Severus soupira. Il eut à peine le temps de faire quelques pas que déjà, Harry accourait, un môme braillard et larmoyant sous le bras. Il arborait en ce triste jour d'automne une longue chevelure blonde et fournie de princesse, du genre ce qu'on voit en illustration dans des films pour petites filles. Il avait également de grand yeux bleu et des fossettes prononcées, rehaussées d'une couleur rosée, des traces de larme, lui sillonnaient le visage.

« Teddy... ».

Mais c'est quoi cette nouvelle lubie? Un petit garçon de quatre ans et déjà travesti!

« Teddy, pourquoi as-tu ces cheveux? ».

Le petit se cacha dans l'épaule de Harry puis sanglota.

« J'ai... pas...de Priiiinceeeeesse!!!!!!!! ».

Harry contenait à grand peine le rire hystérique qui menaçait de résonner à travers la maison. Severus arborait l'expression de dégoût la plus réussie de toute sa carrière.

« Une..princesse? ».

« Allons Severus, il a quatre ans, et puis les contes pour enfant en sont pleins... »

« Tu n'a pas besoin de princesse! »

Il prit fermement Teddy dans ses bras puis lui remonta le menton pour que leur regard se croise. Il lui dit avec toute l'intensité qu'il pouvait :

« Teddy, bonhomme, tu n'as pas besoin de princesse, pour l'instant. Pour avoir une belle princesse il faut être un grand chevalier, et ça veut dire être un Gryffindor! Je ne te laisserai pas faire! Tu m'entends! »

Et là le drame se produisit, Harry éclata d'un rire bruyant et très fortement moqueur, la lèvre inférieure de Teddy tremblota quelque peu puis il se mit à hurler à la lune.

Severus céda donc à la tentation. Il se massa les tempes puis avala cul sec une grande tasse de café. Harry posa doucement Teddy qui s'agitait encore un peu. Il reprit contenance puis lança à Severus.

« Toi t'as une princesse alors j'en veut une aussi ! ».

Harry laissa tomber sa cuiller et fixa Severus.

« Ça veut dire quoi ça? »

« Mais qu'est-ce que j'en sait moi? ». Il se tournèrent vers Teddy.

« Moi aussi je veux une princesse..... »

Harry caressa la joue de Teddy. Il lui dit d'une voie douce et pourtant légèrement menaçante

« Qui est la princesse de Père Teddy? »

« Tu es malade Papa ? »

Nouveau regard courroucé vers Severus.

« S'il te plaît princesse répond moi. »

La lueur d'incompréhension dans les yeux de la-dite princesse s'intensifia, tant ses yeux s'agrandissaient :

« Mais...papa... tu ne veux plus être la princesse de Père ? »

Blanc.

Quiconque étant entré dans cette pièce aurait toisé avec un amusement certain la folie de la scène : trois protagonistes, silencieux comme des tombes et les yeux écarquillés au possible. Chacun regardait l'autre dans le blanc des yeux et, le spectateur observateur aurait remarqué l'humeur de chacun des trois personnages ; de la pure surprise de Harry, suivie de la stupeur attristée de Teddy et enfin, de moins en moins dissimulée, l'hilarité de Severus.

« AAAAAAHHHHHHHHHH TEEEEDDYYYYYYYYYYYYYYY!!!!!!!!!!!!! »

Flash-Back

« Circerolle Cougerette, du département civil sorcier vous expliquera tout cela plus précisément M. Potter. »

La jeune sorcière réceptionniste avait ses yeux globuleux cachés derrière de grosses lunettes à écailles, fixés en plein sur le nouveau sauveur, Harry Potter, franchement mal à l'aise.

« Je... vous remercie. » dit-il d'ailleurs, le regard étonné. La réceptionniste s'était détourné de son comptoir, peut-être dans le but de saluer Harry maladroitement... mais non elle lui prenait bien le bras et tentait avec difficultés de l'attirer vers un café.

« Miss Eel. » Le bruit de cette vois résonna comme un coup de fouet. « Lâchez s'il vous plaît votre proie. Croyez bien qu'il a d'autres affaires bien...plus importantes. »

La pauvre réceptionniste baissa les yeux en balbutiant des mots d'excuses, terrifiée par le regard du professeur Snape, amaigri, très pâle, mais debout, droit sur ses deux jambes.

« Professeur ! Je suis si heureux ! » s'écria Harry, un peu fort. L'assemblée jetait dès lors des coups d' œil septique et parfois franchement menaçant vers le dit professeur. Que faisait-il donc ici, ce « professeur »? Ne devrait-il pas se terrer dans une cellule en attendant un verdict ? Ou bien alors, voulait-il encore venger son maître déchu en engageant le Sauveur dans un nouveau plan ?

