Chapitre 2 - Marquée


Au Manoir Malfoy, Lucius se trouvait dans son bureau, en train de consulter des papiers. Il semblait en pleine réflexion sur un dossier, des plus épineux. Ce dernier concernait l'avenir de son fils et dans une moindre mesure, la descendance Malfoy. Plusieurs grandes familles désiraient une alliance avec l'héritier Malfoy. Lucius se massa les tempes, pour tenter de chasser cette migraine naissante. Son devoir était de choisir une épouse convenable pour Drago… De Sang-Pur, évidemment. La Guerre avait fait beaucoup de ravage et le Patriarche voulait que la future femme de son fils puisse redorer l'image ternie des Malfoy. Deux noms avaient retenus sont attention Daphné Greengrass et Sarah Hamilton. Lucius aurait préféré la plus jeune des Greengrass puisque cette dernière avait joué un rôle majeur dans la Seconde Guerre. Cependant, Astoria s'était éprise du rejeton de Claws.

* Boum *

Il insupportait cette famille d'êtres inférieurs. Cette bande de Loup-garou le sortait de ses gonds, lui mettant constamment des bâtons dans les roues. Il était convenu que la petite Greengrass devait se marier avec son fils lorsque celle-ci terminerait sa scolarité à Poudlard. Un bruit vint sortir Lucius de sa colère on venait de frapper à la porte de son bureau. Drago lui rapportait un dossier important. D'ailleurs, ce dernier avait décidé d'ignorer son père, à cause de l'altercation au Chemin de Traverse. Il déposa le dossier devant sans père, sans lui accorder un regard, et se dirigea vers la porte pour retourner vaquer à ses occupations.

« Drago, il faut qu'on parle.

- C'est dommage puisque je n'ai rien à vous dire, Père. »

Il voulut ouvrir la porte, seulement celle-ci demeura immobile : Lucius désirait vraiment lui parler, pour employer de tels moyens. Drago se tourna vers son père, qui arborait un air grave sur son visage émacié : cela ne sentait pas vraiment bon pour le sorcier. D'un signe de tête, il lui fit signe de s'installer sur l'un des fauteuils qui se trouvait devant lui. Ce fut donc avec un pas nonchalant que Drago s'assit en face de son père.

« Tu n'es pas sans savoir que l'image des Malfoy est au plus mal depuis la fin de la Guerre.

- À qui la faute.

- Là n'est pas la question ! dit Lucius en contenant la colère. Bref. Il est de mon devoir de trouver des solutions pour redorer le blason Malfoy. Mon nouveau poste au sein du Ministère y contribue et la boutique de vêtements de ta mère, également. Mais, tu te rends bien compte que ça ne suffit pas. Le regard des gens à notre égard n'est pas des plus cléments. Même ton statut d'Auror ne change rien à ce fait. Donc, j'ai fait le nécessaire pour tes fiançailles. Je te laisse le soin de choisir entre Daphné Greengrass ou Sarah Hamilton. Elles sont toutes deux issues de bonnes familles de Sang-Purs… »

Drago n'écoutait plus son père, qui était lancé dans son long discours sur la pureté du sang. Malgré une Guerre des plus meurtrières, Lucius recherchait toujours à avoir une descendance irréprochable comme leurs ancêtres. Comment pouvait-il penser encore de telles choses alors que la guerre avait fait des ravages dans le Monde Magique. Puis, l'image de Galathéa gémissant sous ses baisers lui revint en mémoire. Son cœur rata un battement, en pensant à la jeune femme. Il ressentait tellement de choses pour ce petit bout de femme. Il ne voulait pas admettre qu'il aimait Galathéa, cela lui faisait tellement peur. Drago se plaisait à penser qu'il appréciait énormément la compagnie de la jeune Black. Puis, son regard gris se fit plus dur que l'acier.

« Je refuse. »

Cette réponse, Lucius s'y attendait mais il ne pensait pas que son fils aurait l'audace de l'annoncer. Sa mâchoire se crispa et ses jointures blanchirent. Comment pouvait-il contester l'autorité parentale ?! Surtout défier son père, pour une fille qui est le fruit d'une union répugnante. Lucius Malfoy vivant, Drago n'épouserait pas cette moins que rien. Par contre, il fallait qu'il garde son calme.

« Tu n'as pas le choix, Drago. La seule chose que tu as à faire, c'est de choisir entre la fille Greengrass ou Hamilton.

- Il n'y a aucune chance pour que j'accepte. »

Son visage n'exprimait aucune expression particulière : il était impassible, comme à son habitude. Il paraissait même être une beauté froide. Grâce à sa parfaite maitrise de ses sentiments, Lucius se félicita de l'éducation de son fils, qui contrôlait ses émotions aussi bien que ses ancêtres. Mais présentement, ce comportement agaçait profondément son père. Ce n'était pas parce que Saint Potter avait vaincu Voldemort que les mœurs allaient changer au sein des Sang-Purs. Drago ne pouvait pas échapper à son destin. Le regard azurin de Lucius se fit nettement plus dur : son fils n'épousera pas une Sang-mêlé à la famille de Louveteaux.

