La suite comme convenue. Et comme je vous l'ai dit précédemment : attention sujet sensible. Mentions d'inceste, non-con et un peu de violence physique. Si l'histoire de Danny est bien fausse, les faits racontés sont inspirés d'une histoire vraie, même si certains éléments ont été rajoutés. L'histoire d'une personne que je ne connais que trop bien malheureusement…

« Babe, babe, réveilles-toi. C'est moi, c'est Steven ! »

« Non Stéphane, arrêtes, arrêtes tu me fais mal ! »

Un sentiment de colère mélangé à de la surprise totale s'installaient dans l'esprit de Steve. Colère pour ce Stéphane qui a eu l'audace de traumatiser son Danno, de le rendre si vulnérable, si fragile, si peureux. Jamais en trois ans il ne l'avait vu dans un état pareil. Il avait peur à ce moment d'entendre l'horrible vérité sortir de la bouche du blond mais à ce moment il devait absolument trouver un moyen pour l'aider à sortir de cet état. Toujours avec douceur et prudemment, il tenta une nouvelle approche caressant tendrement la joue trempée de son homme. Les tremblements semblèrent s'accentuer encore plus en même temps que les larmes coulant continuellement sur son si beau visage. Les cris s'étaient taris, laissant place au murmure constant du mot Non, non, non… Les gestes ne semblant pas le faire sortir de son cauchemar, l'ex-Seal chercha une autre idée. Il la trouva au bout de quelques secondes.

« Chut, mon Danno. Chut, c'est fini ! Il n'y a plus de Stéphane. Tu es là avec moi. Plus personne ne te fera de mal. »

A l'évocation du surnom que lui donnait sa fille et son coéquipier, le corps du lieutenant s'arrêta de trembler. Ses yeux s'ouvrirent doucement. Il réalisait rapidement qu'en effet, il n'était pas dans le lit de la chambre d'amis de sa tante mais sur le canapé qu'il avait déjà squatté un bon moment chez l'homme qu'il aime. Plus rassuré, il se tourna lentement pour affronter le regard de ce dernier. Le visage de celui-ci était mangé par l'inquiétude et il reprit peu à peu pied avec la réalité. Se souvenant de ce qu'il avait fait, la honte monta en lui et les sanglots reprirent. Il venait de repousser violemment le seul homme qui était capable de lui apporter de l'amour. Connaissant maintenant ses sentiments pour lui, il ressentait du regret. Comment avait-il pu croire qu'il pourrait passer outre comme ça ? Il venait de commencer quelque chose avec cet homme absolument génial qui le rendait totalement chèvre parfois. Sans penser une seule seconde aux conséquences. Se jetant dans la gueule du loup sans réfléchir, croyant que toutes ses craintes allaient disparaître d'un seul coup sans les avoir affronté avant. Et maintenant, il allait le détester : il en était sûr. Comment pourrait-il en être autrement quand il apprendra la vérité ? Qui voudrait d'un homme avec d'aussi profondes blessures mentales ? Il s'en voulait tellement, c'était horrible. Devant l'absence de mouvement du brun, ses doutes dominèrent sa pensée et il se mit à répéter tout en se balançant d'avant en arrière sur le canapé, les bras enserrés autour de la taille :

« Suis désolé babe. Je suis tellement désolé, tellement désolé, tellement désolé, tellement… »

Le voir ainsi lui serrait la poitrine et le cœur encore plus. Mais de quoi il était désolé ? Qu'est ce qui pouvait le mettre dans un état pareil ? N'écoutant que son cœur et sa raison, il vint s'asseoir à côté de lui et sans brusquerie, passa un bras autour de ses épaules en lui faisant poser sa tête sur la sienne. Docile, mais pas calmé pour autant, Danny se laissa faire. Le mot désolé sortait constamment de sa bouche. Steve se trouvait totalement impuissant et faible devant la profonde détresse de son amour. Ne sachant pas quels mots employer, il se dit qu'une oreille attentive et une épaule pour évacuer était la meilleure solution. Il le laissait prendre son temps, décider de lui-même s'il était capable d'en parler ou non. Il n'avait aucune intention de lui mettre la pression. La tête de Danny changea de place et vint s'installer sur ses genoux. Sa respiration était rendue difficile par les sanglots constants. Il devait lui en parler, il devait crever l'abcès. Il savait maintenant que c'était le seul moyen d'avancer. Il avait si mal. Une douleur qui ne l'avait jamais totalement quitté depuis maintenant 32ans.

Son état se calma au bout de très longues minutes ponctuées de caresses tendres sur sa joue, dans ses cheveux. Une main chaude, douce qui se voulait rassurante. Il avait confiance en lui, il sait qu'il pouvait lui en parler. Prêt à assumer les conséquences et le regard de dégoût, terriblement las de garder ça pour lui, il se sentait enfin prêt à en parler. Quitte à perdre l'homme de sa vie.

Steve n'avait toujours rien dit depuis tout à l'heure en dehors des Ca va aller, Danno, ça va aller, je suis là, je suis là. C'était le moment.

« J'avais… J'avais cinq ans quand ça s'est passé… »

« Si tu ne veux pas en parler babe, ne te force surtout pas ! Tu n'es pas obligé, tu le sais ! »

« Je… Je sais. Mais j'en ai besoin. Je n'en ai jamais parlé à personne avant. Et au risque… Au risque de te perdre, je veux… Je veux pouvoir t'expliquer. »

« J'ai bien une petite idée donc je ne veux pas te forcer la main. »

« Je… Je le veux ! »

Un silence s'installa entre eux. La main n'avait pas cessée ses caresses et il y trouva suffisamment de confiance et de courage dans ce geste pour réveiller le passé…

Flashback :

J'avais cinq ans quand ça s'est passé la première fois. Mes parents m'avaient laissé le temps de quelques jours chez ma tante qui n'habitait pas très loin de chez nous. Mon… Mon cousin Stéphane avait 16ans. Il était assez bourru et pas très fin, mais d'un côté suite au divorce de ma tante, on pouvait comprendre son comportement… Etrange.

