Je suis vraiment d'excellente humeur en fait en ce moment. Ca doit être les vacances qui me font ça en fait o_O Alors, par un geste d'extrême gentillesse (ou de pitié, bonne question), je vous offre le deuxième chapitre de "Our secret". J'espère qu'il vous plaira, car j'y ai mis tout mon coeur. Et comme vous le remarquerez, j'ai été inspirée par une chanson en particulier. Une chanson qui, en la traduisant, m'a fait pensé à House et Cuddy. C'est fou mais ... J'avais l'impression de revoir leur histoire. Et, après discussion avec Josam, il était plus que certain qu'elle devait figurer dans cette suite. D'autant plus que, je dois l'avouer, j'aime particulièrement chanter cette chanson. D'autant plus lorsqu'en tête, j'ai des images Huddy qui vont et viennent. Bref, tout ça pour vous dire que j'ai pris plaisir à écrire cette suite, et j'espère qu'elle vous plaira. Bien sur, je ferais de mon mieux pour qu'elle continue de vous donner envie de la lire, de la 'vivre' à travers mes écrits. Comme toujours, n'hésitez pas à reviewer, ça me fait toujours énormément plaisir. Et puis, SEE YA :D
Chap' 2
Il avala d'une traite la fin de son verre, et reposa le récipient sur le comptoir avant d'empoigner sa canne. Il consulta rapidement sa montre, et déposa un billet sur la surface de marbre. Il ne lui restait plus que quarante minutes avant la première réunion, il était donc temps de se rendre devant la salle s'il ne voulait pas se retrouver tout devant faute de place de choix. Car pour lui, il était évident qu'il ne s'installerait pas au premier rang, comme le font les idiots pour qui ce genre de conférences semble être un pèlerinage obligatoire. Non, il préférait largement être au fond, où il n'était aucunement importuné s'il s'endormait, ou s'il jouait à un quelconque jeu vidéo.
Un médecin d'un certain âge prit la parole, commençant à déblatérer sur les progrès de la médecine dans le traitement de maladies neurologiques. Son accent rendait d'autant plus difficile la compréhension de ses propos, d'autant plus qu'il ne cherchait pas même à articuler un minimum. Au bout de tout juste cinq minutes, un tiers de l'assemblée avait décroché, et baillait à s'en décrocher la mâchoire. C'est alors qu'une silhouette svelte débarqua sans bruits, se glissant derrière la dernière rangée de chaises disposées au fond de la salle de conférence. Certains regards quasi-endormis se retournèrent vers elle, la faisant rougir de honte. Elle prit place sur une place libre, séparée de House par seulement une chaise. Il posa alors son regard sur elle, et manqua de s'étouffer. Ce visage, ce corps, ces traits, il les connaissait bien. Et la charmante Demoiselle paraissait dans le même état de surprise que lui. Cette fois, c'était certain, il n'hallucinait pas. Ou alors son hallucination était vraiment plus réaliste que jamais …
Le neurologue chargé de la réunion continuait son discours, ne mesurant pas même l'attention - ou du moins le peu d'attention - que lui accordait les invités. House ne cessait de jeter des coups d'œils à la jeune femme, ne sachant comment faire pour lui parler. Enfin, à la façon dont il pourrait introduire un dialogue avec elle une fois qu'ils seraient libérés de ce soporifique discours.
Elle se passa la main dans les cheveux, trahissant l'anxiété qui avait pris possession d'elle. Elle ne savait que faire, que ressentir. Pourquoi avait-il fallu qu'elle arrive en retard à cette réunion ? Pourquoi avait-il fallu que sa nourrice l'appelle à ce moment là au sujet de Rachel ? Sans ça, elle ne serait pas arrivée en retard, et elle n'aurait pas eu à s'installer au fond. Et encore moins aussi près de LUI …
Au bout de deux interminables heures, la 'séance' toucha à sa fin. Peu à peu la salle commença à se vider, tous se dirigeant vers le hall de conférence où devait se tenir la première soirée. House quand à lui, ne bougea pas dans un premier temps. Chose tout à fait normale, compte tenu du fait qu'il s'était endormi comme une masse. Il sentit alors une main se poser sur son épaule, avant d'être brutalement secoué. Il ouvrit les yeux brusquement, croisant alors le regard bleu-gris de son 'réveil'.