« Ce n'est pas raisonnable d'avoir créé en elle une once d'espoir... » lança Lucius, avec une totale maitrise de sa voix.

Drago se stoppa net dans l'encadrement de la porte. Alors, son père avait bien découvert la scène. Cela ne l'étonnait guère compte tenu de sa colère soudaine au Chemin de Traverse. De plus, Lucius n'a jamais pu supporter la famille Claws. Pour une raison qui restait tout à fait obscur. Puis, le regard ombrageux de Drago rencontra celui perçant de son père. Désormais, il avait toute l'attention et le Doyen des Malfoy pouvait jouer carte sur table.

« Je suis majeur, Père. Je peux faire ce que je souhaite, à ce que je sache.

- Seulement, un accident est si vite arrivé…

- Je vous interdis de la toucher ! » s'écria Drago, en frappant du poing sur la table.

Drago venait de perdre son sang-froid et son père jubilait, comme un enfant recevant son premier hochet. Il savait qu'il contrôlait tous les rouages, grâce à la réaction de son fils. Il pouvait tenter de le manipuler à sa guise, désormais. Malgré l'excès de colère de son fils, Lucius jouait innocemment avec sa baguette magique. Un petit rictus s'empara de ses lèvres. Tomber amoureux d'une Claws était la pire infamie que Drago pouvait entreprendre. Et cela, le patriarche Malfoy ne pouvait le concevoir.

« Tomber amoureux d'une fille de bas étage… Tu me déçois beaucoup Drago.

- Pas autant que vous, Père. »

Un gémissement étouffé se fit entendre. Lucius venait de plaquer son fils contre le mur, tout en lui maintenant la gorge. Le visage du Doyen Malfoy semblait emprunt à une certaine folie. Jamais Drago n'épouserait la fille Black, même si c'était la dernière femme sur Terre.

- Surveilles ton langage, Drago. Sa famille est composée pour la plupart de Loup-garou ou des cracmols. Tu crois que je vais risquer à ce que la célèbre famille des Malfoy ait des descendants dépourvus de pouvoirs magiques ! Ce serait une honte, une abomination ! Tout comme cette maudite famille !

- Ce qui est une abomination, c'est que vous pensiez encore de la même façon qu'avant la guerre. Le monde a changé, Père. Il serait peut-être temps de vous mettre à la page.

- Maintenant, tu vas m'écouter attentivement. Tu vas profiter de la Soirée des Anciens pour aller voir cette chère Galathéa et dans le même temps, tu te débarrasses d'elle. Je te laisse carte blanche. Mais en attendant, je ne veux plus vous voir ensemble. Je te laisse un délai d'une semaine, Drago. J'espère pour toi que tu feras le bon choix car sinon, il te faudra assumer les conséquences de tes actes… » lança Lucius avec le regard plein de sous-entendu.

Le fer ne plia pas sous le regard de braise de Lucius. Drago se dégagea de l'emprise de son père, assez violemment. Puis, il quitta la pièce sans un regard, de peur de faire un acte dangereux pour la vie du Patriarche. À ce moment-là, le jeune sorcier ne contrôlait en rien ses émotions bien que ce dernier ressemblait à une porte de prison. Le regard aussi dur que le fer et muet comme un strangulot. Sa marche était rapide, on sentait que le contrôle de la situation était en train de lui échapper. Quand il parvint à sa chambre, il y pénétra promptement en claquant fortement la porte.

La colère pulsait dans chacune de ses veines et il sentait la chaleur s'emparer de son corps. Il fallait qu'il l'évacue, avant de commettre quelque chose qu'il regretterait par la suite. L'énervement l'habitait totalement et ce n'était pas ses yeux qui disaient le contraire, obscurcis, la rage ayant prit possession de lui. Il était en train de semer la pagaille dans sa chambre. Son bureau était retourné, tout ce qui se trouvait dessus était éparpillé au sol. Il se trouvait au milieu de toute cette pagaille, à réfléchir à une solution envisageable.

« Drago, on t'attend… »

Ce dernier releva vivement la tête : il s'agissait d'un patronus en forme de cerf. C'était Harry, qui lui rappelait son entrainement d'Auror. Drago secoua la tête et réfléchit un instant. Ce n'était pas plus mal, son entrainement lui permettrait de se défouler parce que le jeune homme en avait grandement besoin. Il se mit à dévaler les escaliers, attrapa une veste au passage et quitta le Manoir Malfoy.

