Bonjour chères (ers?) lectrices (lecteurs?),
Voilà le deuxième chapitre de ma fanfiction! ^^ Je m'étais dit que j'allais le publier seulement demain, mais je n'ai pas pu résiter à la tentation de le mettre tout de suite. Je déteste vous faire attendre! ^_- Les autres chapitres seront probablement publier dans un intervalle de trois ou quatre jours. (Moins, si je suis trop tentée de mettre la suite).
Sur ce, bonne lecture!
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Chapitre 2
Arrivée des nouveaux voisins
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« LILY! Viens ici», s'écria la voix de Pétunia, presque hystérique.
Suite à ces hurlements, la rouquine entendit en arrière-plan les réprimandes de sa maternelle sur sa sœur.
« D'après toi, est-ce important que j'y aille? », demanda la jeune rousse à son père qui était assis à ses côtés.
Les deux s'étaient réfugiés dans le sous-sol pour visionner le Wimbledon sur une petite télévision. En ce samedi après-midi avait lieu la finale féminine entre les sœurs Williams et ils avaient espéré pouvoir observer leur match en paix.
« Tu peux y aller, je te raconterai la fin, se moqua son père.
-C'est trop gentil de ta part », ironisa Lily en se levant du divan.
La rouquine regarda une dernière fois un service de la part de Serena à sa sœur Venus, puis quitta avec regrets le sous-sol. En arrivant au rez-de-chaussée, elle vit son aînée et sa mère observer attentivement quelque chose par la fenêtre.
« Qu'est-ce qu'il y a? questionna l'adolescente en soupirant, vous avez découvert que Madame Primscy suit un nouveau régime? »
Pétunia et Elizabeth Evans étaient particulièrement douées en ce qui avait attrait à l'espionnage du voisinage. Chacune d'entre elles connaissait tous les ragots qui circulaient dans les rues du quartier et en avait même découverts plusieurs elles-mêmes. Pour Lily, tout cela était sans grand intérêt.
« Ne soit pas sotte, rigola Pétunia, tout le monde sait que Madame Primscy ne suit aucun régime!
-Oui, c'était évident, grommela la rouquine.
-Enfin, on voulait te prévenir, car ils arrivent! s'enthousiasma l'adolescente blonde.
-Mais qui ça?
-Les nouveaux voisins, bien sûr!
-Oh…si ce n'est que ça, répondit Lily sur un ton désintéressé, est-ce que je peux retourner regarder le tennis, maintenant?
-Viens, je te dis », ordonna Pétunia en la tirant par le bras à la fenêtre.
La force de la poigne de sa sœur eut pour effet de la propulser vers la vitre. Malheureusement pour Lily, son aînée n'avait pas calculé son coup, car la tête de la rouquine se heurta contre le rebord de la fenêtre.
« Aïe! Mais tu ne pouvais pas faire plus attention! », s'écria de douleur la jeune rousse en se prenant le front dans les mains.
Le choc l'avait un peu étourdie et elle dût prendre quelques secondes avant de sortir de sa confusion. Une brume opaque dans son esprit brouillait les sons qui rugissaient autour d'elle. Lily entendait au loin sa sœur faire ses plates excuses et sa mère les sermonner pour leur manque de vigilance. Comme si elle avait une quelconque faute dans tout cela!
« J'espère que le spectacle en vaut la peine, car je vais certainement finir avec une bosse sur la tête », maugréa la rouquine en observant finalement les nouveaux voisins par la fenêtre.
Un gros camion de déménagement blanc était stationné en face de la maison. Des hommes aux ventres flasques transportaient des meubles bien emballés à l'intérieur de la demeure. Près du camion, une voiture rouge claquante était garée. Lily ne connaissait pas grand-chose aux automobiles, mais à son allure, elle sut que celle-ci devait valoir une petite fortune.
Le premier membre de la famille qu'elle vit fut le père, qui sortait de la maison. Il avait une masse de cheveux bruns sur la tête et des lunettes au bout du nez. L'homme dans la quarantaine arborait une tenue décontractée : un polo bleu poudre et un bermuda noir. Juste après lui suivit un jeune homme qui était sa copie conforme. Sans nul doute, il s'agissait de son fils.
« Ils se ressemblent beaucoup, n'est-ce pas?, chuchota Pétunia comme s'ils pouvaient les entendre.
-Oui, acquiesça Lily en se demandant pourquoi cette information serait supposée l'intéresser.
