Bonjour tout le monde, je poste la suite de ce qui normalement devrait être un OS, mais j'ai remarqué à quel point il était long, donc j'ai décidé de finalement le diviser en trois parties. Sinon, la deuxième partie ferait 15,000 mots, ce qui est un peu beaucoup. Ce n'est pas ma partie préférée, la partie trois est plus intéressante, normal quand on y pense. Donc, j'espère que vous allez encore apprécier. Merci pour vos très agréables reviews, je vous embrasse, et j'espère que malgré mon retard vous allez encore me suivre. La suite est bientôt terminée, maintenant que j'ai eu mon BAC je suis libre quelques temps.

Bonne lecture !


« Ceux qui refusent de regarder la réalité appellent leur propre destruction. Tout simplement ». James Baldwin.

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« Après avoir nettoyé Poudlard, je me suis rendu compte que la guerre était définitivement finie. Que beaucoup de gens étaient morts et qu'ils ne reviendraient plus jamais. Et que moi, qui avais gagné, restais là à ne plus avoir de but dans la vie. J'avais vaincu Voldemort, il me restait quoi dans ma vie à part la culpabilité d'avoir endeuillé bon nombre de famille ? Rien, je n'avais plus rien. J'étais hagard, complètement perdu. Mes cauchemars ont commencé à faire leur apparition, je ne dormais plus correctement, je ne vivais plus correctement. Mes… amis s'étaient bien remis de la guerre, leur vie recommençait. Je ne me sentais pas normal face à eux, j'étais encore plus mal à la fin qu'au début. Ginny voulait qu'on se marie, Ron voulait me trainer dans une carrière d'Auror. J'ai essayé tout ça, sincèrement au début je pensais que je voulais le faire. Mais au bout de deux mois mes cauchemars se sont transformés en crise, je devenais dangereux pour eux tous et surtout je commençais à les haïr. J'en étais devenu à haïr ma famille. Je suis donc parti loin du monde sorcier, là où j'ai rencontré un groupe d'artiste itinérant. J'ai voyagé avec eux, j'ai découvert la fête, la drogue, l'alcool et les soirées homosexuels. La drogue calmait mes crises, le sexe me les faisait complètement oublier. C'était la belle vie. Jusqu'au jour, où la drogue n'a plus fait d'effet. J'ai commencé à devoir en prendre plus pour gérer. Et c'est là où j'ai complètement sombré »

Les gouttes de pluie résonnaient contre les vitres de la salle de rééducation. Aucune lumière ne filtrait, le Soleil était définitivement caché derrière les sombres nuages gris. Ce manque de lumière se faisait ressentir sur le moral des patients qui préféraient rester dans leur chambre plutôt que de venir marcher ici. Une semaine après le magnifique temps qui avait ensoleillé St Mangouste, la grisaille s'était installée et perdurait un peu trop au gout de tout le monde.

C'était une semaine après le récit de Potter. Snape s'en souvenait encore, et il ne pouvait s'empêcher de se repasser cette voix décrivant l'enfer. Encore et encore, il entendait les pleurs qui étouffaient la voix cristalline. Les larmes ne coulaient pas, mais le vert des yeux pleurait sans interruption. Il avait désormais du mal à s'endormir et surtout du mal à se concentrer pendant ses séances. Rose le remarquait assez facilement et passait son temps à le reprendre pour qu'il regarde où il mettait les pieds.

Il avait déjà chuté plusieurs fois ainsi. Mais jamais quand Harry était là. Ses jambes allaient mieux, il pouvait désormais supporter deux séances, une le matin et une l'après midi. Harry continuait à venir l'après-midi et il parlait de tout et de rien, comme si le gosse ne s'était jamais confié à lui. Comme si Harry ne s'était pas réfugié dans ses bras, tremblant de terreur.

Putain, et depuis quand c'était devenu Harry ?

Snape soupira, avala une gorgée d'eau et décida de se remettre à travailler sans attendre le retour de sa médicomage. Il s'avança doucement vers le tapis entouré de deux barres rigides qu'il attrapa fermement. Ses jambes avancèrent assez facilement, la gauche allant de mieux en mieux. Le genou était toujours fragile, attaqué lui aussi par l'acidité du venin qui avait parcouru des milliers de fois son corps. Malgré tout la douleur restait tout à fait supportable.

Elle n'était pratiquement rien comparée à la douleur qui logeait dans les jades de Potter. Pris par la violence du souvenir de ces yeux perdus, il avança encore plus vite. Ses pieds bougeaient seuls, il n'avait pratiquement plus besoin de se concentrer comme un forcené pour pouvoir ordonner à ses jambes de se mouvoir. Cet après midi, le gamin viendrait le voir. Il lui parlerait comme d'habitude. Mais cette fois, ce serait différent car ce matin, Hermione et Ron passaient le voir.

Potter redoutait énormément cette visite. Avant il n'en avait cure, mais aujourd'hui qu'il avait retrouvé une petite part du garçon qu'il était avant, revoir ses amis sous un autre œil que la haine, cela l'angoissait terriblement. Pour couper court le plus vite possible à l'entretien, il avait pris un rendez-vous avec Eltamin. Le psychiatre avait bien compris la manœuvre et avait dit à Harry de venir un peu plus tard que l'heure prévue.