Narcissa monta les escaliers dans une direction précise. Elle avait entendu toute la conversation entre son fils et son mari. La sorcière voulait consoler son petit et lui dire que son père ne pensait pas un traitre mot qu'il venait de prononcer. Cependant, quand elle découvrit l'état de la chambre de Drago, elle ne put retenir un hoquet de stupeur. Un vrai champ de bataille. Narcissa comprit que la relation entre son fils et Lucius allait se dégrader très largement dans les temps à venir…

Un hibou. Ce frêle oiseau transportait le courrier dans le monde sorcier.

L'un d'eux tapait frénétiquement à la fenêtre d'une demeure. Seulement, personne ne semblait vouloir lui ouvrir. Cela ne l'arrêta pas pour autant, le petit hibou continuait de frapper sur a vitre. Au bout d'un moment, un homme fit son apparition dans la cuisine et son attention fut attirée par le bruit incessant, qui venait de le réveiller.

« J'en connais une qui va être contente. » dit le sorcier en ouvrant la fenêtre pour laisser le hibou rentrer à sa guise.

Cet homme n'était autre que Sirius Black, le père de Galathéa. Malgré son passage dans la quarantaine, il était toujours aussi séduisant qu'autrefois. Ses longs cheveux ébène flottaient librement sur ses épaules et ses traits nobles ne semblaient pas avoir d'emprise sur le temps. Seul son visage avait pris en maturité, à cause notamment de son passage à Azkaban. En revanche, ses yeux gris insondables faisait toujours autant frémir la gente féminine.

Il agita sa baguette pour se faire un bon petit déjeuner une tasse de café se mit à se remplir toute seule, pendant que le pain et la confiture lévitaient devant lui.

« Bonjour, Papa… marmonna Galathéa, la voix ensommeillé et en embrassant son père. Tu es bien matinal. Je peux savoir ce qui t'a fait quitter le lit ?

- Un Hibou voulait casser la fenêtre pour entrer. »

Le corps de Galathéa se tendit. Son visage se décomposa, petit à petit : ses résultats venaient d'arriver. Elle tourna la tête vers la fenêtre où le petit animal attendait, patiemment, qu'on vienne lui retirer le paquet de sa patte. La jeune femme se dirigea vers lui, d'un pas hésitant. Il était clair que la sorcière ne voulait pas consulter ses résultats. Elle avait peur d'être déçue. Cependant, la curiosité était en train de la ronger car elle avait l'impression que la lettre était en train de la narguer. Sans plus attendre, Théa s'empara de la lettre, tout en remerciant le hibou de s'être déplacé.

UNIVERSITÉ DE MÉDICOMAGIE

Directrice : Avalon Bradford

Cher Ms Black,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez réussi vos examens, avec une mention particulière en Potions. Étant major de la promotion, vous bénéficiez également d'un poste en tant que Médicomage à l'hôpital Saint Mangouste. Vous trouverez ci-joint la liste de vos notes ainsi que votre dossier d'inscription.

Veuillez croire, cher Ms Black, en l'expression de nos sentiments distingués.

Duncan Hill

Directeur adjoint

Potions - Optimal

Botanique - Effort Exceptionnel

Stage à Poudlard - Optimal

Médicomagie - Acceptable

Guérison magique appliquée - Optimal

Etude de l'anatomie humaine et des créatures magiques – Effort Exceptionnel

Au fur et à mesure que Galathéa lisait la lettre, un sourire se dessinait progressivement sur son visage. Ses yeux bleus pétillaient de bonheur. Elle y était parvenue. Des larmes de joie roulaient sur ses joues. Elle était major de sa promotion ce qui voulait dire que le poste de Médicomage à St Mangouste lui revenait de droit. Son rêve commençait à prendre forme. Puis, elle leva son regard bleuté en direction de celui de son père : ses iris grises traduisaient un sentiment de fierté totalement paternelle. Galathéa se jeta dans les bras de Sirius, qui lui tendait les bras pour la féliciter.

« Je savais que tu y arriverais, ma petite Théa, souffla son père à son oreille tout en répondant à son étreinte. Bon, je veux voir ta lettre pour voir à quel point tu tiens de ton père !

- Papa, tu sais bien que l'on n'a pas suivi le même cursus scolaire, rigola Théa qui tendait la feuille à Sirius.

Il était impatient de voir à quel point sa fille avait réussi sa série d'examens.

« Mention spéciale pour les Potions, tu es vraiment douée ! Plus que ton vieux père en tout cas, s'exclama Sirius avec son rire qui ressemblait à un aboiement.

- Papa ! S'insurgea Théa rougissante, elle avait horreur quand ses parents déclaraient qu'ils étaient vieux. Tu es aussi très bon, c'est juste que tu ne t'en donne pas les moyens.

- Tu prétends que j'étais fainéant pendant mes années à Poudlard ?

