Jeu de mains
ou
"Comment se mettre dans le pétrin en une leçon..."
Mayuri n'eut même pas l'obligeance de sursauter quand deux mains se posèrent sur ses yeux. Son esprit passa instantanément en revue tous les moyens qu'il avait à sa disposition pour tuer l'abruti qui osait le toucher. De préférence, il souhaitait que se soit long et douloureux. Surtout douloureux !
Les mains tremblèrent légèrement, comme si leur propriétaire avait pu suivre le cours de ses pensées. Cependant elles ne bougèrent pas d'un millimètre. De toute évidence, le type était suicidaire. Un suicidaire aux mains étonnamment douces pour un homme. Mayuri enregistra rapidement cette information, ainsi que le fait qu'elles étaient grandes.
- Je vous conseille de retirer vos mains de mon visage rapidement ! C'est-à-dire, précisa le brun alors que les mains ne bougeaient toujours pas, dans les cinq secondes à venir. Après, je serai obligé de m'en occuper moi-même…
- J-je ne peux pas.
- Pardon ? grogna Mayuri, en cherchant à qui appartenait la voix.
- Je dois encore tenir deux minutes.
Un des sourcils fins du scientifique fut haussé. Il se demandait si l'inconnu était complètement stupide ou courageux. Dans tous les cas il était inconscient.
- Et je peux savoir pourquoi ?
- Non.
- Évidement…
Mayuri sentit l'homme se pencher vers lui et son souffle balaya son oreille. Un frison malvenu le traversa. Ce n'était pas franchement le moment d'être troublé, surtout qu'il n'avait toujours aucune idée de qui pouvait bien se trouver derrière lui. Même si il était persuadé de connaître cette voix.
- S'il vous plait, Capitaine, ne posez aucune question. Il n'y en a plus pour longtemps et après je ne vous embêterai plus.
« Ca c'est sûr ! », pensa le brun. Il l'aurait transformé en sujet d'expérience bien avant qu'il lui prenne l'envie de recommencer. Il porterait une attention particulière à ses mains, d'ailleurs. Elles étaient vraiment très agréables, indépendamment du fait qu'elles n'auraient jamais dû se trouver posées sur lui.
Il sentit les mains glisser sur son visage, la voix soupirer un « c'est fini ! » soulagé, puis un déplacement d'air. Lorsqu'il se retourna la pièce était vide. Aucune trace de l'inconnu, ni de reiatsu qui aurait pu le renseigner. Mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter, il retrouverait assurément l'inconnu !
Dans une ruelle sombre, Ichigo se laissa glisser contre un mur, à bout de souffle. Il n'en revenait pas d'être encore en vie. Il venait de vivre le moment le plus stressant de toute son existence. Il lui semblait même que son combat contre Aizen n'était rien à côté de cela. L'aura du scientifique était proprement terrifiante mais en même temps, il avait était étrangement troublé par la sensation de la peau nu du Capitaine sous ses doigts… Voilà qu'il était troublé par Kurotshushi ; Ichigo secoua la tête pour se remettre les idées en place.
En tout cas, ça lui apprendrait de parier avec Renji…
Sanka
