Bonjour à tous !

Voici donc le second chapitre de Rejets. Je vais essayer de tenir ce rythme de parution.

Sur ce bonne lecture à tous !


II) Sur le chemin du retour.

Alors qu'il tombait, Sasuke voyait le sol se rapprocher de plus en plus vite. Il priait pour ne pas sombrer une fois le choc encaissé. Il savait parfaitement qu'il ne fallait pas qu'il s'évanouisse auquel cas il serait à la merci des quatre ninjas qu'il avait précipités dans la fosse. Plus encore qu'il ne l'avait imaginé, la fin de sa chute fut particulièrement violente, les ténèbres s'étaient inexorablement emparées de lui contre sa volonté. Seul l'obscurité, le froid et la solitude l'entouraient. Il n'avait plus aucune notion du temps. Lorsqu'il revint à lui, il remarqua premièrement qu'il faisait toujours nuit. Ses yeux étaient grandement reconnaissants de ne pas avoir été maltraités par une lumière blanche aveuglante. Au moment où il avait tenté de se situer d'une vague vision d'ensemble, une douleur écœurante s'empara de lui. Son estomac se retourna longuement avant de finir par se calmer. Le garçon avait bien cru qu'il vomirait ses tripes quelques minutes plus tôt. Une fois sa respiration à peu près de nouveau correcte, il retenta un mouvement. La vague de souffrance subit un pic dans la moindre parcelle de son corps. Il se sentait incapable de bouger, mais en fier Uchiha qu'il était, il ne lâcha en rien et finit par se redresser. Il vit autour de lui les corps encore inconscients de ses ennemis éparpillés autour de lui. Ils étaient blessés, mais pas mortellement certainement qu'ils s'en sortiraient eux aussi tout comme lui. C'est là qu'en plus de la douleur lancinante et atroce qui le parcourait, il comprit qu'il ne s'était pas passé trop de temps et que les fidèles d'Orochimaru en viendraient certainement bientôt eux aussi à se réveiller. Il fallait donc qu'il se sorte de ce pétrin le plus vite possible. Il regarda alors l'état de ses blessures ce qui le désespéra. Il était dans un état lamentable. L'atterrissage avait été franchement dévastateur. Son bras droit avait été transpercé de part en part par un pic rocheux, achevant d'en briser l'humérus et saignait abondamment. Son poignet le lançait beaucoup. Sa jambe droite n'avait pas meilleure allure. Son fémur avait traversé sa cuisse et se retrouvait à l'air libre et sa cheville arborait une couleur violacée des plus douloureuses. Son torse complétait le tout par une douleur brute à chaque respiration qu'il faisait. La conclusion qu'il était très mal parti, lui vint en même temps qu'un goût de bile et de sang dans sa gorge.

Le genin dut forcer son calme au plus vite. Il regarda autour de lui malgré la vision légèrement floue qu'il avait et repéra ce qui pourrait peut-être le sauver momentanément. À quelques mètres de lui, se trouvait le kunai de Kakashi qui lui avait déjà bien servit au cours du combat. Il se tendit de tout son long et se traîna un peu pour l'atteindre et l'attraper. Il l'utilisa pour découper deux longues bandes de tissus dans le bas de son tee-shirt. Il les enroula successivement autour de des membres droits pour en arrêter l'écoulement du liquide rouge poisseux qui risquait de lui faire défaut plus tard. Le jeune homme était bien conscient du fait que ce ne serait pas suffisant pour bouger, mais il comptait démontrer qu'avec une volonté froide et inébranlable on pouvait parvenir à l'impossible. Il sonda alors ses réserves de chakra afin de jauger s'il pouvait s'en servir pour remontrer la roche abrupte de la fosse. De ce qu'il ressentait, il conclût qu'il ne pourrait pas se sortir de là. Cependant il n'était pas question pour lui d'attendre ici qu'on vienne l'aider ou que les sbires du maître des serpents l'emmènent contre son gré. Il se força à se remettre sur ses pieds en s'appuyant de tout son poids sur la roche. Une fois en position debout, tout son corps fut pris de rudes spasmes et réclamait de se laisser tomber au sol pour se reposer tranquillement. Mais Sasuke quant à lui était loin d'être du même avis que son corps et continua à repousser l'inévitable. Il concentra tout le chakra qui lui restait dans ses pieds et pris la plus grande impulsion vers le haut dont il fut capable. Dès que ses pieds effleurèrent la paroi, ils s'y adhérèrent délicatement. L'envie de vomir lui noua les entrailles encore plus vivement. Bouger ses muscles était une torture immonde, mais il ne pouvait pas se laisser aller. Il persévéra donc et débuta son ascension en faisant les pas les plus grands possibles et les moins nombreux. Chacun d'entre eux lui coûta beaucoup que ce soit en énergie, en chakra ou en sang. Presque arrivé au sommet, un vertige plus fort que les précédents lui fit perdre sa concentration. Son chakra l'abandonna et il fut contraint de se raccrocher au bord du trou pour ne pas retomber au fond. La dureté de son réflexe salvateur lui arracha une longue plainte de souffrance qui manqua de lui faire perdre connaissance. Il joua alors de sa puissante volonté envers et contre tous pour se maintenir en position et redevenir maître de lui-même. Tous ses membres s'agitaient de plus belle, mais il lui fallait assécher la moindre petite goûte de chakra qu'il lui restait pour le tout dernier bond qui lui permettrait de retrouver la surface. À grand renfort de son calme olympien, il épuisa complètement ses réserves et poussa aussi fort que possible sur les rochers sous lui.