Le gosse avait lourdement pesté, mais avait tout de même accepté. Lui aussi devait avancer.

« Quand Hermione m'a retrouvé dans le monde moldu, j'étais dans un piteux état. Au fin fond d'un immeuble miteux, je n'étais plus que l'ombre de moi-même. J'avais enchainé une semaine de soirée – plusieurs heures de sexe, de drogue, d'alcool sans interruption – et j'avais été plusieurs fois au bord de l'overdose. Je ne dois ma survie qu'à ma magie qui a évité à mon organisme de mourir »

Au dernier pas, la voix du garçon remonta dans son crane encore une fois. Il n'aurait jamais cru qu'il aurait été allé aussi loin, qu'il se serait détruit autant. Loin de tout le monde, loin de tous ses amis, il avait voulu clairement mourir. Mais sa magie lui avait dit non, et Snape avait fortement soupçonné qu'autre chose lui avait refusé le choix d'attenter à sa vie. Et Potter l'avait aussi clairement compris.

« Encore une fois, je pense que c'est elle qui m'a sauvé. Je voulais mourir, Snape, je le voulais vraiment. Mais la seule partie d'elle qui restait sur cette planète, cette partie qui est en moi, a clairement refusé que je parte. Comme si elle savait que tout n'était pas perdu. »

En prononçant son nom, le Golden Boy avait fixé ses prunelles vertes à celles de Snape. Les yeux de Lily, le dernier cadeau de cette jeune femme aux doux cheveux roux. A travers les dégradés de vert, le maitre de potions aurait pu croire voir scintiller encore un peu de sa magie. Mais les yeux qui avaient été en face de lui ce jour là appartenaient clairement à Harry. Et à personne d'autre.

Un long silence c'était installé entre eux après cela. Non pas un lourd silence, mais plutôt une entente commune pour laisser les lourdes émotions se tasser. L'un avait dévoilé sa vie, l'autre avait emmagasiné les révélations. Pour les deux, le résultat était le même, leur cœur tambourinait avec force dans leur poitrine. Puis Potter avait fermé les yeux et avait enfoui sa tête dans ses bras qu'il avait préalablement posés sur ses genoux. Tel un enfant, il cherchait à ne pas montrer qu'il avait envie de pleurer et qu'il était face à la douleur.

Il avait doucement tremblé en essayant de retenir les émotions qui l'avaient assailli. Il avait cherché à ne plus avoir peur, mais il avait perdu. Confronté ses souvenirs à la parole prenait une autre tournure. Comme s'ils devenaient tous palpables, sa déchéance n'était plus que des images, elle était devenue sons et gémissements de douleur. Snape l'avait observé, tout petit recroquevillé sur lui-même. Un enfant qui n'avait jamais grandi.

Quelque chose avait émané de lui. Un appel de magie, imperceptible, un tout petit instant il avait transpercé l'air. Il avait presque senti la magie de Lily l'appeler. Le supplier de protéger son enfant. Cela avait fini par achever l'homme qui avait longtemps hésité de faire preuve de tendresse avec le Survivant. Il ne savait pas ce que cet acte, allait créer entre eux. S'il allait briser leur difficile entente ou s'il allait encore plus les rapprocher.

Snape s'était doucement avancé pour ne pas effrayer Harry. Le garçon avait alors relevé brusquement sa tête, et avait fixé l'homme avec un regard vert d'appréhension. Le cœur de Snape s'était douloureusement serré. Il n'avait pas cillé une seconde, mais il avait remarqué que le gosse avait forgé une emprise sur lui. Si à ce moment là il l'avait pris dans ses bras ce n'était pas pour Lily. Pas pour Dumbledore non plus, c'était simplement pour réconforter Harry.

D'une main forte, il avait attrapé l'arrière de sa nuque et l'avait entrainé dans ses deux bras puissants. Harry s'était laissé faire, complètement interloqué. Il avait alors ressenti encore une fois cette chaleur si particulière, si réconfortante qui faisait battre son cœur. Il s'était laissé faire, et avait mis du temps à faire cesser ses tremblements. Mais il n'avait plus très bien fait la différence entre ses tremblements de peur et les frissons qui avaient parcouru son corps.

Snape ne l'avait pas lâché, jusqu'à qu'il se calme. Comme il l'avait fait pour lui, il l'avait accompagné dans son épreuve par la force de ses bras. Il avait fermement soutenu Harry au sol, il l'avait empêché de s'envoler et de partir alors que le gosse l'avait aidé à s'élever il y a de cela deux semaines. Dans un soupir, il attrapa sa serviette, la passa sur son crane en sueur et repensa à la sensation qu'il avait eue. Il savait que quelque chose avait changé en lui, il ne comprenait pas encore quoi, mais il ne regrettait pas son geste.