-Bon, assez d'observation pour moi, s'exclama soudainement leur mère, je dois aller faire un gâteau de bienvenue pour eux. Je vous laisse, mais faites attention pour ne pas vous faire repérer. Ils nous prendraient pour des gens qui espionnent leurs voisins! Quelle mauvaise impression, on donnerait! »
La rouquine dût se retenir pour ne pas faire remarquer à sa mère que cela n'aurait été que la stricte vérité.
« Oh! Voilà l'autre! », s'excita Pétunia d'un ton aigu.
Lily tourna la tête et observa le nouvel arrivé qui était supposé être le deuxième fils. Il était un peu plus grand que son père et son frère. Ses cheveux lisses d'ébènes retombaient parfaitement sur ses oreilles, loin de ressembler aux fouillis des deux autres. Sa peau bronzée ressortait par sa chemise blanche à manches courtes qui mettait en valeur sa carrure d'épaules.
« Il est canon, affirma l'adolescente blonde avec un large sourire.
-Il a peut-être de terribles problèmes d'acné ou une énorme mouche sur le bord de la bouche, mais on ne le voit pas à cette distance, répliqua Lily en haussant les épaules.
-Ce que tu es pessimiste!
-Voyons, Pet! On ne le connaît même pas. Ce n'est pas parce qu'un gars paraît bien à cinquante mètres de distance qu'il est l'homme à marier! De plus, je ne suis pas sûre que maman apprécierait que tu jettes ton dévolu sur un garçon, quelques jours après avoir laissé Pierre-Hugo.
-Peut-être, si c'est pour un bon parti, riposta Pétunia en croisant les bras.
-Oui, bon, je te laisse, fit Lily en abandonnant la tâche de raisonner son aînée J'ai eu ma dose d'espionnage pour aujourd'hui.
-Tu ne veux pas voir la mère?
-Non, je préfère voir si Serena Williams va gagner contre Venus », avoua la rouquine en laissant sa sœur seule dans le salon.
Lily se précipita dans le sous-sol et en arrivant en bas, sauta presque aux côtés de son père.
« Alors, qu'est-ce que j'ai manqué?
-C'est rendu 5-3 pour Serena dans le deuxième set, l'informa son père.
-Elle va gagner, donc j'avais raison, sourit la rouquine.
-Peut-être aujourd'hui, mais demain, Federer ne gagnera pas!
-Oui, il gagnera!
-Non!
-Oui!
-Non!
-Oui!
-Qu'est-ce qui est arrivé à ton front? questionna soudainement son père.
-Tu changes de sujet, parce que tu sais que j'ai raison! », se moqua Lily sans répondre.
Puis, inquiète un peu par son apparence, elle tâta sa tête à l'endroit où le rebord de la fenêtre l'avait frappée. Avec horreur, la rouquine sentit une boursouflure sous ses doigts. Lily s'imagina alors déformée et se jura tout bas de rester cloîtrée dans sa maison jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la tête du bossu de Notre-Dame. Et si sa séquelle était permanente? Oh mon dieu! Elle devrait rester recluse de la société à jamais! Peut-être qu'une église voudrait bien d'elle pour faire sonner ses cloches... Mais non! Aucune adolescente normalement constituée restait défigurée à vie à cause d'un coup sur le bord d'une fenêtre... Et si elle n'était justement pas normalement constituée?
En secouant la tête, la rouquine reprit sa raison et retourna à la réalité. Le coup avait dû être plus fort qu'elle ne l'avait pensé pour que de telles réflexions lui poussent dans les méninges.
« Je suis déformée maintenant! constata la jeune rousse, touchant toujours son enflure.
-Mais qu'est-ce qui t'es arrivée? redemanda son paternel.
-Maman m'a battue, mentit Lily sous un ton théâtral.
-Ah, si c'est juste ça », répondit son père d'un air pince-sans-rire.
Malgré tout le respect qu'elle lui devait, Lily tira la langue à son père et retourna son attention sur la télévision.
Les deux compères restèrent dans le sous-sol jusqu'à la fin du match que Selena Wiliams remporta en deux sets. Ce n'est qu'après s'être attardés un peu sur les commentaires des analystes sportifs qu'ils décidèrent enfin de remonter au rez-de-chaussée. Tout en se chamaillant encore sur le gagnant de la finale du lendemain dans le simple messieurs, le père et sa fille eurent le réflexe de se diriger vers la cuisine d'où provenait un succulent effluve de chocolat. L'arôme s'expliqua à la vue d'Élizabeth qui finissait de glacer un magnifique gâteau au cacao.
