Disclaimer : toujours à J.K.R, snif...
Bon, je vais faire court, promis! Pourriez-vous me donner votre avis s'il vous plaît? Si vous avez cette histoire en alerte/favori, c'est que vous l'aimez, non? Alors dites-moi pourquoi! De même si vous avez des questions/suggestions/envies particulières pour la suite, je suis ouverte! =3
Allez, bonne lecture, et mille bisous à ceux qui lisent cette fic'!
Virgo'
Don't hide we're lovin you
CHAPITRE DEUX
Il était huit heures en ce samedi matin quand un jeune homme brun s'extirpa en râlant de ses couettes. Bon sang, la semaine était passée beaucoup trop vite… Pas tout à fait réveillé, il se dirigea vers sa salle de bain et se glissa dans l'espace réservé à la douche – il ne dormait pas habillé. Celle-ci n'avait pas de parois, quiconque entrait dans la pièce pouvait voir la personne qui se trouvait sous le jet. Harry trouvait que cela ajoutait un certain charme au simple fait de se laver. Il fit couler le liquide délicieusement chaud, et ferma les yeux, se remémorant les derniers jours. Dès le mardi matin, ses disputes avec Drago avaient repris, mais lorsqu'ils se frappaient, leurs mains s'égaraient parfois, « accidentellement », discrètement. En public, Théo restait aussi silencieux que d'habitude, tandis que ses regards perçants semblaient avoir encore pris en intensité. La journée, s'ils se croisaient tous trois simplement, l'apparente tension qui électrisait alors l'air était en réalité une impatience et un désir communs qui entraient en écho. Mais cela, eux seuls pouvaient le sentir et le comprendre. La nuit, Théo s'était mystérieusement mis à accompagner le blond dans ses rondes, mais le Survivant ne croisait jamais les deux en même temps. Ils profitaient de cette intimité nocturne pour lui glisser quelques mots sulfureux au creux de l'oreille, ou lui adresser un geste sensuel et excitant, quand ce n'était une caresse volée éhontément. Et le Gryffondor n'était pas en reste, véritable ange de la tentation luxurieuse, splendide sous la bénédiction lunaire. Ainsi, ils avaient passé quatre jours à se guetter, se traquer, se chasser, s'attraper pour le plaisir de relâcher sa proie après avoir brièvement joué avec, la partie devait continuer quoi qu'il advienne. Ces quatre jours avaient été exquis pour chacun des trois sorciers, et maintenant, Harry désirait entamer la dernière étape.
Il se sécha en repensant au contact électrisant de la main de Théo passée une nuit sous sa chemise, au détour d'un couloir, ou aux frissons que lui procuraient les paroles explicites de Drago. Il passa ses sous-vêtements, puis un pantalon de toile noir parfaitement ajusté, et une chemise vert émeraude impeccablement harmonisée avec ses iris captivants. Il défit les trois premiers boutons, ébouriffa avec précision ses cheveux de jais, et compléta le tout avec des chaussures noires impeccablement cirées et plus que confortables. Il s'observa quelques instants dans le miroir, puis partit en direction de la Grande Salle avant d'être tenté de tout changer.
Celle-ci était étonnement vide quand l'on savait qu'il était déjà neuf heures, mais l'orphelin n'allait sûrement pas s'en plaindre. Il s'assit distraitement à sa place habituelle, au beau milieu de la table des Gryffondors, et se prépara une tartine à la confiture de mirabelles sans vraiment regarder ce qu'il faisait. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas deux regards posés sur lui, le scrutant attentivement. Il avait des sujets d'inquiétude bien plus importants. La journée allait être éprouvante, il le pressentait, la vigilance serait de mise plus que jamais. Surtout que le stress risquait d'altérer le contrôle qu'il avait réussi à établir jusqu'ici. Non, ils ne devaient le savoir à aucun prix, et Drago le dernier. Il le mépriserait plus que tout s'il savait qu'Harry n'était pas seulement un sang-mêlé. Les sang-purs attachés aux anciennes valeurs, et les Malefoy plus qu'aucune autre famille, haïssaient profondément tout ce qui n'était pas humain. Ils haïssaient tout ce qui n'appartenait pas à leur monde d'aristocratie au sang pur, tous ceux qui ne tenaient pas dignement leur rang social – en résumé, ils détestaient beaucoup de monde. Et le Survivant faisait partie de ce monde honni, mais il refusait que le blond apprenne à quel point il aurait raison de le rejeter. Après tout, il ne pouvait même pas prétendre complètement au titre d'humain. Peu importe où il regardait, son existence n'avait aucune valeur. Lentement, il s'enlisait dans la mélancolie, si coutumière maintenant.