La porte de la salle blanche claqua fermement, et une petite silhouette s'approcha de Snape qui était encore dans ses pensées. Rose. Les yeux noirs s'ouvrirent de surprise, puis se froncèrent quand il se rendit compte qu'elle était partie il y a bien longtemps. Qu'est ce qu'elle avait foutu tout ce temps ? Elle tenait dans sa main le baume qu'elle appliquait après chaque séance sur le bras droit de l'homme, et sa coiffure d'habitude si bien faite était légèrement barbouillée. Elle reprenait doucement son souffle en fixant ses yeux bleus aux siens.

« Excusez-moi pour l'attente. J'espère que vous ne m'en voulez pas. J'étais avec Monsieur Eltamin, il me demandait de vous dire de passer le voir vers onze heures » souffla-t-elle en terminant de se reposer.

Snape leva un sourcil, interloqué par la brusque familiarité de la médicomage, quand soudain il se rappela que personne ne connaissait le nom de ce type. C'était Eltamin, et ça n'a toujours été que cela. Beaucoup de personne lui avait demandé son nom de famille, et il avait répondu évasivement que c'était inutile puisqu'il ne resterait pas éternellement dans cet hôpital. Entre autre, il soupçonnait aussi fortement qu'Eltamin ne soit pas du tout son vrai nom.

S'il se souvenait bien, Eltamin était le nom d'une étoile… mais il laissa couler cette pensée quand il se souvint de ce que lui avait dit Rose. Le psychiatre de Potter voulait le voir ? Il lui voulait quoi exactement ? Snape posa la question à la jeune femme qui s'extasiait sur le fait qu'il avait travaillé pendant qu'elle n'était pas là, et que c'était tout à fait formidable qu'il prenne seul l'initiative de marcher. Cela voulait dire qu'il reprenait confiance en ses membres inférieurs.

Elle arrêta son soliloque, et haussa les épaules pour répondre à sa question. Elle n'en savait strictement rien, il lui avait juste demandé de faire passer le message. Elle en profita pour rajouter que cet homme était sincèrement très étrange, mais qu'il avait l'air très intelligent et qu'il savait ce qu'il faisait. Snape leva les yeux au ciel. Décidément cette femme était trop impressionnable.

Il décida qu'il avait assez travaillé pour ce matin, et que la séance de l'après-midi durerait plus longtemps. Il préférait quand Harry était là. Il rangea la bouteille et la serviette dans un sac, et s'apprêta à partir quand sa médicomage l'arrêta avec sa petite voix criarde. Il se retourna en pensant qu'elle voulait lui demander où il allait, mais contrairement à ce qu'il cru, ses paroles furent porter sur un autre sujet.

« Au fait, je viens de croiser Monsieur et Madame Weasley dans le couloir. Vous saviez très bien qu'ils venaient, mais je pense que vous ne saviez pas qu'ils étaient également accompagnés de Ginny Weasley. J'ai pensé que cela vous intéresserait. » dit-elle dans un sourire espiègle, elle commençait à vraiment connaitre son patient ronchon.

Snape fronça des sourcils et pesta violemment contre la stupidité des Weasley. Potter n'avait aucune envie de revoir cette femme, il ne lui portait aucun intérêt. Et même, cela lui ferait plus de mal qu'autre chose. Il ne répondit pas à Rose qui sourit à la réaction de l'homme en noir. La nouvelle l'avait touchée, il fallait maintenant le laisser seul et tranquille.

L'ancien maitre de potions s'avança vers la porte, et sentit un brusque pressentiment quand sa main toucha la matière froide de la porte. Il n'était pas à la place de Potter mais bien malgré lui, il savait que cette rencontre allait mal se passer. Il le sentait au plus profond de lui-même, tout comme ce besoin de protection qu'il avait pour lui. Cette nécessité qui était née au creux de son ventre lorsqu'il avait encerclé le corps fin et parfait du Sauveur.

A ce moment là, il n'y avait pas fait attention, mais la supplication de Lily avait cessé.

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Harry attendait, frémissant, la visite de ses meilleurs amis. S'il pouvait encore les appeler comme cela. Il n'acceptait leur présence parce que selon son psychiatre c'était nécessaire à sa bonne réintégration dans la société. Ne plus avoir de contact humain, autre que les médecins, devient vite néfaste. Pourtant il avait l'impression que ces visites faisaient l'effet inverse sur lui. A chaque visite, il restait muet quelques jours et même Eltamin ne lui faisait décrocher aucun mot. Le blond avait rapidement compris que ses amis étaient les amalgames de toutes ces années de souffrances, de guerres, d'adolescence détruite.

Ce n'était pas vraiment leur faute, mais ils représentaient tout. Absolument tout. Ils étaient le lien, et même si Harry les aimait ou les avait aimés, il ne savait plus trop, ce lien était trop fort pour laisser le Survivant indemne. D'autant plus qu'ils étaient le symbole de la réussite sociale après la guerre. Ces héros de guerre qui réussissaient parfaitement, c'était une vitrine parfaite pour le Ministère qui avait rapidement fait monter en grade Ron.

Il était désormais haut gradé chez les Aurors, et était même en passe d'obtenir un poste au Ministère maintenant que son père l'appuyait. Hermione et Ron était à tous les réceptions qui portaient sur les récompenses des anciens de la guerre. Tout cela en un an. C'était écœurant d'hypocrisie. Harry avait lu certains journaux, les photos étaient toujours les mêmes, Hermione et Ron enlacés amoureusement, faisant croire que tout va bien.