À la vue de la pâtisserie et à l'odeur, Lily reconnut une des recettes d'Eileen Prince que Severus lui avait donnée secrètement, car il savait qu'elle l'aimait particulièrement. La rouquine était revenue chez elle en espérant que sa mère refasse le gâteau, mais Élizabeth l'avait sermonnée en lui assurant qu'elle se débrouillait assez bien en cuisine pour s'abstenir des conseils de madame Prince. Lily dut se mordre les joues pour ne pas rappeler ce moment à sa mère.
« Ce qu'il a l'air délicieux! s'exclama Henry Evans avec un regard gourmand.
-Pas touche, il n'est pas pour toi, mon chéri. Je l'ai fait pour les voisins, l'arrêta Élizabeth.
-Dommage », soupira le père des Evans.
Cette fois, Lily ne put s'empêcher de lâcher un léger grognement mécontent. Elle avait consummé l'espoir qu'au moins, le jour où sa mère succomberait aux conseils d'Eileen Prince, elle le ferait pour eux.
« Ce n'est pas grave, Lilou. On aura droit à d'autres desserts, l'apaisa Henry qui ignorait d'où provenait la recette du gâteau.
-Je sais, mais il avait l'air particulièrement bon », avoua la rouquine en fixant sa mère dans les yeux.
Celle-ci lui répondit par une figure pincée qui dissuada Lily de la provoquer plus, sous risque d'explosion.
« Je vais porter le gâteau dans deux petites minutes, est-ce que tu veux m'accompagner, Henry? proposa Élizabeth en souriant à son mari.
-Désolé, j'ai un peu de retard dans un dossier », se défila le père des Evans en prenant soudainement la fuite vers son bureau.
Malheureusement pour la jeune rousse, le regard de sa mère se jeta alors sur elle. Son père n'était qu'un lâche!
« Lil', tu m'accompagneras alors! annonça la femme blonde.
-Suis-je obligée?
-Oui, je n'irai certainement pas là-bas toute seule.
-Mais je suis défigurée, j'ai une bosse sur le front, se plaignit la rouquine en pointant sa blessure de guerre.
-J'ai vu ça. Il faudra que tu mettes de la glace sur cette vilaine boursouflure, mais pour l'instant, tu n'as qu'à la cacher avec une mèche de cheveux.
-Pourquoi tu ne demandes pas à Pétunia plutôt? Elle accepterait, c'est sûr!
-Elle est partie chez une amie pour la soirée.
-D'accord alors », acquiesça finalement Lily en se disant qu'elle ne devrait pas riposter ainsi contre sa mère. Il était écrit quelque part dans le ciel que de toute façon, Élizabeth Evans arriverait à ses fins.
L'adolescente aux yeux verts monta l'escalier pour aller dans sa chambre. Elle défit son chignon et tenta de le refaire en laissant des mèches qui cacheraient son ignoble bosse. La seule solution que Lily trouva fut de mettre tous ses cheveux vis-à-vis son visage, mais elle se dit que sa mère n'approuverait probablement pas le côté esthétique de la chose, donc elle abandonna cette option.
Sa boursoufflure était trop large et grande pour pouvoir être cachée par une quelconque coiffure. Avec une telle tête, elle ferait fuir ses nouveaux voisins dès le premier regard. La rouquine décida finalement de prendre sa casquette blanche qu'elle utilisait pour le tennis. Elle enfonça le chapeau profondément sur sa tête jusqu'aux sourcils et laissa sortir son chignon à l'arrière.
Enfin prête, elle descendit les marches où sa mère l'attendait.
« Tu trouves que c'est présentable une casquette?
-Désolée, je n'ai rien trouvé d'autres pour cacher ma blessure, tu ne voudrais tout de même pas que les voisins pensent que je me fais battre? demanda Lily d'un air faussement scandalisé.
-D'accord, on va faire avec la casquette. », se résigna Élizabeth.