(~)
De l'autre côté, le blond en question fulminait.
- - Regarde-le, Théo ! Il n'a même pas daigné s'apercevoir de notre présence ! Je suis sûr qu'il pense à quelqu'un d'autre. Cet effronté joue avec nous à la manière des Serpentards, et il se permet de nous ignorer le jour de notre rendez-vous ! Si je trouve qui a osé nous remplacer dans son esprit, je jure qu'il souhaitera mourir plutôt que d'endurer plus longtemps ce que je lui ferai subir.
Drago Malefoy, dans toute la splendeur de sa rage mal contenue, était vraiment terrifiant. Personne n'aurait été assez fou pour l'approcher avant qu'il ne se fut calmé. Cependant, Théodore Nott n'était pas un illustre anonyme, il avait l'habitude des colères noires de son ami et savait comment les calmer.
- - Drago, écoute-moi, fit-il d'un ton sans appel. Harry n'a que nous en tête, j'en suis certain. Je suis même prêt à parier qu'il n'a pas eu d'amant depuis quelques temps. Regarde, où sont Granger et la belette ? D'ordinaire, ils ne le quittent pas. Et là, il a réussi à se séparer d'eux, probablement jusqu'à ce soir ! Il me semble évident que s'il est aussi perdu dans ses réflexions, c'est qu'il pense à aujourd'hui. Bien que réfléchir avant d'agir ne soit pas très Gryffondor, je te l'accorde.
- - Harry n'est pas uniquement Gryffondor, marmonna le blond. Et j'espère que sa solitude inhabituelle témoigne bien de son anxiété quant à notre journée au village.
Théo sourit, il avait gagné. Mais il n'en avait pas terminé avec lui.
- -Au fait, dis-moi, comment appréhendes-tu la soirée qui découlera probablement de cette sortie ?
Une légère teinte carmine prit place sur les joues de Drago - il savait se maîtriser en toutes circonstances, un Malefoy ne rougit pas.
- - Disons que je suis vaguement anxieux, je n'aime pas trop être le seul à ne pas avoir les cartes en main.
Si l'on savait lire entre les lignes, il devenait possible de comprendre qu'il était en réalité aux limites de la panique. Il avait un petit côté touchant comme ceci, alors qu'il était réputé pour être l'un des plus grands coureurs de Poudlard, garçons et filles confondus. Alors que le jeune homme châtain allait rétorquer quelque chose de taquin et un brin mesquin, ils virent l'orphelin se lever et sortir en fixant le sol, les empêchant ainsi inconsciemment d'intercepter la lueur de détresse dans ses yeux. Ils finirent tranquillement leur petit déjeuner et partirent à leur tour quelques minutes plus tard, arrivant à l'heure exacte devant les grandes portes. Harry se tenait là, contre le mur, une jambe relevée pour s'y appuyer et les bras croisés. Il mordillait sa lèvre inférieure d'un air angoissé, comme s'il cherchait la solution à un problème dont l'issue serait forcément désastreuse. Entendant des pas s'approcher, il releva la tête, et un sourire sincère vint réchauffer ses traits assombris par l'inquiétude.
Intérieurement, le blond pesta, le regard du Survivant était toujours aussi indéchiffrable. Dans chacun de ses calculs, il était la marge d'erreur, la possibilité d'un échec, le détail imprévisible. Il ne pouvait pas prédire ce que ferait, dirait ou penserait le brun, et ceci l'énervait au plus haut point. Un Malefoy ne se laisse jamais surprendre, surtout pas par un spécimen de Potter aux yeux verts. Cette journée allait mettre ses capacités de manipulation à rude épreuve…
- - Bonjour, sourit le spécimen en question. A l'heure pile, de vrais Serpentards...