- C'est fini, tout le monde se rend au bar Monsieur La Belle-Au-Bois-Dormant, déclara la brunette qui se tenait debout devant lui, vêtue d'une jupe tailleur noir qui lui allait à merveille et d'un dos nu retraçant à la perfection les courbes de sa poitrine de rêve.
- J'ai connu des réveils plus tendres, grogna-t-il tout en se redressant, s'appuyant alors sur sa canne.
Ils se dirigèrent ensemble dans la grande salle où le buffet avait été mis à leur disposition.
- Tu viens aux conférences toi maintenant ? Le taquina-t-elle alors. T'as bien changé dis donc.
- Seulement quand ça peut me libérer d'un Doyen fort enquiquinant, pour ne pas dire de gros mots.
Ils s'installèrent au comptoir, avant de commander un Whisky pour le Diagnosticien et un Martini pour l'Endocrinologue.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ? Lui demanda-t-elle, tout en portant le verre à sa bouche.
- On m'a demandé de participer à la conférence, alors c'est ce que je fais, répondit-elle simplement, torsadant ses cheveux autour de son index.
- Et c'est nouveau que tu ne connaisses plus la ponctualité ? Plaisanta-t-il, ne quittant pas une seule seconde des yeux le visage de l'ex-Doyenne. Ça te ressemble pas ça Cuddy.
- Un soucis avec la nounou de Rachel. Parce qu'il faut l'avouer, je n'ai pas pu trouver quelqu'un d'aussi bien que Marina.
Le contenu de leurs verres respectifs diminuaient peu à peu, tandis qu'ils bavardaient le plus simplement du monde. Comme de vieux amis qui se retrouvent après s'être perdus de vue depuis des années. Comme si les incidents qui les avaient mené à installer autant de distance entre eux n'avaient jamais eu lieu. Un sentiment étrange les habitait, un sentiment de plénitude qu'ils n'avaient pas ressentis depuis … Depuis leur rupture. Sans même qu'ils ne s'en aperçoivent, leurs mains se frôlèrent, se touchèrent, et sans même qu'ils ne s'en plaignent, s'attrapèrent.
- Tu bosses ici ? Au Massachusetts General Hospital ?
Elle fit non de la tête, sa main toujours sur celle de House.
- Non non, j'ai trouvé un job au Children's Hospital, j'en suis la Grande Boss. J'ai toujours voulu travailler avec les enfants alors c'était l'occasion ou jamais quand j'ai décidé de quitter Princeton et qu'on m'a proposé le job, expliqua-t-elle.
Il hocha simplement la tête, tandis qu'une musique commença à se faire entendre, afin d'entamer la soirée karaoké prévue. Les lèvres de la jeune femme s'animèrent, tandis qu'elle fredonnait les paroles. Mais avec le bruit environnant, il ne parvint pas à comprendre ce qu'elle marmonnait. Mis à part quelques mots, visiblement compris dans le refrain. « In another life I would be your girl ».
La musique s'acheva, aussitôt suivie par une autre plus rythmée, mais cette fois interprétée par une femme d'une cinquantaine d'années, à la voix de crécelle. Reportant son attention sur son ancienne Patronne, il remarqua que ses yeux brillaient. Une larme roula le long de sa joue, larme qu'il balaya du pouce, profitant de ce tendre geste pour caresser son visage. Elle passa sa langue sur ses lèvres, n'osant alors pas croiser le regard du médecin.
- Je ne vais pas tarder à rentrer, ma nounou ne peut pas rester trop tard ce soir … Bafouilla-t-elle alors.
Il jeta un coup d'œil à sa montre, constatant qu'en sa compagnie, il n'avait pas même vu le temps passé.
- Tu assistes à toutes les réunions demain ? L'interrogea-t-il alors.
- Normalement oui, sauf si j'ai un problème de dernière minute avec la baby-sitter, assura-t-elle.
Il laissa apparaître un petit sourire sur ses lèvres, comme soulagé d'apprendre qu'elle serait présente. Ils se levèrent au même instant, et se dirigèrent ensemble vers les grandes portes automatiques. Une fois à l'extérieur, ils s'adressèrent un dernier regard, avant que la jeune femme ne s'approche de lui et ne dépose un baiser sur sa joue, en toute simplicité.
- A demain House, chuchota-t-elle tout en s'éloignant en direction de son véhicule, après lui avoir remis un petit bout de papier où elle avait inscrit son numéro de téléphone.
