Never Too Late

Even if I say, "It'll be alright,"
Même si je dis "Tout ira bien,"
Still I hear you say you want to end your life.
Je continue de t'entendre dire que tu veux mettre fin à ta vie

Je croyais te connaître.

Je pensais avoir enfin réussi à découvrir toutes tes facettes, à ce que tu me dises la vérité, à ce que tu te révèles totalement à moi.

J'avais tort.

Il y avait toujours quelque chose. Quelque chose qui m'échappait, que je ne pouvais pas saisir, que tu ne voulais pas me dire.

Et j'en ai souffert.

Je croyais que tu me faisais confiance, je croyais que tu allais mieux, je croyais que c'était fini, je croyais que...je croyais que tu m'aimais.

Mais encore une fois, je n'ai rien remarqué.

Ou plutôt, je l'ai remarqué trop tard.

Pourquoi me mens-tu Rem ? Pourquoi ?

L'éclat triste dans tes yeux est revenu, ton sourire mélancolique et ton air las aussi.

Ne suis-je donc parvenu à rien ?

Et pourtant, pourtant...depuis ce soir-là, tu me parlais plus. Depuis ce soir-là, tu me disais la vérité. Depuis ce soir-là, tu n'avais plus envie de mourir.

Et depuis ce soir-là, je me suis mis à t'aimer.

Et j'étais si heureux ! Si heureux que tout aille mieux, si heureux que tu sois heureux.

Mais ce n'était que mensonges, encore.

Et ça fait tellement mal.

Malgré tout, tout ce que nous avions partagé, tu ne te fiais toujours pas à moi, je n'étais qu'une bouée de secours.

Et ça me tue de savoir ça.

Et j'en crève, et j'en pleure. Pourquoi ?

N'ai-je pas tout fait pour toi ? N'ai-je pas prouvé l'ampleur de ce que j'éprouvais pour toi ? N'ai-je pas démontré que je pouvais mourir pour toi ? Que je serais toujours là ?

Mais ça ne te suffisait pas.

Tu t'es mis à t'éloigner de moi, tout doucement, si doucement que je n'ai rien remarqué au début.

Là encore, il m'a fallut deux semaines pour réaliser.

C'est tellement ridicule comme tout se ressemble !

Dans l'appartement que nous louions à deux, je t'ai trouvé.

Toi dans la salle de bains, les veines ouvertes.

Et j'étais paralysé, j'étouffais.

Et tes yeux qui se sont ouverts, terrifiés. Je ne devais pas te voir comme ça, j'aurais dû rentrer plus tard, pour que tu aies eu le temps de disparaître.

Je t'ai emmené à l'hôpital, et tu refusais, murmurais tellement tu étais faible que je te laisse partir, que je te laisse en terminer avec tout ça.

Ça m'a brisé le cœur.

Et je ne te lâchais plus, je restais près de toi tout le temps où tu étais à l'hôpital.

Mais tu refusais de me parler. Refusais de me dire pourquoi ça t'avait repris.

Et j'ai crû que c'était moi, que tu ne me voulais plus, que tu en avais marre.

Tu as secoué la tête et t'es excusé.

Mais rien n'effacera jamais la vision que j'avais eu de toi, si proche de la mort.

Elle défilait sans cesse devant mes yeux clos, hantait mes nuits, me rendait malade. Malade de chagrin et de peur.

Elle devait rester un de mes pires souvenirs, toute ma vie durant.

Et bientôt je dégotai un travail d'auror. Un travail qui m'éloignait de toi.

Je faisais mon possible pour rester le plus possible auprès toi mais la guerre m'en empêchait.

Et je voyais que tu allais mal, je voyais que tu allais replonger. Mais je ne pouvais rien faire.

Une fois, je n'ai même pas pu assister à une pleine lune.

Je t'ai retrouvé, dans une marre de sang, sur le sol en béton d'une cave désaffectée que James et moi avions trouvé pour tes nuits de transformation.

Lui et moi n'avions pas pu venir. Et Peter n'était pas présent, contrairement à ce qu'il nous avait pourtant promis.

Et je t'ai pris dans mes bras, doucement, par peur de te blesser.

Tu étais si faible, si fragile. Et brisé.

Et là, les mots, murmurés tout bas.

« Je n'en peux plus. Laisse-moi mourir. »

Et la tristesse que j'ai éprouvé à ces paroles, la douleur.

Et je te caressais les cheveux, te berçais, te disais que tout irait bien, que nous trouverions un remède pour que tu sois guéri, pour que tu n'endures plus jamais ça.