Alors qu'Harry avait déjà vu que ce train de vie commençait à sérieusement taper sur les nerfs d'Hermione. Elle travaillait dur pour devenir professeur de Sortilège à Poudlard, et toutes les réceptions auxquelles était invité son mari, l'empêchait de travailler et de se concentrer. D'autant plus qu'elle n'était pas faite pour vivre dans toutes ces fioritures sorcières, ce n'était pas son monde. C'était plus l'apanage des familles de sang-purs.

En parlant des sang-pures, la jeune femme brune lui avait dit lors de sa dernière visite que le monde sorcier n'entendait plus parler de Draco Malfoy depuis la fin de guerre. Son père était étroitement surveillé, malgré un acquittement en remerciement au geste de sa femme qui avait sauvé Harry, et restait cloitré dans la demeure familiale. Le fils quant à lui avait mystérieusement disparu dans la nature. Ron avait alors ricané en disant que ce n'était pas plus mal pour tout le monde.

Harry n'avait pas été d'accord. Soit il avait eu de nombreux différents avec la fouine, mais ils avaient grandi, ils étaient passés au-delà. Il avait témoigné en faveur de sa mère juste avant de s'exiler dans le monde moldu, et son ancienne Némésis lui avait lancé à ce moment un regard franc et amical. Il l'avait clairement remercié de son geste. Le Golden Boy avait alors pensé que le blond cendré avait fait comme lui. Peut être était-il parti pour échapper à tout cela, au surplus qu'offrait l'après guerre. Peut être que finalement ils étaient plus proches qu'il ne le pensait.

Il fut brusquement sorti de ses pensées par deux coups sonores contre la porte. Le Sauveur quitta sa contemplation du ciel sombre à travers les barreaux de sa chambre et déglutit faiblement en se disant que ça ne pouvait pas être pire que la dernière. Pourtant quelque chose lui tordait les entrailles, il avait envie de vomir et de fuir. Les deux gardiens – parce que par précaution ils en avaient posté depuis le dernier incident – n'attendirent pas sa réponse et firent cliqueter les nombreux cadenas de la porte.

Ils en avaient également rajouté d'autre, et Harry trouvait cela profondément stupide. S'il avait vraiment envie de sortir, il ferait sauter tout ces artifices. Cela lui prendrait plus de temps que d'habitude, voilà tout. Le dernier cadenas sauta sous l'effet de la magie, et la poignée s'abaissa doucement. La bouche d'Harry se tordit quand il vit la lumière du couloir entrée dans sa chambre, puis elle s'affaissa complètement quand il reconnut les deux silhouettes qui entrèrent à la suite du gardien qu'il avait assommé la dernière fois.

L'homme baraqué gardait un souvenir cuisant de ce moment. A chaque fois qu'il entrait, il regardait l'adolescent d'une manière méprisante, mais Harry remarquait à chaque fois avec un profond amusement qu'il y avait de la peur. Quoi qu'il fasse, il aurait toujours le dessus sur cet homme qui est censé le dissuader de sortir. Cette peur latente, il pouvait la retrouver dans chacun des regards du monde sorcier. Il y avait bien sûr de la reconnaissance, beaucoup d'admiration, mais il y avait toujours un soupçon de peur face à sa puissance. Il avait quand même défait le Seigneur des Ténèbres, il était donc plus puissant que lui.

Et donc potentiellement plus dangereux. Le seul homme à n'avoir jamais eu peur face à lui, restait toujours cet homme. Harry aurait aimé qu'il soit là, qu'il l'accompagne dans cette nouvelle épreuve. Ce sentiment le prit violemment dans les tripes ce qui le surpris. Il n'avait jamais ressenti ça. Ce besoin de retrouver les bras puissants qui l'avaient soutenu, mais aussi ses mains chaudes qui l'avaient protégé. Il devenait dépendant. Mais il y avait quelque chose de plus derrière… quelque chose qu'il ne parvenait pas à attraper.

Les talons d'Hermione claquèrent sur le sol froid, pendant que Ron se raclait la gorge pour se faire remarquer. Harry fut bien obligé de les observer. D'un petit coup d'œil émeraude, il vit qu'ils n'avaient pas changé. Son amie gardait des cheveux épais et châtain foncé, son visage était toujours sérieux malgré un petit sourire mutin. Elle était grande et gardait une jolie carrure. Une femme qui avait beaucoup porté de responsabilité sur son dos. Ron quant à lui, conservait la rousseur de ses cheveux si caractéristiques accompagnés de quelques tâches de rousseur. Ses épaules avaient pris en largeur, mais à travers les yeux verts, il restait le petit garçon gauche et peu débrouillard qui l'avait regardé avec admiration dans le train.

Peu de changement de physique, mais tellement de changements moraux. Et il était peut être là le problème. Peut être que ses yeux qui ne voulaient pas voir les changements, qui ne voulaient pas voir la réalité, l'avaient induit en erreur et ne l'avaient pas fait avancer. Hermione murmura quelque chose d'inaudible, qui ressemblait plus à une plainte, et s'approcha du Golden Boy. Elle ne réfléchit pas et le prit dans ses bras. Harry se sentit d'abord mal à l'aise, puis se laissa faire en essayant de se rappeler ce qu'il ressentait quand il était adolescent.

