Bonjour tout le monde, voici la suite de Dirty Little Secret, en espérant qu'elle vous plaira.
Merci à vous qui prenez le temps de lire, et de laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir :)
J'essayerai de publier le plus régulièrement possible. Genre tous les jeudi un chapitre. J'essayerai.
Allez, bonne lecture à vous !


Récidive


Deux jours s'étaient écoulés depuis le dérapage dans le bureau du Colonel Roy Mustang.

Personne, à leur grand soulagement, n'avait remarqué quoi que ce soit. Encore heureux.

Edward avait su faire preuve d'un self contrôl insoupçonné ( surtout de lui même, à moins que ce ne soit le choc) pour effectuer le trajet bureau de Mustang – chambre d'hôtel sans réveiller les soupçons de quiconque. Roy lui, s'était appliqué à faire ce qu'il faisait de mieux : prendre du retard sur son travail et se faire remonter les bretelles par Hawkeye.

Leur petit secret en était toujours un.

Chacun avait géré l'après-coup à sa manière.

Si Roy avait préféré passer la soirée dans les bras d'une ravissante rouquine, Edward avait choisi de plancher sur des bouquins d'alchimie avec Alphonse dans leur chambre d'hôtel. Comme si de rien n'était. Puis ils avaient tous les deux choisi d'occulter ce passage, s'interdisant d'y penser. Il était préférable. Pour l'un comme pour l'autre. Et pour leur santé mentale au passage. Mettre des mots sur un tel souvenir était particulièrement difficile. Et flippant au passage.
Nul besoin de dissimuler une quelconque gêne puisqu'ils ne s'étaient pas revus depuis.

Jusqu'à aujourd'hui.

Edward, qui avait passé sa matinée à la bibliothèque de Central, s'était retrouvé à la cafétéria pour aller casser la croûte. Un plateau bien rempli entre les mains, le blondinet cherchait une place où s'asseoir lorsqu'une voix l'interpella :

« Edward, par ici ! »

Celui-ci tourna la tête pour voir la joyeuse bande du Colonel Mustang l'appeler. Ainsi que le Colonel en personne, assis près d'eux. A la différence d'Havok, il ne faisait pas de grands signes pour l'inciter à venir. Comme d'habitude quoi. En toute circonstance, jamais Roy n'aurait fait ça. Alors là … encore moins !
Hésitant, Ed se décida tout de même à partager leur table. Pas de raison de refuser après tout !

« Alors Edward, comment ça va ? lui demanda Fuery.

- Plutôt bien, et vous tous ?

- Ça va aussi, tu es au courant pour Havoc ? demanda Breda en souriant.

- Non, quoi ?

- Il paraîtrait qu'il est en bonne voie pour sortir avec une fille.

- Ah bon ? » répondit Edward, surpris par cette nouvelle, tout de même agréable à entendre.

Le blondinet se tourna vers l'autre blond. Celui-ci affichait un air rêveur, sûrement pensait-il à sa douce. Ou sa future douce plutôt. Ce n'était pas la première fois qu'Havoc jetait son dévolu sur une jolie femme, mais la plupart du temps, cela se soldait par un échec cuisant. Préférant ne pas rappeler ce détail, le plus jeune choisit l'encouragement :

« En voilà une bonne nouvelle, ajouta Ed.

- Enfin, faut-il encore que ça se concrétise … remarqua justement Fuery.

- Ah bah oui ... »

Qu'est ce qu'on disait. Havoc sorti de sa léthargie pour se tourner vers ses camarades et dire d'un ton confiant :

« Ne vous en faites pas, cette fois ci je la sens bien cette histoire là.

- C'est tout le mal qu'on te souhaite ! répondit Breda.

- Et pourquoi tu penses que cette fois ça marchera ? demanda Edward, content pour son ami.