Ma voix se cassait sur ce réconfort vain que je te prodiguais, étranglée par les larmes.

Il n'y avait aucun moyen, aucun, et tu le savais aussi bien que moi.

Et pendant ce temps la guerre ravageait tout sur son passage.

Je ne comptais plus les massacres, les attaques de mangemorts, les disparitions inexplicables, les chantages, les sorts impardonnables...Je voulais oublier.

Mais je ne pouvais pas, pas quand on avait besoin de moi, pas que je devais me battre pour tenter de relever le monde.

Et on t'envoyait en mission spéciale.

Et j'étais tellement en colère contre Dumbledore qui t'écartait de moi, t'intimait de ne rien me révéler.

Tu ne me parlais plus.

Nos étreintes, nos baisers n'étaient plus que des fantômes de ceux que nous partagions avant. Les mots étaient vides et creux, les sourires, factices et forcés.

Nous ne faisions plus que sauver les apparences.

Et lentement, le doute prenait place, s'insinuant insidieusement dans nos veines, capturant nos cœurs.

Si tu savais comme je m'en veux.

« Il y a un traître parmi nous. »

Les paroles, fatales, prononcées par Dumbledore.

Comment pouvait-il seulement croire que l'un d'entre nous était un espion de Voldemort ? Comment osait-il seulement émettre cette pensée ?

Et pourtant, les soupçons se sont propagés, vite, si vite que j'en ai été submergé.

On refermait petit à petit le cercle de relations de James et Lily, ne le restreignant qu'à peu de personnes.

Et pourtant, les attaques continuaient, plus violentes, plus poussées, plus fréquentes, malgré tous les efforts, malgré toutes les précautions.

Le traître était parmi nous.

Et quand on me demandait si il y avait possibilité que ce soit toi...Seigneur, je bouillonnais de rage ! Comment pouvait-on te soupçonner, toi qui avais tant enduré, toi qui étais un des amis les plus proches de James et Lily, toi qui faisais tellement pour l'Ordre ?

Toi qui étais un loup-garou, toi qui avais tenté de te suicider, toi qui me mentais, toi qui ferais tout pour un remède.

Et j'ai tellement honte d'avoir laissé le venin du doute m'envahir. Tellement.

J'aurais dû te défendre, dire que jamais tu n'aurais été capable de ça, que jamais tu ne pourrais trahir tes amis, tes meilleurs amis !

Je t'aimais et je les ai laissé te soupçonner.

Je me hais pour ça.

Et l'éloignement, encore.

Des années s'étaient écoulées depuis la dernière fois où tu avais voulu te détourner de moi. Je t'en avais empêché et le résultat n'en avait été que merveilleux pour moi. A présent, Harry avait un an et tu m'annonçais que tu voulais rompre.

Ton regard fuyant, tes gestes nerveux, ta voix que tu essayais de garder neutre mais où perçaient des trémolos.

Tu m'as tué.

Et j'aurais dû me battre, lutter pour sauver notre relation, notre relation qui comptait tant à mes yeux.

Mais une part de mon esprit n'y voyait qu'une preuve de plus que c'était toi le traître, que tu voulais t'éloigner de moi par peur que je ne découvre tes secrets, moi, l'auror.

Et tu as disparu de ma vie.

Si soudainement que je me demandais même si l'appartement avait un jour accueillit ta présence.

Et pourtant, je ne pouvais pas rêver ton odeur qui imprégnait les lieux, ni toutes les images et souvenirs de nous deux que je voyais dans chaque recoin de chaque pièce.

Je plongeai peu à peu dans une dépression.

Je m'investissais à fond dans le travail, passant tout mon temps à partir en mission pour l'Ordre, à traquer les mangemorts dans leurs repères, à dépister leurs réseaux d'information, à tout faire pour déceler les espions infiltrés dans le Ministère.

Je ne te voyais plus.

Tu étais toujours parti loin, en mission secrète. Tu ne pouvais jamais venir aux rares dîners que James et Lily organisaient parfois, pour tenter d'égayer l'atmosphère en ces temps de guerre.

Je ne savais même pas où tu habitais.

Tu avais coupé tout contact, nous ne pouvions plus t'écrire, te visiter ou même te téléphoner si nous utilisions les moyens moldus.

Et tu avais emporté avec toi une partie de mon âme.

Tu me manquais tellement que parfois, dans les nuits les plus noires où le sommeil me fuyait, je pleurais et hurlais de désespoir.

Tu avais décidé de me rayer de ta vie et je ne parvenais pas à faire mon deuil de toi.

Tu étais mon ami avant tout et tu ne voulais même plus me parler.

