Bonsoir à tous, voici donc la suite de ce OS. De base, je n'avais en rien prévue de lui faire une suite, mais je me suis trouvée à avoir des idées, et quelques semaines plus tard, me voici me voilà!

Ce passage est donc du point de vue de Cosima. Les parties en italiques représentent une fois de plus les parties écrites tandis que celles "vivantes, véridiques" sont écris en police normale. Toutes fautes d'orthographe est mienne, je m'en excuse par avance.

MelBenaimMyles : Merci de ta review, vraiment ça fait plaisir ^^ Honnetement, je dois dire que c'est en partie ta review qui m'a donnée envie de fair eune suite ! Entre nous, je n'arrive toujours pas à comprendre d'où sortent les détracteurs de Delphine ni comment ça se fait qu'ils existent haha Et ne t'en fais pas pour le passage racontage de life :) En espérant que cette suite te plaira autant que le premier chapitre :)


« Tu sais parfois, il m'arrive de croiser des inconnues avec ton parfum et l'espace d'un instant j'aimerai pouvoir me nicher au creux de leur cou juste pour sentir mon cœur battre de nouveau. Je ne suis qu'un robot. Un robot marchant sur une batterie défaillante. Je me lève, marche, mange, bois, pleure, mais l'intérieur est vide, usé. Combien ça fait maintenant ? Un mois, peut être deux.

Dis moi Delphine, dis moi que tu es vivante.

Dis moi que le sang retrouvé sur le sol bétonné du parking n'était qu'une preuve fictive pour une mort fictive. Donne moi un signe, quelque chose. Car je suis à bout. J'ai tout parcouru tu sais? Des centaines de fois, mes yeux ont lus tes rapports, tes recherches, tes carnets de cuir bleus où chacune de tes théories étaient méthodiquement notées. Mon nom toujours surmonté d'une majuscule, un C arrondi, tracé de la plus douce des manières, comme lorsque tes doigts effleuraient ma joue.

Les affaires n'avancent pas vraiment ici. Kendall est toujours avec Kira et Cal, le néolutionisme est là, présent, il rôde, guettant la moindre faiblesse de notre part. Mais nous ne bougeons plus vraiment depuis ta...ton départ. Pour tout t'avouer, Alison et Sarah prennent soin de nous. Alison de sa famille, son mari, et elle trouve toujours le temps de me passer un coup de fil. Je vis avec Felix et Sarah maintenant, je crois qu'après deux trois incidents malheureux ils ne me font plus vraiment confiance pour rester seule. Je veux dire, ce n'est pas de ma faute si je me suis endormie dans le bain ou si la cuisine a pris feu.

Shay est partie. Deux jours après toi, elle m'a rendue la carte que tu lui avais donné et je n'ai pas pu ne pas m'écrouler devant elle. C'était comme retrouver une partie de toi, excepté qu'il s'agissait de toutes les informations me concernant. Sa réaction a été immédiate. Elle m'a réconforté et a déclaré qu'elle ne pouvait pas continuer, que jamais elle ne serait capable de remplacer une m...une disparue. Je la comprends tu sais, mais je dois avouer qu'elle me manque. Ou alors la sensation d'avoir quelqu'un me manque. En fait, je crois que c'est surtout toi qui me manque.

Tu es partout, Delphine.

Chaque voiture ressemble à la tienne, toute inconnue à la chevelure blonde est toi, je vois ton sourire partout et ton rire me poursuit. Pourtant je commence à oublier ta voix, la texture de ta peau, la douceur de ton ventre et la chaleur de ton corps contre le mien. J'oublie et j'en suis terrifiée.

Les nuits sont les pires. Pas une seule passe sans que Felix ou Sarah ne se rendent à mon chevet, m'enlaçant, me ramenant peu à peu à la réalité. Combien de fois j'ai rêvé que je te tuais? Que je tenais le revolver, que je voyais le dernier soubresaut de vie s'échapper de toi? Et pourtant tu avais ce sourire empli d'amour durant chaque rêve, que je sois témoin ou agresseur. Comment se débarrasser d'un amour destructeur? Comment t'oublier sans oublier? Je suis fatiguée Delphine, si fatiguée.