Ils prirent le chemin menant au village, tandis que ses compagnons répliquaient, amusés.
- - Et toi en avance, le courage des Gryffondors qui se manifeste de nouveau ?
- - Non, j'aime être dehors pour réfléchir. A vrai dire, je commence à me demander si je ne vais pas passer mes nuits dans le parc de l'école, murmura-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.
Théo et Drago se regardèrent, intrigués. Alors comme ça, le Survivant avait des soucis ? Ils lui arracheraient la vérité, quoi qu'il en coûte.
Ils marchaient dans un silence confortable, personne ne savait quoi dire, pourtant ils se sentaient bien. Cependant, les vert et argent voyaient bien que le troisième était tendu et légèrement nerveux. Sans qu'aucun n'ait prononcé un mot, ils arrivèrent à l'entrée de Pré-au-lard. Ce fut Théo qui prit la parole, faisant sursauter les deux autres.
- - Alors, où va-t-on ? Quelqu'un a des choses à acheter, ou on se contente de buller au soleil ?
Le terme familier leur tira un sourire, Harry sembla se détendre un peu. Il était avec ses deux amours après tout, et il savait gérer correctement ses émotions, aucun accident ne devrait survenir. Car s'il s'avérait que son secret fut découvert, il n'oserait jamais plus mettre les pieds dans le monde magique. Certains regards ne peuvent être affrontés, même avec toute la vaillance de Godric Gryffondor en personne.
- - Eh bien, commença-t-il, j'aurais besoin d'aller à la librairie, j'ai une quantité de livre non négligeable à trouver. Je comptais aussi aller faire un tour chez l'apothicaire, puis aller chercher quelques fournitures dont je commence à manquer. Oh, et j'ai un colis à aller récupérer aussi.
- - Pour notre part, nous n'avons rien de particulier à faire. Nous te suivons, rétorqua Drago, surpris malgré lui par la liste de tâche énoncée.
Ils commencèrent donc par la boutique Fleury et Bott. Aussitôt entré, Harry se dirigea vers le fond de la boutique, puis fouilla plusieurs minutes avant de retirer cinq volumes reliés de cuir des rayonnages. Il changea ensuite d'allée, et en récupéra trois autres, avant de les confier à l'homme derrière le comptoir, qui d'ailleurs semblait bien le connaître. Ils échangèrent quelques mots, puis le propriétaire des lieux ouvrit une petite porte derrière lui, laissant au rouge et or la place de passer. Les Serpentards savaient ce qui s'y trouvait, l'arrière-salle n'était pas ouverte à n'importe qui. Leur camarade devait être un client régulier et connaisseur pour avoir accès aux livres qui y étaient rangés. Ceux-ci étaient réservés aux magiciens de haut niveau, avertis quant aux domaines ciblés par les ouvrages qu'ils désiraient. Magie noire, poisons et potions mortelles, enchantements et maléfices, métamorphose, traités sur les créatures magiques… ces lectures n'étaient absolument pas à prendre à la légère. Il revint avec huit nouveaux volumes dans les bras, et paya tous ceux qu'il avait choisis, avant de les miniaturiser pour les ranger dans son sac noir en bandoulière. Les deux autres étaient impressionnés, seize livres, dont certains de la salle privée… ils ne le savaient pas aussi grand lecteur. S'il avait de tels ouvrages en sa possession, mieux valait éviter de le contrarier. Un Harry Potter furieux versé en magies sombres, ce ne devait guère être recommandé pour la santé…
- - Vous n'avez rien trouvé de votre côté ? questionna le brun une fois tous trois sortis.
- - Pour ma part, j'ai tout ce qu'il me faut dans ma chambre personnelle, j'y ai fait ajouter une pièce servant de bibliothèque, expliqua Drago.
- - De mon côté, j'ai la réserve de notre Préfet en chef favori à disposition, indiqua Théo avec malice.
