Disclaimer : voir le chapitre 0 / d'introduction.
Note de l'Auteur : A chaque fois que je regarde « 9 ans après », je suis frappée par la scène (elle démarre l'histoire, plus bas, en italiques, dialogue provenant directement de la série) où Alex tombe sur Bobby en train d'examiner le dossier sur l'affaire de Joe. Bobby ne réagit presque pas à la claire souffrance d'Alex, et il exprime calmement son raisonnement logique – et c'est bien. Mais même la fanatique de Goren que je suis veut une explication, et pense qu'il y en a une – une très bonne même. Parce que dans le reste de l'épisode, il n'y a AUCUN signe de tension ou de tristesse entre eux. Et à la fin, Alex est calme en arrêtant le docteur Manny Beltran, et elle et Goren sont proches. Elle prend sa force en lui. C'est donc de ça que va parler cette histoire – ce qu'il se passe entre Bobby et Alex entre les scènes dans « 9 ans après », et ce qu'il se passe après la fin de l'épisode.
Note de la Traductrice : l'auteur mentionne encore une fois que le texte en italique provient directement de la série. Vu que je vais le traduire, ce ne sera peut-être pas le même que dans la version française.
Bref, j'espère que vous apprécierez ce chapitre et BONNE LECTURE.


~ Delicate ~

Chapitre 1 : Choc

« Tu examines le dossier de l'affaire de Joe ? »

« Eames… »

« Qu'est-ce que tu crois que tu vas trouver là-dedans, Bobby ? »

« Eh bien, il y avait une cigarette allumée sur la scène de crime de ton mari. Une mentholée… »

« Je sais. Minaya a témoigné qu'elle appartenait à Delgado, » insista Alex.

« Delgado a dit qu'il ne fumait pas, » présenta Bobby.

« C'est parce que le labo n'a pas pu en retirer assez d'ADN pour prouver que Delgado mentait, » répondit Alex.

« C'était il y a neuf ans. Tu sais qu'aujourd'hui, ils n'ont besoin que d'une simple trace d'ADN. »

« Kevin Quinn l'a identifié s'enfuyant de la scène de crime… pistolet à la main. »

« Les témoins commettent des erreurs et, si c'est l'ADN de Delgado, cela prouvera sa culpabilité, » persista Bobby.

« Mais tu penses que ça l'infirmera. C'est ça ? » demanda Alex. « Ce n'est pas un autre de tes casse-têtes. » Elle prit une grande inspiration.

« Tu sais que nous devons le faire, » insista Bobby, « Nous devons le faire. Si ce n'est pas l'ADN de Delgado, ça veut dire qu'il n'y était pas, et que quelqu'un d'autre a tué Joe et s'en est tiré ! »

Alex sort en coup de vent de la pièce sans un mot, si vite que Bobby n'a pas le temps de penser et encore moins de réagir. Laisse-la partir, je ne peux pas gérer sa colère et elle s'en remettra…

Non. Elle est blessée et elle souffre. Il ne la laissera pas affronter ça seule. Il trotte le long du couloir, l'atteint et attrape son bras.

« Laisse-moi partir. » Elle tente de s'échapper de sa prise mais il tient bon.

« Allez. » Il montre le bout du couloir de son doigt. « Allons dans la salle d'interrogatoire vide. Côté mirroir. »

« Quelque chose de nouveau ? »

Bobby ne dit rien. Enserrant son coude, il la conduit dans la pièce, puis ferme et verrouille la porte.

Lui faisant face, il commence, « Eames, à propos du dossier… »

« Bobby… » Alex se tourne de profil. Les lèvres pincées, une main sur la hanche, elle tent sa main libre, la paume vers le haut, hoche la tête et n'articule qu'un mot, non.

