbons - et si on poussait la métaphore jusqu'au bout, la friandise qu'était Tony était tout à fait alléchante.
Remarquant son air attristé, le milliardaire se sentit aussitôt coupable et pinça les lèvres, soupirant lourdement avant de poser les yeux sur lui, affirmant avec une douceur dont l'araignée était le seul à pouvoir bénéficier :
- Excuse-moi de m'énerver de cette manière et de crier. Mais je me demande parfois si tu te rends compte de ce qu'il se passerait si quelqu'un - quelqu'un comme Steve - en venait à comprendre certaines choses...
- Comprendre quoi ? répéta le plus jeune avec prudence. Je croyais qu'il n'y aurait jamais rien...pas vrai ?
Pris à son propre piège, Tony se figea un instant, se rendant compte de la portée de ses paroles avant de se détourner de lui, l'ignorant en se penchant sur son bureau, faisant mine de chercher un plan quelconque. Peter quant à lui ne savait pas quoi faire face à une telle situation - quoiqu'il dise et quoi qu'il fasse, rien n'avançait et Stark trouvait toujours une manière de le détournait de ce qu'il voulait - ce qu'ils voulaient tous les deux.
Soupirant lourdement, il se contenta d'aller à son coin de l'atelier, bien décidé à ignorer le plus vieux.
Une chose était sûre, tenter d'ignorer Tony était totalement inutile - en plus d'être bien trop difficile pour Peter.
Après tout, cela faisait six mois qu'il passait son temps à l'observer à la dérobée lorsqu'ils étaient à l'atelier, et très certainement que le plus vieux le savait et avait déjà remarqué ses regards, alors ne rien faire du tout cette fois était un calvaire - il était tout bonnement incapable de s'empêcher de le regarder.
Tout l'après-midi s'était déroulé dans un silence étrange - ce n'était pas pesant ou mal à l'aise, juste ce genre de silence calme avant une tempête, dans l'expectative de quelque chose - et l'araignée était bien incapable de savoir quoi. Au moins avaient-ils été tranquilles, Steve reprenant ses habitudes d'avant son départ et passant le plus clair de son temps dans la salle de sport, faisant des pauses dans le salon, et il n'était pas redescendu à l'atelier - après tout, il n'y venait quasiment jamais avant, tout comme le reste des Avengers, et ce n'était pas maintenant que cela risquait de changer, surtout avec la relation à peine cordiale qu'il entretenait avec le propriétaire des lieux.
En plus de cela, il était dix-neuf heures passé depuis quelques minutes, heure limite pour rentrer chez lui un dimanche soir, ordre de sa tante May. S'il rentrait maintenant, elle lui passerait un savon et cela en resterait de là, mais s'il s'attardait davantage à la tour...il ne donnait pas cher de sa peau, et on le retrouverait en petits morceaux. Malgré cela, il ne voulait pas partir après une telle discussion avec Tony quelques heures plus tôt, qui l'avait terriblement frustré et n'avait mené à rien. C'est pour cette raison qu'il ne manifesta pas l'envie de partir, continuant de bricoler dans son coin, jusqu'à ce que son téléphone finisse par vibrer dans sa poche, lui arrachant une grimace. Faisant signe à Tony de couper la musique, ce dernier resta silencieux, l'observant du coin de l'oeil tandis qu'il décrochait, une grimace bien visible sur le visage.
- Allô ?
- Peter Parker, puis-je savoir pourquoi tu n'es pas à la maison alors qu'il est presque vingt-heures ?
Le lycéen écarquilla les yeux, se jetant sur son sac posé dans un coin, le fouillant avec énergie pour trouver le boîtier imitant la voix de son meilleur ami tout en répondant :
- J'ai oublié de te prévenir que je dormais encore chez Ned, je suis désolé !
Un frisson courut le long de sa colonne vertébrale lorsque Tony posa ses yeux sur lui à ces mots, le dévisageant en tentant de comprendre ce qu'il manigançait. Essayant de l'ignorer pour l'instant, Peter retint de peu un cri de victoire en trouvant enfin l'objet de ses recherches, lançant le petit objet qui se mit à imiter la voix de Ned en fond sonore, tandis que le brun continuait de répondre, imperturbable :
- Je sais que je ne suis pas souvent là en ce moment, mais on doit finir un projet de classe- ...oui, je sais...d'accord je resterai avec toi cette semaine, promis, finit-il par soupirer, l'air ennuyé. Je t'aime aussi, à demain.
Finissant par raccrocher, il soupira de nouveau, éteignant le petit boîtier par la même occasion, osant à peine regarder le plus vieux qui finit par approcher, s'appuyant sur son bureau et attrapant le petit objet pour l'observer sous toutes les coutures, intrigué :
- Tu sais qu'un jour tout va te revenir en pleine gueule ?
Le plus jeune grimaça légèrement à ces mots, répondant aussitôt :
- Je m'en doute, oui.
