Mon regard se perdue pour la centième fois dans le flot de nuage en dessus de moi. J'étais tout sauf sereine. Même l'atmosphère paisible de l'avion n'avait pas réussi à me calmer. La scène de ma séparation avec Antoine jouait et rejouait dans ma tête…

C'était le temps des dernières accolades. Ma mère s'approcha de moi en larmes et m'enlaça.

-Je vais m'ennuyer de toi ma grande.

-Moi aussi tu vas me manquer maman.

-Dès que tu arrives, je veux que tu m'appelle, ok?

-Bien sûre man…

-Je suis sûre que toi et Bella aller bien vous entendre. Tu verras, c'est une perle!

Ça je n'en étais pas si certaine. Je lui en voulais de ne jamais avoir voulu me rencontrer. Je me suis toujours considérée comme une enfant unique et je ne voulais pas que ça change. Je n'en voulais pas de cette demi-sœur!

Mon père me pris dans ses bras et m'embrassa le front. Il semblait moins inquiet que ma mère. Je comptais sur lui pour la rassurer quand je serai partie…et pour la réconforter par appart à leur relation.

Vint le tour d'Antoine de me dire au revoir. Je sentais que ça allait être plus chaud. Cela faisait 2 ans que nous sortions ensemble et jamais nous nous étions séparé plus de 3 semaines.

Il s'élança vers moi et m'embrassa fougueusement. J'étais sur le choc .C'était la première fois qu'il s'en permettait autant devant mes parents. Je les vis du coin de l'œil détourner le regard, gênés .Je me sentis rougir jusqu'aux oreilles.

Nullement embarrassé, Antoine me serra contre lui.

-Ne part pas .me chuchota t-il

-J'ai pas le choix! Crois-moi, je voudrais vraiment rester avec ici avec toi. Mets- toi à ma place! Je vais aller dans un nouveau lycée avec des nouvelles personnes et je vais habiter chez une sœur que je n'ai jamais connue!

-Alors reste!

-Antoine…On en a déjà parlé. Mon avion décolle dans 45 minutes, est-ce qu'on peut parler de d'autres choses?

-Tu pars pour plusieurs mois et tu ne sembles même pas triste de me quitter!?

-C'est faux! C'est juste qu'on ne peut rien y faire. J'essaie juste de rendre ça plus facile pour moi. Essaie un peu de comprendre!

-Mais toi essaie de comprendre! Tu penses que ça va être facile pour moi sans toi! Tu penses peut-être que notre relation est peu importante, mais pas pour moi! Avant qu'on sorte ensemble, j'ai sorti avec pas mal de filles. Ça m'a permis de savoir exactement ce que je recherche. Et toi, tu es parfaite! C'est toi que je veux et je ne veux pas que tu partes ou que tu changes. Je tiens vraiment à toi, Bre, et juste de savoir que tu t'en vas dans un lieu où on ne se sait pas que tu es à moi me rend vert de jalousie!

-Ressaisis-toi Antoine! Même si je vais ailleurs, ça ne change rien pour moi! Ça fait 2 ans que nous sommes ensemble et tu ne t'ais jamais rendu compte que je t'aimais?

-Tu penses que je ne te connais pas! Tu penses que je ne sais pas que quand je ne suis pas là les autres gars en profitent! C'est juste que des fois j'ai l'impression que tu n'assimile pas bien le fait qu'on est ENSEMBLE!

- Traite moi de traînée un coup partie! C'est quoi cette crise de jalousie!? Tu te rends pas compte que tout le monde nous regardent?

-Et puis après? Depuis quand t'intéresse-tu à se que les autres pensent de toi, Bre?

Je lui tournai le dos en étant très consciente du fait que c'était vraiment immature. Antoine me pris les épaules et me fit pivoter vers lui. Nos visages étaient à quelques centimètres l'un de l'autre.

- C'est juste que j'ai l'impression que quand tu vas revenir, tu seras différente et ça me fait peur!

-Inquiète toi pas Antoine! Je suis pas du genre influencable.

-Ouais, je m'en étais rendu compte. C'est juste que tu vas tellement me manquer!

Et là, sans crier gare, il m'a embrassé avec l'énergie du désespoir. Il y avait quelque chose d'animal dans ce baiser; une détresse. D'autant plus que nos baisers avaient un drôle de gout! Un peu d'amertume et une touche de salée… Il était méconnaissable. Lui qui était toujours tellement confiant. Le capitaine de l'équipe de football qui s'était un jour battu parce qu'un garçon m'avait fait une remarque grivoise sur ma jupe courte. Ce n'était vraiment pas le genre de type à faire des pleurnicheries (il était bien trop fier pour ça!). C'était comme s'il avait pressenti que mon avion allait s'écraser. D'habitude il était tellement solide. Ça m'a fait un choc de le voir si fragile. On m'a dit un jour : «Aimer quelqu'un, c'est lui donner le pouvoir de nous détruire.» C'est n'est que maintenait que je comprenais pleinement le sens des ces mots.

C'est en m'assoyant sur mon siège dans l'avion que je me suis rendu compte à quel point je comptais pour Antoine. Ça m'a laissé un drôle de goût dans la bouche.

-Est-ce que vous voulez quelque chose à boire?

L'hôtesse de l'air venait de me tirer de ma rêverie.

-Heuum, non merci.

-Faite-moi signe si vous voulez quelque chose.

-D'accord, merci.

-Vous faîtes bien! Leur thé glacé est vraiment dégueulasse!

Je venais de remarquer mon voisin de droite pour la première fois. C'était un jeune homme d'environ 18 ans à la chevelure blonde et aux dents très blanches. Il m'arrivait souvent que des hommes me parlent. Même si j'avais déjà un chum, cela me faisait toujours plaisir de voir que je faisais toujours un certain effet chez les garçons. Par contre, aujourd'hui, j'étais trop agitée pour converser avec un inconnu.

-Merci du conseille, mais je sais prendre mes propres décisions.

-C'est toi qui voit ma jolie!

Bon! Il devrait me laisser tranquille! Je pensais sans cesse à Antoine et à mon déménagement prochain chez Bella. Comment aillais-je m'adapter à ma nouvelle école? Dans une ville aussi petite, tout le monde doit se connaître depuis l'âge de 2 ans! Au moins, je n'avais jamais eu de problème pour m'adapter. Les gens m'appréciaient assez rapidement en général… Je passai le reste du voyage à remuer mes pensées. Quand l'avion entama sa descente, j'étais encore plus agitée qu'au décollage. Forks, me voilà!