Lui faisant face de nouveau, il serre les doigts autour de chacune de ses épaules et se penche pour la regarder droit dans les yeux. « Je savais combien ce serait difficile pour toi – et je ne savais pas comment t'y préparer. Je ne pouvais tout simplement pas – Je ne pouvais pas me résoudre à – »

« Tu ne pouvais pas te résoudre ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est si difficile de me parler ? Je te fais peur ? »

« Non. Oui – Non ! » Il ferme brièvement ses paupières, puis se mord la lèvre. « Eames, ce n'est pas ce que je veux dire. »

« Je dois sortir d'ici. » La voix d'Alex tremble et elle cligne des yeux pour refouler ses larmes. Elle s'échappe de son emprise. « Retrouve-moi en bas dans la salle des pièces à conviction dans dix minutes. »

« Non. » Goren bloque la porte.

« Quoi ? » Sa voix est dangereusement aigüe.

« Nous allons en parler, maintenant. »

« Ecarte-toi de mon chemin. » Elle le pousse, mais il ne bouge pas d'un poil. « Ne sois pas un connard. Dégage, Goren. »

« Alex, s'il te plait – »

« Bordel, Bobby ! » Ses yeux se plissent et son visage devient écarlate, et il sait qu'elle a atteint sa limite. De ses poings, elle tambourine sa poitrine; il encaisse les coups et ne perd pas courage car tout son corps lui crie qu'il doit réparer la situation. Il bloque ses coups de ses paumes, enserrant ses poings.

Marchant à reculons, il la traîne doucement jusqu'à la table, sur laquelle il s'assied, et elle se tient entre ses jambes. « La souffrance, » dit-il doucement, « que tu ressens, » sa voix est rauque sous l'émotion, « Je sais. Vraiment, je sais. »

Il commence à masser ses poings serrés et ses doigts commencent à se dérouler. « C'est vraiment le bordel, » elle soupire, sa voix est faible, son corps vaincu.

« Je sais. Je suis désolé. »

« Bobby ? »

Il fixe ses yeux, et ils sont vulnérables, si vulnérables que sa peine l'agresse comme un tisonnier brûlant. Il ne peut pas empêcher sa main de caresser son visage et de murmurer, « Alex ». C'est tout ce qu'il fallait. Elle s'effondre contre lui.

« Tout va bien, » il la rassure, passant ses doigts dans ses cheveux et l'encourageant à se nicher contre sa large poitrine. Il encercle sa fine taille de son bras, tenant son corps chaud serré contre le sien. Elle enroule ses bras autour de lui, et il sent l'humidité imprégner sa chemise et il entend les sanglots qui la font trembler. Il la calme avec des mots doux et frotte son dos. Il souhaite qu'ils ne soient pas au boulot pour qu'ainsi il puisse faire plus pour elle, et vraiment la réconforter.

Ses doigts s'enfoncent dans sa peau et il resserre son bras autour d'elle. Elle a besoin de moi tout de suite, que je sois fort, que je m'occupe d'elle. Même après son enlèvement, elle était si forte. Sa Eames, une combattante. Mais ça ne la concerne pas uniquement, ça implique aussi Joe.

Il laisse ses lèvres effleurer légèrement ses cheveux. Fut-il un temps où il ne l'aimait pas ? Au moment même, il ne pouvait pas se l'imaginer. L'année où sa mère avait commencé à mourir et où il avait apprit pour Mark Ford Brady, sa vie était devenue insupportable et il s'était perdu. Une nuit pendant le pire de cette période, lui et Alex était un peu saouls, et elle lui avait avoué combien cela l'avait blessée lorsqu'il l'avait rejetée. Il n'avait aucune réponse à donner, parce qu'il ne savait pas comment lui dire à quel point il avait été près de laisser tomber. Pas se suicider, mais partir – déserter sa mère et sa partenaire, et abandonner la ville de New York pour toujours. La honte de ses pensées le hante toujours.

Il remarque que sa respiration est régulière, alors il lui assure, « Nous ferons tout ce qu'il faut pour Joe, je te le promets. Et quand nous aurons terminé, nous allons – eh bien… » Il s'arrête.