La mère et la fille sortirent de leur maison et se dirigèrent vers la demeure voisine. Le camion blanc était parti pour ne laisser plus que l'automobile rouge. La bâtisse possédait deux garages qui devaient cacher également des voitures aussi luxueuses. Durant le chemin, Lily commença à pratiquer son faux sourire diplomatique, celui que sa mère lui avait appris. Ce masque devenait éminement utile à cet instant, car la rouquine bouillonnait intérieurement de devoir laisser le gâteau d'Eileen Prince à des inconnus.
Arrivées au seuil de la porte, Élizabeth appuya sur la sonnette et elles entendirent le carillon résonner dans la demeure. Une femme dans la quarantaine aux cheveux bruns retenus dans une queue de cheval vint répondre. Elle avait un magnifique visage en forme de cœur décoré de deux grands yeux bleus.
« Bonjour, nous sommes vos nouveaux voisins et nous avons pensé vous offrir un petit cadeau de bienvenue pour votre arrivée dans le quartier, se présenta poliment sa mère en affichant un adorable sourire plastique.
-C'est trop gentil! Merci! », s'enthousiasma la femme brune en prenant le gâteau que lui tendait sa nouvelle voisine.
Le regard de Lily suivit désespéremment le mouvement de la pâtisserie qui quittait les mains de sa mère vers celles d'une inconnue.
« Alors, je me présente : Élizabeth Evans, avança cette dernière en tendant la main, Voici ma fille, Lily. J'ai également une autre fille plus âgée qui est sortie et un mari un peu trop occupé dans son travail. »
Au lieu de serrer la main d'Élizabeth tout simplement, la femme aux yeux bleus avança vers ses nouvelles voisines pour leur faire la bise. À la mine surprise qu'afficha sa mère, Lily ne put s'empêcher d'arborer un sourire moqueur, un vrai cette fois. Cela eut pour effet de lui faire oublier un moment la perte de son gâteau adoré.
« Moi, c'est Isabelle Potter et si vous voulez, je vais tenter de vous présenter le reste de la famille. Allez, rentrez! », leur proposa la dame.
Élizabeth et Lily acceptèrent sans hésiter et suivirent Isabelle qui les conduisit à la cuisine où cette dernière déposa la pâtisserie au chocolat. La rouquine ordonna à cet instant à tous les neurones de son esprit de trouver un plan pour dérober le gâteau sans que personne ne s'en aperçoive. Malencontreusement, elle se confronta à leur flagrant manque d'ingéniosité. Cacher la pâtisserie derrière son dos lorsque les yeux des femmes seraient ailleurs n'était certainement pas un acte subtil à accomplir.
Dans la maison des Potter traînaient des boîtes de carton un peu partout et des meubles encore emballés, mais la jeune rousse put tout de même remarquer que c'était une demeure spacieuse et éclairée. Madame Potter sortit un instant de la cuisine et interpella les autres :
« James et Sirius, descendez en bas! Logan, viens ici! »
Il y eut un petit silence mort suite à ses cris, puis un troupeau sembla descendre du deuxième étage. Le deuxième membre de la famille des Potter que la jeune rousse vit de proche fut un grand chien noir qui se précipita sur elle pour lui renifler les genoux.
« Patmol, calme-toi! », ordonna le jeune homme à lunettes que Lily avait observé de la fenêtre.
Il avait les cheveux chocolat pêle-mêle sur la tête et les mêmes grands yeux que sa mère dont la couleur bleue ressortait sous de grands sourcils broussailleux. Son visage finissait en une mâchoire carrée où reposait une large bouche. Le trait entre sa tête et son cou était finement découpé, ce qui apportait une sorte d'élégance à sa figure.
Le labrador n'obéit nullement aux ordres de son maître et continua de s'intéresser à la rouquine qui le caressait gentiment sur le dessus du crâne. Elle espérait qu'ils n'oseraient pas gaspiller son gâteau au chocolat pour en offrir à ce joli chien, quoique Lily n'était pas certaine elle-même qu'elle résisterait à ses grands yeux noisette.
Juste après l'entrée du garçon à lunette suivit un adolescent au teint mat et aux yeux gris que Lily identifia comme l'adolescent sur lequel sa sœur fantasmait plus tôt dans la journée. La rouquine se dit qu'elle pourrait bien lui inventer un énorme problème d'acné quand elle en reparlerait à Pétunia. Même si la vérité était que le jeune homme avait à peine deux ou trois traces de rougeurs sur le visage, cela serait un peu plus amusant à raconter.
Tout de suite après l'arrivé du deuxième fils, arriva le père de la famille. Étrangement, il était la copie conforme de son premier fils, mais ne ressemblait nullement au deuxième.