Une chaleur de mère. Voilà ce qu'il avait ressenti durant toute son adolescence. Il ne pourrait plus ressentir la même chose désormais, ses amis il les avait trop rejetés de sa vie pour qu'ils reprennent la même place qu'avant. C'était dommage, il n'aurait pas du faire ça, mais on ne pouvait pas revenir en arrière. La jeune femme lui susurra qu'il lui avait manqué et qu'elle était ravie de le voir. Un petit sourire éclaira le visage de l'adolescent ce que ne manqua pas de remarquer Hermione.

Elle s'écarta légèrement, lui toucha légèrement le visage et croisa les yeux interrogateurs de son meilleur ami. Elle ne l'avait jamais vu aussi rayonnant depuis qu'elle l'avait emmené ici. Elle eut envie de pleurer, mais ne put que sourire également. Ce n'était pas le moment de pleurer, surtout pour les progrès de son ami. Quand elle l'avait retrouvé dans cet immeuble délabré, elle avait cru qu'elle allait mourir. C'était un des Aurors, collègue de Ron en mission dans le monde moldu, qui avait retrouvé la trace du survivant. Son meilleur ami n'était plus que l'ombre de lui-même. Sous-alimenté, seul, les yeux morts, sa peau laiteuse déchirée par l'alcool, la drogue et le tabac, son physique s'était calqué sur son esprit.

Ecartelé, saigné à blanc, terrifié, poignardé, empoisonné.

Elle n'avait pas eu d'autres solutions de le mettre ici, même si elle savait qu'il allait lui en vouloir toute sa vie. Mais elle-même elle ne se pardonnerait jamais de l'avoir laissé disparaitre et partir. Ron lui avait dit qu'il avait juste besoin d'un peu de liberté. En réalité, il avait besoin de mourir. Cette réalité avait brisé tout l'entourage du Golden Boy qui ne s'était jamais remis de l'annonce de l'internement du garçon. Il devait être l'Elu, le garçon parfait, totalement invincible.

Hermione qui avait été élevée dans une famille moldue savait qu'elle pouvait reprocher au moins cela au monde sorcier. Leur méconnaissance de la souffrance psychologique. Pour eux ce n'est que légende, puisque souvent la magie protège le sorcier de tout acte fou. Les suicides de désespoir sont très rares, il faut vraiment que la magie et l'âme du sorcier soit sur la même longueur d'onde. Ce qui n'arrive pas souvent, du fait que la magie a un instinct de survie très puissant. Elle, qui avait vu de nombreuses dépressions dans sa famille du fait de sa qualité de sorcière, pouvait comprendre la détresse de son ami.

Et aujourd'hui, devant elle, il souriait. Timidement, mais elle retrouvait un peu de cette joie qu'elle avait tant aimé chez lui. Les yeux verts devant elle cherchaient réponse. Ils voulaient savoir pourquoi elle souriait ainsi alors qu'à chacun de ses visites, elle avait été brève et triste.

« Oh… Harry, Eltamin n'avait pas menti. Tu vas mieux » soupira-t-elle, soulagée. Elle se retourna vers Ron et lui sourit franchement. Le rouquin écarquilla ses yeux bleus, et s'approcha de son meilleur ami. Il le regarda quelques instants, puis sourit franchement quand il remarqua effectivement le petit sourire au coin du Sauveur. Il lui tapa dans le dos comme il le faisait au temps de Poudlard.

Harry accepta cette tape familière alors qu'il y a encore quelques mois, il se serait franchement écarté, refusant absolument tout contact. Oui, il avait changé, et peut être qu'on pouvait dire qu'il allait mieux. Moins agressif, moins terrifié. Qu'est ce qui l'avait fait changer comme cela ? Eltamin, il y avait surement un peu de lui, cet homme toujours là pour l'écouter sans jamais juger, comme un père. A travers ses yeux bleus-gris aciers, il retrouvait un peu de Dumbledore. Et il y avait bien sûr Snape. Il l'avait fait changer, mais il voulait surtout changer pour lui. Il voulait que le maitre de potions soit fier de lui, de sa guérison, qu'il ne le voit plus comme un pauvre adolescent.

Mais comment voyait-il Snape ? Ce n'était ni un père, ni un frère… Il n'arrivait même pas à le considérer comme un ami. Avant, c'était plus son alter ego psychique, mais de plus en plus il avait l'impression qu'il avait plus besoin de Snape qu'il n'avait besoin de lui. Son esprit pesta de colère, il ne voulait pas cet homme devienne sa colle. Il fallait qu'il soit au même niveau que lui, même si c'était clairement impossible. Au cours de sa vie, le maitre de potions avait vu trop de chose, s'était battu seul contre Voldemort alors que tout le monde lui tournait le dos. Son nom était craché, sa vision était maudite, et pourtant il était resté debout, fier et droit.