« Nous allons faire quoi ? »

Il prend une grande inspiration. « Pour l'instant, restons concentré sur l'affaire. Nous avons besoin d'aller chercher la preuve. Quand nous… nous aurons tout réglé, je te dirais à quoi je pense, d'accord ? » Bobby sourit et utilise son pouce pour chasser une larme de sa joue. « Tiens, » il sort un mouchoir propre qu'il lui tend, « garde-le ». Il sourit à nouveau.

« Merci. »

Il hoche la tête, soulagé de voir Alex composée et presque prête à partir. « Pourquoi tu ne, euh, partirais pas d'abord et je te suis dans quelques minutes. Et ensuite nous irons à la salle des pièces à convictions. »


L'employé chargé des pièces à convictions leur dit : « Affaire 287906, je n'ai rien là derrière. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Les preuves sont introuvables. »

« Avez-vous bien cherché ? »

« Eh bien, elles ne sont pas où elles sont censées se trouver. Vous voulez vraiment que je fouille tout l'entrepôt ? »

« Nous attendrons, » l'informe Alex.

« Madame, vous voulez passer le week-end entier ici, faites comme chez vous. »

« Quand vous dites, Madame… Vous voulez dire Détective Eames, n'est-ce pas ? » demande Bobby.

« Ecoutez, les preuves que vous semblez incapable de trouver sont liées à un tueur de flics, » continue-t-il, « vous voulez que j'y aille et que je trouve cette boîte ? Je la trouverai. Je retournerai tout s'il le faut. »

« Okay, hum… euh… » l'employé devient nerveux.

« Parce que je suis le CINGLE, vous comprenez ? »

« Calme-toi, mon pote. Okay, je vais revérifier. »

L'employé chargé des pièces à convictions s'en va retourner chercher la boîte contenant les preuves.

Le téléphone de Bobby sonne.

« Oui… attent… »

« Ils ont trouvé l'arme du meurtre de Quinn, » dit-il à Alex.

Alex est frustrée. « Eh bien, tu peux t'occuper de ça, parce que… »

« Oui, » accepte Bobby sans hésitation.

Maintenant Bobby est parti et, pendant qu'Alex attend le retour de l'employé avec la boîte, Alex ressent le poids de sa tristesse l'entourer et l'écraser, poussant et battant jusqu'à ce qu'elle soit épinglée au sol. Non non non, c'est pas possible, Joe est mort depuis neuf ans, Delgado Delgado Delgado… Seigneur…

Et elle repense au visage de Bobby, indifférent alors qu'il la regardait, froid et détaché, lui parlant comme à une petit enfant, pas particulièrement intelligente. C'était il y a neuf ans. Tu sais qu'aujourd'hui, ils n'ont besoin que d'une simple trace d'ADN.

Lasse, elle dépose sa tête sur sa main. Dans son cœur, elle n'en veut pas à Bobby d'avoir ouvert le dossier de l'affaire de Joe. Les preuves les ont mené jusque là, il n'avait pas le choix. C'est vrai qu'il aurait du aller d'abord vers elle – mais alors ce ne serait pas Bobby. Au moins, cette fois, il était venu vers elle après coup, la poursuivant dans le couloir. Ca voulait dire quelque chose pour elle, ça avait créé un tendre moment entre eux, quelque chose de rare et délicat. Elle s'y accroche, alors qu'elle attend, son cœur à vif, son âme saignant pour rejoindre l'angoisse grinçante dans ces boîtes, vociférant de la relâcher.

Il fait chaud dans la vieille pièce poussiéreuse où elle doit examiner les preuves et ça sent le vieux carton, et cela fait écho aux gémissements sourds de ces vies brisées. Elle fixe le carton, prête à ouvrir sa propre boîte où sa tristesse est enfouie. Elle voit ses doigts agripper le couvercle, comme s'ils appartenaient à quelqu'un d'autre, sachant que sa vie est sur le point de changer pour toujours.