- Évidemment, tu étais trop occupée à jouer avec les demoiselles en détresse !

- C'était avant que je découvre que j'étais sous le charme de ta mère. D'ailleurs, dit Sirius en coupant court à la conversation, tu devrais envoyer Neptune à ta mère pour lui annoncer la bonne nouvelle.

- Oui, j'y vais de ce pas !

Galathéa reprit ses papiers des mains de son père et monta les escaliers quatre à quatre pour atteindre sa chambre le plus rapidement possible. Arrivée dans celle-ci, Théa saisit une plume et un parchemin et griffonna frénétiquement dessus pour Thalia, qui travaillait en tant que Professeur d'Histoire de la Magie à Poudlard depuis la nomination du Professeur McGonagall, comme directrice du Collège. Théa ouvrit la fenêtre et siffla de toutes ses forces un aigle au plumage blanc et gris se percha sur le rebord de la fenêtre, ses yeux noirs perçants cherchaient sa maitresse.

« Tu sais, je viens d'être reçue en tant que Médicomage à St Mangouste. Donc, je compte sur toi pour ramener ça à Maman le plus vite possible, n'est-ce pas Neptune ?! » murmura la jeune femme en déposant un baiser sur la tête de l'Aigle blanc.

Neptune s'envola gracieusement dans le ciel gris, en ce début de journée automnal. Galathéa referma la fenêtre rapidement et balaya sa chambre d'un regard. En deux temps, trois mouvements, elle saisit sa baguette qui se trouvait sur sa table de nuit ainsi que la lettre au passage, et se mit à dévaler les escaliers. Il fallait que la jeune femme aille annoncer la bonne nouvelle à ses amis et ce, au plus vite. Théa passa sa tête dans la cuisine pour voir si son père s'y trouvait toujours il buvait son café en lisant la Gazette du Sorcier.

« Je vais chez Harry, Papa, je reviens pour midi, et, ne t'inquiète pas je lui passerai le bonjour de ta part ! s'écria Galathéa, qui ne pouvait s'empêcher d'être heureuse.

- Mais, Théa… »

Seulement, Sirius n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Il venait d'entendre le « Crac » caractéristique du transplanage. Sa fille venait de quitter la demeure, sans que le Black ne puisse en placer une. Il soupira de lassitude : Galathéa se rendait à Godric's Hollow en tenue de pyjama. Dans l'effusion de joie, elle ne s'était pas rendu compte de son accoutrement. Puis, il se mit à pouffer tout seul. Sa fille lui ressemblait à bien des égards…

« Galathéa, tu viens pour le petit-déjeuner, rigola Harry en voyant son amie les cheveux ébouriffés et son pyjama.

- J'ai mon diplôme ! JE SUIS ACCEPTÉE À SAINT MANGOUSTE ! » couina Galathéa, excitée de pouvoir partager la nouvelle.

Dans toute l'euphorie, Galathéa se jeta dans les bras du Survivant, qui eut le réflexe de rattraper son amie. Au vue de sa réaction, il était clair que c'était la fille de Sirius Black. Son calme légendaire se volatilisait quand il y avait une bonne nouvelle. D'ailleurs, sa bonne humeur était contagieuse car Harry ne parvenait plus à ne pas sourire. On avait l'impression qu'elle explosait de joie, tel un volcan en éruption. Il était content pour sa meilleure amie, elle obtenait enfin la reconnaissance qu'elle désirait. Potter raffermit sa prise autour de la taille Galathéa et la transporta, jusqu'au salon où ses invités attendait l'apparition des deux protagonistes.

« Heureusement que Ginny n'est pas là… fit George, en se contenant de rire.

- Votre position pourrait prêter à confusion… continua son jumeau avec la même attitude que son frère.

- Heureusement pour Harry…reprit le roux.

- L'ambiguïté revient à Théa ! » termina Fred en lançant un clin d'œil.

Les Jumeaux créèrent l'hilarité générale. Galathéa se sépara du survivant, avec une rougeur inhabituelle sur les joues elle avait horreur des sous-entendus, surtout quand cela concernait sa relation avec Harry. Celle-ci avait toujours été fraternelle. Dans l'esprit des deux protagonistes, ce n'était pas demain la veille que cela changera. Elle reporta son attention sur les Jumeaux, qui semblait prendre un malin plaisir à se moquer. Comme à leur habitude, dirons-nous…

« En tout cas, on te félicite pour ton poste à St Mangouste ! » dirent simplement Fred et George, en enlaçant très fort leur amie.