Après une nouvelle descente vers le sol et un dérapage plus que désagréable, le jeune homme se permit un petit gémissement de douleur. Tentant de ralentir sa respiration, il se releva et rebroussa chemin vers Konoha. Il se trouvait à son extrême bordure, et il lui fallait traverser tout le village pour rentrer au quartier Uchiha. Prenant son mal en patience, il choisit les ruelles les plus désertes, sombres et étroites pour enfin se retrouver devant les murs décorés aux armoiries de son clan. L'éternel éventail commandant du feu était affiché tout le long de les façades des bâtiments. Le trajet du retour lui avait paru interminable, il avait eu l'impression que de longues heures s'étaient écoulées. En réalité il ne lui avait pris qu'une heure et demie contrairement aux vingt minutes qu'il lui avait fallu à l'aller. Il pénétra alors le plus vite possible la porte qui barrait l'entrée. Le soulagement d'être enfin chez lui, en sécurité s'insinua avec délice dans ses veines, si bien qu'il en oublia légèrement la douleur qui l'étranglait toujours un peu plus. Il décida qu'il serait sage de faire deux bandages propres sur ses blessures ouvertes avant de se laisser aller à un sommeil plus que nécessaire. Le jeune Uchiha se dirigea donc vers la salle de bain afin de trouver de quoi panser ses plaies. Il récupéra deux rouleaux de bandes blanches et propres. Il s'occupa en premier lieu de son bras, dont le tissu de coton sombre dégoulinait de rouge foncé. Sans plus de cérémonie, il sectionna le tout d'un coup de kunai bien placé de qui fit tomber les lourds lambeaux trempés sur le carrelage. Un bout de la bande dans la bouche, il entoura précautionneusement dans un pansement bien serré. Ceci fait, il reporta son attention sur sa jambe. Il commença par retirer sa chaussure pour observer l'état de sa cheville. Elle était gonflée, chaude, et d'un violet bien foncé. Il s'était probablement fait une entorse... Il revint alors sur sa seconde plaie sanglante. Sans doute celle qu'il trouvait la plus horrible. Il avait une idée concrète de la manière dont il devait remettre son fémur en place qui faisait faire des bonds à son estomac. Néanmoins il se força. Il attrapa le premier fil solide qui lui passa par la main, et le fixa à la poignée de la porte. Il s'assit au sol et noua l'autre bout de la cordelette à sa cheville blessée. Il devait maintenant passer à l'étape la plus horrible de sa méthode de remise en place des os... Avec une dernière moue de dégoût il se mit en position fœtale contre le mur, sa jambe valide repliée contre un meuble en coin de la pièce, et l'autre tendue par le fil, lui-même tendu par sa fixation à la poignée de la porte. Il agrippa son tee-shirt noir, retiré pour soigner son bras, et l'appliqua sur sa jambe. Avec un haut-le-coeur, il appuya le plus fort possible simultanément sur sa blessure de sa main, et sur le meuble de sa jambe. Le bas de sa jambe fut tiré par la porte, et le haut tiré et appuyé par le reste de son corps. Son os coulissa à sa place tout en lui faisant pousser un hurlement plus animal qu'humain. La douleur eût tôt fait de le faire plonger, et il perdit conscience dans cette position incongrue le visage crispé par la souffrance. Le cri avait résonné dans toute cette partie de la ville. Personne n'avait pu entendre, car le quartier était vide de citoyens. Bien que le blessé aurait pu se satisfaire qu'aucune oreille n'ait perçu la plainte qui lui avait échappé, la raison aurait probablement meurtri son cœur encore un peu plus.

Sasuke eut bien du mal à émerger. Il avait envie de continuer à dormir et sa fatigue était grande, mais il tremblait de toute part et son matelas lui semblait vraiment dur. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux décidé à bouger, il tomba sur un plafond baigné de lumière. Le premier blocage se trouva là. Ce n'était pas du tout le plafond de sa chambre et il n'y avait pas de rideaux aux fenêtres ce qui permettait au soleil d'inonder la pièce. Alors qu'il allait se redresser prévoyant un simple engourdissement des muscles, l'épisode de la veille se rappela à lui à sur la moindre petite parcelle de peau et une nausée brusque. Il était gelé et la tête lui tournait ajoutant à son envie de vomir. Toujours secoué de spasmes, il détacha fébrilement sa cheville et entreprit de finir le travail commencé quelques heures plus tôt. Il retira son tee-shirt de sa jambe, qui avait plus ou moins servit de compresse étant donné qu'il était tâché de sang lui aussi. Il découpa son ancien bandage de fortune et le remplaça par un neuf. Avec ce qu'il lui restait du dernier rouleau de lin blanc, il compressa sa cheville gonflée pour la maintenir. Il se remit debout avec le plus grand mal du monde et boita en s'appuyant sur les murs jusqu'à sa chambre. Il prit le temps de retirer son pantalon sale, avant de se glisser avec lenteur sur sa couette épaisse. Ce fut là l'une des rares fois où il se surprit à bénir les jours de repos. En effet, pendant encore cinq jours il n'avait pas à sortir de chez lui et pouvait dormir autant qu'il voulait.