Tony ne rajouta rien, ne souhaitant pas le rendre encore plus mal qu'il ne l'était déjà et se contenta de trifouiller le boîtier, remontant un peu le moral de l'étudiant en voyant la lueur presque impressionnée au fond du regard du milliardaire.
- C'est terriblement vicieux comme une idée, avoua ce dernier avec un sourire amusé. Mais ça reste carrément génial. Je me demande si je pourrais en faire un comme ça avec la voix de Pepper, si tu me passes les plans ? Elle deviendra folle si je lui fais des blagues avec ça...
L'idée semblait vraiment l'enthousiasmer et un sourire passa sur son visage alors qu'il se tournait vers lui, répétant :
- Tu me passeras les plans ?
Un peu surpris de voir que Tony adorait à ce point son petit gadget, il sourit gentiment et répondit, flatté :
- Oui, bien sûr, je dois juste retrouver où je les ai mis chez moi...
L'ingénieur se contenta d'acquiescer d'un air satisfait, lui rendant le boîtier-Ned avant de changer totalement de sujet, le dévisageant pour demander d'un ton sérieux :
- Pourquoi tu as menti à ta tante en lui disant que tu dormais chez Ned ce soir ? Tu as cours demain, Peter.
Ce dernier ne répondit pas immédiatement, tentant de cacher la grimace de son visage. Il le savait bien, que le monde ne s'arrêtait pas de tourner et qu'il était sensé aller au lycée le lendemain, même si cette simple idée lui semblait totalement hors contexte. Quoiqu'il en soit, le mensonge lui était venu avec facilité, et il savait pourquoi, même si sa raison était stupide : parce qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il laisse Steve et Tony seuls à la tour, cette simple idée l'effrayait.
- Je sais, mais je ne veux pas rentrer chez moi ce soir, avoua le plus jeune en relevant le regard jusqu'à lui.
Tony détourna presque aussitôt les yeux, se détachant du bureau par la même occasion alors qu'il répondait, l'air imperturbable :
- La chambre d'amis que tu utilises va finir par devenir ta chambre à temps complet si tu passes autant de temps ici.
Peter pinça les lèvres, se retenant de peu de lui faire remarquer qu'il ne pensait pas vraiment à dormir dans son propre lit lorsqu'il avait menti à May - même s'il y avait trop peu de chances qu'ils en arrivent là, bien évidemment. Se levant à son tour, il rangea son sac dans son coin habituel, se mettant à marcher un peu à cause de ses jambes engourdies d'être resté assis à son bureau pendant des heures, se figeant brutalement lorsque l'ingénieur demanda d'un seul coup :
- Combien de temps vas-tu jouer à ce jeu ?
Il tourna presque aussitôt la tête vers l'Iron man, ses joues rougissant de contrariété alors qu'il répondait aussitôt, vexé :
- Tu sais très bien que je ne considère pas les sentiments comme un jeu !
- Pourtant, on dirait que ça te fait rire de manquer de se faire prendre à ce que tu faisais tout à l'heure, répliqua le plus vieux.
- Ce n'était tout de même pas ma faute si Rogers est arrivé à ce moment précis alors qu'il ne vient absolument jamais à l'atelier ! répliqua l'adolescent avec véhémence, plus qu'agacé.
- Dans tous les cas, tu dois me promettre de ne plus jamais refaire un truc pareil, ajouta Tony.
- Non.
- Pardon ?! releva l'ingénieur, choqué.
- Je peux faire tout ce que tu veux, mais je ne peux pas te promettre que je tenterai pas de le refaire, avoua le plus jeune d'un air gêné, un pauvre sourire aux lèvres.
Stark soupira de nouveau, un frisson de colère remontant jusque dans ses membres alors qu'il dévisageait le plus jeune. C'était déjà bien assez difficile de lutter contre ses sentiments qu'il avait finit par comprendre six mois plus tôt et qui semblaient l'étouffer à chaque minute de sa vie, pensant à Peter en permanence et l'observant plus qu'il n'aurait dû - alors si ce dernier se mettait à agir d'une telle manière, il ne pourrait jamais parvenir à résister !
- Pourquoi tu ne te trouves pas tout simplement une petite-amie, ou un petit-ami peu importe ! Mais mieux vaut cela pour toi Peter, je ne suis pas quelqu'un de bon pour toi, tu devrais l'avoir compris depuis le temps.
- J'ai essayé, figure-toi, avoua d'un seul coup le plus jeune, lui jetant un regard vexé, les lèvres pincées.
- Quoi ? s'étonna le plus vieux, le fixant avec surprise.
Évidemment que Peter avait tenté de s'enlever Tony de la tête - après tout, cela semblait tellement insurmontable comme situation !
Déjà plus jeune, lorsqu'il avait quinze, seize, dix-sept il avait vraiment essayé de sortir avec des lycéens de son âge, alors qu'il avait ce béguin stupide pour le fils Stark depuis ses dix ans. Mais à chaque fois, il n'y arrivait pas, ne pouvant s'empêcher de les comparer à l'Iron man - et lorsque finalement il parvenait tout de même à obtenir de quelqu'un de sortir avec, il n'était même pas capable de les embrasser - ça l'avait toujours tout simplement dégoûté, et ses plus ou moins conquêtes l'avait laissé avec des insultes et un air vexé - et il repartait avec une trace de main sur la joue.