Deux rires lui répondirent, et l'ambiance s'allégea considérablement. Petit à petit, Harry oubliait les risques qui pesaient sur lui. Chez l'apothicaire, il stupéfia les deux Serpentards, encore une fois. Il réunissait consciencieusement des tas impressionnants d'herbes, de baies, de racines, de poudres et de graines, semblant les sélectionner avec un grand soin. Les deux autres bouillaient de curiosité quant à ce qu'il en ferait, et comment se faisait-il qu'il fut aussi connaisseur. Toutefois, ils n'étaient pas des Gryffondors impétueux, et savaient maîtriser leur envie de savoir. Ils découvriraient sûrement tout en temps voulu, la patience était salvatrice à bien des égards.
Ensuite, l'orphelin passa recharger son stock en parchemins, bouteilles d'encre, carnets de note vierges, plumes et… fioles de verre. Beaucoup de fioles. Il observait avec fascination la plume de Focifère orange teintée de mordoré qu'il venait de s'offrir, les circonvolutions mouvantes l'hypnotisaient presque. C'est ainsi qu'il rata le regard franchement inquisiteur et débordant d'interrogations muettes que des yeux respectivement bleus et gris lui lançaient.
(~)
Harry avait fini ses achats, et l'heure du déjeuner était déjà largement passée, aussi se dirigèrent-ils vers un petit restaurant que Drago considérait comme « pas trop mal pour un village de ce genre ». Il ne perdait jamais sa vision aristocratique du monde, et cela amusait énormément le rouge et or. Ils choisirent une table en retrait, relativement abritée des regards étrangers, et s'installèrent en bavardant gaiement. Cependant, les Serpentards ne perdaient pas de vue leur volonté de savoir à quoi le Survivant destinait ses dernières acquisitions.
- - Dis-moi Harry, tu as l'intention de te reconvertir en apprenti prince des potions ?
L'interpelé ne put s'empêcher de prendre une légère teinte rouge, il avait fermement espéré qu'ils ne relèveraient pas la nature exacte de ce qu'il s'était procuré. Se sentant pris au piège, il ne sut que répliquer. Théo dû le percevoir, car il reprit la discussion avec humour, comme il savait si bien le faire.
- - Ce n'est pas très Gryffondor comme attitude, tout le monde à Poudlard sait que c'est Drago qui détient ce titre… chercherais-tu à lui voler la vedette ?
- - Oh, non, certainement pas ! A vrai dire, je donnerais tout pour que l'on m'oublie, même quelques heures seulement…
La deuxième phrase, chuchotée tout bas, ne passa pourtant pas inaperçu. Le blond fronça les sourcils, confus.
- - Comment cela ? Tu devrais être ravi, le monde sorcier tout entier n'a d'yeux que pour toi ! Au moindre de tes faits et gestes, tu les as au creux de la main, ils sont tous à tes pieds, tels des chiens affamés rendus dociles par l'attente. Même Merlin ne bénéficie probablement pas d'une telle popularité !
- - Tu es quelqu'un d'exceptionnel, un garçon hors du commun qui ne fait rien comme le reste de l'humanité, renchérit le jeune homme châtain. Beaucoup rêvent d'être aussi admirés que toi, ou au moins d'être autant le centre de l'attention mondiale.
- - Justement, souffla l'orphelin en frissonnant. Je ne suis pas normal, et ce qui n'est pas normal doit disparaître. Je ne devrais même pas être là, assis à discuter avec vous. Je ne devrais pas vivre comme n'importe quel adolescent, ni être à Poudlard comme chez moi.
En disant cela, il s'était mis à frotter ses poignets avec insistance sans pour autant s'en rendre compte. Il avait le regard vague, presque effrayé, les deux autres pouvaient quasiment voir la souffrance pulser dans ses veines tandis que de sombres souvenirs semblaient se rejouer devant ses yeux. Les vert et argent ne comprenaient pas, il avait eu une vie tranquille chez sa famille moldue avant d'intégrer le collège… non ?
- - Harry ? De quoi tu parles ? questionna doucement Théo, sentant que le Gryffondor était soudain beaucoup plus fragile qu'à l'ordinaire. Tu as des ennuis ?
Le concerné secoua tristement la tête, le sujet semblait vraiment douloureux.