Tu n'imagines pas le mal que tu me faisais.

Et je repensais à tout, à tout ce que nous avions vécu, depuis notre rencontre en première année jusqu'aux derniers mois passés ensemble.

Puis je décidai d'ignorer les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons.

Mais malgré moi, les indésirables revenaient avec force, m'explosaient au visage en me hurlant les fausses preuves de ta trahison.

Et en dépit de tous mes efforts, j'y croyais.

Tout correspondait, ton attitude secrète, tes absences, ton éloignement, ton mal-être, ta...condition.

Tout le monde savait que Voldemort cherchait à engager des créatures ténébreuses, et tu étais un loup-garou.

Et les mois passèrent, et les attaques sur James et Lily continuaient de plus belle, plus terrifiantes et précises que jamais.

A présent, il n'y avait plus que moi, toi, Dumbledore et Peter qui étions au courant.

Albus avait proposé le sortilège Fidelitas et il nous était apparu à tous que c'était la meilleure solution.

Il se porta lui-même volontaire pour être Gardien du Secret mais James persista, clamant qu'il avait toute confiance en moi, que je préfèrerais mourir plutôt que de révéler où ils se trouvaient.

Et c'était vrai.

J'acceptai, bien entendu...au début.

Puis, un éclair de génie me traversa.

Il était de notoriété publique que Sirius Black était le grand ami, le véritable frère de James Potter, ainsi donc, tous les soupçons porteraient d'abord sur lui.

Et c'est pourquoi je décidai de faire un coup de bluff, un coup de génie. Choisir Peter.

Personne n'aurait pu songer à lui, le petit Peter, le gentil et serviable Peter, celui qui nous admirait et nous suivait comme notre ombre.

Je n'osais pas avouer que je ne te faisais pas assez confiance pour appliquer le sort sur toi.

Tu étais un loup-garou, il était facile de t'arracher des informations sous la torture ou pendant la période qui précédait la pleine lune, tu étais si imprévisible. Je voulais faire taire la part de moi qui me disait que tu n'attendais que ça, pour tout révéler à Voldemort en échange d'un antidote.

Et un jour, le jour d'Halloween, je fus pris d'un sombre pressentiment. Je voulais vérifier que Peter était toujours en sécurité mais quand j'arrivai dans sa cachette, il était parti. Et pourtant, il n'y avait de traces de lutte, rien qui laissait supposer que des mangemorts avaient pu l'enlever.

Je pris peur et je me précipitai dans la maison des Potter.

En quelques minutes, mon monde avait basculé.

Devant moi, le carnage, le village massacré, à feu et à sang, la maison en ruines, les débris qui jonchaient le sol mais surtout, surtout les visages blancs de mes amis.

De James, mon frère. De Lily, la femme qu'il avait toujours aimé.

Morts.

Ma moto fit une embardée et je faillis m'écraser au sol.

Hagrid était là et je le rejoignis, pâle et tremblant.

Il avait un petit paquet dans les bras, un paquet qui pleurait et criait.
Harry.

Et j'étais tellement soulagé qu'il vive encore.

Tout n'était pas perdu.

Je crois me souvenir d'avoir pleuré. J'avais l'impression d'être mort, moi aussi.

Pourtant, je demandai à Hagrid de me donner Harry, j'étais son parrain, je m'occuperai de lui. Il était ma seule lueur d'espoir dans les ténèbres qui m'entouraient.

Mais il refusa, me disant que Dumbledore lui avait ordonné de confier Harry à sa tante et son oncle. J'essayai de discuter mais dus finir par me soumettre à sa décision.

Je finis par lui proposer ma moto, pour emmener Harry. Dieu sait que je n'en avais plus besoin à présent. Je venais de comprendre que Peter était le traître. Lui, pas toi.

Je ne sais pas comment j'ai fait, ai-je marché ? Ai-je transplané ?

Toujours est-il que je me rappellerai toujours l'avoir coincé dans une rue moldue, bondée.

Je crois qu'il a choisi exprès cet endroit.

Il a fait semblant d'inverser les rôles, comme si c'était lui qui m'avait poursuivi et qu'il avait été pris au piège. Il a hurlé d'une voix chevrotante « Lily et James ! Comment as-tu pu faire ça, Sirius ? » en tendant un doigt accusateur et tremblant devant moi. Il voulait que tout le monde l'entende. Il voulait que tous soient témoins de ma trahison, de la trahison de Sirius Black, le bras droit de Voldemort, son plus fidèle serviteur.

Cependant, personne ne pouvait voir le sourire triomphant qu'il m'adressait. Il allait gagner.