- J'ai essayé de sortir avec des jeunes de mon âge, continua le brun d'un air incertain. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de les comparer à toi, et honnêtement qui fait le poids face à Iron man ?!
- Peter...
- Non, laisse-moi finir, le coupa ce dernier, se sentant tout d'un coup déterminé à dire ce qu'il avait sur le coeur. Lorsque tu me parles de tout ça, j'ai l'impression que tu crois être le seul à te soucier de cette différence d'âge, mais c'est faux ! J'ai essayé de rentrer dans le moule, de faire comme les autres, d'amener quelqu'un au bal du lycée, mais c'était juste faux ! Tout semblait faux, je n'étais pas à ma place ! La seule chose qui me semble réelle en cet instant c'est ça ! s'écria-t-il en désignant l'atelier, en le désignant lui d'un large geste de la main.
Il inspira à fond, agrippant ses mèches de cheveux d'un air rageur tout en continuant :
- Je ne suis pas fait pour la normalité, j'ai essayé mais je n'y arrive pas. Alors au point où j'en suis, je pense que ce qu'on fera ne changera rien, du moins tant qu'on reste discrets.
- Te rends-tu compte de ce que tu proposes ?
- Et je te l'ai dit, que risquons nous ? Même si quelqu'un en venait à se douter de quelque chose, encore faudrait-il des preuves ! Et je sais que c'est ce que tu veux, toi aussi !
Voyant le silence de Tony, son coeur sembla se serrer dans sa poitrine alors qu'il demandait, sa voix redevenue incertaine :
- A moins...que les choses aient changé ces six derniers mois pour toi ?
Le brun restait silencieux, refusant de répondre et le plus jeune perdit patience, s'exclamant d'une voix forte :
- Alors, est-ce différent ?!
- Tu sais très bien que non ! s'écria Tony, poussé à bout, ses prunelles lui renvoyant un regard de détresse, souhaitant à tout prix éviter cette conversation, même si Peter n'était pas de cet avis. Pourquoi ne veux-tu pas comprendre que je n'ai pas le droit de t'aimer ?!
Tony referma brusquement la bouche en se rendant compte de ses paroles, jurant presque aussitôt, frappant dans le bureau d'un coup de pied, envoyant ce qui se trouvait sur ce dernier par terre d'un geste vif du bras, furieux envers lui-même alors que l'araignée le fixait la bouche légèrement entrouverte, ne s'attendant pas à un tel aveu, manquant de lui faire perdre pied.
- Enfin tu le reconnais...souffla-t-il à voix basse, un sourire stupidement heureux sur les lèvres.
Stark se tourna brusquement vers lui à ces mots, le dévisageant avec colère et le plus jeune déglutit avec difficulté, reculant face au regard sombre, écarquillant les yeux lorsque l'Iron man se dirigea droit vers lui, attrapant son T-shirt sans douceur, plongeant son regard dans le sien - Tony était toujours plus grand que lui pour l'instant, le dominant facilement d'une dizaine de centimètres - pour s'exclamer, al voix tremblante d'émotion qu'il ne parvenait plus à contenir :
- Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi Parker, bon sang ?! Que faut-il que je fasse pour te mettre dans le crâne qu'on-ne-peut-pas-faire-ça ! assena-t-il avec violence, le secouant en même temps pour le faire réagir.
Si Peter avait eut un moment d'inquiétude en le voyant l'attraper de cette manière, ses épaules se détendirent malgré lui et il posa une main sur celle de l'ingénieur, répondant avec douceur :
- J'ai parfaitement compris, tu sais. C'est juste que...
Lâchant un soupir, il ferma un instant les yeux, ignorant la manière dont la poigne du plus vieux était crispée sur son T-shirt avant d'ajouter :
- J'en ai assez de faire semblant, je suis fatigué de faire comme si de rien n'était lorsque je suis ici. Je...- il rougit un peu et ajouta dans un élan de courage - je te veux, Tony.
Un glapissement misérable s'échappa des lèvres du plus vieux en guise de réponse et Peter rouvrit les yeux pour fixer l'ingénieur qui avait finit par le pousser contre le mur à force de se tenir à lui de cette manière, un air dévasté et perdu au fond des yeux, qu'il dissimula bien vite en cachant son visage au creux du cou du lycéen, murmurant avec désespoir :
- Pourquoi tu m'obliges à faire cela ?
- Je ne t'oblige à rien, lui rappela l'étudiant, frissonnant légèrement en sentant son souffle s'échouer sur sa peau. Je veux juste que tu comprenne que c'est stupide de ne pas vouloir accepter le bonheur qui t'es offert, et je pense que tu en as pourtant bien besoin, surtout en ce moment.