- - Disons que les moldus qui m'ont élevé, pas par choix d'ailleurs, ne m'aimaient pas, et je ne peux pas leur en vouloir.
- - Comment ça ?! s'indigna le blond. Tu es le futur héros du monde, sorcier ou non, même si les moldus n'en savent rien ! Enfin, s'ils sont de ta famille, ils doivent bien savoir qui tu es non ?!
- - C'est bien là le problème… je suis un sorcier, et ils exècrent tout ce qui touche de près ou de loin à la magie. Rien qu'en parler les met dans une fureur indescriptible.
Harry ne les regardait plus depuis longtemps, il fixait la table de bois sans parvenir à relever la tête. Ses souvenirs d'enfance, un de ses points faibles. Son abysse personnel, ses ténèbres, le noyau de toutes ses terreurs. A chaque fois qu'il y pensait, il sombrait un peu plus.
- - Harry… que t'ont-ils fait ?
La voix de Drago était étonnamment calme et apaisante, il devait vraiment être secoué par le changement d'attitude soudain du brun. Ils avaient ri ensemble presque toute la matinée, et il y a quelques minutes encore, il souriait. Une simple question qu'ils croyaient inoffensive avait manifestement remué le couteau dans une vieille plaie à peine en voie de cicatrisation.
- - Disons qu'ils ne me considéraient pas comme un membre de leur famille, davantage comme une honte innommable qu'il fallait à tout prix cacher au monde extérieur.
Ses compagnons décidèrent instinctivement que le sujet était clos, et orientèrent la conversation sur quelque chose qui passionnerait à coup sûr le Survivant : le Quidditch.
- - Au fait Harry, lança Théo, tu es un excellent joueur, mais personne ne sait quelle est ton équipe favorite ?
- - Hum, Je parie que ce sont Flaquemare, ou les Pies de Montrose, argua Drago avec une petite moue moqueuse.
- -Quoi ? Ah non ! s'indigna le Gryffondor. Ce n'est pas parce que ces équipes sont parmi les favorites qu'elles ont mon approbation, loin de là.
- - Les Canons alors, comme la Belette ? demanda le blond, au bord de l'éclat de rire.
- - Certainement pas, reprit le brun aussitôt. Personnellement, je suis un fervent admirateur des Ballycastle Bats.
Face aux deux regards interrogateurs qui lui furent adressés, il poursuivit :
- - J'aime beaucoup leur style de vol très acrobatique, ils prennent des risques certes, mais jamais sans une bonne raison. Et leurs joueurs sont super bien synchronisés entre eux. Et puis ils sont deuxièmes de la Ligue d'un point de vue quantitatif. Vingt-sept victoires, c'est pas rien, termina-t-il avec un sourire en coin.
- - Ils sont plutôt doués pour la Tremblante de Woollongong, non ? Je n'ai jamais vu l'équipe de Gryffondor la pratiquer… souleva Théo, dubitatif.
- - C'est normal, les Ballycastle et les Gryffondors sont deux équipes différentes, sourit Harry. La mienne a sa propre technique de jeu, on a chacun nos habitudes et nos préférences, et on apprend à jouer tous ensemble en en prenant compte.
- - Chez les Serpentards, c'est plus le résultat que la coordination générale qui compte. Le but, c'est de mettre les adversaires hors-jeu pour avoir le champ libre ensuite.
- - Théo ! Tu ne veux pas lui raconter toutes nos stratégies en détail tant qu'on y est ?!
Quelques secondes de silence s'écoulèrent, puis un fou rire s'empara simultanément d'eux. Ils étaient bien, tous les trois ensemble, à discuter figures et joueurs de Quidditch, ou encore à médire de leurs chers camarades de Poudlard. Ils revinrent dans la rue principale un peu avant dix-huit heures, et allaient reprendre le chemin du collège, quand le Survivant réalisa qu'il avait omis de faire quelque chose.
- -Merlin ! J'ai totalement oublié d'aller chercher mes paquets ! dit-il tout se tapant le front de sa paume, un air vaguement agacé sur le visage.
- - Ce n'est pas un souci. Vas-y maintenant, puis rejoins-nous à ma chambre de Préfet ! Tu sais où elle se trouve, n'est-ce pas ?