Deux jours entiers voilà le temps qu'il avait passé dans son lit sans se réveiller une seul fois. Le jeune homme quitta enfin son lourd sommeil aux alentours de midi. Un regard rapide vers le réveil lui donna cette information, mais rien dans la maison ne pouvait lui donner la date du jour. La vision trouble, un tournis de tous les diables toujours présent, il leva pour aller se soulager, et manger un peu. Toujours aussi frigorifié, il attrapa le vêtement le plus chaud qu'il possédait et le passa sur lui avant d'enfiler un short noir. Une fois à la cuisine, il fait travailler ses deux bras pour se préparer des boules de riz blanc, plus communément appelées onigiris. C'était ce qu'il connaissait de plus rapide et consistant. Bien évidement leur donner une belle forme fut dur avec son bras en pauvre état, mais il patienta jusqu'à ce qu'il les juge correctes, et nous presque parfaites. En manque de légumes frais, il craqua et se composa une salade de tomates, thon, laitue et maïs. Pour compléter le tout, il réalisa une subtile sauce qui permettait de relever agréablement le goût des ingrédients de sa salade. Cette fois enfin satisfait, il s'attabla devant son déjeuner. Il allait entamer son repas, lorsque qu'un boucan impossible fit vibrer sa porte. Jurant dans sa barbe, il déposa ses baguettes et abandonna tout sur la table. Il entendait un excité crier son nom depuis l'extérieur avec une force propre à lui abîmer les tympans. Continuant de déverser sa colère dans le silence le plus total, il boita jusqu'à l'entrée et repris sa stature fière avant d'ouvrir et attendre l'explication de ce tapage devant sa porte d'un regard noir. Un blondinet tout sourire comme d'ordinaire lui lança :

- Yo Sasuke ! J'viens d'la part de Maître Kakashi pour t'annoncer qu'on aura une mission demain et qu'on a rendez à huit heure comme d'hab' !

- Hn. se contenta-t-il de répondre à son interlocuteur.

- Tu pourrais être plus accueillant teme ! Moi qui suis venu spécialement t'apporter cette bonne nouvelle !!! On va enfin avoir à nouveau de l'action ! Par exemple... Tu pourrais me payer des ramens à l'Ichiraku pour me remercier !

- Vas voir ailleurs si j'y suis, conclu le brun tout en lui claquant la porte au nez.

Le jeune homme savait qu'il n'y avait pas été avec le dos de la cuillère avec Naruto, mais il n'était ni d'humeur ni en l'état de l'accompagner jusqu'à son restaurant préféré. Le blond, quant à lui dernière la porte, était décontenancé. Son rival n'avait pas réagi à l'insulte et l'avait juste envoyé bouler. Il supposa qu'il n'était pas de bonne humeur aujourd'hui et s'en alla sans plus se poser de question. Quelque part, il fut tout de même heureux qu'il n'ait pas accepté de venir, car il en pourrait en profiter pour passer du temps en tête à tête avec Sakura autour de ramens fumants. Salivant d'avance et tout remonté à cette pensée, il se hâta de retrouver sa petite amie. Car en effet, la jeune fille aux cheveux rose s'était enfin assagie et l'avait choisi lui plutôt que son ami-rival brun. Ils étaient en couples depuis plusieurs semaines déjà tout lui semblait d'un rose éclatant, même le garçon à l'humeur massacrante qu'il venait de quitter !

De son côté Sasuke était retourné à son repas et le savourait tout en maugréant sur le peu de repos qu'il avait eu. Un seul jour de tranquillité n'était pas du tout suffisant à son goût et il aurait souhaité avoir plus de temps à accorder à sa guérison. Il choisit donc de laisser la contrariété de côté le temps de son repas afin de déguster pleinement ce qu'il s'était cuisiné. Ne pas apprécier à sa juste valeur un délicieux plat était pour lui une atteinte à la science qu'était la cuisine. Le jeune homme fit alors le vide et mangea lentement son repas patiemment concocté. Une fois son assiette vidée, il fit rapidement la vaisselle, la rangea méthodiquement et fila se recoucher tout habillé. Ses simples vêtements n'avaient pas suffit à le réchauffer, et il espérait que la couette ajoutée arrangerait ce problème. Une fois installé, il ne lui fallut que quelques minutes pour être à nouveau happé par le sommeil.


nema : J'espère que ce second chapitre t'auras plu et qu'il te donnerai envie de continuer à suivre cette histoire :)