- Je vais bien, se contenta de lui répondre Tony - et la manière dont il l'avait chuchoté, comme s'il tentait de se convaincre lui-même que son coeur n'était pas en morceaux, brisait celui de Peter.
- Ce n'est pas à moi que tu parviendras à mentir là-dessus, lui fit remarquer Spiderman avec un sourire triste.
Un léger silence s'installa avant que Stark ne semble se reprendre, se redressant légèrement en s'appuyant au mur derrière eux, le fixant comme si'l cherchait une réponse sur son visage. Voyant qu'il ne disait pas un mot, l'araignée se sentit obliger d'ajouter :
- Tu peux abandonner la bataille pour cette fois. Ce n'est pas grave de perdre, parfois, c'est juste humain.
Ses paroles laissèrent Tony sans voix un instant, son regard s'écarquillant de surprise face à ces mots - personne ne lui avait jamais dit cela auparavant, personne. Que ce soit son père, Pepper, Rhodes où tous ses autres coéquipiers et amis, Steve lui-même - on ne lui avait jamais assuré qu'il pouvait abandonner, que ce n'était pas si grave, qu'il n'était pas obligé de toujours tenter de donner le meilleur de soi-même jusqu'à s'en briser les os. il avait toujours essayé de faire au mieux, même quand cela ne semblait pas être suffisant pour Howard jetant l'une de ses inventions à travers la pièce dans une crise de colère, où Steve lui écrasant le coeur pour une histoire de papiers à signer - il ne faisait jamais assez bien pour personne, et il avait finit par s'y habituer, à croire que c'était sûrement la vérité. Que c'était normal d'entendre Steve le critiquer pour ses choix alors qu'il l'avait vu entraîner un missile nucléaire dans une faille spaciale et sacrifier sa vie - même ça, cela n'avait pas été suffisant.
Et puis Peter était là et lui disait que ce n'était pas grave - il était le seul à ne pas attendre de Tony qu'il soit le meilleur, qu'il soit juste lui - et tant pis si parfois ça ratait, si ce n'était pas parfait, s'il n'était pas parfait. Et ça allait, oui, ça allait parce que Peter avait appris à l'apprécier ainsi depuis son enfance, à découvrir qui il était réellement sans ces aprioris qu'ont toujours ces adultes et qu'ils vous crachent au visage - comme l'avait si gentiment fait Steve lors de leur discussion sur l'héliporteur des années plus tôt.
- Et toi ? M'en voudras-tu, si j'abandonne cette fois ?
Peter eut un rire léger à ces mots, le dévisageant avec ce regard si émerveillé qu'il avait à chaque fois envers lui, ses joues roses alors qu'il affirmait avec un sourire timide :
- Je serai sûrement le dernier à te reprocher ça.
Un sourire de la part de Tony fut sa seule réponse et ce dernier se redressa complètement cette fois, encore hésitant alors qu'il plongeait ses prunelles couleur miel dans les siennes et demandait :
- Tu ne le regretteras pas ?
Une brusque bouffée de chaleur enflamma les joues de Peter à ces mots, comprenant ce que l'ingénieur sous-entendait. Il toussa un peu pour cacher sa gêne, détournant les yeux d'un air coupable tandis qu'il répondait dans un murmure :
- Non, je te le promets.
Même avec ces mots, Tony hésitait encore - car ce n'était pas un choix à faire à la légère, parce qu'il savait que ça finirait par leur retomber dessus et que quand ça arriverait, leurs noms seraient traînés dans la boue et que le peu d'estime que Steve et les autres avaient encore pour lui fondrait comme neige au soleil. Il tentait de retenir le peu de contrôle qui lui restait, mais comment le pouvait-il alors que l'araignée venait de baisser les yeux, dévorant sa bouche du regard sans même chercher à s'en cacher ? Il avait beau l'écraser de sa présence, Peter ne bougeait pas et n'en avait sûrement pas l'intention, le laissant envahir son espace personnel avec cet enthousiasme juvénile qui le caractérisait et pour lequel Tony était honteusement tombé six mois plus tôt.
Et puis, le monde entier le savait, mais Stark n'était pas du genre à avoir autant de retenue, à être raisonnable, plus à présent qu'il venait de sentir contre sa jambe la dernière preuve que le gamin ne lui en voudrait définitivement pas pour ce qu'il s'apprêtait à faire - il n'aurait jamais dû le savoir, parce que c'était la dernière barrière restante avant de commettre l'irréparable et il venait de la percuter sans aucune gêne, et la seconde suivante il ne se rappelait déjà plus lequel d'eux deux avait été le premier à se jeter sur l'autre, leurs lèvres s'écrasant sans douceur tandis que son corps se pressait avec toute la frénésie et la frustration qu'il avait retenue pendant ces six derniers mois contre celui de Peter, le collant davantage encore au mur.
Pour un abandon, ça l'était, et il s'y adonnait avec ferveur - Tony était complètement foutu à présent, qu'on le pardonne.