Ron et Hermione vinrent également la féliciter pour son futur poste de Médicomage, promue « Major » dans cette discipline. Puis, elle s'aperçue de la présence de Drago Malfoy. Dans toute l'euphorie, elle n'avait pas remarqué que le blond était chez Harry. Ses yeux gris paraissaient rieurs car il savait pertinemment que Théa ne savait comment réagir, à cause du baiser au Chemin de Traverse. Brièvement, Drago lui donna ses félicitations, avant de retourner s'assoir. Une rougeur apparut sur les pommettes de Galathéa. Les deux individus ne s'étaient pas revus depuis ce petit égarement.

« D'ailleurs, tu me prépareras une chambre pour moi… lâcha Fred, qui saisit la sorcière pour la poser sur ses genoux. Cela eut pour effet d'oublier son embarras face au Malfoy.

- Pourquoi ? se demanda Galathéa, qui n'aimait pas voir sa famille à l'hôpital, cela lui rappelait la Guerre.

- Pour t'y faire découvrir le Septième Ciel ! On y va maintenant car tu n'as pas beaucoup de vêtements, ce sera plus facile ! déclara Fred, en bombant le torse qui provoqua de nouveaux rires, surtout chez George, Ron et Harry.

- Abruti ! » pouffa-t-elle en lui donnant une tape derrière la tête.

Des rires se firent une nouvelle fois entendre. Il était vrai que la tenue de Galathéa n'était pas des plus adéquats pour paraitre devant des amis. Elle portait encore son pyjama : quand elle avait quitté le domicile de ses parents, la jeune femme n'avait pas fait attention à ses vêtements. Il était composé d'un long débardeur blanc qui retombait mollement sur ses fines cuisses et d'un legging noir, moulant au passage sur jambes. Ses cheveux étaient en bataille, comme ceux d'Harry. Toutefois, ces derniers n'étaient plus noirs : grâce à son don de Métamorphomage, ils étaient turquoise, ce qui faisait ressortir ses yeux marins. Ses joues se teintèrent de rose, quand elle se rendit compte de tout cela.

« Euh… Désolée, je n'ai pas fait attention quand je suis partie de la maison… balbutia Théa en essayant d'arranger ses cheveux, ce qui semblait peine perdue.

- On avait remarqué ! s'esclaffèrent les Jumeaux.

La longue crinière de Théa redevint noire, instantanément, grâce à son don de Métamorphomage. À chaque fois qu'une émotion forte prenait la jeune femme, ses cheveux se teintaient en turquoise et perdait sa maitrise pour garder sa couleur naturelle. Et l'embarras provoqué par les Jumeaux n'arrangeait rien parce qu'elle perdait tout contrôle de son don. Ses yeux roulèrent d'eux-mêmes.

« Au fait, vous avez reçu l'invitation du Professeur McGonagall ? Elle fait une Soirée à Poudlard pour réunir les Anciens Élèves.

- Vous comptez y aller ?

- Évidemment, on peut aller expérimenter nos dernières trouvailles et donner quelques réserves à Peeves pour qu'il les lance sur les futures premières années.

- Vous êtes vraiment impossibles, vous deux.

- C'est pour ça que tu vas m'accompagner à cette soirée, pas vrai ?

- Ça dépend si je peux avoir une meilleure offre… » dit simplement Galathéa, en ayant un sourire énigmatique sur les lèvres.

Ce n'était pas tomber dans l'oreille d'un sourd. Drago ne put s'empêcher de sourire face à la demande implicite de Théa. La jalousie qu'il éprouvait à l'égard de Fred, quelques instants auparavant, venait de s'évaporer. Il était clair que le jeune homme devait passer à l'action, désormais. Sous l'œil observateur du propriétaire des lieux, Drago s'éclipsa en direction des toilettes.

« Je me demande ce que sont devenus certaines personnes…

- Des nouvelles de Luna ?

- Elle est toujours en expédition pour prouver que les Ronflaks existent, soupira Hermione qui ne pouvait s'empêcher de secouer la tête face à l'attitude bornée de Luna.

- J'espère qu'elle sera là pour la Soirée des Anciens.

- Une Soirée des Anciens ! McGonagall a vraiment des idées aussi loufoques que Dumbledore.

- Le principe est de retrouver d'anciens camarades, les Jumeaux !

- Pourquoi en faire une quand on se voit tout au long de l'année ? C'est vraiment de grand n'importe quoi !

- Ça fait combien de temps que vous avez vu Katie, Alicia et Lee ?

- Mauvais exemple, Lee est notre associé depuis deux mois. Alicia est la meilleure amie d'Angélina. Katie nous envoie souvent des lettres pour prendre des nouvelles, déclara George heureux d'avoir cloué le clapet d'Hermione.

- Et …

- Perdu !

- …

- Perdu !

- Olivier Dubois ! » s'écria Hermione, excitée d'avoir remis les Jumeaux à leurs places.