Parfois la sensation d'être observé se niche au creux de mes omoplates, mais jamais, non, jamais je ne me retourne par peur de ce que je pourrai voir. Du vide, ton corps ensanglanté, peinant à marcher, ou alors un homme, juste un homme louche à l'air dangereux. Non, je préfère continuer à marcher, la tête haute et droite, je préfère continuer à m'imaginer que ce sont tes yeux qui fixent mon dos, parce que du moment où je ne sais si mon imagination me joue des tours ou alors si je suis bien suivie, tu restes vivante et en parfaite santé.

Et c'est ça le plus important.

Ta lettre est toujours là, posé sur ma table de nuit et je la relis tous les soirs. Ça aide tu sais? Aide à comprendre le pourquoi du comment, enlève la rage, panse les blessures d'un cœur en lambeaux. Et puis, c'est quelque chose de physique. Un objet auquel je peux m'accrocher, une preuve quelconque de ton existence, car, depuis que tu es partie, tout me semble irréel. Ai-je vraiment rencontré une scientifique française de ton talent ? Tes lèvres étaient-elles réelles ? Ton amour m'était-il vraiment destiné ? Trop de question pour aucune réponse, seul un vide demeurant dans l'espace de ma chambre lorsque je les murmure contre mon oreiller.

Alors j'écris. Quotidiennement, j'écris. Mes questions, mes sentiments, mes souvenirs mes peines, des lettres fictives, j'écris Delphine, j'écris pour toi, l'espoir imbibant ces pages, espoir terni par des larmes de fatigue et de tristesse, j'écris pour nous, pour nos souvenirs, nos rêves et nos projets futurs. J'écris pour survivre Delphine. Nuits et jours je remplis des pages d'une écriture brouillon et imprécise pour palier à ce manque,cette douleur, ce doute et cette peur de t'avoir perdue à tout jamais.

Une tombe a été mise en ton honneur tu sais ? Il y a une semaine maintenant, des funéraille suivie d'un dîner privée, juste nous. Jamais cela ne m'avait paru aussi réel. Nous étions peu nombreux, certes mais cela suffisait à me rappeler que..que tout aussi bien tu étais morte. J'ai rencontré ta mère tu sais ? C'était spécial. Toi qui me l'avait toujours décrite comme une femme froide, de marbre, hautaine et insensible, elle avait paru bien petite à côté du cercueil de bois vide. Elle s'était présentée, un accent aux touches parisiennes dansant le long de ses mots, les larmes aux yeux elle m'avait enlacé. Comme si un bloc de glace se collait à une braise, peu à peu son corps s'était mis à trembler, peut-être que s'était dû au fait que j'avais emprunté ton parfum ce jour là, tu comprends, je voulais m'enfermer dans une bulle de toi. Ou alors elle avait juste su à ma mine dévastée et aux cernes ornant le dessous de mes lunettes que j'étais quelqu'un d'important, je ne saurais te dire. « Je n'ai jamais été la mère qu'elle méritait » avait-elle murmurée au creux de mon oreille et ses larmes s'étaient multipliées, c'est là que ça m'avait heurté.

Le poids de sa culpabilité. Une culpabilité sans fin pour un amour sans faille. Une honte de ne pas savoir être mère, de ne jamais avoir eu les mots pour te réconforter ou t'encourager à progresser. Un désarroi total face à ton génie, ta passion, ta personnalité rayonnante, et un manque profond de lien, de visite, de nouvelles, de choses que l'on partage entre mère et fille. Dis moi, ta mère elle était au courant pour nous ? »

Je frissonne, hantée par la rencontre avec cette femme, étire mes doigts puis prends une gorgé du café m'attendant au chaud dans le thermos posé sur la couverture où je suis assise. Un flocon tombe soudain le long de ma joue, rapidement suivi d'un second qui se perd contre mes cils. Un sourire envahi mon visage et une petite lumière danse doucement dans mon corps, réchauffant mes sens. Reportant mon attention aux pages raturées, je chasse de la main les flocons éphémères et repose le crayon contre mon cahier.

« Tu sais quoi ? Il neige depuis cinq minutes environ et je ne peux plus m'arrêter de sourire. La dalle de marbre ornée de ton nom est en train de se recouvrir d'un manteau blanc et je ne peux m'empêcher de penser à nous. Courant dans la neige, riant à en perdre le souffle, nous, nous câlinant, nous embrassant, juste nous. Au final, le cimetière n'est pas si terrifiant comme endroit, même plutôt apaisant. Je viens souvent te voir, je crois que c'est une autre chose à laquelle je m'accroche, ce cercueil vide, signe de ton non décès, signe de mon espoir qu'un jour peut-être je te reverrai, dansant contre moi, ondulant au rythme de la musique puis m'enlaçant, nous faisant tournoyer au fur et à mesure que les douces notes s'écoulent, ton sourire et ta chaleur, c'est tout ce que je demande.

