Disclaimer : Tout à JKR, bien sûr !

Résumé : Il y a trente ans, un certain Voldemort fut tué par un mystérieux jeune homme qui disparut tout de suite après. Aujourd'hui, le monde Sorcier est de nouveau en danger. Pas à cause d'un Mage noir, non. A cause de la Magie elle-même : elle a décidé de disparaître. Dumbledore prend des mesures drastiques, pour son plus grand plaisir. TimeTravel, Dimensions Parallèles, [HPDM]

NDA : Merci beaucoup pour les follows et les mises en fav ! :D J'espère que vous allez apprécier la suite !


Evanescence, Album Fallen


JE N'EXISTE PAS

Chapitre 2

Le lendemain matin, j'étais dans la cuisine, les yeux cernés de vilaines marques violettes, et je quittai, accompagné de ma valise, ce qui fut ma maison pendant quinze ans, avant qu'aucun membre de ma famille ne puisse me voir. A quoi cela servirait de leur faire mes adieux ? Ils ne s'en souviendront pas.

C'était donc d'un pas lent et traînant que je marchais dans la rue commerçante de Pré-Au-Lard. En arrivant aux abords du portail de l'école, je marquai un temps d'arrêt, les yeux dirigés vers la plus grande tour. Pourquoi étais-je obligé, pourquoi m'avait-on ordonné, de sauver le Monde ? Je ne voulais pas faire ça. Je n'en avais rien à faire. J'étais juste un garçon comme les autres, qui n'avait jamais rien demandé à personne, et qui souhaitait juste vivre sa petite vie tranquille. Mais non. Non parce que y avait cette putain de… punition ? C'était de ça qu'il s'agissait, non ? qui faisait disparaître la Magie. Mais pourquoi moi ?! Pourquoi Dumbledore, lui, il pouvait pas juste prendre un Retourneur dans le Temps - ce qui ne demande pas non plus une incroyable réserve de Magie, et s'occuper lui-même du problème ? Pourquoi un adolescent de quinze ans était-il obligé de sacrifier sa vie, sa famille et ses amis, voire même son existence, pour le Monde, tandis que le vieux de quatre vingt ans, qui avait vécu suffisamment longtemps, se la coulait douce ? C'était profondément injuste. J'allais perdre tout ce qui m'était cher, juste pour permettre aux Sorciers d'exister. Et moi ?

Je serrai les dents, tout en étudiant le portail. Je n'avais vraiment aucune envie d'y aller. Aucune. J'allais tout juste entrer, quand j'entendis quelqu'un m'appeler derrière moi.

"Monsieur Potter !"

Je me retournai vivement, en essayant d'arborer un visage indifférent. Le professeur MacGonagall elle-même ne prenait pas cette peine, et m'observait avec un regard définitivement inquiet.

"J'ai appris de vos parents que vous deviez… vous rendre dans le passé."

Je hochai la tête en baissant les yeux.

"Voudriez-vous prendre un café, avant d'y aller ?"

"Je…" Je jetai un oeil à Poudlard, sombre édifice symbolisant le glas de la fin de ma petite vie. Jamais je n'aurais cru pouvoir détester cette école. "Oui, pourquoi pas…"

"Venez."

Elle me fit un petit signe et je la suivis en silence, traînant ma valise. Elle nous fit entrer dans les Trois-Balais, et commanda à peine arrivée deux cafés bien forts.

Une fois installé à une petite table, je l'observai s'installer avec un soupir. Elle secoua la tête, puis lâcha du coin des lèvres :

"Parfois, j'ai bien envie de le baffer, ce cher Albus…"

Elle me transperça de son regard, et posa son sac à côté d'elle après en avoir sorti un mouchoir.

"Eh bien, Potter. Comment vous sentez-vous ?"

Je détournai les yeux pour porter mon attention sur Rosmerta qui s'activait à faire les cafés.

"Je… Eh bien… Je vais bien ?"

Elle eut un petit ricanement, tout en levant un sourcil.

"Non. En fait, je…" Je poussai un soupir en étudiant mes mains. "Je me sens… mal."

Il y eut un petit instant de silence, avant que je reprenne :

"Je n'ai aucune envie que les gens m'oublient. Ça fait peur. C'est terrifiant. J'ai l'impression que ma vie sera réduite à néant. Que… que je ne serai plus rien. Est-ce que… Est-ce qu'il vous a expliqué comment ça a commencé, cette disparition des pouvoirs ?"

"Albus a toujours été très secret."

Je croisai brièvement son regard.