Harry se tourna et voyant son professeur grimacer il prit les choses en main.

« Ça suffit. Vous vous trompez quoi que vous pensez. Vous serez au courant bien assez tôt. Veuillez nous excuser. »

Il saisit alors le bras de Snape puis se dirigea vers la cafétéria.

« Puis-je savoir ce que vous faîtes ici professeur ? » demanda Harry.

« Faites vous également partie de toutes ces personnes qui pensent que je devrais cacher ma face de rat le restant de mes jours ? » prononça Snape en toisant Harry, celui-ci pas déstabilisé le moins du monde.

« Bah ce n'était qu'une question, aucune raison de polémiquer, et puis vous n'avez absolument pas une face de rat. » sortit le Sauveur, désinvolte.

Snape s'arrêta. Il regarda Harry puis grimaça de nouveau un moment avant de lancer : « Alors une chauve-souris graisseuse... n'est-ce pas? »

Harry éclata de rire. Il semblait réellement amusé, pas gêné du tout par une parole...

« Absolument vrai. Vous avez absolument raison, j'ai dit cela. »

« Dans ce cas je ne vais point vous importuner plus longtemps, dit le professeur, en se détournant, un soupçon de douleur mal dissimulée ; j'ai.. dirons-nous d'autres aff... »

« Que voulez vous ? » demanda Harry. « Pardon ? » s'exclama Snape, abasourdi. «On est dans une cafèt ', j'ai faim alors dépêchez vous de commander que je régale. »

« Je..hum... je veux... un café suffira. » balbutia le maître des potions, tentant de reprendre contenance.

« Allez venez, allons nous installer. » Dit Harry, doucement.

« Très bien. »

La cafétéria, en cette heure matinale, était assez vide. Ils trouvèrent vite un emplacement discret, pour s'échanger quelques politesses.

« Je voudrais dire, commença Harry, installé, la chauve-souris graisseuse... ça date de Hogwarts et tant de chose ont changé depuis... ce surnom ne vous va tellement pas que je ne me demande pas pourquoi il m'a tant fait rire. Vous n'êtes pas une chauve-souris, professeur, et vous êtes encore moins graisseux. »

Le professeur regardait un point vague à travers la vitre donnant sur l'allée muggle. Il tripotait un bout de ses cheveux. Ses joues creusées étaient un peu rosée.

« J'ai eu du mal à sortir. J'ai voulu aller vous voir pour vous remercier, on m'a dit que vous étiez ici. » Le Maître se redressa et regarda Harry dans les yeux. « Je peux maintenant vous le dire avec toute la force et la contenance que je veux : vous êtes un homme extraordinaire Harry Potter, et pas à cause de ce titre d'élu, de sauveur ou je ne sais quoi encore. Je vous ait vu grandir et devenir l'homme que vous êtes devenu ; mes vieilles rancunes m'empêchaient de voir l'adolescent humble que vous étiez, et même le timide première année que j'ai si mal traité... pour cela je voudrait s'il vous plaît vous adresser mes plus sincères excuses. »

Harry était un peu rose mais souriant malgré tout. Snape prit une nouvelle inspiration. « La vérité c'est que je suis un homme compliqué, mais une fois pour toutes j'ai pu prendre un recul considérable et – il prit une gorgée de son café- comprendre les fautes que j'aurais pu éviter... parmi elles ma plus grande faute est vous. J'ai été prévenu. Albus, Rémus, même Black à sa manière m'ont parlé, mais je n'ait pas voulu voir, je n'avais pas voulu entendre. J'ai été vraiment affreux avec vous, mais la vérité c'est que - longue gorgée cette fois- la vérité c'est que, je vous admire à un point qui dépasse même mon entendement. Vous êtes la personne la plus exceptionnelle qui m'a été donné de connaître et l'ange qu'était votre mère elle-même n'aurait pu... »

« Assez. » cette parole avait été prononcée par Harry, deux larmes coulant sur ses joues rougies. « Excusez moi, de réagir ainsi... vous avez dit tant de choses. Je suis bien plus simple monsieur. »

« Effectivement, Harry. » le-dit Harry sursauta à l'annonce de son prénom. « Vous ne savez pas à quel point vous êtes simple, sans frivolité, méchanceté égoïsme aucun. Je suis un salaud. Vous m'avez sauvé. »

« Vous n'êtes pas un salaud. » Harry mordit ses joues et essuya ses larmes d'un geste rapide. « Vous avez occupé mon esprit très longtemps, et avant même que je m'en rende compte vous vous étiez insinué dans mon être. Je n'étais plus en colère, même avant la guerre. Et quand vous mouriez devant moi... je n'ai juste pas pu le supporter. J'ai fini tout cela pour vous. Pour que vous viviez. Que votre présence me réconforte encore, aussi spécial que cela soit. »

« Harry... » Severus Snape avait un teint fantomatique. Ses yeux noirs regardait le survivant se torturer les mains. De petites larmes faisait briller son regard.