Reviens moi, Delphine. Je t'en prie, si tu es là, quelque part, reviens moi. Vivre sans toi fais trop mal, ma vie est plongée dans l'obscurité depuis que tu as disparue, je me noie dans une douleur sans nom, une peur qui ne veut partir. Ne pas savoir. Ne pas savoir s'il faut abandonner et pleurer à en perdre la vue ou s'il faut se battre coûte que coûte, car un jour tu franchiras de nouveau la porte coulissante de cet appartement excentrique, le visage pale et maladif mais le même sourire accroché sur tes lèvres roses. Comment savoir ce que je dois faire Delphine ? Dis moi, je t'en supplie.

Je ne t'en demande pas trop tu sais, juste un signe, un mot, une lettre, un avion en papier envoyé jusqu'à chez moi, quelque chose portant la confirmation de ton existence. Car je ne peux plus continuer ainsi. Espérer un instant pour m'écrouler la minute d'après, ce n'est pas humain. Je perds pied Delphine, reviens moi.

J'ai peur sans toi. Certes, notre relation n'a pas toujours été parfaite. Oui, il y a eu des hauts et des bas, mais ça marchait n'est-ce pas ? On était bien ensemble toutes les deux. Je sais, j'ai mis du temps à comprendre, comprendre les choix que tu as fais, comprendre pourquoi tu t'es éloignée, pourquoi tu es partie, pourquoi tu as remplacée Rachel. Mais j'en suis consciente maintenant, et plus que jamais mon cœur brûle de te revoir. Brûlure vive et intense, brûlure ne s'éteignant jamais.

Je suis bien revenue vers toi, alors pourquoi ne reviendrais-tu pas ? La mort. C'était une sensation étrange, vraiment. Mes paupières étaient devenues lourdes, si lourdes, tandis que mes entrailles s'apaisaient, la gêne présente sans arrêt dans mes poumons disparaissant lentement, au fur et à mesure que ma respiration s'éteignait. Seule une sensation de chaleur et d'infinie tendresse subsistait, comme une couverture de laine enveloppée contre mon corps froid et malade. Immédiatement, mon cerveau avait associé cette sensation à toi. Tes bras, ton corps, juste toi. Et je sais que mes lèvres bleuies s'étaient étirées dans un sourire sincère, une pure joie se diffusant dans mes veines alors que j'acceptais de lâcher prise.

J'acceptais de quitter Sara, Kira, Helena, Scott, Alison, Felix, LEDA, Leekie, DYAD, Rachel, la science et les emmerdes. Car je partais en ta compagnie alors comment ne pas vouloir lâcher prise ? Et puis soudain, un murmure s'était perdu contre ma joue, « Cosima », ta voix chuchotant mon prénom de cet accent français. T'ai-je déjà parlé de combien j'aime comment tu prononce mon prénom Delphine ? Tu n'essaie pas de l'accentuer ou autre, non, tu le prononces simplement mais pourtant avec tellement d'amour contenu dans ta voix. Je n'ai jamais su comment tu pouvais le faire, mais sache qu'a chaque fois où tu m'appelais, mon cœur ratait un battement.

Ton murmure s'était fait insistant, j'avais donc ouvert les paupières, m'apprêtant à protester face à tes chuchotements incessant, je me sentais si fatiguée Delphine. Et tu tenais en face de moi, entourée d'un halo de lumière, tel un ange gardien posté à mon chevet, me veillant sans condition. Je ne te quitterai jamais. Je pense que c'est ta phrase qui m'a fait réalisé que si je lâchais réellement prise jamais plus je ne te verrai. Seule une pâle copie angélique de toi se trouverai à mes côtés, mais je voulais toi. Les bons comme les mauvais côté. Alors refermant mes yeux, j'avais pris ma décision, celle de revenir.

Quitter la chaleur et le bien-être pour retrouver le froid et la douleur avait été éprouvant, je ne peux te le cacher. Mais lorsque j'avais ouverts les yeux, pour de vrai cette fois ci, et que la silhouette floue de Kira s'était dessinée devant moi, j'avais su que j'avais fais le bon choix. Celui de ne pas abandonner, celui de ne pas se laisser aller aux tentations de la facilité.

