Bonjour! Voici le 1er chapitre de "Retours en arrière". Je sais que je poste rapidement, mais tant que j'ai de l'inspiration, je préfère entamer l'histoire, et je n'aime pas laisser traîner les chapitres dans mon PC; bref, j'aime poster quand j'ai écris... D'autant plus que je serais très occupée jusqu'à lundi donc rieeeeen d'ici mardi, surement! Bonne lecture!
Chapitre 1 : Traquée.
Hermione déboula dans son appartement et claqua la porte violemment avant de s'y adosser, parcourue de sueurs froides. Elle se laissa glisser lentement jusqu'au sol et fondit en larmes, pourquoi avait-il fallu qu'elle ait un héritage si mirobolant qu'on l'évoque dans la Gazette ? Pensa-t-elle en se prenant la tête dans les mains. Elle ramena ses jambes contre son corps et posa sa tête sur le haut de ses genoux, respirant lentement afin de se reprendre. Elle se dirigea vers son canapé-lit, et s'y écroula.
Satanée Emma, toujours à l'affût du moindre bruit de couloir, pire que Rita Skeeters ! Elle était certaine qu'il ne lui faudrait pas longtemps avant que tout l'Angleterre soit au courant qu'Hermione Granger n'était pas vraiment disparue de la circulation.
Elle ne devait pas laisser la situation aller comme ça. Elle devait se protéger, et pour cela… Elle avait besoin de ses amis. Sur ces paroles qui lui semblaient sensées, la jeune sorcière sombra dans un sommeil sans rêve.
Le matin suivant, Hermione se leva lentement et se dirigea vers le miroir de sa salle à manger, en y avisant son reflet, elle recula d'un pas. Elle avait tellement changé, depuis toutes ces années où elle avait pris l'identité et les traits de Victoria. Son visage s'était émacié, ses traits s'étaient durcis et son regard semblait plus sombre. Ses longs cheveux ébouriffés avaient faits place à une jolie petite coupe garçonne qui mettait son cou gracieux en valeur. Elle y passa la main, en s'observant sous tous les angles. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas vraiment vue ? Depuis combien de temps avait-elle interdit à son véritable reflet de lui renvoyer son visage torturé par les souvenirs ? Elle toucha lentement ses lèvres, puis son nez, et son cœur se serra.
Que devait-elle faire ? Si ses amis avaient découvert la vérité, d'autres ne tarderaient pas à faire le lien ! Comment avait-elle pu être aussi bête ! Bête de croire qu'elle pourrait tranquillement vivre le reste de son existence dans la peau d'une autre… C'est vrai, qu'au début, certaines personnes avaient eu des petits doutes, lui affirmant à quel point elle ressemblait à « Hermione Granger, l'héroïne perdue de la Grande Guerre » ! Victoria leur avait toujours répondu que le compliment la touchait énormément et les en remerciait chaleureusement. Sereine.
Mais après cinq ans, cinq ans durant lesquels le visage familier et chaleureux d'Hermione Granger s'était peu à peu effacé de leurs esprits, une photo telle que celle de la Gazette allait raviver les doutes chez les uns, et chez les autres. Elle se pinça le nez et décida qu'elle devait - urgemment - prendre une décision.
Elle se dirigea vers la salle de bain et se débarrassa des vêtements trop serrés de Victoria, qui était définitivement plus petite qu'elle avant de se glisser sous le jet d'eau tiède. Elle passa doucement ses mains sur son corps, pas celui de Victoria, non, le sien. Sa poitrine, ses hanches, son ventre… Tant que formes qu'elle s'était forcée à oublier, remplacée par celles plus plates de Victoria.
Elle sursauta quand la sonnette de son appartement retenti et sorti rapidement de la douche, enroulée dans un serviette de bain.
Prudente, elle regarda part le judas.
« - Qui est là ? demanda-t-elle, ne reconnaissant pas la femme devant sa porte.