Harry baissa les yeux et eut envie de pleurer de rage. Clairement, il admirait Snape, il voulait sa force, il voulait son regard qui ne vacillait jamais. Mais il désirait aussi autre chose, quelque chose de plus fort et de plus pur. Une sensation qu'il n'avait jamais expérimentée, comme s'il avait pendant toutes ses années créé un mur autour de lui. Parfois il avait ressenti cela pour ses amis, mais jamais ce sentiment l'avait pris aux tripes.

Il voulait que Snape le regarde. Le Sauveur fronça les sourcils quand cette pensée émergea dans son esprit. Il voulait qu'il observe la personne qu'il était vraiment, plus l'enfant des deux adolescents qu'il avait connus pendant sa période à Poudlard. Il ne voulait plus être le fils d'un abruti congénital et d'une femme aimée. Etre Harry au fond des onyx, exister pour ce qu'il était, un adolescent écrasé par son destin. Juste un putain enfant, et pas un sorcier à la puissance démesurée.

Mais pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, voulait-il cela ? Comment était-il devenu aussi faible, aussi enclin à régir sa vie par rapport aux sentiments d'une autre personne, qu'il ne portait pas dans son cœur jusqu'à maintenant ? Harry fut ramené à la réalité en attendant la voix d'Hermione l'appeler avec insistance. Il croisa son regard chocolat inquiet, et hocha la tête pour la rassurer. Elle rayonna comme elle l'avait habitude de le faire autrefois, même si son sourire se teinta d'une triste mélancolie. La vie avait fait son chemin, petit à petit, elle avait creusé son sillon de nostalgie dans chacun des gestes de ses deux anciens amis. Plus aucun de leurs regards cacheraient la naïveté de l'ancienne époque, à chaque fois il trouverait un cadavre derrière chaque sourire ou chaque poignée de main.

Ron attrapa la main de son ami pour l'emmener près de la porte. Harry ne comprit pas très bien ce qu'il cherchait à lui montrer, et se dit que c'était peut être ce dont Hermione parlait, mais comme il n'avait strictement rien écouté cela n'allait pas l'aider. Il se laissa faire et se concentra sur la main rugueuse du rouquin. Elle était sèche et rêche, comme ses mains après les longs entrainements qu'il avait eus dans l'école des Aurors. Il se rappela alors les paroles d'Eltamin qui lui disait, tout en fumant sa cigarette, qu'il cherchait à fuir son passé. Mais il avait l'impression qu'il cherchait aussi à fuir son avenir. Il avait été terrorisé à l'idée de voir la vie continuer son cours, et qu'elle ne l'attende pas. Que personne ne l'attende après son deuil.

Car il avait fait le deuil de son ancienne vie, cette existence dictée dans l'attente du combat contre Voldemort. Lui qui n'avait rien eu dans son enfance, toute son adolescence avait été construite sur le fait qu'il fallait qu'il se batte et que finalement il allait mourir à la fin. Mais il avait survécu, et il n'avait jamais pensé à cette éventualité. Il avait été brisé par ce cadeau empoisonné que lui avait fait la vie.

« Tu vas voir, elle n'a pas énormément changé. Enfin, personnellement je trouve qu'elle est devenue encore plus belle. Mais je suis son grand frère, donc mon avis n'est pas très objectif n'est ce pas Mione ? » ricana finalement Ron.

Harry écarquilla les yeux en entendant les paroles de son voisin de gauche. Il avait bien dit « grand frère » ? C'était impossible, ils l'avaient vraiment amenée ici, dans son hôpital psychiatrique ? Son estomac se contracta à cette pensée, il ne savait pas très bien comment il allait réagir en la revoyant. Il n'avait pratiquement plus pensé à elle depuis qu'il était parti dans le monde moldu, et cela lui avait fait du bien. Elle était l'incarnation de l'hypocrisie qu'il avait eue envers lui-même. Son refus d'accepter son homosexualité, son lien avec Poudlard et la famille Weasley.

Hermione observa d'un regard au coin son meilleur ami, et secoua la tête en repensant au caprice de son mari. Elle ne savait pas si c'était le bon moment pour que Ginny vienne voir Harry, celui-ci l'ayant totalement rejetée après la guerre. Elle avait compris qu'elle avait été un problème principal pour son ami brun. Elle avait montré son refus quand les deux cadets de la famille rouquine étaient venus lui poser la question, mais avait finalement cédé sous la pression de Ronald. Il s'était exclamé qu'Harry devait s'ennuyer à toujours voir les mêmes personnes, et que Ginny voulait voir Harry pour lui parler.

La sorcière née moldue avait levé les yeux au ciel. Ron n'avait rien compris, leur ami était là pour guérir, pas pour recevoir des amis à la première occasion. Surtout quand ces amis étaient la principale source de son mal être. Elle pouvait par contre comprendre les sentiments de sa rouquine d'amie. Malgré l'année passée, elle aimait encore Harry. Sincèrement, même passionnément. Et désespérément, elle s'accrochait alors qu'au fond d'elle, elle savait que c'était peine perdue.