- A demain Cuddy …
Il attendit que la silhouette de la Brunette disparaisse de son champ de vision, puis héla un taxi, qui le déposa à son hôtel. Clés en main, il se rendit jusqu'à la chambre qu'on lui avait attitré. Une charmante suite, décorée avec plus ou moins de goût. Il se laissa retomber sur le canapé disposé dans le salon, et attrapa son sac qu'il avait posé un peu plus loin, grâce au pommeau de sa canne. Il en sortit alors son Macbook, qu'il alluma avant d'entrer la clé WIFI, nécessaire lorsqu'on désire accéder à Internet.
Aussitôt sa 'machine connectée', il se précipita sur une page WEB. Le morceau de refrain qu'avait fredonné Lisa ne cessait de lui revenir en mémoire, il fallait qu'il cherche la totalité des paroles, la chanson entière. Ou cela ne cesserait de l'obnubiler.
Heureusement, il n'eut pas besoin de chercher trop longtemps ce qu'il désirait. Il brancha ses écouteurs, et mit en route le single. The One That Got Away, de la charmante Katy Perry.
« Summer after high school when we first met ... »
Sans même savoir pourquoi, il se remémorait la première fois qu'il avait rencontré Cuddy. L'été qui avait suivi la dernière année de lycée de la jeune femme. L'été au cours duquel elle avait visité pour la première fois la Faculté de Médecine du Michigan où elle devait entrer quelques semaines plus tard. L'été au cours duquel il avait été assigné comme le tuteur de la Demoiselle, et durant lequel ils ne s'étaient pas lâchés d'une semelle.
« We'd make out in your Mustang to Radiohead ... »
A présent, c'était la première fois qu'ils avaient fait l'amour qui lui revenait en mémoire. A l'époque, il avait une vieille Mustang, entreposée dans son garage ce jour-là. Il avait alors fait venir Lisa afin de la lui montrer, et de fil en aiguille leurs corps s'étaient liés pour la première fois. L'autoradio en marche avait alors diffusé 'No surprises', détail qui s'était gravé dans leur mémoire.
« And on my 18th birthday we got matching tattoos ... »
Il se souvenait parfaitement d'une de leur discussion de l'époque. Elle avait alors tout juste dix-huit ans, et ensemble ils avaient abordé la possibilité de se faire faire des tatouages similaires, qu'eux seuls auraient été en mesure d'en interpréter la signification.
« Used to steal your parent's liquor and climb to the roof ..»
Il laissait échapper un petit rire en se remémorant toutes les fois où ils avaient dérobé de l'alcool dans la chambre d'autres étudiants, et qu'ils se retrouvaient sur le toit afin de n'être que tous les deux, comme seuls au monde. Bien évidemment, elle regrettait bien souvent de se comporter de la sorte, mais il lui faisait vite changer d'avis.
« Talk about our future like we had a clue ... »
Il ferma les yeux, songeant à nouveau à toutes les choses qu'ils s'étaient promis de faire. Au futur auquel ils s'étaient préparés, comme s'ils pouvaient avoir une quelconque idée de la façon dont celui-ci pourrait bien se dérouler.
« Never planned that one day I'd be losing you ... »
Il était vrai qu'à ce moment là, sur le toit de la FAC, jamais ils n'auraient présumé un seul instant qu'un jour ils se perdraient, qu'ils se sépareraient aussi violemment que cela s'était produit. Jamais ils n'avaient imaginé une telle chose …
« In another life, I would be your girl ... »
C'était comme si cette chanson voulait lui délivrer un message. C'était sans doute pour cela qu'elle avait tant ému l'ex-Doyenne, parce qu'elle devait certainement avoir l'impression d'entendre sa propre vie dans les paroles. Leur propre vie.
« We'd keep all our promises, be us against the world... »
Il rouvrit les yeux, tout en se massant sa jambe douloureuse. Cette chanson les reflétait réellement, c'en était presque effrayant. Car oui lorsqu'ils se trouvaient dans la même pièce, il paraissait que quoi qu'ils arrivent, ils étaient ensemble contre le monde. Que leurs promesses mutuelles les unifiaient et qu'ils continuaient à y croire. Ensemble, ils étaient plus forts que le monde entier.
«In another life I would make you stay ... »
Il se massa plus durement la jambe. Repensant au nombre de fois où il aurait voulu changer d'espace temps, pour lui demander de rester. Avec le recul, il avait pris conscience de ses erreurs, mais il était déjà trop tard. Il aurait juste voulu la retenir ….