- Skeeter. Mia Skeeter, journaliste à la Gazette du Sorcier, répondit la femme alors qu'Hermione reculait de la porte horrifiée. Je cherche Victoria Moor.
- Elle n'est pas là ! cria Hermione à travers la porte. Revenez plus tard ! »
La sonnette retenti une seconde fois et Hermione cru s'évanouir. Elle était piégée !
« - Revenez plus tard, Madame Skeeter, répété Hermione, le cœur affolé.
- Mademoiselle Skeeter, je vous prie.
- Ecoutez, Mademoiselle Skeeter, prenez votre plume à papotes et BARREZ-VOUS ! cingla Hermione qui perdait patience. »
Le silence lui répondit. Elle attendit quelques minutes puis s'approcha du judas et constata que la sorcière avait disparu.
« - Mais MERDE ! jura-t-elle. M'ont-ils déjà balancée ? Bande de… » Hermione donna un coup de pied rageur dans un pouffe mou qui traînait nonchalamment dans son tout petit salon/chambre.
Hermione retourna sous la douche et y passa de longues minutes, pour calmer sa fureur. Au bout du compte, elle décida qu'il était temps d'avoir une discussion avec ses « amis. »
Après de longues minutes d'hésitation, elle agita sa baguette afin de redevenir Victoria Moor. Elle s'habilla et quitta ses appartements, avec précautions. Avisant que la voie était libre, elle quitta son immeuble et marcha d'un pas vif jusque chez Ornella, jetant des regards furtifs autour d'elle.
Londres s'éveillait lentement en ce samedi matin et elle était certaine qu'elle allait réveiller sa collègue, mais elle avait besoin d'elle. Par chance, elles n'habitaient qu'à quelques pâtés de maisons l'une de l'autre et Hermione atteignit vite le grand immeuble victorien où résidait son amie.
Elle du s'y reprendre quatre reprise avant qu'Ornella réponde à l'interphone d'une voix ensommeillée qui résonnait la dure cuite de la veille.
« - C'est Vicky…, murmura Hermione, incertaine. Ouvre ! »
Le bruit familier de la porte qui se déverrouille rassura Hermione qui s'engouffra dans le hall et monta les trois étages d'un bon pas. Elle les avait tant de fois gravi qu'elle n'avait même plus besoin de s'arrêter entre chaque palier, maintenant. Certaines choses « à la moldue » lui faisait du bien, et monter des escaliers sans user de la magie en faisait partie. Arrivée sur le pas de la porte d'Ornella, elle remarqua que celle-ci avait entrebâillé sa porte, Hermione la poussa doucement et appela.
« - Ornella ?
- Dans la cuisine, Vick'…, répondit-elle tandis qu'Hermione suivait le son de sa voix.
- Hey… salua Hermione, dansant d'un pied sur l'autre, avisant Ornella qui tirait calmement sur sa cigarette, assise à la table de sa cuisine.
- T'en veux une ?
- Ouais, ça me tente bien, là, remercia Hermione en s'emparant du paquet que lui tendait la brune. »
Un silence gêné s'installa entre elles et quand il devint insoutenable, Ornella prit la parole.
« - Je peux pas croire que tu te sois tapée une prof ! Toi ! »
Hermione la regarda en clignant des yeux et sourit à la pensée qu'il n'y avait que ça qui choquait Ornella.
« - C'est tout ce qui te tracasse ? Que je sois sortie des sentiers battus ? demanda Hermione, en recrachant une volute de fumée.
- Non, évidemment que non, marmonna Ornella en croisant les bras sur sa poitrine, les pieds sur une chaise à côté d'elle.
- C'est plus compliqué que ce que tu…Vous, croyez, soupira la Gryffondor, en se levant de sa chaise, incapable de tenir en place.
- Pourquoi t'es-tu sauvée comme une voleuse hier soir ? Il te suffisait de nous expliquer, Vicky ! lui reprocha Ornella.