- Effectivement, mais qu'irais-je y faire ? questionna le brun, une innocence sciemment feinte sur le visage.
- - Eh bien, disons que l'on te veut, Harry, susurra Drago à son oreille. Et après cette journée, on ne te laissera pas t'échapper. Cette nuit, tu seras à nous, seulement à nous…
Aussitôt, le garçon aux cheveux de jais se raidit, et il se dégagea violemment.
- - Alors c'est ça que tu espères, hein ? Aujourd'hui, c'était juste un piège, que tu as soigneusement mis en place toute la semaine avec Théo ? Tout ça pour avoir le privilège d'ajouter Harry Potter à ton tableau de chasse ? cracha-t-il, ses yeux émeraude vibrant de haine et de rage. Enfoirés de Serpentards, vous n'êtes même pas foutus de savoir ce que c'est que les sentiments !
Écumant de fureur, il tourna les talons et se dirigea vers la Poste, d'où il ressortit quelques instants plus tard, avant de s'éloigner dans la direction opposée à celle menant à Poudlard. Il n'adressa pas un seul regard aux vert et argent, cloués sur place par la stupeur. Le Préfet ne comprenait pas ce qu'il avait bien pu dire pour susciter une telle réaction. Voyant qu'il ne comptait pas revenir vers eux, ils reprirent lentement le chemin du retour, silencieux.
(~)
Arrivés près des portes de la Grande, ils croisèrent Hermione et Ron. Ceux-ci, sachant avec qui leur ami avait passé son samedi, s'inquiétèrent aussitôt de voir les deux Serpentards seuls, et visiblement perdus. La brune ne leur laissa pas l'occasion de s'échapper.
- - Malefoy ? Où est Harry ? Il devrait être revenu avec vous.
- - Parti… se contenta-t-il de souffler.
- - Comment ça ? Parti où, quand, pourquoi ?
- - 'Mione, intervient le rouquin, on devrait aller en discuter ailleurs.
- - Je lui avais donné rendez-vous dans ma chambre personnelle, allons-y, peut-être qu'il nous y rejoindra plus tard… proposa le blond, qui semblait abattu.
Surprise et inquiète, la jeune femme ne protesta pas et le suivit, vite imitée par Ron. Dès qu'ils furent installé, Théo raconta en vitesse leur journée, jusqu'au moment où Harry s'était rappelé de son passage oublié à la Poste, puis du début de dispute qui avait éclaté, avant que le Gryffondor ne s'enfuie. Hermione avait un mauvais pressentiment.
- - Partons tous les quatre le chercher séparément dans le château. J'espère vraiment qu'il est quelque part… on se retrouve demain matin au petit-déjeuner pour voir s'il est revenu pendant la nuit, si on ne lui met pas la main dessus avant le couvre-feu.
Et d'un commun accord, ils prirent chacun une aile, ainsi qu'une partie de l'extérieur. La tour d'Astronomie, celle des Gryffondors, les serres, le parc, le terrain et les vestiaires de Quidditch, la bibliothèque, la Salle sur Demande, sa chambre de Préfet, chez Hagrid… ils avaient fouillé chaque recoin, chaque salle vide, et il n'était pas là au dîner. Ron avait trouvé la cape d'invisibilité et la carte des Maraudeurs sur le lit tendu de rouge, donc ils n'avaient pas pu le rater : Harry n'était pas du genre à changer d'endroit une fois qu'il en avait élit un pour ruminer tout son saoul. Il n'était pas non plus devant les quartiers de Drago. Finalement, aux alentours de vingt et une heure, Théo proposa d'aller attendre le brun aux yeux verts dans sa chambre. Apparemment, il avait obtenu le mot de passe auprès de la Belette. Le tableau gardant la porte représentait un serpent noir endormi, la tête posée sur son corps enroulé.
- - Serpentard, énonça le jeune homme châtain.
Et la porte s'ouvrit, à la grande stupéfaction du blond. Cependant, les appartements du Survivant étaient vides, complètement déserts. Ils se regardèrent avec angoisse, tandis que la nuit tombait. Aucun doute, Harry Potter avait disparu.