Priant pour que la rencontre se passe bien, elle passa derrière la porte. Harry put entendre la voix de la jeune femme résonner dans le couloir. Elle demandait à la cadette des Weasley d'entrer dans la pièce et d'être calme. Le Survivant grinça des dents et pesta mentalement. Elle aurait dû demandé cela à lui, il ne savait pas s'il allait lui hurler dessus ou tout simplement la chasser violemment de sa chambre. Il sursauta quand il entendit la porte coulisser et ses lèvres s'incurvèrent franchement vers le bas quand il reconnut la silhouette de celle qui l'avait accompagnée dans sa vie durant sa 6ème année.

La jeune femme rousse avança doucement dans la pièce, et presque timidement, elle observa en premier lieu la pièce. Un brusque frisson la traversa quand elle se rendit compte de la froideur de la pièce, des dessins dessinés au mur et des pauvres meubles qui accompagnaient la chambre. Ses yeux bruns n'osèrent pas se poser plus de trente seconde sur quelque objet qu'il soit. Elle se sentait mal dans cette pièce, tellement qu'elle finit par baisser les yeux.

Harry l'observa presque avec mépris. Pauvre petite chose qu'on a enlevée à son milieu doré. Évidemment qu'elle se sentait mal ici, malgré le nettoyage magique fait après chaque passage de patient, il restait toujours un résidu. Presque infime. Mais même avec beaucoup d'effort, le désespoir et la peur ne partent pas. Ils étaient la signature de tout ces sorciers, et même s'il n'en s'était pas rendu compte, il devait aussi avoir la sienne. Il rit intérieurement en pensant que sa marque devait être la déformation du mur dûe à sa balle.

Ginny se dit que si elle voulait parler à Harry, il fallait qu'elle relève les yeux. Ce qu'elle fit. Elle hoqueta de douleur et de surprise quand elle croisa enfin les prunelles vertes de celui qui fut son petit ami. Hermione eut presque pitié de sa belle-sœur. Elle avait eu la même réaction quand elle avait observé le ravage de la guerre dans les iris de son meilleur ami. Ce n'était plus le vert tendre qui avait accompagné le début de son adolescence, c'était du métal en fusion. Si on s'en approchait de trop près, on risquait d'être brulé. Ils avaient désormais pris un vert serpentardesque.

La rouquine tritura ses mains ne sachant vaguement que dire à l'homme devant elle. Car il était devenu un homme, alors qu'elle sortait à peine de l'adolescence. Les pauvres petits mètres qui la séparaient du Sauveur lui semblèrent soudain être un gouffre. Mais elle voulait absolument les franchir. Elle ne lâcha pas les yeux de jade, et se força à sourire. Harry releva un sourcil. Pourquoi se forçait-elle à sourire si elle ne le voulait pas ? Puis il se souvint qu'il était comme cela autrefois, toujours à faire bonne figure, et à ne jamais dire quand il n'allait pas bien.

« Je ne sais vraiment pas quoi te dire, d'ailleurs qu'est ce qu'on pourrait dire dans ces moments là ? » rit-elle jaune. Son léger rire forcé fit trembler quelques secondes sa gorge blanche avant qu'elle se reprenne. « Cela fait un moment qu'on ne s'est pas vu tous les deux. La dernière fois devait être pendant le déblaiement de Poudlard… » Elle s'arrêta net quand elle croisa les yeux d'Harry. Ils s'étaient assombris brusquement après qu'elle eût parlé de Poudlard. Mauvais sujet, d'accord. Elle décida d'embrayer sur autre chose, mais ces paroles étaient inutiles et coulaient sur Harry.

Elle continua à parler sans se douter que la personne en face ne lui prêtait aucune attention. Il la regardait se tortiller dans ses petits souliers, se triturer les mains comme si ses pouces allaient lui donner la force de soutenir son puissant regard vert. Le Survivant put capturer quelques brides de mots, tel que – dernière année à Poudlard, ASPIC's difficiles, devenir journaliste sportive plus tard -. Ça ne l'intéressait pas, ou plus. Il avait déjà dit adieu à cette vie avant. Mais en pensant à cela, une légère douleur se logea dans son estomac et il en fut profondément surpris.

Regrets ? Non. Il n'aurait pas été heureux avec eux, il n'aurait eu qu'un bonheur fade, de rigueur à montrer à la face du monde entier. Non. Il se sentait juste pris d'une envie de liberté. Harry avait déjà eu l'impression qu'il allait rester dans cet hôpital toute sa vie, qu'il ne pourrait jamais plus vivre dans le monde normal sans sombrer dans la folie dangereuse. Et quelque part ne pas avoir d'avenir ne le dérangeait pas plus que ça, du moment qu'il n'était pas obligé de redevenir hypocrite pour la couverture des journaux sorciers.

Mais aujourd'hui quand il regardait Ginny qui lui parlait sans doute de ce qu'elle allait faire plus tard, cela lui sembla douloureux de se dire qu'il n'avait pas de porte de sortie. Il voulait avoir un avenir, tranquille, où il serait pleinement heureux. Mais hors d'ici. Pour la première fois de son séjour ici, il avait sincèrement l'impression qu'il n'avait plus besoin de tout cela. Plus besoin de cette chambre étroite, plus besoin des infirmières, plus besoin d'Eltamin. Stupéfait de cette constatation, il baissa les yeux et les ferma pour chercher au plus profond de lui pourquoi cette sensation était apparue en lui.