Depuis qu'Olivier avait quitté Pourdlard, personne n'avait de nouvelles de lui. On savait juste qu'il était Capitaine de l'équipe d'Angleterre de Quidditch grâce à la Gazette mais cela s'arrêtait là. Hermione jubilait face aux visages fermés de Fred et George : elle détestait avoir tort, surtout quand les Jumeaux tentaient de la faire tourner en bourrique. Ron, Harry et Galathéa se moquèrent un peu des deux rouquins. Cependant, ils passèrent promptement à autre chose. Tous cherchaient à savoir qui serait présent lors de la Soirée.

« Tu peux emprunter des vêtements à Ginny. Je n'ai pas vraiment envie de te voir habiller comme ça au Chemin de Traverse.

- Merci, je n'osais pas demander…

- Dépêches-toi et peut-être tu auras une surprise ! »

Une lueur étincelante apparut dans les yeux marins de Théa, elle était impatiente de découvrir ce que ses amis lui réservaient. Elle se précipita dans la chambre de son meilleur ami, pour prendre rapidement des vêtements. Harry pouffa silencieusement : il était tellement facile d'attiser la curiosité de la jeune femme. Galathéa cherchait frénétiquement des affaires mettre dans la commode de Ginny. La plupart des habits étaient trop large pour la sorcière. Pour cause, elle était très mince en comparaison avec la dernière des Weasley. Une maigreur qui pesait énormément sur les épaules frêles de Théa. C'était un combat journalier, une maladie génétique qui la rendait grandement fragile. Soudain, sans qu'elle ne puisse rien faire, Galathéa se sentit happée contre le mur. Elle voulut pousser un cri mais celui-ci mourut au creux de sa gorge quand une main virile vint former une barrière devant ses lèvres.

« Ce n'est que moi, Théa… » souffla Drago en se penchant à son oreille.

Les iris grises de Drago cherchèrent à tranquilliser les pupilles dilatées de Galathéa. Il parvint à ralentir la respiration et les tremblements de la jeune femme. Seulement, le contact du souffle du Malfoy contre son oreille, lui donna un de ses frissons enivrants et vertigineux à la fois. Le souvenir du baiser au Chemin de Traverse lui revint en mémoire. Son regard se fit fuyant à l'égard du jeune homme et ses joues se colorèrent de rouge. De plus, la proximité de leur corps n'arrangeait en rien la situation. Drago avait bien compris que la jeune femme ne savait comment réagir face à la situation. Un sourire mesquin étira ses lèvres : Galathéa fléchirait sous ses avances.

« Je dois me changer, Drago… balbutia Théa, qui se concentrait sur la lampe de chevet en faisant abstraction au souffle du jeune homme qui descendait lentement dans son cou.

- Aucun problème. Je peux t'aider à enlever tes vêtements… taquina le blond devant une Théa aussi rouge qu'une pivoine.

- Drago ! murmura-t-elle faignant la colère. Harry doit être en train de m'attendre…

- Je suis sûr qu'il ne verrait aucun inconvénient à ce que je m'occupe de toi… »

Les lèvres froides du sorcier se posèrent sur la gorge opaline de Théa. La sensation était digne d'une caresse. La sorcière ne put retenir un sourd gémissement à cause de ce contact glacé et ses pommettes devinrent rouges de plaisir. Elle sentit les lèvres du blond s'étirer contre son cou. Il était parvenu à faire céder la sorcière. Ses capacités à réfléchir étaient diminuées. Pour cause, Drago et ses lèvres sensuelles prenaient soin de chérir chaque parcelle de peau de son cou. Ses yeux s'ouvrirent, voilés d'un désir certain, et analysait la pièce où elle se trouvait : c'était la chambre d'Harry. Une lueur de lucidité surgit dans ses iris marines.

« Imagines une seconde que Fred ou George nous découvrent… haleta Galathéa, sous les baisers du Malfoy. Ils se feraient un plaisir de le crier sur tous les toits…

- Tu pourras alors décliner l'invitation de Fred... »

Les yeux gris de Drago devinrent aussi sombres que le ciel lors d'un puissant orage. Ses cheveux retombant sur ses yeux donnaient l'impression que des éclairs zébraient ces derniers. Dans ses veines, son sang pulsait à un tel point que cela en devenait douloureux. Ses mains étaient désormais de part et d'autres de la tête de la jeune femme. Il ne pouvait s'empêcher de jalouser la gente masculine qui tournait autour de la jeune Black. Ce sentiment était incontrôlable et il n'aimait pas vraiment perdre la maitrise de lui-même. Quand Drago était au contact de Théa, sa raison et son corps réagissait différemment, d'une façon qu'il ne comprenait pas.

« Ton comportement me laisse penser que tu es jaloux… » jubila-t-elle face à l'attitude du sorcier.