« Alors, les garçons, je vous présente vos nouvelles voisines qui habitent dans la résidence en face. Voici Élizabeth Evans et sa fille, Lily. »
À son nom, la rouquine baissa les yeux mal à l'aise et enfonça un peu plus sa casquette sur sa tête. En plus d'exécrer être le centre d'attention, elle voulait qu'aucun ne puisse remarquer la bosse obulente qui dépassait de son crâne. Elle sentit les regards des garçons la dévisager des orteils à la racine de cheveux.
« Lily, Élizabeth, voici mon mari, Logan, mon fils, James et son ami, Sirius. »
Gardant sa surprise au fond d'elle, Lily se contenta d'afficher un large sourire fendu jusqu'aux oreilles. Finalement, la rouquine pourrait ramener une nouvelle qui troublerait encore plus sa sœur qu'un problème d'acné : James et Sirius n'étaient pas du tout frères... Du coin de l'œil, elle regarda sa mère qui arbora un subtil rictus crispé, car Élizabeth était arrivée à la même conclusion que Lily. La rouquine oublia instantanément la pâtisserie au cacao, ses pensées étant occupées à une idée beaucoup plus intéressante.
« Enfin, on ne va pas vous déranger plus longtemps. Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Si vous avez besoin de quoique ce soit, vous pouvez venir nous rendre visite, émit la mère de la jeune rousse.
-Merci, Élizabeth. »
Isabelle les reconduit à la porte et en passant devant les garçons, Lily ne put s'empêcher des les observer sous un regard amusé qu'ils ne semblèrent pas comprendre. Au seuil de la porte, madame Potter les convia à un souper avec le reste de leur famille le lendemain. Évidemment, Élizabeth ne put refuser l'invitation.
« Maman, on va manquer la fin du match de la finale du Wimbledon!, se plaignit la rouquine une fois à l'extérieur.
-C'est le dernier de mes soucis, ma chère. On ne refuse pas des invitations sous des excuses aussi futiles! »
Lily soupira en se disant qu'avec chance, elle ne manquerait peut-être qu'une petite partie de la fin.
« Au fait, est-ce que tu crois que James et Sirius sont…? », demanda la rouquine en laissant en suspense sa question.
Pour toute réponse, sa mère lui lança un regard choqué.
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« Ils sont gais.
-QUOI?! Mais c'est impossible!
-Toutes les preuves sont là. La mère a dit qu'ils étaient « amis » et même que maman m'a avoué qu'elle a vu un léger air embarrassé sur Sirius quand madame Potter nous l'a dit. De plus, Sirius est tout le temps rendu chez eux.
-Oh mon dieu! Je n'arrive pas à y croire! C'est si injuste!
-Allons, ce n'est pas comme si ta vie s'effondrait pour si peu!
-Presque…Tu n'y comprends rien, affirma Pétunia d'un air désespéré en s'effondrant sur son lit.
-Il faudra que tu t'en remettes, car on va dîner avec eux ce soir, annonça Lily appuyée contre le cadre de porte de la chambre de son aînée.
-Comment est-ce que je vais faire ça?
-Mais qu'est-ce qui te bouleverse tant?
-J'aime un gars qui m'est inaccessible, il me semble que c'est facile à comprendre, s'emporta l'adolescente blonde.
-Tu n'exagères pas un peu en utilisant le verbe « aimer » pour un gars que tu n'as vu qu'à une cinquantaine de mètres? », interrogea Lily sur un ton mi-agacé, mi-amusé.
En affichant un air boudeur, Pétunia ramena ses genoux près d'elle et croisa les bras.
« Non, affirma-t-elle comme une gamine.
-Pet'…
-J'ai dit non!
-Allez, Pétunia! », insista Lily en s'approchant de sa sœur.
La rouquine mordait ses joues pour ne pas échapper le rire qui chatouillait sa gorge. La mine renfrognée de son aînée se fendilla légèrement pour laisser apparaître un mince rictus sur ses lèvres, puis la fuite s'agrandit lâchant un large sourire. La jeune rousse ne pouvant plus se retenir partit à rire et fut rapidement suivit par Pétunia.
« L'amour, hein? se moqua Lily.
-Bon, j'ai peut-être un peu exagéré », haleta la jeune blonde entre deux pouffements.