- Peut être par ce que la jeune femme n'est pas à mon goût. »

Roy, qui n'avait dit mot depuis l'arrivée d'Edward, avait choisi ce moment pour parler. Ces quelques mots suffirent à faire blêmir Havoc. C'est vrai que Roy avait tendance à piquer quelques amies du pauvre blond. Peiné pour lui, Edward n'hésita pas à répondre :

« C'est vous qui avez peut être des goûts de merde. »

Roy tourna la tête vers Edward et le fusilla du regard. Tout en se rappelant l'événement d'il y a quelques jours. Il était tout de même mal placé pour dire qu'il avait des goûts douteux, même si il n'y avait rien eu de plus. Heureusement tiens. Content de voir que le blond avait sur le coup oublié – ou peut être zappé tout court – cet incident, il continua de sourire :

« Je ne sais pas, qu'en dis-tu Fullmetal, aurais-je des goûts de chiotte ? »

Edward vit automatiquement ce à quoi Roy faisait allusion. Merde. Heureusement pour eux, leurs camarades ne faisaient pas vraiment attention à cette nouvelle joute verbale. Une de plus ou une de moins …

« Je dirais que vous avez des goûts douteux, répondit Edward.

- Oh, voilà qui est terriblement blessant pour toutes mes conquêtes passées et à venir. » ajouta Roy, un air faussement contrarié.

Les deux alchimistes firent ensuite mine de s'intéresser au récit d'Havoc quant à sa rencontre merveilleuse avec cette femme, tout en ruminant leurs pensées.

Roy ne pouvait contredire Ed, ce qui s'était passé dans le bureau était douteux. Un adulte de presque 30 ans et un mineur en train de se peloter, c'était suffisant pour flinguer la carrière et la vie de Mustang. Il n'empêchait que malgré ça, Roy n'avait pas pu s'empêcher de trouver ça agréable. Pour un peu plus, il aurait trouvé Edward désirable, à son goût. Mais remettons les choses en place : ce qui s'était passé était et restait douteux. Raison pour laquelle Roy préféra ne plus penser à ça.

Et Ed non plus. Même s'l n'avait toujours pas compris ce qui avait pris à son imbécile de supérieur ce jour là. Le fait est que sur le moment il n'avait pas trouvé ça si désagréable. Et puis, pour un premier baiser, c'était plutôt pas mal, si on oubliait que c'était le type le plus chiant du monde qui le lui avait donné. Mais, pas question de perdre la face. Il n'allait pas se mettre à trembler de toute son âme, de tout son corps lorsqu'il se retrouverait face à lui. Edward n'était pas attiré par le brun, en aucun cas. Pas question de se transformer en une petite adolescente toute fébrile en voyant son idole, ou quelque chose comme ça !

Je reste un mec et un vrai !

C'est ce qu'il se dit avec conviction, tirant la langue au militaire.

Après avoir vidé leurs plateau respectifs, les militaires se levèrent pour retourner travailler, boire un café, aller aux toilettes, passer un coup de fil … Discuter avec leur supérieur.

« Colonel ?

Roy Mustang se retourna dans le couloir qui menait à son bureau, pour faire face au propriétaire de cette voix qu'il connaissait déjà bien : le FullMetal.

- Que puis-je pour toi ?

- Je voulais juste vous demander un truc.

- Si ça peux te rassurer, je ne dirai rien quant à … l'autre jour. »

Il n'était pas assez débile pour se suicider professionnellement. Et peut être socialement. Edward se contenta de le regarder bizarrement :

« Euh … je m'en doutais un peut, dit-il avec évidence. Je voulais juste savoir ce qui vous avait pris. »

C'est qu'Ed avait un petit peu besoin de clarifier les choses avant de les classer une bonne fois pour toutes.

« Oh ! Et bien j'ai voulu te montrer que tu t'étais trompé.

- C'est tout ?

- Oui. »

A la base, c'était juste pour ça. Il n'allait pas lui dire qu'il avait poursuivi le baiser parce qu'il avait trouvé ce moment particulièrement … excitant. Oh non, surtout pas ! Il pouvait toujours courir le p'tit !

Edward se contenta de hausser les épaules, en soupirant. Il savait que le provoquer était une mauvaise idée, mais il ne pouvait s'en empêcher. C'était si tentant.

« Bof.

- Quoi, bof ? répondit Roy, un peu surpris.

- J'ai dit : bof. C'était bof. Peut mieux faire. Je ne suis pas sûr que vous réussiriez à piquer la future conquête d'Havoc avec ça. »

Edward avait gardé un sourire moqueur aux lèvres tandis que Roy avait relevé un sourcil, Mais que cherchait-il donc à faire ? Roy ne pouvait décemment croire que le jeune homme face à lui cherchait à reproduire l'événement passé. Ni même à ce que ça aille plus loin. Faut pas rêver. Le fait est que le brun craignait que leur relation soit en train de prendre un tournant tordu. Très tordu.