Tu sais, je pensais que tout serai facile en revenant. Enfin, entre nous du moins. Te voir revenir vers moi, après des semaines sans nouvelle, et même si tu avais l'air un peu plus cassée qu'avant, cela n'avait été qu'une étincelle d'espoir en plus, étincelle que oui, tout irait bien. Et puis à l'aide d'un marteau de responsabilité tu avais brisé une par une toutes mes capsules d'espoir. J'ai su qu'il n'y avait plus rien à faire lorsque mes trois mots sanglotant n'avait pas eu de retour.

Pourtant, j'avais entendu ta voix trébucher, laissant retomber les mots dans ta gorge nouée. Pourtant j'avais vu la lumière s'éteindre un peu plus dans tes iris. Pourtant, j'avais entendu tes pleurs déchirant et ton corps se plaquer durement contre le mur lorsque j'avais refermé la porte de chez Félix. J'aurais dû savoir, comprendre, déduire que rien n'était vrai. Que seule une bonne raison te poussait à prendre ce choix. J'aurais dû le réaliser Delphine, j'en suis désolée.

Penses-tu que tu aurais été avec moi, tout de suite maintenant ? Tes mains douces se baladant le long de mon dos nu, se perdant dans les plis de nos draps noirs tandis que tes lèvres s'accrochent aux miennes ? Dis moi Delphine, si j'avais eu l'intelligence de ne pas te mentir et de garder ma confiance en toi, serions-nous en train de découvrir ton pays ? Tu sais que j'ai toujours voulu allez là-bas. Est-ce que tu serais toujours vivante, hein ?

J'ai essayé tu sais, de ne pas me sentir coupable.

Alison m'a d'ailleurs emmené voir un psy, me priant de lui parler de tout ce qu'il se passait dans ma tête et mon cœur. La psy était plutôt gentille, une femme de notre âge, des cheveux couleurs flammes, des yeux d'un vert perçant et une fâcheuse manie à mordiller son crayon avant de prendre des notes sur son calepin de cuir. Les débuts étaient quelque peu gênant, j'étais maladroite, la plaie toujours trop vive pour pouvoir en commencer le traitement, rien ne sortait de ma bouche. Seule ma tête remuait pour moi. Je pensais sérieusement que cette finirai par mettre un terme à nos rendez-vous, pour faute d'avancée. Mais non, elle n'en fit rien. Je crois qu'elle croyait en moi et en ma récupération. Peu à peu ma langue s'est déliée, au fur et à mesure que les jours passaient, laissant au trou béant dans ma poitrine le temps de cicatriser. Tu sais, je pense que la plaie est belle maintenant, pourtant cette sensation de trou à la place de mon cœur est toujours présente. Je pense que jamais je ne réussirai à m'en défaire. Mais je dois bien avouer que cette Jenny m'a bien aidée.

N'est-ce pas bizarre, quand on y pense ? Se confier à un inconnu dans l'espoir que celui-ci nous aidera à régler nos problèmes, à alléger nos épaules de leur poids. Et tu vois, je me suis toujours demandée si ces gens là allaient bien dans leur vie. Je veux dire, ôter un peu de poids des épaules d'un autre, ça en rajoute au votre non ? Et si, sous leur apparence heureuse et normale, ces gens là n'étaient qu'en réalité des loques. Des humains accablés par les histoires qu'ils entendent à longueur de journée, sans être capable de s'en détacher, sans pouvoir vivre leur vie sans tenir compte de l'expérience de ce client là ou de celui ci. Ça me semble triste comme existence, vraiment. Tu crois que je peux poser la question à Jenny la prochaine fois que je la vois ? Car je...et bien, oui, je vais toujours à son cabinet de temps à autres. C'est elle qui m'a conseillé d'écrire quand j'en avais besoin d'ailleurs. Elle pense que noter les sentiments sur du papier permet de nettoyer son cerveau. Je ne sais si ça marche vraiment sur moi, mais je sais que parfois mon cœur semble un peu plus vivant après avoir posé la plume contre le papier blanc. »

Je relève la tête lorsque j'entends une voix crier mon nom, au loin j'aperçois une silhouette drapée d'un manteau noir marchant lentement tandis qu'une autre plus petite cours vers moi, un bonnet léopard sur la tête. C'est alors que je prends conscience que la nuit a commencé à tomber. Intérieurement je souris, c'est fou comme le temps passe vite à chaque fois que je laisse les pensées se perdre d'elle même sur le papier, fou comme la sensation de te parler rend les heures plus courtes. Rapidement, Kira se jette dans mes bras, des mots dévalant sa langue et sortant de sa bouche à une vitesse folle, je ne saisi pas tout ce qu'elle m'explique mais je lui rends son étreinte et rigole lorsqu'elle se jette dans l'herbe toujours enneigée.