Harry se leva doucement. « Il se trouve, que j'ai des papiers à signer. J'adopte. Il serait incroyable que vous passiez chez moi boire un café prochainement. Et le plus souvent possible. Voici mon adresse de cheminette. Vous allez me manquer. » Il sera longuement la main fine de son ancien professeur, en projetant son regard dans celui tremblant de son vis-a-vis. Il partit d'un pas décidé, non sans un sourire vers Snape. Quand Harry disparu au détour d'un couloir Snape se retourna vers la place qu'avait occupé l'élu, à peine cinq minutes plus tôt. Il se tint la poitrine avec une main.

« Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? »

Fin du Flash- Back

Snape observa son salon un instant. Harry était emmitouflé autour d'une couette épaisse si bien qu'on ne pouvait apercevoir que la moitié de sa face fortement vexée. Snape soupira en se tenant l'arête du nez entre deux doigts.

« Alors là c'est même pas la peine de t'approcher. »

Snape fixa avec incompréhension la chenille enroulée sur le canapé.

« Je ne suis PAS ta demoiselle en détresse que tu viens réconforter. Je refuse. Va me ramener du chocolat tout de suite. »

« J'espère ne pas devenir ta servante, princesse, pour le reste de ma vie. » répartit Snape.

« Alors là tu ne sais même pas ce qui t'attends. Tu vas mourir. En vrai. »

« Même pas peur. » les yeux de Harry trahissaient tout de même son inquiétude. Snape s'avança. Il se faufila avec Harry sous la couette. Celui-ci se pressa contre Snape.

« Hey Severus. »

« Quoi ? »

« Tu crois que je serait une femme à jamais pour Teddy? Peut-être que je suis sa maman ? Tu trouves que j'ai l'air d'une fille ? »

« Écoute moi bien Potter. Je ne le referais pas un acte de ce genre. Teddy a deux papa, il en est forcément à un moment où il va chercher une mère dans les yeux de ses parents. »

« Mais c'est moi qu'il... »

« J'ai pas fini. Regarde Teddy dans son parc. »

Une jolie princesse au longs cheveux noirs de jais et au teint très pâle vêtue d'une robe noire simple se tenait devant une photo de Harry Potter. « Mon prince Harryyyyy!!!!! » Teddy chantait à peu près une ode à son prince Harry Potter.

« Mais enfin... qu'est-ce que...? »

« Et je t'interdis de me dire que je ressemble à une femme. »

Harry regarda Severus dans les yeux. Il souriait doucement à une Harry un peu stupéfait.

« Juste... ne me dis pas que je suis un idiot. » murmura Potter.

« Mais non voyons. Tu es un Gryffindor. »

« hmph ! » Harry fronça les sourcils. Snape continua de sourire et vola les jolies lèvres du

Sauveur. « Je t'aime Harry »

« Je t'aime aussi Severus.... Je suis désolé. Tu sais à quel point je suis stressé. »

« Et te savoir une femme n'a pas dû être facile. Tu aurais du sortir du placard il y a longtemps déjà. »

« C'est vrai. Mais sache que les Weasley ont toujours tenu à me voir heureux et ce n'est pas des entretiens matrimoniaux qui leur ont fait peur. Si je leur avait dit que j'étais gay, ils n'auraient pas tardé à m'envoyer un peloton de jeunes mecs potentiels et une pluie de tickets avait des amis de leurs amis. Après en avoir fini avec les entretiens matrimoniaux je ne tenais pas à subir tout ce que je viens de te dire alors que je suis heureux en ménage. »

« Je suis désolé Harry. » Dit Snape. Décidément ce mot faisait toujours aussi peur venant de sa bouche.

« Quoi? Qu'y a-t-il ? »

« Juste... Je n'étais pas prêt... je ne voulais pas qu'ils te détestent. »

Harry soupira d'aise.

« Tu es un grand idiot ! Allez viens il ne vont pas tarder, il faudrait ranger le souk de Teddy et terminer le repas. »

Snape regardait, heureux, en face de lui, les jolies fesses de Harry, qui se secouaient légèrement à chaque mouvement frénétique qu'il faisait.