Tout s'est passé trop vite, je n'ai pas même eu le temps de réagir. Il a dévasté la rue en tenant sa baguette derrière son dos, tuant tous les passants dans un rayon de cinq ou six mètres. Puis il s'est tranché un doigt avant de se transformer en rat et il a pris la fuite par les égouts.

Il y avait un cratère impressionnant au milieu de la rue, toutes les canalisations avaient sauté, des cadavres jonchaient le sol, les Moldus hurlaient.

Et moi, je riais.

Je riais parce que pour une fois, Peter s'était montré plus futé que moi, parce que le coup de bluff que je pensais si infaillible n'avait pas pris en compte le seul paramètre réellement important, le seul dont j'aurais dû me soucier depuis le début. Je n'avais pas envisagé la possibilité que Wormtail soit le traître.

Je riais parce que je croyais que c'était toi et que tout mon monde s'était effondré sur base de cette seule erreur.

Je riais parce que j'avais tout perdu en l'espace de seulement quelques heures, et totalement par ma faute. C'est moi qui les avais tués.

Du reste, je ne me rappelle rien, à part que je continuais de rire, de rire comme un dément même quand je fus emmené par vingt sorciers de la brigade magique.

Plus rien n'avait d'importance. J'avais tout perdu et le traître était toujours vivant.

Comment une seule faute pouvait-elle être aussi fatale ? Pourquoi avait-il fallu que je doute de toi ?

Je t'aimais et pourtant, ça ne m'avait pas suffi pour te croire non coupable.

J'avais peur d'avoir un avis impartial, j'avais peur que mon amour pour toi ne m'aveugle.

Je me rangeai aux côtés des autres, t'abandonnant à ton sort alors que j'avais juré des années auparavant de ne jamais te laisser seul.

J'ai été tellement lâche.

Now and again we try to just stay alive.
Maintenant et encore nous essayons de simplement rester en vie
Maybe we'll turn it all around 'cause it's not too late.
Peut-être que nous la retournerons parce qu'il n'est pas trop tard
It's never too late.
Il n'est jamais trop tard

Et maintenant, alors que je pourris dans une cellule miteuse d'Azkaban où la lumière du jour ne perce même pas ma fenêtre à barreaux, je prie pour rester en vie et pouvoir venger James et Lily. Et je prie pour te retrouver, je prie pour que tu me croies innocent.

Les Détraqueurs rôdent sans cesse autour de moi, guettant le moindre souvenir heureux à m'arracher.

J'ai l'impression que tu n'es plus qu'un fantôme, une folie de mon esprit, Remus, tellement ils m'ont enlevé tout ce que je considérais comme joyeux.

Il ne me reste plus que les visages des morts, les hurlements des mourants, les cris de mes parents, toi dans une marre de sang et tous ces autres souvenirs que j'essaie d'effacer, en vain, de ma mémoire. Mais ils reviennent toujours à la surface, plus puissants et horribles que jamais.

Mais il me reste un espoir. Il me reste encore une raison de vivre. Harry. Je veux qu'il sache la vérité, qu'il ne croie pas que son parrain a tué ses parents. Je veux le convaincre, être innocenté et peut-être même l'élever à place de James.

Et je trouverai Peter et je lui ferai payer toute la souffrance qu'il nous a causée, tout ce que nous avons perdu par sa faute.

J'essaie simplement de ne pas devenir fou, de continuer à vivre.

Et je ne sais pas combien de temps je resterai enfermé dans cette prison, peut-être toute ma vie, qui sait ?

Mais il me reste ma détermination et ça, les Détraqueurs ne peuvent pas me la prendre.

Ma victoire sera de mourir comme je l'entends, libre, et pardonné.

Ils ne m'auront pas. Jamais.

Et peut-être qu'un jour, tout s'arrangera et que le destin tournera enfin en notre faveur.

J'espère juste que tu me croiras cette fois, Remus, et que nous pourrons revenir à notre vie d'avant. Que nous pourrons tout reconstruire malgré nos blessures.

Parce qu'il n'est pas trop tard.

Il n'est jamais trop tard.


Voici "Souffrir", le deuxième chapitre de cette fic, en quelque sorte. Les deux suivants seront du point de vue de Remus et s'appelleront normalement Hanter et Mourir.

J'aime un peu moins ce chapitre-ci...Et si vous le trouvez assez chaotique, c'est voulu. A mon sens, en temps de guerre, notre esprit n'est plus aussi clair qu'il l'est en temps normal, surtout qu'ici, Sirius est à Azkaban.

En espérant que vous ayez quand même aimé...

Sorn