« So I don't have to say you were the one that got away ... »
Il se maudissait d'avoir été le lâche qui avait toujours fuit devant les choses. Il se maudissait de ne pas avoir su assumer les conséquences de ses actes. A la FAC, il avait été celui qui l'avait abandonné. Il avait été celui qui avait toujours repoussé la possibilité d'une relation entre eux durant des années, comme pour se protéger de toute douleur. Il avait beau l'avoir tenu pour coupable pendant des mois de leur rupture, au final c'était de sa faute à lui. C'était lui qui, d'une certaine façon, était parti.
« I was June and you were my Johnny Cash,
Never one without the other we made a pact ...»
C'était étrange, mais tous les souvenirs de la FAC avec elle lui revenaient en mémoire. Depuis leur première rencontre, ils étaient toujours fourrés l'un avec l'autre. Certes il était plus vieux qu'elle, mais peu leur importait. Ils n'avaient pas besoin des autres, ils avaient fait un pacte : ne jamais se séparer, quoi qu'il arrive. Même si malheureusement pour eux, les choses ne s'étaient pas passé comme prévu …
«Sometimes when I miss you I put those records on... »
Ses paupières se refermèrent, tandis qu'il se souvenait de chaque morceau qu'il avait composé pour elle. Des morceaux qu'elle n'avait par ailleurs jamais entendu, parce qu'il n'était jamais parvenu à trouver le courage nécessaire à les interpréter devant elle. Mais qu'un jour, il s'en faisait la promesse, il jouerait pour elle, devant elle.
« Someone said you had your tattoo removed
Saw you down town singin the blues
It's time to face the music i'm no longer your muse ... »
Un petit gémissement de douleur s'échappa de sa bouche. Son muscle meurtri le tiraillait affreusement, la douleur était à la limite du supportable. Sa muse, il le savait, avait toujours été Cuddy. Depuis toujours elle avait été sa source d'inspiration. Chaque note qu'il jouait semblait comme dictée par les courbes de son corps parfait ou de son visage cristallin, chaque morceau était telle une sérénade tout droit venue des cieux. Mais depuis qu'elle avait quitté le PPTH, c'était comme si les mélodies qu'il parvenait à composer n'étaient que le reflet de la tristesse qui le dévorait. Sa muse était partie, et personne ne parvenait à la remplacer.
« In another life I would be your girl
We keep all our promises be us against the world ... »
Il avala deux comprimés d'Ibuprofène, espérant que cela permettrait d'atténuer quelque peu sa douleur. Sans grandes convictions bien sûr. Mais il avait déjà fait une fois l'erreur de reprendre la Vicodin, alors ce n'était pas maintenant qu'il l'avait retrouvé qu'il devait se montrer faible à nouveau. Il était hors de question de retoucher à cette chose qui l'avait détruit …
« In another life I would make you stay
So I don't have to say you were the one that got away
The one that got away
The one the one the one
The one that got away... »
Il n'en pouvait plus. Il ne supportait plus rien. Revoir Lisa à cette conférence lui avait rappelé qu'elle était la raison de ses douleurs, rouvrant des plaies qui même après tant de mois ne s'étaient pas refermées.Il aurait tout donné pour avoir une autre chance, une autre vie. Une autre vie où il ne fuirait pas, une autre vie où jamais il ne laisserait Lisa lui filer entre les doigts …
« All his money can't buy me a time machine. Noooooooooooooo
Can't replace you with a million rings. Noooooooo ... »
Il en était convaincu, rien ne pourrait jamais la remplacer à ses yeux. On pouvait lui donner tout l'or du monde, lui promettre le jour et la nuit, cela ne changerait rien. On pouvait même lui annoncer que sa jambe pourrait être guérie s'il acceptait de renoncer à elle, il refuserait, il en était intimement certain. Elle avait bien trop d'importance à ses yeux …
A une vingtaine de kilomètres de là, Cuddy s'était réfugiée dans son salon. Allongée sur son canapé, une maigre couverture sur elle, elle ne s'était pas même changée. Les écouteurs visés dans ses oreilles, les larmes roulaient sur ses joues. Elle ne tentait pas même de les retenir, elle n'en avait plus même la force.
C'est alors que son portable se mit à vibrer, la tirant de sa torpeur mélancolique. Elle s'en saisit, vérifiant le numéro de son interlocuteur avant de répondre. Tiens, il n'avait pas changé de numéro …
- House ? Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta-t-elle alors, sa voix encore gorgée de sanglots qu'elle tentait de dissimuler du mieux qu'elle pouvait.TBC ...