Les yeux marron de la jeune rouquine en face de lui s'ouvrirent en grand après le geste du Sauveur. Elle était en train de lui parler de tout et n'importe quoi sans qu'elle n'ait eu aucune réaction, et là après lui avoir dit qu'elle avait des sentiments pour lui, il avait l'air d'enfin réagir. Elle ne l'avait jamais oublié et c'était douloureux. Tout son entourage voulait qu'elle l'oublie après l'internement de Harry. Mais elle n'avait jamais pu. Aujourd'hui maintenant qu'elle se sentait plus adulte, elle voulait le soutenir dans sa guérison et se sentait prête à le comprendre.

Mais ce simple fait de vouloir se rapprocher de lui, était la preuve la plus flagrante qu'elle ne pouvait le comprendre totalement. Elle ne pouvait pas comprendre les sentiments qui torturaient le brun devant elle. Elle n'avait pas encore saisi qu'Harry n'aurait jamais de sentiment pour elle, et que ces pensées aujourd'hui étaient tournées vers une autre personne. Parce que lorsqu'Harry pensait à son bonheur, à son avenir dehors, il ne le voyait pas sans les remarques sarcastiques de son ancien professeur de potions, il ne le concevait pas sans ces mains chaudes qui entouraient son crane lorsqu'il était sur le point de sombrer.

Harry voulait que Snape soit à ses côtés pour le soutenir, pour l'entourer. Et il voulait être avec Snape pour le prendre par les hanches lorsqu'il n'arriverait pas à marcher. Il voulait sortir d'ici avec lui, c'était vital, il en souffrait. Il souffrait d'être aussi égoïste, de vouloir autant de chose alors qu'il avait déjà brisé son avenir.

Il aimait Snape.

Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qu'il ressentait. Il n'y avait pas d'autre mot pour englober la douleur que ce sentiment faisait naitre en lui. A travers son égoïsme, son narcissisme, il avait peur d'être rejeté. Il ne se sentait pas en droit de demander quoi que ce soit à cet homme qui lui avait redonné gout à la vie. Cette peur lui coupa le souffle. Au fond de sa gorge, une boule d'angoisse se nicha de façon sadique. Derrière ses paupières, il put sentir un liquide chaud et salé qui n'était plus venu depuis très longtemps. Mon dieu qu'est ce qu'il était devenu ?

Harry ne vit pas Ginny s'approcher doucement de lui. Cela faisait plusieurs secondes qu'il était parfaitement silencieux, elle en devenait inquiète. Au bout de quelques pas, elle se retrouva en dessous de lui. Même avec des talons, elle était toujours plus petite. Il n'avait jamais remarqué à quel point il était devenu grand et imposant. Elle l'observa, et se dit que vraiment il y avait un vrai fossé entre eux deux. Mais elle ne voulait pas abandonner. Son orgueil de femme lui interdisait. D'une timide main blanche, elle s'approcha pour toucher sa joue mal rasée. Ses yeux chocolat tournoyaient autour de son visage pour capter une émotion, mais elle ne vit que les yeux fermés de son ancien petit ami.

Hermione remarqua le manège de sa belle sœur, et se dit qu'il ne valait mieux pas qu'elle le touche. Elle lança un regard inquiet à Ron qui lui fit signe de ne pas s'angoisser outre mesure. Elle soupira une énième fois envers la stupidité du roux. Franchement il ne comprenait pas son meilleur ami, et se rangeait toujours du côté de sa petite sœur. Parce que c'était toujours la solution la plus facile.

Harry se reconnecta à la scène au moment où il sentit une petite main fraiche se poser sur lui. Ses yeux verts embrouillés par les larmes, s'ouvrirent brusquement. Une rage sourde prit la place de sa peur et fit siffler ses oreilles. Le visage de Ginny était tout proche du sien. Il pouvait sentir son parfum, ses cheveux roux lui chatouillaient presque les narines. Une vague de souvenir le prit brutalement et l'énervèrent encore plus. Il était aussi là pour fuir tout ça, il ne voulait plus revivre ça. Il avait pris sa décision, il voulait avancer, sortir d'ici, devenir plus fort et plus stable pour être digne de l'homme qui se battait chaque jour pour récupérer l'usage de ses membres inférieurs.

Il voulait dire quelque chose, lui hurler de se dégager, mais il était comme tétanisé. Comme si la rage, la peur, la volonté l'avait totalement bloqué au même stade, et comme s'il ne savait plus quoi faire. Puis il vit la jeune fille se pencher doucement vers ses lèvres, ce qui fit écarquiller ses yeux de plus belle. Il ne voulait pas, il refusait complètement cette initiative. Mais son corps était paralysé dans une inertie indigne de lui. Son esprit hurlait, mais son corps restait dans le silence le plus complet.

Et ce fut le noir total. Le Survivant sentit son agressive magie crépiter dans sa tête et il ne put avoir qu'une seule même pensée qui se répéta sans discontinuité.

Ne me touche pas !


Et voilà la fin de la deuxième partie ! N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours énormément plaisir quand on les lit ! Merci, encore, passez de bonnes vacances.