Pour toute réponse, la rouquine lui envoya un coussin en pleine figure. Offusquée, Pétunia se vengea en prenant un oreiller dans ses mains et le lança sur sa sœur. S'en suivit une bataille de polochons qui ne s'arrêta que lorsqu'elles entendirent un raclement de gorge sévère d'une personne se tenant au seuil de la porte. Se figeant comme des statues, les deux sœurs, apeurées tournèrent lentement leur tête vers l'entrée de la chambre. À leur soulagement, les adolescentes virent que leur père les jaugeait d'un regard amusé.
« Belle bataille, les filles! ria-t-il.
-Merci, papa, répondit Pétunia encore un peu crispée par la peur que lui avait causé son paternel.
-Lily, je suis venu te prévenir que le match vient de commencer.
-Déjà! Je n'ai pas vu le temps passé », s'écria la rouquine en se précipitant vers la sortie de la chambre.
À toute vitesse, Lily traversa le couloir et s'engagea rapidement dans l'escalier dans le but de le dévaler. Malencontreusement, à la marche du milieu, son pied glissa et elle perdit l'équilibre. La tête de la jeune rousse revola contre la rampe et l'adolescente descendit le reste de l'escalier sur le derrière.
« LILY! », s'écria son père inquiet.
Un peu assommée, la rouquine était plus ou moins en état de répondre. Les nerfs de ses fesses envoyaient des signaux d'alarme de douleur intense aux systèmes nerveux de son cerveau. Elle sentit un liquide chaud couler sur son menton. En passant sa langue sur ses lèvres, Lily goûta la saveur métallique de son sang. Soudainement, la figure de son père apparut devant elle, suivie de celle sa sœur et sa mère
« Est-ce que ça va? demanda cette dernière.
-À part quelques bleus sur le derrière, un esprit étourdi et une lèvre fendue, je devrais m'en sortir saine et sauve, affirma la jeune rousse d'une voix sarcastique.
-Tu vas être jolie pour les Potter ce soir, se moqua Pétunia.
-Oh non! C'est vrai! », réalisa la rouquine horrifiée.
En plus de la boursouflure toujours présente sur sa tête, elle avait maintenant droit à une belle lèvre fendue. Maintenant, la rouquine était certaine d'une chose: elle finirait ses jours dans une église à faire sonner les cloches comme Quasimodo. Lily se retourna d'un air piteux vers sa mère :
« S'il te plaît, maman, ne m'oblige pas à y aller.
-Non, désolée, jeune fille, mais c'est sans excuse. Tu te maquilleras pour arranger tout ça. »
Alors que sa mère lui tournait le dos pour repartir à ses occupations, la rouquine grogna de mécontentement.
« Tu peux descendre regarder le match, je vais aller te chercher une compresse froide pour ta blessure », lui suggéra son père.
Le remerciant, Lily se releva et se dirigea vers le sous-sol tout en montrant plus de prudence lors de la descente de l'escalier.
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« Federer se défend bien quand même.
-Il tire de la patte, tu veux dire », répliqua Henry Evans en glissant un sourire moqueur vers sa fille.
Pour toute réponse, il eut droit à une grimace et un regard noir. À cet instant, ils entendirent des pas dans l'escalier du sous-sol et virent quelques secondes après, Élizabeth qui apparut sur le bas des marches.
« Aucun de vous n'est prêt pour le souper chez nos nouveaux voisins, je suppose, leur reprocha la femme blonde.
-Mais il y a la finale… tenta Lily, mais elle fut interrompue.
-Ce n'est pas une excuse, allez-vous préparer! », ordonna Élizabeth.
En gardant toutes ses plaintes à l'intérieur, la rouquine obéit docilement. Son père la suivait avec le même enthousiasme chancelant.
« On aurait dû se barricader dans le sous-sol, lui chuchota Henry pour que sa femme ne l'entende pas.
-Ou donner des somnifères à maman le temps de la partie », suggéra Lily
Les deux partirent à rire sous le regard soupçonneux d'Élizabeth.
« J'ai parfois l'impression que je suis la seule adulte, ici! », marmonna la femme pour elle.
Lily se dirigea vers la chambre de sa sœur, car elle n'avait aucune idée de la façon qu'elle pourrait s'arranger pour ne pas ressembler à une estropiée du visage.
« Pet'! J'ai besoin de ton aide. », clama la rouquine d'un air désespéré.