Victor Delgado avoue le meurtre de Quinn et Minaya. Liz Rodgers ne sera pas prête pour Bobby avant le lendemain matin, mais ils leur restent encore du travail à accomplir avant qu'ils puissent partir. Il jette un coup d'œil à Alex, remarque ses yeux rougis et ses frêles épaules arquées sous le poids de la fatigue. Elle va bientôt craquer et il veut lui enlever sa souffrance.

Il est presque dix-neuf heures. Quand Alex se tourne et qu'il voit le teint rougissant et les mains tremblantes de sa partenaire, sa patience craque comme un élastique trop tendu.

Alors il se lève en un éclair et repousse sa chaise, l'entendant tomber sur le sol avec un bruit satisfaisant. Il est à côté du bureau d'Eames en quelques secondes et s'agenouille à côté d'elle. Sa tête repose sur l'une de ses mains, tapant le bureau de son stylo avec l'autre.

« Alex, » dit-il, et lorsqu'elle relève la tête, il prend sa main et l'abaisse pour qu'elle soit cachée aux yeux indiscrets. Sa main paraît si petite et si froide. Il la tient entre ses deux mains chaudes et les frotte doucement, tentant de la réchauffer. « Partons. »

« Mais nous ne pouvons pas. Il faut finir la paperasse. Nous avons beaucoup de choses à faire demain matin. »

« Au diable tout ça, » grogne-t-il et il est récompensé par un vrai rire et un sourire qui stoppe pratiquement son cœur. « Je vais parler à Ross. Prépare-toi à partir. » Alex hoche la tête et il part voir leur capitaine.


Alors qu'ils approchent la SUV, Bobby tent sa main. « Les clefs. Je conduis. »

« Ce n'est pas nécessaire. »

« Et ce n'est pas discutable non plus. » Il se plie presque en deux, arrivant juste au niveau de son visage. « Je dois en arriver aux chatouilles. »

Il fait référence à une fois, il y a presque cinq ans, où quelques uns d'entre eux étaient sortis boire. Alex n'avait pas mangé avant et était assez saoule – ce qui était inhabituel pour elle. Elle refusait de donner ses clefs à quiconque, et personne n'arrivait à lui soutirer. Mais Bobby l'avait taquinée, la faisant rire, et la chatouillant doucement jusqu'à ce qu'elle les lui donne, lui suppliant d'arrêter. Il ne l'avait jamais menacée de recommencer – jusqu'à aujourd'hui.

« Okay, Goren, » elle sourit et lui tend les clefs, « tu as gagné ! Qu'est-ce que tu as dit à Ross pour nous sortir de là ? »

Il hausse les épaules. « Je lui ai dit qu'il m'en devait une – qu'il nous en devait une à tous les deux. »

« Tu as probablement raison, » accorde-t-elle, une fois qu'ils sont en route, « Je suis vraiment crevée. »

« Je sais. En vérité, tu devrais rentrer avec moi ce soir. »

« Pardon ? »

« Arrête ça. Tu sais ce que je veux dire. Tu pourras te détendre. Je te ferai à manger. Tu pourras regarder ce que tu veux – en vérité, je te donnerai la télécommande. Tu prendras le lit cette nuit, je prendrai le canapé. Et je te raccompagnerai à temps pour te préparer pour le boulot. Marché conclu ? »

« Je ne sais pas, Bobby. Aujourd'hui, c'était vraiment une journée de merde. J'ai besoin d'une longue douche bien chaude. Je suis fatiguée et grincheuse, pas vraiment de bonne compagnie en somme. »

« C'est d'accord alors. Un steak au poivre et du riz te conviennent ? »

« Oh, Bobby, » soupire-t-elle et elle lui sourit à nouveau, un sourire qui donne à sa bouche une forme pleine et douce, et fait briller ses yeux. Il réalise qu'il y devient accro.


Voilà, c'était le premier chapitre. Qu'en pensez-vous ?
Cette fanfic est vraiment un gros boulot et je suis contente d'être arrivée aussi vite au bout du premier chapitre.

Bisous,
DoC