Presque précipitamment, ses mains trouvèrent leur chemin sous le T-shirt de l'araignée et la pensée qu'il était le premier à effleurer sa peau vierge de caresses le remplit de félicité et de satisfaction - parce qu'il n'était pas dupe, le petit discours du brun concernant des tentatives avortées de petit(e)s-ami(e)s lui avait suffit pour comprendre que jamais le lycéen n'était allé aussi loin avec quelqu'un tant que ce quelqu'un n'était pas lui, et il s'en sentait honteusement flatté, lui arrachant un sourire contre les lèvres de Peter dont le corps tremblait entre ses bras - ce n'était pas de la peur mais de l'excitation en prévision de ce qui allait arriver et qu'ils avaient attendu si longtemps, ce contre quoi Tony avait lutté en vain - mais c'était fini à présent.
Pour approuver ses pensées - parce que c'était trop tard, alors tant pis, il regretterait plus tard comme chaque erreur de sa vie, même s'il ne considérait pas Peter comme une erreur en soi - il mordit doucement la lèvre du jeune homme, le faisant lâcher un glapissement d'envie, ouvrant aussitôt la bouche et permettant le passage de sa langue avide contre la sienne. Il ne pouvait s'empêcher de le presser entre le mur et son corps, comme s'il pouvait s'imprimer des courbes du plus jeune sur sa propre peau pour ne jamais les oublier.
Ce dernier avait glissé ses mains dans ses cheveux sans même hésiter, et Tony pouvait sentir le sourire sur ses lèvres pressées contre les siennes, et il se demanda dans le fond de son esprit depuis combien de temps Peter rêvait juste de toucher les mèches d'un brun presque noir.
Tony se savait devenu pressant, peut-être même brutal et il tentait de se calmer un minimum, ne souhaitant en aucun cas effrayer l'adolescent. C'était grisant et à des années lumière d ce qu'il se souvenait avoir vécu avec Pepper - jolie, douce Pepper avec lequel il n'avait été que trop tendre, trop gentil, pour au final se faire abandonner, poignarder dans le dos de la plus vile des manières, et ce souvenir le contraria tellement que ses mains se crispèrent sur les flancs de son protégé, lui arrachant un gémissement de douleur.
- Pardon, se sentit obligé de murmurer le milliardaire en s'écartant de ses lèvres, lui renvoyant un regard d'excuse à travers la brume de désir qui avait commencé à le prendre d'assaut.
- Ce...pas grave, le rassura Parker en secouant légèrement la tête, à bout de souffle et l'air incapable de gérer la manière dont il avait l'impression d'avoir été plongé dans de la foutue lave en fusion.
Tony acquiesça comme pour se rassurer lui-même, le fixant avec ce regard de prédateur qu'il ne se rendait même pas compte avoir dans une telle situation - mais ses conquêtes elles, s'en souvenaient et Peter était celui qui en faisait les frais en cet instant. L'Iron man sembla alors se prendre la vérité en pleine figure, et sa voix était devenue rauque lorsqu'il lui avoua dans un souffle chaud contre ses lèvres :
- Je te veux maintenant, Peter.
L'adolescent frissonna de tout son corps face à ces mots qui lui avaient été confiés sur ce ton urgent et quémandeur. C'était nouveau pour lui et il avait déjà le sentiment de perdre pied pour quelques mots et un baiser.
- S'il te plait, Tony, s'entendit-il alors balbutier d'un ton un peu trop suppliant à son goût, déglutissant avec difficulté par la même occasion.
Tony retint avec difficulté le sourire satisfait qui voulait ravager ses traits - le gamin était à sa merci pour de bon, effaçant les dernières miettes de discernement qu'il aurait pu encore posséder quelque part au fond de lui. Il était décidé pour de bon à faire ce qu'il fallait pour que Peter oublie jusqu'à son propre nom et vienne lui en redemander - et rien n'allait arrêter cela.
Absolument plus rien d'autre n'avait d'importance, que Steve putain de Rogers et le reste du monde aille se faire foutre avec leur morale à deux balles, parce qu'il voulait le gamin et la réciproque était tout aussi vrai, et que c'était tout ce qu'il avait besoin de savoir pour passer aux choses sérieuses.
- Ma chambre, grogna tant bien que mal l'ingénieur alors que l'étudiant s'était jeté sur ses lèvres à son tour, lui laissant à peine le temps de respirer, et encore moins d'en placer une.
- Et si...si croise le captain ? questionna l'araignée en s'écartant de lui à nouveau, haussant les sourcils d'inquiétude.
- Il passe son temps à la salle de sport lorsqu'il est là. Et puis c'est toi qui a voulu qu'on en arrive là, ne vient pas te plaindre des risques, répliqua Stark en fronçant les sourcils, s'écartant à regret de son corps brûlant avide du sien pour le tirer sans ménagement vers la sortie de l'atelier.
Le chemin jusqu'à la chambre du brun fut assez flou - de ce qu'ils pouvaient s'en souvenir tous les deux, c'est qu'au moins ils n'avaient pas croisé le soldat au détour d'un couloir, ce qui était une chose absolument géniale.