"Eh bien… Il semblerait qu'un… qu'un autre moi ait été dans le passé," je fronçai les sourcils, "et qu'il a tué un Mage Noir qui montait en puissance. La Magie aurait voulu le remercier, et il a choisi de mourir, plutôt que de rester dans ce monde. Je crois, professeur, que j'aurais choisi également cela, si je n'avais pas su que cela ferait disparaître les pouvoirs… Quel est l'intérêt de vivre quelque part où on n'a pas sa place ?"

Je laissai ma question résonner un peu entre nous, le temps que Rosmerta dépose notre commande sur la table, et reparte après nous avoir fait un petit sourire.

"Monsieur Potter…" Elle semblait choisir ses mots. "Je pense que vous ne devriez pas partir aussi défaitiste… Même si vous ne serez plus dans votre époque, ou dans l'univers que vous connaissez… Vous serez toujours là. Vous serez toujours en vie. Votre coeur continuera de battre, tout comme votre cerveau de fonctionner. Vous existerez. Peut-être pas en tant que Harry Potter. Mais vous existerez quand même."

"... Vous pensez que, après avoir changé le cours des choses, je reviendrai ici… ? Est-ce que vous pensez… qu'un autre Harry Potter naîtra ? Est-ce que vous pensez qu'une autre version de moi-même vivra à ma place, avec ma famille et mes amis ?"

"Je n'en sais pas plus que vous… Mais si tel était le cas, qu'auriez-vous envie de faire ?"

Elle but une gorgée de son café, son regard ne cessant pas une seule seconde de me fixer.

"Ce que j'aurais envie de faire ?" murmurai-je, regardant sur le côté. "Je voudrais juste le tuer pour avoir pris ma place…" Mes doigts se crispèrent sur la anse de ma tasse. "Mais… J'ai une certaine once de conscience, qui me dit que ce ne serait pas bien. Que ce serait mal. Et céder à la facilité. Professeur, je… je suis complètement désemparé." J'eus un petit rire nerveux, en sentant les larmes se former dans mes yeux. "Je ne pensais pas devoir renoncer à tout ce que j'avais. Je ne pensais pas que quelqu'un, qu'un groupe de personnes en avait après moi, juste parce que j'ai quelque chose de plus qu'eux. Je… Je ne comprends pas comment on peut dire qu'un enfant est la cause de tous les maux, comment on peut y croire au point même qu'on l'envoie quelque part, où il sera sûrement oublié. Et le pire, je crois… c'est que j'apprends ça de la bouche d'une des personnes que j'admirais le plus au monde. Et… Je ne sais pas quoi faire. Je… Je n'ai rien préparé ! Je vais être envoyé à une époque en semi-guerre, et... et je n'ai aucune expérience de la guerre ! Je n'ai qu'un niveau moyen en Défense Contre les Forces du Mal ! Je ne sais pas ce que l'autre moi a prévu de faire… Je ne sais même pas pourquoi il le fait."

Elle me tendit une tasse fumante que j'attrapai machinalement. Je la portai à mes lèvres, et fermai les yeux, refoulant les larmes, tout en avalant une gorgée.

"Vous avez fait vos adieux ?"

"Oui."

"A tout le monde ?"

"... Non." Je reposai le récipient dans un geste las. "Je n'ai pas pu me résoudre à aller voir Draco, ou même Hermione et Ron."

"Vous ne voulez pas ?"

"Ça ne sert à rien. Ils ne sauront jamais que je suis parti."

"Mais vous… Pour vous, vous ne voulez pas ?"

Je haussai les épaules.

"Je préfère me souvenir d'eux me souriant, plutôt que me rappeler de la peine que je leur aurais causée."

Elle m'étudia un long moment par-dessus sa tasse, avant de fermer les yeux.

"Professeur, je… je crois que je vais partir."

Elle hocha la tête, et je me levai sous son regard. Elle ne fit même pas un geste pour faire de même.

"Merci pour… pour le café."

"De rien, Monsieur Potter."

"Et… Je… Au revoir, Professeur."

"Au revoir, Harry."

Sur ces derniers mots, je sortis du pub, le soleil éclairant mon chemin - chose étonnante compte tenu du fait qu'on était en mars. A croire que même le ciel était heureux que je m'en aille.

Je parvins finalement au château, après avoir marché le plus lentement possible. Je poussai l'une des grandes portes, et pénétrai le bâtiment en sentant un frisson remonter le long de mon échine. Plusieurs personnes me jetèrent des regards, avec des petits sourires que je pouvais sans peine qualifier de goguenards et méprisants. Je fis de mon mieux pour n'y prêter aucune attention, et c'est presque sans respirer que j'arrivai au bureau de Dumbledore.

"Eh bien ! Vous êtes en avance, Monsieur Potter !" s'exclama-t-il, presque joyeux.