Autant lui demander directement :

« Qu'est ce que tu cherches à faire, Edward ?

- Moi ? Oh rien. J'ai juste trouvé un nouveau sujet sur lequel vous emmerder. » répondit-il, un sourire narquois aux lèvres.

Roy ne put que soupirer. Évidemment …

« Même de ta part, c'est petit

- C'EST QUI LE NABOT QUI POURRAIT SE FAIRE UN CHÂTEAU DANS UN TROU DE SOURIS?

- Ah Edward tais-toi ! »

Roy s'appliqua alors à le faire taire immédiatement. Il empoigna le jeune homme par les épaules pour le plaquer dans un coin et posa ses lèvres contre les siennes. L'effet fut immédiat et Edward ferma son clapet, sous le coup de la surprise. Le silence était retombé dans le couloir vide.

Cette fois-ci le baiser dura moins longtemps, fut moins approfondi. Plus sage si on peut dire. Mais n'en restait pas moins surprenant pour le plus jeune. Et le plus vieux également. Il se surprenait lui-même à réagir ainsi et serait incapable de dire pourquoi il avait fait ça. Le fait est que leurs lèvres étaient jointes, les yeux clos. Et que mille et une choses se bousculaient dans leurs têtes. Et de nouveau cette sensation grisante qui s'emparait d'eux.

Parce que merde, même si ça ne se faisait pas, comme on dit, Edward ne pouvait se résoudre à repousser Roy. Pour être honnête, il n'y pensait même pas. Ça ne l'avait même pas effleuré.

Et Roy ne pouvait pas séparer ses lèvres des siennes. Tant pis s'il pouvait pratiquement être le père du jeune homme. Tant pis si ce comportement n'était pas approprié. En plein couloir en plus ... L'envie, puisqu'il s'agissait de ça, était trop forte. L'envie …

Et merde !

Il dut se faire violence pour ne pas approfondi le baiser. Non, n'empirons pas les choses. Déjà qu'il avait raté une occasion en or pour remettre les choses à leur place, n'en rajoutons pas ! Le brun préférait reprendre le contrôle des choses tant qu'il le pouvait encore. Si c'était possible.

Une fois Edward calmé, Roy recula, délaissant ses lèvres et reprenant une distance respectable entre eux. Comme si de rien n'était, ou presque.

Rouge de gêne, Edward marmonna entre ses dents :

« Et ça vous arrive souvent de faire taire les gens comme ça ?

- Heureusement non. D'autres questions Fullmetal ?

- Non.

- Bien. Sur ce, bonne journée Edward. » fit Roy avant de repartir vers son bureau.

Et avant de se donner une baffe mentale pour avoir fait ça.

Non mais ça va pas bien la tête oui ? Embrasser le Fullmetal en plein couloir ? Même ! L'embrasser tout court !

Roy se dit alors qu'il devait cesser immédiatement ce petit manège qui ne rimait à rien. C'est pas comme s'il était amoureux d'Edward, un peu attiré par lui ou qu'il avait perdu un pari ! Non vraiment, c'est pas comme si l'avoir embrassé lui avait fait un petit quelque chose … Même tout petit …
Allez ! Le Colonel se motiva lui-même et entra dans son bureau d'un pas décidé. Sa paperasse lui ferait oublier ses petits tracas.

Le blond quant à lui, avait repris le chemin de la bibliothèque, repensant malgré lui à ce qui venait de se produire. Il ne l'avait pas vu venir celle-là ! Une chance que personne ne les ait vus ! Et puis, il lui prenait quoi à ce sale type de l'embrasser comme ça ? Il était pas net … Allez, dans un élan de grande bonté, disons qu'une fois ça pouvait passer. Parce que Mustang était un crétin et pour un tas d'autres raisons. Mais deux fois, ça faisait déjà beaucoup.
Pas net...

Mais Edward se dit aussi que lui-même, il n'était pas net non plus. A aucun moment il n'avait tenté de le repousser. Ni de le frapper. Ou exprimer son mécontentement ! Et non, rien. Il n'avait rien fait, s'était contenté de se faire embrasser sans rien dire, sans réagir …
Le blond mit ça sagement sur le compte qu'il avait été pris de court, par surprise. Alors, la prochaine fois qu'il se retrouverait seul à seul avec Mustang, il sera sur ses gardes.
Non mais …

Après tout, c'était pas comme s'il avait apprécié ses baisers. Hein ?