- Parce que tu crois que c'est simple pour moi ? « Hey, bon ben voilà, Hermione Granger, ne m'en voulez pas de vous avoir menti pendant cinq ans ! ».
- Oui ! Ca aurait été un bon début ! s'exclama la brésilienne en sautant sur ses pieds.
- Evidemment… Tout est toujours si simple avec toi, répondit Hermione en baissant les yeux. »
Ornella s'approcha de sa collège et déposa ses mains sur ses épaules.
« - Ecoute, Emma est une conne ! Une sale petite conne, mais qu'on adore. Tu le savais déjà, non ? lança la brune à Hermione qui haussa les épaules. Tu sais bien que c'est son truc, foutre le bordel…
- Je m'en tape ! Elle m'a foutu dans un sacré merdier oui ! s'excita Hermione avant de tirer nerveusement sur sa clope, ébouriffant ses cheveux de sa main libre. Devine qui s'est pointée devant ma porte à 8h ce matin ? SKEETER ! s'exclama-t-elle sous les yeux ahuri d'Ornella.
- Tu déconnes ? Rita Skeeter ?
- Non, sa fille ! Mia ! C'est super la pire salope médiatique depuis sa harpie de mère, marmonna Hermione.
- Mais… Et elle voulait quoi ? demanda la brune, intriguée.
- Elle me parler, la bonne blague ! Enfin, à ..à Victoria, pas à Hermione… Par Merlin, j'ai l'air d'un schizophrène !
- D'une quoi ? Une schizo, c'est quoi ça ?
- Laisse tomber, soupira Hermione. Quoiqu'il en soit, c'est une sacrée coïncidence, tu ne trouves pas ? demanda la gryffondor en s'accoudant au balcon, l'air frais lui caressant les joues.
- J'avoue… murmura Ornella à ses côtés. Et si tu m'expliquais tout depuis le début ? »
Hermione écrasa sa clope sur la rambarde malgré le regard désapprobateur de la propriétaire des lieux et la balança dans le vide.
« - Tu connais déjà la vérité, 'Nella. Tu venais d'arriver à Londres j'ai quitté Poudlard et que je suis arrivée au Ministère. Creuse, lui intima Hermione en pointant sa boîte crânienne. »
Ornella fronça les sourcils et son regard s'éclaircit soudain.
« - C'est vrai que quand Emma a montré ta photo, enfin… Hermione, enfin toi en Hermione,
- Oui bon, j'ai compris, la coupa Hermione.
- Oui. Donc cette photo me disait vraiment quelque chose et pour cause : j'ai lu ton hommage dans la Gazette et c'était déjà cette photo-là. Terriblement émouvant, d'ailleurs… »
Le regard d'Hermione s'assombrit un peu mais elle invita Ornella à poursuivre.
« - Deux jours après, Hermione Granger était portée disparue. Début septembre, tu débarquais au Ministère, mais tu sais moi, j'ai pas fais gaffe. Je ne me sentais presque pas concernée puisque quand je suis arrivée, la Guerre était finie donc bon, tous ces visages…
- Oui, c'est toi qui m'a sauvée, Nella. Toi et ton « je m'en foutisme » des évènements, ton ignorance. Tu as été ma bouée de sauvetage…, murmura Hermione à son amie visiblement émue. Et maintenant Emma vient de tout gâcher ! Quelle conne ! s'écria Hermione en tapant du point sur la petite table en verre autour de laquelle elles sirotaient leur sangria matinale.
- Calme-toi Vick' … Ou Hermione ? Comment dois-je t'appeler ? J'ai l'impression d'avoir deux personnes en face de moi, c'est très étrange.
- Appelle-moi Victoria, répondit Hermione en désignant l'ensemble de son corps, c'est ainsi que tu me connais non ? »
Ornella acquiesça et son regard se perdit dans la foule londonienne qui se mettait en marche.
« - Et pour l'héritage ? demande la brune.
- Pfff… Il n'est pas à moi, murmura Hermione.