Je remarquai de suite qu'il n'était pas seul, et je réprimai un mouvement de recul en reconnaissant le Ministre de la Magie, Monsieur Fudge, qui avait compensé son manque de Magie par des armes et des pressions psychologiques tout aussi efficaces, ainsi que le chef du Mouvement pour la Conservation de la Magie (M.C.M.). A côté d'eux, se trouvaient deux hommes légèrement menaçants qui portaient des mitraillettes - et je ne voulais vraiment pas savoir pourquoi ils étaient ici. Je ne pus cependant pas empêcher mon imagination me souffler que c'était sûrement pour moi qu'ils étaient armés.

"Bien. Alors." Dumbledore s'avança vers moi, un objet dans sa main droite. "Ceci est le Retourneur dans le Temps. Cependant, avant que tu ne l'utilises, j'ai quelques indications à te donner. Tout d'abord, sache que, quand tu vas arriver trente ans auparavant, tu pourrais éventuellement rencontrer tes parents. Evite-les, ne leur parle en aucun cas. Est-ce clair ?"

"Ou-oui, Monsieur." balbutiai-je en voyant du coin de l'oeil les deux hommes me menacer de leurs armes.

"Tu vas également rencontrer ton autre toi. Il est impératif que vous ne deveniez qu'un. Tu comprends ? Il va falloir que tu sois dans le même état d'esprit que lui à ton arrivée. C'est pourquoi…" Il arbora un petit sourire amusé, tout en faisant se décaler le Ministre, qui révéla mes parents assis sur un canapé. Ils me regardaient en fronçant les sourcils, et je sentis mon appréhension monter d'un cran. Eh. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ? Pourquoi ils me regardaient comme ça ? Je voyais dans leurs yeux une lueur briller, lueur qui n'était d'ordinaire jamais dirigée contre moi.

"Eh bien, Harry. Si j'avais su que tu étais comme ça, nous ne nous serions pas occupés de toi hier."

"Qu-quoi ?"

La voix de mon père devint plus dur quand il asséna :

"Espèce de voleur. Petit salopard. C'est toi qui as pris nos pouvoirs, hein ? On s'en est toujours douté… Mais Dumbledore nous a bien éclairés à ce sujet… Je comprends maintenant ce que tu faisais dans ta chambre… Tes petits rituels furent bien fructueux, n'est-ce pas ?"

"Comme si ça ne te suffisait pas d'avoir pris la magie des né-moldus, il a fallu que tu prennes les nôtres. Pourquoi, Harry ? Pourquoi ?"

"M-Mais Maman…"

"Tais-toi. Je ne veux plus jamais être appelée ainsi par toi. Tu me dégoûtes. Tu n'es qu'un sale profiteur. J'aurais mieux fait de ne jamais te mettre au monde. James. On s'en va. On n'a plus rien à lui dire."

"J'espère pour toi que tu te rachèteras comme il le faut." siffla-t-il en la suivant hors du bureau.

Non… Non, ça ne pouvait pas être vrai… Jamais ils ne m'auraient dit ça… Des frissons parcouraient mon dos, et je ne fis plus attention, pendant un moment, à ce que me disait Dumbledore. Mais celui-ci me rappela à l'ordre en claquant ses mains juste devant mon nez. Il arborait un petit sourire satisfait que me dégoûta.

"Une dernière chose : tu ne pourras jamais "fusionner" avec le Harry de l'époque d'où tu viens, de l'époque actuelle, puisqu'il n'aura pas connu du tout les mêmes choses que toi."

Il fit passer le Retourneur dans le Temps autour de mon cou, puis continua :

"Je pense que repérer ton alter ego ne devrait pas être trop compliqué. Logiquement, cet objet va t'amener dans le bureau directorial, et il y a de fortes chances que l'autre soit à Poudlard. De ce que je sais, Voldemort, le Mage Noir, trouvait ses partisans aux bancs de l'école, et commençait tout juste à avoir une réelle influence sur le Monde Sorcier et un... parti. Mais je suppose que ton autre toi sait tout cela, donc, tout ce que tu as à faire, est de te trouver. Bon voyage."

Tout en parlant, il avait fait tourner le Retourneur autant de fois qu'il le fallait pour remonter dans le temps de trente ans. Deux minutes plus tard, je me sentis décoller, et passer comme dans un étrange tuyau aux dimensions étroites. J'eus l'impression que mon visage se déformait, et que mon corps s'allongeait. Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans cet étrange conduit, mais le fait est que, quand je vis enfin la lumière, je me trouvais dans le même bureau, avec seulement bien moins de bibelots.

C'est quand je me relevais, que je remarquai un homme d'un des tableaux me considérer avec résignation.

"Allons bon. D'où est-ce que tu viens, toi, cette fois ?"


A suivre ! :D

Heloc61