Sa sœur qui était entrain de fouiller dans sa garde-robe se retourna vers sa cadette avec deux robes d'été à la main.
« D'accord, mais j'ai besoin de ton avis avant, lui demanda Pétunia en lui montrant les deux morceaux de vêtements, laquelle est-ce que tu préfères? »
La première avec son bleu tropique et ses imprimées fleuries rouges s'imaginait portée par une vacancière en croisière. L'autre était d'un blanc immaculé et tenait par des fines bretelles.
« J'aime mieux la blanche, la bleue est un peu trop extravagante à mon goût, avoua Lily.
-Tu as raison, je suis mieux avec quelque chose de neutre. C'est toujours mieux la première fois qu'on rencontre des gens, approuva l'aînée des Evans en lançant la robe d'été bleu dans le fond de son garde-robe.
-Est-ce que tu peux m'aider maintenant? », questionna Lily, suppliante.
-Eh bien, c'est que… »
Sa sœur s'approcha de sa commode et prit d'une main son fer à friser. En tournant une mèche de ses cheveux, Pétunia se retourna vers la jeune rousse d'un air hésitant.
« Je voulais friser mes cheveux pour le dîner, mais je n'aurai jamais le temps de me préparer et t'aider en plus, déclara la jeune blonde d'une petite voix innocente.
-Je vais te les coiffer, ça ira plus vite. Comme ça, tu pourras m'aider, proposa Lily.
-Tu ferais ça?
-Bien sûr, Pet' », acquiesça la cadette des Evans avec gentillesse.
Une fois que les cheveux de blé de Pétunia furent bouclés, tombant joliment sur ses épaules, Lily eut enfin droit à l'aide de sa sœur.
« Assis-toi sur cette chaise. Je vais m'occuper de toi », ordonna la jeune blonde.
Au même moment où la rouquine obéit, Élizabeth rentra dans la chambre.
« Vous n'êtes pas encore prête! On part dans cinq minutes!
-Ne t'en fais pas, maman. Il ne me reste qu'à enfiler ma robe, la rassura Pétunia.
-Et moi, à me coiffer, me maquiller et m'habiller, ajouta la rouquine en ponctuant sa phrase d'un sourire innocent.
-Lily! Il n'est pas question qu'on soit en retard, alors il serait mieux pour toi que tu sois fin prête quand je reviendrai. » gronda leur mère avant de quitter la pièce.
Pétunia sortit quelques outils de sa trousse de beauté et entama de maquiller sa cadette. Elle commença par un fond de teint en insistant sur les blessures de la rouquine, puis continua en appliquant du mascara sur ses yeux.
« Cesse de cligner des paupières, s'il te plaît, commanda la jeune blonde.
-Je veux bien, mais je n'y arrive pas, répondit Lily, pourquoi est-ce que tu touches à mes yeux de toute façon? C'est seulement mes boursouflures que je voulais que tu caches.
-C'est pour porter l'attention des regards vers autre chose que tes blessures justement.
-Si tu le dis », soupira la rouquine qui ne se maquillait que dans des rares occasions.
Après avoir fini de poser un brillant sur ses lèvres, l'aînée des Evans se recula et regarda son œuvre d'un air satisfait. La rouquine se retourna vers la glace et fut soulagée de voir que sa lèvre fendue se remarquait à peine maintenant. Par contre, sa figure possédait encore un problème de renflement anormal.
« Merci Pétunia! Mais qu'est-ce qu'on fait pour ma bosse? », se désespéra Lily en passant ses doigts sur la boursouflure de son front encore bien apparente.
La jeune blonde ouvrit un de ses tiroirs et en sortit un large bandeau bleu.
« Mets ça dans tes cheveux, ça devrait aller.
-Merci Pét'! C'est une idée géniale! s'enthousiasma la rouquine en prenant l'accessoire que sa sœur lui tendait.
-Je sais, mais va te changer maintenant. Maman va nous appeler dans une minute et je dois enfiler ma robe. »
La rouquine se précipita dans sa chambre, tout en faisant attention pour ne pas trébucher dans ses propres pieds et subir une troisième séquelle. Ni son visage, ni sa dignité ne survivrait à une autre chute. Elle enfila le premier haut bleu qui lui tomba sous la main et compléta son ensemble avec un bermuda propre de couleur noire.
« Pétunia! Lily! Il faut y aller maintenant! », cria leur mère au rez-de-chaussée.