Le cœur de Théa se mit à palpiter promptement devant cette révélation. Il y avait une chance pour qu'une relation sérieuse puisse naitre entre les deux sorciers. Ses yeux marins s'éclaircirent face à cette révélation. Et cela n'échappa pas à l'œil de Drago, qui eut un petit sourire moqueur sur les lèvres.

- Je suis possessif. Je ne suis pas du genre à prêter ce qui m'appartient. Et en l'occurrence, tu es à moi… »

Pour confirmer ses dires, Drago s'empara des lèvres fines de la Gryffondor, pour l'embarquer dans un baiser plus que fougueux. Un bond se fit dans sa poitrine, son cœur explosant de joie. Même si ce n'était pas une déclaration à proprement parler, l'intention y était et c'était tout ce qui comptait pour elle.

« Loin de moi l'envie d'arrêter, mais je dois m'habiller… marmonna Théa dont le souffle était entrecoupé à cause de baisers de Drago. »

Drago venait de faire tomber l'une des bretelles du débardeur à la jeune Black, tout en s'attelant à caresser la clavicule de Théa avec sa langue. La main du blond vint se faufiler sous son maillot, ce qui eut pour effet de la surprendre et de lui remettre les idées en place. Il fallait que Galathéa fasse quelque chose avant que la situation ne dégénère davantage. Au grand dam de la sorcière, Drago était en train de perdre le contrôle de son corps car celui de sa partenaire était clairement un appel à la luxure. Inconsciemment, elle faisait naitre le désir au creux des reins du Malfoy, qui avait beaucoup de mal à se maitriser.

« Drago, gémit la jeune femme en tentant vainement de la repousser. Tu dois … retourner dans … le salon … avant que les autres … ne se doutent de quelque chose… »

Cette phrase eut l'effet d'une douche froide pour Drago. Personne ne devait savoir que Drago et Théa débutaient une relation car il ne donnait pas cher de sa peau, surtout si cela parvenait aux oreilles de Sirius Black, le père de la jeune femme. Leur regard se croisèrent : le désir était présent dans les deux seulement l'endroit n'était pas très approprié, consentit à penser le blond en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

« On terminera plus tard, souffla Galathéa en mordillant le lobe de l'oreille à Drago.

- Ne me tente pas… » marmonna-t-il en s'efforçant de ne pas croiser le regard taquin de son amie.

Drago déposa un léger baiser sur son front et quitta la chambre, quelque peu frustré. Un minuscule sourire malfoyen se dessina sur lèvres. Le jeune homme savait qu'il pourrait se rattraper quand ils seront seuls dans l'appartement de ce dernier. La pression de se faire prendre serait moindre et pèserait moins sur leurs épaules. Après une remise en place de ses cheveux et de ses vêtements, Drago retourna tranquillement dans le salon, rejoignant Harry, Ron, Hermione et les Jumeaux.

« Te revoilà, on a cru que tu étais tombé dans le trou des toilettes ! s'exclamèrent Fred et George en chœur, sous l'hilarité des autres.

- Va falloir renouveler vos blagues, déclara le blond, content que le sujet ne soit pas « Galathéa ». Le coup de la Glue transparente, c'est du revu ! »

Une fois, les Jumeaux avaient déposé leur glue spéciale sur les toilettes de leur magasin. Et ce fut Drago qui en fit les frais, à son plus grand désespoir. Ils avaient mis plusieurs heures avant de pouvoir libérer le jeune homme car Fred et George ne retrouvaient plus l'Antidote. À partir de ce jour, Malfoy vérifie toujours que les toilettes ne sont pas ensorcelées. Les garçons discutèrent sur le nouveau projet des Jumeaux se venger de Severus Rogue, le Maitre des Potions à Poudlard. Durant que le sorcier ressassait ses souvenirs, il ne vit pas Hermione se rapprocher de lui, avec un air énigmatique sur le visage. Celle-ci claqua des doigts pour le ramener sur Terre. Ce qui fonctionna brillamment puisque la sorcière avait toute l'attention de Drago.

« Un conseil, remonte le col de ta chemise… taquina Hermione avec un regard digne de celui de Dumbledore, qui montrait une nouvelle fois que la jeune Granger était aussi perspicace qu'intelligente. À moins que tu veuilles t'attirer les foudres des garçons…

- Merci, dit Drago en tachant de garder un ton neutre. Si tu pouvais éviter de l'ébruiter…

- Tu pourrais me vexer, Malfoy. Tu n'as pas à t'en faire, je serais muette comme une tombe. Galathéa est aussi fragile qu'une rose. Par contre, fais-lui du mal et je le verrais immédiatement… Elle se mettra à flétrir…

Une menace déguisée. Voilà ce qu'était la phrase d'Hermione et cela ne fit pas rire du tout le jeune homme. Drago savait qu'il fallait se montrer méfiant à l'égard des Weasley et Harry qui affectionnaient tout particulièrement Théa. Cependant, Hermione Granger faisait davantage peur à Drago que le survivant. Il savait de quoi était capable ce petit bout de femme. Elle n'avait pas été major de promotion lors des ASPICS pour rien. La colère commençait à monter. Personne ne semblait faire confiance en lui, ce qui l'agaça au plus haut point.

