J'ai relu la partie précédente hier et j'ai pensé que ça n'avait pas été la fin pour Rose. J'ai réalisé que l'histoire méritait un petit ajout. Que voici.

Spoilers : End of journey

Bad Wolf Bay - 2008

Le trou qu'avait laissé son absence s'était soudain rempli. Je ne serais plus seule. Et lui non plus. Je l'avais embrassé et il m'avait serrée contre lui avec ardeur. Nos corps s'étaient brusquement reconnus et accordés l'un à l'autre. À force de se frôler et de se tourner autour, le crescendo final était parfait. C'était la première fois qu'il me touchait, que cette version le faisait, mais la façon dont il s'y prenait comblait mes rêves les plus fous. C'était un baume sur les trois années qui venaient de s'écouler. Je pouvais effacer l'ardoise grise et recommencer à colorer ma vie de bleu et de brun noisette.

Il était simplement curieux que, pendant que mon cœur battait son bonheur, il pleurait également le départ du Tardis. Un Docteur partait, un autre restait. L'un aurait une boîte bleue et Donna, l'autre… moi. J'étais responsable d'un Docteur. L'angoisse et la terreur : est-ce qu'une vie sur Terre dans le quotidien le plus absolu lui suffirait ? Est-ce que JE lui suffirais ?

Je m'étais battue pour traverser les dimensions et le retrouver, j'avais fait pression sur mon père et Torchwood, j'avais fait chanter les plus hautes autorités possibles afin d'avoir les fonds pour le projet du canon temporel. J'avais refusé de croire ma mère qui essayait de me garder les pieds sur terre. J'avais fait l'impossible et l'inimaginable. Et j'étais arrivée à mes fins. Je l'avais retrouvé. Il était vivant, il était le même homme qui hantait mes nuits et dont le fantôme me suivait durant le jour. À aucun moment je n'avais imaginé qu'il pourrait préférer aller de son côté. Il avait promis qu'il resterait avec moi jusqu'à la fin, mais il n'avait jamais été confronté à une telle fin. Et si jamais... si jamais, au bout de quelques temps, il trouvait mieux ? J'avais une idée très humble de ma condition et de ma situation : j'avais un peu plus d'expérience que la plupart des humains et j'étais capable de faire taire ma mère une fois sur trois quand elle piquait une crise de colère. Autrement, j'étais ordinaire. Et lui… lui était habitué à l'extraordinaire. Il pouvait prétendre à tellement mieux que tout ce que je pouvais lui offrir.

Il prit ma main et nos doigts s'enlacèrent. C'est fou comme un rien me rassure : sa paume contre la mienne avait suffit. Je n'étais pas seule, plus jamais seule. Il m'avait offert une part de lui, son dernier cadeau.

Le Tardis s'était effacé et un Docteur aussi. Adieu, Docteur.

La plage n'est pas déserte. Ma mère, moi et… lui.

Oui, adieu Docteur, nous penserons toujours à toi. Où que tu sois.