Quoiqu'il en soit, Tony eut à peine le temps de refermer soigneusement à clé derrière eux que c'était lui qui se retrouvait contre le mur cette fois, pris par surprise - décidément, il ne s'habituerait jamais à la force que possédait le plus jeune à cause de cette foutue morsure d'araignée.
Ça y était, ils étaient enfin seuls et pas prêts d'être dérangés - le réaliser les embrasa littéralement, et le plus vieux ne se sentit même pas coupable lorsqu'il laissa Peter le pousser férocement contre la porte. Il aurait tout le loisir de reprendre le dessus plus tard, mais pour l'instant entendre le lycéen gémir avec empressement dans sa propre bouche et sentir ses mains légèrement tremblantes se poser sur ses hanches, sous son vieux marcel noir qu'il utilisait à l'atelier était amplement suffisant pour qu'il calme sa frénésie. Se passant de paroles à présent, Tony se contenta de glisser ses mains sur ses fesses, rapprochant son corps du sien encore davantage, si tant et que ce soit possible.
Peter lui rappelait le goût de l'interdit, lorsqu'il était enfant et partait chaparder du matériel à son père qui ne voulait pas lui prêter de vieux bouts de métal pour "ses inventions stupides", où encore lorsqu'il faisait précisément le contraire de ce que l'on attendait de lui - et putain, le gamin portait la notion d'interdit à tout autre niveau, et ce n'était pas sensé être si bon. Bien évidemment, ce dernier restait maladroit, mais ce simple fait ne faisait que renforcer le désir déjà installé au creux de ses reins depuis six mois, collant son bassin tendu contre le sien, étouffant un gémissement de pure satisfaction. S'il n'y avait que ça, il allait lui apprendre, l'araignée deviendrait aussi douée que lui et ses foutues années d'expérience obtenues avant de se ranger avec Pepper. Oh dieu, qu'il allait regretter le moindre de ses gestes le lendemain...
- Tony...
Bon sang, il allait le prendre sans aucune forme de cérémonie s'il continuait à prononcer son prénom de cette manière avec un ton aussi affriolant, ce n'était juste pas possible et il décida de l'embrasser à nouveau pour ne plus l'entendre du tout - leur premier baiser remontait à six mois et il avait l'impression que cela c'était produit des décennies plus tôt, et il n'avait pas le souvenir que Spiderman eut été aussi entreprenant la première fois, non, certainement pas.
Décidant qu'il avait assez attendu, les mains de Stark migrèrent jusqu'au jean du lycéen, ne bataillant même pas un instant avec le bouton, plutôt fier d'y arriver sans même baisser les yeux, se contentant de dévisager le gamin qui avait détourné la tête, rouge de honte.
- Hey Peter, regarde-moi, demanda-t-il avec douceur.
L'interpelé hésita à peine une seconde avant de se tourner vers lui, plongeant son regard encore trop brun - trop innocent - dans le sien et cette fois-ci, le plus vieux sentit le doute l'envahir :
- Tu es sûr de toi ? On peut encore arrêter là tu s-
Tony fut brutalement coupé dans sa phrase en voyant le regard déterminé du plus jeune, qui venait d'attraper sa main devenue hésitante sur la bordure de son boxer pour l'obliger à la poser plus bas encore, directement sur son membre tendu.
D'accord, ça c'était une réponse plus que positive et compréhensible - qui manqua de faire court-circuiter son cerveau sous le choc mais eh, ce n'est pourtant pas comme s'il s'était attendu à ce que Peter soit quelqu'un de prude. Il se mordit la lèvre inférieure, se rendant compte de la force avec laquelle il le voulait depuis le début - et il l'aimait, alors tout irait bien, n'est-ce pas ? Cela faisait bien trop longtemps que ça couvait, qu'ils attendaient cela tous les deux.
Fort de son constat, il se décida enfin à agir, le touchant par-dessus son vêtement d'un main habile avant de finalement tirer sur ce dernier, découvrant le gamin à l'air libre, leur arrachant un soupir autant d'envie que d'anticipation à tous les deux. Tony le reprit en main presque aussitôt avant que l'étudiant soit tellement gêné qu'il décide d'arrêter là - peu justifiée puisque l'ingénieur était bien incapable de savoir comment il était sensé réagir, avec cette foutue différence d'âge toujours présente dans leurs esprits - loin, très loin mais toujours là.
Quoiqu'il en soit, avec ces fameuses années entre eux, il ne lui fut pas difficile d'amener Peter à gémir outrageusement à chaque geste qu'il faisait, ce dernier décidant de l'attirer dans un nouveau baiser sans savoir quoi faire de ses mains, autre que s'agripper au milliardaire comme s'il avait peur que ce dernier ne s'écarte brusquement - qu'il se rassure, Tony n'en avait certainement pas l'intention, plus maintenant.