« Tu es sublime, Théa. On va pouvoir t'emmener au Chemin de Traverse. »

Tous les regards se pointèrent dans la direction de celui d'Harry. Galathéa se trouvait dans l'encadrement de la porte. Ses cheveux noirs indisciplinés étaient retenus en une queue de cheval où seule sa frange semblait libre. D'ailleurs, celle-ci soulignait ses yeux bleus profonds ainsi que la maigreur de ses traits, surtout ses joues creusées. Théa portait une robe bustier de couleur crème, toute en dentelle. Une ceinture marron dessinait sa taille, qui accentuait l'amaigrissement de la jeune femme. Un air gêné prit place sur le visage de Galathéa, elle détestait être le centre d'attention.

« Effectivement. On va où ? interrogea Théa, curieuse de la destination.

- Tu verras bien ! »

Il était vrai qu'avec quelques kilos, elle en serait que plus belle mais Drago ne pouvait s'empêcher de trouver la sorcière terriblement séduisante. Ses grands yeux marins et son visage enfantin lui procurait un certain charme, dont le blond ne pouvait résister. Son corps réagissait encore bizarrement face à cette révélation. Tout à coup, un hululement se fit entendre : un hibou frappait à la fenêtre. Harry se dépêcha de récupérer le colis entre ses pattes, en n'oubliant pas de remercier l'animal avec du Miamhibou. Le paquet était pour Galathéa, qui avait le sourire aux lèvres. C'était sa mère qui lui répondait à sa missive de ce matin, avec un cadeau en prime.

« Un cadeau pour ton Diplôme ?! demanda Ron, toujours de nature curieuse. Tu en as de la chance !

- C'est surement ma mère, pour me féliciter ! »

Tout le monde cherchait à savoir ce qui pouvait être à l'intérieur. Un nécessaire de Potions ? Une nouvelle paire de gant ? Beaucoup d'idées de cadeaux défilaient dans l'esprit de Galathéa. Cette dernière attrapa le paquet et se mit à l'ouvrit frénétiquement. Le petit groupe était perché au-dessus du paquet, attendant patiemment que la jeune femme soulève le dernier rempart du colis. Une masse informe s'y trouvait à l'intérieur et celle-ci émettait des sifflements, qui firent froid dans le dos à la jeune femme. Harry, Ron et Drago dégainèrent leur baguette en se mettant sur leur garde. Un serpent se trouva dans la boite, fixant intensément la silhouette terrifiée de Galathéa.

« Surtout Galathéa, ne fais pas de geste brusque…

En moins de temps qu'il ne faut pour dire « Quidditch », le serpent sauta au visage de la sorcière, qui était tétanisée devant l'animal en question : Théa avait une peur bleue des serpents depuis sa plus tendre enfance. À ce moment-là, ce fut la débandade dans l'appartement d'Harry Potter. Les Jumeaux tentaient de retenir Hermione, qui poussait des cris épouvantables car sa meilleure amie était en train de se débattre avec l'animal pour éviter une morsure. Malheureusement, les garçons ne pouvaient rien essayer : ils avaient peur d'atteindre leur amie.

« Il faut faire quelque chose. Ses forces vont commencer à faiblir ! »

Soudain, un hurlement strident déchira le silence de l'appartement. Le serpent était parvenu à mordre la jeune femme. L'animal continuait à mordre Théa, qui semblait être prise de convulsion. Une boule de lumière rouge sortit de la baguette de Ron, ce qui stupéfia le serpent. Drago s'approcha du corps presque inerte de Galathéa et donna un coup dans l'animal, pour l'éloigner de la jeune femme. Avec une rapidité hors du commun, Harry balança le serpent par la fenêtre et le fit exploser avant qu'il ne tombe au sol. Ensuite, tout s'enchaina rapidement. Hermione s'approcha du corps de son amie et transplana directement à St Mangouste. Les garçons la suivirent dans la foulée, inquiets de l'état de Théa. Avant de transplaner à l'Hôpital pour rejoindre les autres, Drago balaya la salle du regard : une feuille était tombée au sol, près du colis empoisonné de Galathéa. Un sceau avec un serpent s'y trouvait avec une inscription, écrite grossièrement.

Tes jours sont comptés …


Voici un nouveau chapitre, comme convenu. Les choses commencent à bouger pour Galathéa. Si des choses ne sont pas comprises, faîtes-le moi savoir =) ! Pour la Betâ, je suis cherche toujours une. À dans deux jours.