- Tu es sûre ? insista Ornella.
- Evidemment, notre relation était privée, secrète, nous nous cachions, personne n'était au courant et nous…, Hermione s'interrompit brusquement en plaquant une main sur sa bouche. Merlin !
- Quoi, quoi ?! s'enflamma Ornella, à cran.
- Le soir où… Le soir…, balbutia Hermione, le soir où Voldemort nous a attaqué… Un bal avait été donné en l'honneur des diplômés et …
- ET ?
- Minerva m'a dit « Je t'aime. » … Publiquement, acheva Hermione, la mine sombre. »
Ornella agita ses deux mains en laissant échappé un « Ouuuuuuuuuh » réjouis.
« - Arrête ça tout de suite ! s'emballa Hermione, furieuse. Elle est morte, ce soir-là !
- Pardon, souffla Ornella en baissant la tête. Mais… Elle te l'a dit publiquement, Vick'. Tu sais ce que cela veut-dire ? »
Hermione mit quelques secondes avant de répondre et souffla un « oui… » brisé. Elle n'avait pas le choix. La loi magique était claire : elle devait se manifester. Ils la retrouveraient tôt ou tard. Mais pourquoi ne pouvait-elle pas simplement abandonner l'héritage ?
« - N'y pense-même pas, Vick'. Tu sais comment ils sont conservateurs les sorciers ! L'héritage est une tradition. Tu ne peux décemment pas laisser s'envoler en poussière, fumée, ou quoi, un héritage tel que celui de McGonagall ! Sans parler forcément de sa fortune.
- De quoi ? répondit Hermione en tournant la tête vers son amie.
- Elle était directrice adjointe de Poudlard… ce… Ce qui veut dire, enfin ça veut dire… Enfin Hermione, t'as fait ton stage où ?!
- Putain ! s'exclama Hermione en se levant de son siège. »
Le poste de directrice-adjointe lui revenait de droit. Foutues lois sorcières qui n'avaient ni queue ni tête !
« - C'est pour ça, qu'aucun professeur de métamorphose n'a tenu le coup plus d'un an et que le poste de directeur adjoint est sans cesse vacant, s'exclama Ornella, triomphante. Ce château est magique, bon dieu ! Je peux venir avec toi ? S'il te plaiiiiiiit.
- Calme toi, on ne s'emballe pas, l'arrêta tout de suite Hermione. Il nous faut un plan…
- Un plan ? s'enquit Ornella.
- Tu crois que je vais me pointer comme une fleur devant les grilles de Poudlard ? s'étrangla Hermione.
- Moi je l'aurai fait… murmura Ornella, en souriant à Hermione. Un peu de folie, Vicky.
- De folie… Voilà où la folie m'a menée, acheva sombrement Hermione. »
La sonnette retenti et Ornella alla ouvrir sa porte, Hermione sur les talons. Un tonnerre de crépitement ressemblant à des appareils photos figea Hermione sur place.
« - Mademoiselle Moor ! Nous savons que vous êtes-là, voulez-vous répondre à quelques questions ? lança une voix masculine à travers le salon.
- Partez ! siffla Ornella. Elle ne répondra qu'en présence de son avocat !
- Un avocat ! Alors c'est bien vrai ! Il s'agit d'Hermione Granger ? demanda Mia Skeeter, qui l'avait visiblement suivie jusqu'ici.
- Ca suffit ! s'écria Ornella avant de claquer la porte. »
Elle se tourna vers Hermione qui semblait furieuse.
« - Mais t'es conne ou quoi ?! Pourquoi tu leur a parlé d'avocat ?
- Ben euh… Comme dans les films quoi…
- Putain ! Mais c'est pas croyable, quel merdier !
- Bon, Bon. Pas de panique. On va t'en trouver un…
- Je pense que je n'ai plus le choix, répondit Hermione qui imaginait déjà les choux gras demain dans la Gazette. »
A suivre…
Reviews!