Quand il écarta finalement ses lèvres des siennes, Peter était écarlate, finissant par cacher son visage rouge de gêne au creux de son cou, renvoyant son souffle brûlant se répercuter sur la peau de l'ingénieur alors que le plaisir devenait trop brut, incapable à soutenir pour le lycéen dont la respiration était devenue rauque et sourde, contraste saisissant avec sa voix habituelle, qui n'était pas encore totalement échappée à l'enfance.
Lorsqu'il se libéra enfin, un soupir se perdant sur la peau du plus vieux tandis que son corps entier et son coeur tremblaient de joie à l'unisson, Tony ne put s'empêcher de mordre la peau pâle et offerte juste sous son nez, arrachant un grognement de surprise à son amant.
Et, ce fut soudain et inattendu, mais Tony eut un rire étouffé qui glissa jusque dans les oreilles de Peter, devenant presque aussitôt plus fort, incapable à retenir.
Le plus jeune se détacha de son cou, lui renvoyant un regard surpris - et peut-être autant gêné que vexé, ne comprenant pas pourquoi Tony riait, et ce dernier avait bien dû mal à se calmer, parce qu'il était juste heureux, et bon dieu que cela pouvait paraître stupide. Comment avait-il pu croire un instant que ce qu'il avait vécu avec Pepper - trop doux, trop tendre pour être véritablement lui - où ce qu'il aurait aimé avoir avec Steve - bien trop prude pour profiter pleinement de tout ça - serait comparable à ça ?! Peter le lui avait déjà dit, qu'il ne voulait pas qu'il change pour lui et que chaque parcelle de lui, il l'acceptait, et il en avait la preuve en cet instant, alors qu'il le laissait faire à sa guise avec une confiance aveugle frôlant la folie furieuse.
- Pourquoi est-ce que tu rigoles ? demanda finalement le plus jeune entre deux halètements erratiques, fronçant les sourcils d'un air mécontent.
Stark lui renvoya un sourire éblouissant, comme il n'en avait que très peu vu sur le visage du milliardaire et cela le rassura légèrement, son coeur bondissant dans sa poitrine lorsque ce dernier lui confia :
- Je pensais juste à Steve-
- Sérieusement, à un moment pareil ? s'outragea le brun. Je vais vraiment finir par être vexé-
- Mais non, laisse-moi finir ! répliqua le plus vieux, reprit d'une crise de fou rire stupide qu'il cacha un instant dans le cou du plus jeune, ses épaules tressautant sans qu'il ne puisse les arrêter avant d'ajouter : je pensais au fait qu'il n'aurait jamais pu m'apporter autant que toi tu le fais.
- Je ne fais rien, fit remarquer Spiderman avec gêne, baissant légèrement les yeux.
Tony l'obligea à le regarder, secouant la tête pour protester avant d'ajouter avec un sourire doux :
- Tu es parfait, plus qu'aucun d'entre eux. Je suis heureux de t'aimer toi.
Ses paroles écarquillèrent les yeux de Parker - parce que bordel, il ne pensait pas avoir le luxe d'une telle déclaration, et qu'il le ferait sûrement le premier. Avoir été devancé par Tony qui détestait énoncer ce genre de choses à voix haute était un comble ! Néanmoins, son coeur était tellement débordant d'émotions qu'il étreignit le plus vieux avec ferveur, riant avec légèreté dans son cou - qu'on vienne lui dire qu'ici n'était pas sa place, que ce n'était pas l'endroit où il devait se trouver depuis sa naissance ! Personne ne comprendrait et à vrai dire, cela lui était bien égal.
Là aussi, la manière dont son idole d'enfance le traîna à travers la pièce jusqu'à son lit - gigantesque soit dit en passant, on pouvait en accueillir deux ou trois comme Thor avec facilité - resta flou, se rendant seulement compte qu'il se trouvait entre les draps d'une douceur incomparable, imprégnés de l'odeur de Tony - ce simple fait lui fit tourner la tête avec délice, parce que bon sang, c'était comme retourner à la maison après un long voyage, retrouver sa place comme s'il ne l'avait jamais quittée.
L'ingénieur quant à lui semblait décidé à rattraper le temps perdu et s'était déjà débarrassé d'une bonne partie de ses vêtements, s'occupant également des siens, lui enlevant avec empressement le T-shirt avec un chat qu'il lui avait emprunté sur le plus ou moins long terme. Lorsque les yeux de Peter se posèrent sur le réacteur ARK, le milliardaire sembla perdre la moitié de son assurance et se figea au-dessus de lui, incertain. Lorsqu'il sortait bien des années plus tôt, et savait déjà qu'il reviendrait avec une femme - ou un homme - au bras, il mettait une sorte de cache qu'il avait fabriqué, cachant du mieux qu'il pouvait le rond de lumière bleu - d'une, parce que certains en étaient gênés, et de deux, parce qu'il ne souhaitait pas que n'importe qui voit cela.
Remarquant son hésitation, Peter eut un léger sourire et approcha avec lenteur sa main de l'ARK, effleurant le bord de métal avec le regard brillant de fascination, murmurant du bout des lèvres :
- Je n'aurai jamais cru avoir la chance de le voir d'aussi près - et même de le toucher.