« Hey Cos', ça va ? »

Sara se tient désormais à côté de moi, les mains dans les poches, elle surveille Kira des yeux, et je les vois pétiller de bonheur quand sa fille nous adresse un signe de la main.

« Ça va oui. Pas le meilleur endroit pour jouer quand on est gosse, uh ?

Elle ricane, et s'assoie à mes côtés.

« Certes, mais je me faisais du souci pour toi, tu es restée toute la journée ici Cosima. »

Je soupire légèrement et hausse les épaules. Il m'importe de rester ici à me les geler, car j'étais avec toi. Soudain, un éclair léopard passe devant moi et s'accroupit devant la stèle grise. Le cœur douloureux j'observe la fillette balayer la neige avec son gant puis elle pose sur ton nom un petit bouquet de fleur quelconque, résistante à l'hiver et à son manteau blanc.

La main de Sara se glisse dans la mienne et je relâche le souffle coincé dans ma poitrine. Les larmes sont là, coincées aux coins de mes yeux, comme si elles avaient peur de tomber de nouveau, comme si le fait de dévaler de nouveau la pente de mes joues les terrifiait, par peur de plus savoir s'arrêter par la suite. Des mains gantées se posent sur mes joues froides et je ferme les paupières, souhaitant silencieusement que tu sois la propriétaire de la prochaine main contre laquelle ma joue ira se poser. Kira me serre de nouveau dans ses bras, murmurant à « Auntie Cosima » de ne pas être triste car elle est sure que tu vas bien.

« Monkey, laisse Cosima respirer tu veux ? Aller, rentre avec nous Cos', c'est à toi de choisir le film en plus ce soir. »

Je rigole, reniflant, essuyant mon visage froid, tentant de réchauffer mon nez gelé puis leur dis de prendre de l'avance, je les rejoins de suite après tout, je dois juste ranger mes affaires. La femme vêtue de noire hoche la tête de nouveau et propose à Kira de faire la course jusqu'à la voiture.

Je les regarde s' éloigner un sourire au coin des lèvres et mon regard tombe de nouveau sur la phrase inachevée.

« C'est la vérité Delphine, quand je laisse mes sentiments se libérer, infusant d'encre le papier, j'ai cet espoir stupide que mes mots te parviennent, où que tu sois. Je ne pense pas guérir un jour tu sais ? La culpabilité, la douleur, l'amour, l'incompréhension, la haine de soi. Non, il y a trop de chose qui rendent la situation insurmontable. Alors je t 'écris, sans arrêter, comme si, à partir du moment où je m'arrêterai mon cœur se détacherai de lui même, tombant lourdement sur le sol, trop lourd d'avoir porté tant de peine en son sein. »

Je soupire et referme le carnet, le fourrant dans mon sac accompagné du thermos de café vide. La couverture une fois pliée et elle aussi rangée, je reste quelque seconde à fixer les lettres d'or, comme si elle allait apparaître par magie. Comme Beetlejuice vous savez ? Cette pensée me fait sourire et je sais qu'elle t'aurait fait rire. De nouveau la sensation d'un regard trouant mes omoplates se fais ressentir mais je ne bouge pas, non, à la place je murmure doucement ton nom, laissant la saveur des mots onduler contre ma langue.

Delphine.

Ma main se pose sur la pierre froide et je ne peux m'empêcher de murmurer « Je dois y aller, mon amour. Mais je te promets que demain je serai là de nouveau. Sois prudente, peut importe l'endroit où tu te trouves. Et ne m'oublie pas. » Je tourne le dos, remonte mon cache col, essayant de plonger mon nez dans l'écharpe imbibée de ton parfum et me dirige à pas rapide vers la voiture de Sara que j'aperçois, garée un peu plus loin devant l'entrée du cimetière.