Un jour que ma tante était au travail, je me retrouvais donc seul à la maison avec pour s'occuper de moi mon cousin. Il était assez cool avec moi, m'invitant souvent à jouer à la console avec lui, manger des pizzas avec de l'ananas dessus. J'adorais ça à l'époque, et lui aussi donc on en mangeait souvent…

Les caresses de Steve lui montraient clairement qu'il lui était attentif. Il savait que la partie la plus dure arrivait pour lui et ses yeux commençaient à s'embuer de larmes encore une fois. Essuyant ses yeux du creux de la main, il reprit une profonde respiration avant de continuer…

Ce jour-là, il voulait me montrer un nouveau jeu. Le jeu du docteur. Je n'avais que cinq ans, je n'étais pas bête mais encore naïf. Je ne savais pas ce que c'était donc j'ai dit ok, pas de souci. Il m'a donc entraîné dans la chambre de sa mère. Je me… Je me souviens encore parfaitement de la grande armoire près du lit, les murs bleus de la chambre, qu'il faisait encore bien clair ce jour-là. Il me dit de m'allonger sur le lit, ce que je fis sans discuter. Il était peut-être cool à l'époque, mais des fois, je le trouvais… Vraiment effrayant. Et là, il en avait bien l'air. Je ne savais pas quoi faire, j'étais bien trop jeune.

Il m'a demandé… D'enlever mon pantalon et mon slip. Je n'ai pas dit non à nouveau. Ça me semblait bizarre mais, comme j'étais joueur à l'époque, je voulais connaître la suite. Je…

Sa voix était maintenant secouée par les sanglots. Se rappelant de cet instant qui aura changé sa vie à jamais, du bruit d'une ceinture qu'on enlève, le cauchemar constant de son cousin se masturbant en le regardant. Les bruits de ceinture claquant sur ses fesses résonnaient encore dans son esprit. Ça l'avait tellement fait souffrir. Les cris de douleur que cela lui arrachait à chaque fois et les sanglots toujours et encore. Il se souvenait encore du miroir où il avait pu regarder ses fesses rougies par les multiples coups de ceinture, qui l'empêchaient de s'asseoir normalement et lui faisait un mal de chien à chaque fois.

« Après les fesses, ça a été le dos. Il y… Il s'y prenait à plusieurs fois. Je le suppliais d'arrêter, de me laisser voir ma mère ou la sienne. J'aurais… J'aurais tellement voulu qu'elle soit là pour arrêter ce calvaire. Mais non, il choisissait toujours le bon jour, le bon moment. Et il était… Il était hors de question que j'en parle. Non oh ça il le savait bien que je ne dirais rien, il… Il avait réussi à me manipuler, me disant que je ne pourrais que passer pour un menteur, un mytho et que c'est ce qu'il dirait à tout le monde si j'osais le dire un jour. »

Steve écoutait en silence, sa main passant avec douceur dans ses cheveux. Il avait de plus en plus de mal à retenir sa colère et ses larmes. Il pensait qu'il avait entendu le pire mais il se trompait totalement.

« Après, il enleva son pantalon à son tour. Je… Je vois encore son sexe tenu dans sa main, son petit sourire machiavélique. Il savait que je ne pouvais absolument rien faire contre lui, il était beaucoup trop grand et trop fort pour moi. Il continuait à se toucher quand… Quand je le sentis entrer… Entrer un doigt en moi. Sans rien, sans salive, sans… La douleur était intense à chaque fois. Aucune douceur, aucune pitié… Je me souviens… Je me souviens d'avoir saigné après pendant un long moment car… Car si ça n'avait été qu'un doigt, ça aurait été… »

Et de nouveau, il explosa en sanglots. Recroquevillé sur lui-même, sa tête toujours posée sur les jambes de Steve, il laissa parler pour la première fois de sa vie véritablement sa douleur. Son psy qu'il avait vu plusieurs années après quand son attitude commençait sérieusement à inquiéter tout le monde à l'école, n'avait jamais compris. Il comprenait maintenant que c'était la honte. Une honte terrible de s'être fait avoir pareillement à cet âge-là. Ne pas en parler, ne pas dévoiler, la peur d'être traité de mytho, mais maintenant il comprenait absolument tout.

« Il… Il a totalement abusé de moi… Pendant… Presque… Pendant presque un an. Il m'a violé… Il m'a violé… »

Les barrières étaient tombées pour lui. Impossible de se retenir. Il avait tellement honte. Pourquoi lui ? Pourquoi lui ? Il ne pouvait plus rien cacher maintenant. Steve entoura son corps tout tremblant de ses bras, le serrant fortement contre lui en se balançant d'avant en arrière. Posant des baisers dans ses cheveux, caressant maintenant ses bras. Il voulait être fort pour lui mais il avait tellement mal pour lui : comment un homme aussi exceptionnel que son petit blond avait t-il fait pour vivre avec une telle souffrance toutes ces années ? Il ne lui en voulait bien sûr pas une seule seconde. A cet instant, ce qu'il voulait c'était faire payer cet homme. Oh oui, il allait le faire payer… Par n'importe quel moyen ! Et pendant que Danny s'endormait, à présent vaincu par la fatigue, il ne pensait qu'à une chose Oh que oui, tu vas voir ce que c'est que d'abuser du petit-ami d'un ex-Seal !

Tbc…

AN : En France, les attouchements sexuels sont considérés au même titre qu'une pénétration : c'est du viol !