- La lumière ne te dérange pas ? demanda Tony d'un air hésitant.
- Absolument pas, le rassura le lycéen, continuant à effleurer le verre au milieu, cognant ses ongles dessus, écoutant le bruit léger que cela produisait, ses lèvres s'étirant en un sourire.
Ces quelques mots suffirent apparemment à rassurer le plus vieux qui ne sembla plus du tout être gêné par la présence de son réacteur, se penchant vers lui pour l'embrasser avec une douceur incroyable. Il prit son temps pour le préparer à ce qui allait suivre et lorsqu'il entra finalement en lui, murmurant tout un tas de paroles rassurantes par la même occasion, Tony sut qu'il n'y aurait plus jamais de retour en arrière possible, pas alors qu'ils étaient dans une telle situation, pas alors que Peter était serré, chaud et l'entourant de la plus divine des manières. S'il y avait une chose dont il ne doutait plus, c'est que leurs corps, malgré leurs différences flagrantes semblaient être faits pour être liés de la sorte.
Malheureusement, la félicité qu'ils partageaient en cet instant n'était pas éternelle, et même s'ils se sentirent comblés et heureux pour une nuit après s'être trouvés pour de bond, lorsque Tony s'éveilla le lendemain matin, la lumière d'un soleil de midi éclairant son visage fatigué, tout lui retomba sur les épaules avec force, manquant de lui donner la nausée. Son bras droit était enroulé autour de Peter dont le visage était posé sur son torse, tout près du réacteur, ne semblant absolument pas dérangé par sa lumière vive - Peter qui aurait dû être en cours en cet instant même, bordel.
Ce qu'ils venaient de faire - non, ce que lui avait accepté de faire, l'abandon qu'il avait signé la veille lui revint en pleine figure, et Tony sentit son coeur se serrer douloureusement, terrifié pour la suite des évènements. Comment avait-il pu accepter ça ?! Il avait écouté les arguments de l'araignée, jeté un coup d'oeil à ses propres arguments qui avaient beau être en béton armé, avaient fondu comme neige au soleil face à la détermination sans faille du plus jeune - et voilà où ils en étaient.
Le pire dans tout cela, c'est que Tony regrettait son geste, mais n'en était absolument pas dégoûté, loin de là - il avait apprécié chaque seconde, et qu'on le pardonne mais si c'était à refaire, il reproduirait sûrement la même erreur sans hésiter, même avec le remord qui lui rongeait la poitrine - il lui suffisait de fixer le visage endormi et paisible de Peter pour savoir que son choix resterait le même.
Inspirant profondément, il tenta de relativiser, jetant un coup d'oeil par sa baie vitrée, observant l'extérieur d'un air songeur - seul l'avenir leur dirait ce qui allaient advenir d'eux et de cette relation un peu bancale qui s'était installée au fil des mois.
Commentaire d'auteur :
Et voilà, vous êtes arrivés à la fin ! :D AH NON ON RALE PAS, je vous annonce qu'une troisième et dernière partie (ouais, faut pas déconner non plus les gars, je vais décéder à faire des parties de 20k de mots moi! XD Je les fais en trois jours quand il faut des mois à certains! ^^) est prévue, même s'il faudra attendre quelques semaines comme pour celle-ci, car comme je l'ai dit j'ai tellement écrit que je veux me rouler en boule dans un coin et plus bouger ! XD
Pourquoi une troisième partie ? Parce qu'après une telle fin, on a besoin d'une bonne discussion entre nos deux loulous et en plus, tout ne va pas être aussi rose que prévu, bien évidemment, on a pas mal d'éléments perturbateurs à régler ! ^^ (et puis vous n'allez pas vous plaindre d'en avoir plus je pense :p)
Ensuite, je tiens vraiment à parler de ce lemon-qui-n'en-est-pas-vraiment-un ! Honnêtement, je n'ai pas voulu m'étendre davantage sur le sujet car cette différence d'âge me dérange tout de même un peu et je ne voulais pas entrer dans les détails. Pour ceux qui lisent ma fic avec Tony et Loki ce sera totalement différent sur ce sujet mais là, je voulais que ça reste assez simple tout de même ! J'espère aussi que cette partie vous a plu parce que j'en avais pas écrit depuis trois ans et je devais être rouillée, on va pas se le cacher ! XD
Pour Steve, vous vous doutez également que je ne vais pas en rester de là, pareil pour May et d'autres, mais je n'en dis pas plus ^^ (même si je pense que certains ont déjà deviné ce qu'il pouvait très certainement se passer ! :))
Boooon je pense avoir fait le tour pour de bon cette fois. Encore une fois, je vous remercie infiniment pour votre accueil sur cette fanfic, je ne m'y attendais pas et ça m'a fait chaud au coeur, j'espère que vous aurez tout autant apprécié cette seconde partie, on se retrouve bientôt pour la troisième et dernière, d'ici là n'hésitez pas à me laisser une petite review, à bientôt ! :D
