Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.


Les vacances idéales de Peter Burke

Chapitre 2) Négociations

Neal était sous le choc, il ne s'était pas attendu à cela de la part de Peter, il s'était préparé à quelques éventualités, mais pas à ça.

En venant il s'était attendu à ce que Peter lui annonce qu'il le mettait sous le contrôle de quelqu'un d'autre pour les quinze jours à venir, c'était de bonne guerre, c'était aussi plus prudent, Peter le connaissait trop bien pour le laisser livré à lui même pendant quinze jours, même avec un traceur à la cheville, il y avait beaucoup à faire dans le périmètre où il pouvait se déplacer, bien trop de lieux tentants pour un escroc ou un voleur.

Il avait prévu qu'il y aurait quelqu'un à ses basques tout le temps, mais il était loin d'avoir pensé que Peter puisse avoir l'idée saugrenue, oh combien, de l'emmener avec lui.

Surtout au lac Champlain.

Neal en frissonnait d'horreur rien que d'y penser, le lac Champlain au printemps... non, rien à faire, il ne se voyait pas là bas.

La main d'Elizabeth sur son bras ne l'apaisa pas, pas plus que ce qu'elle lui soufflait à l'oreille et le regard de plus en plus sombre, le visage de plus en plus courroucé de Peter ne le troublait pas plus, il avait déjà vu Peter contrarié et même très remonté contre lui, cela ne lui faisait plus rien.

Enfin, si, cela lui faisait tout de même quelque chose, il ne pouvait pas se mentir, il connaissait Peter, il savait que son contrôleur ne tolérerait pas très longtemps une insubordination ouverte.

Mais il y avait toujours moyen de négocier, n'est-ce pas ?

Peter était ouvert à la négociation... enfin, s'il était de bonne humeur.

Ce qui n'était visiblement pas le cas pour le moment.

Neal hésita à se lancer dans les négociations, il savait instinctivement reconnaître les moments favorables, et tel n'était pas le cas actuellement.

Peter était contrarié, et quand Peter était contrarié négocier ne menait à rien, sinon à le contrarier un peu plus.

Oui... mais, le lac Champlain au printemps... ça valait la peine de tenter le coup tout de même, tout sauf le lac Champlain.

Neal jeta un regard par en dessous à son contrôleur qui faisait visiblement de son mieux pour ne pas céder à une impulsion qu'ils regretteraient tous deux, comme celle de le prendre à bras le corps et de le jeter à l'arrière de la voiture par exemple.

Ce dont Neal lui était reconnaissant, mais pas au point de monter dans la voiture, pas sans avoir tenté le tout pour le tout, la négociation de la dernière chance.

- Peter, commença t'il d'un ton calme.

- Non. Répondit immédiatement Peter sans même lui laisser le temps de finir sa phrase.

Elizabeth soupira, retira sa main du bras de Neal et ouvrit la portière arrière pour faire descendre Satchmo, connaissant les deux hommes cela allait prendre un moment, inutile que le labrador ait à souffrir.

Elle lui mit sa laisse et l'entraîna dans une petite promenade qui leur ferait le plus grand bien.

Tout en s'éloignant elle se prit à espérer que Neal réussisse à convaincre Peter de le laisser à New-York.

Ce serait tellement bien... quinze jours rien que Peter et elle, avec Satchmo pour seule compagnie, dans une cabane qu'elle avait choisi avec le plus grand soin pour un séjour digne de ce nom.

Neal réprima une grimace et protesta pour la forme.

- Tu pourrais au moins me laisser terminer avant de dire non !

Peter haussa les épaules, balayant l'objection avec nonchalance.

- Peu importe ce que tu avais l'intention de me dire, la réponse sera toujours non, tu le sais, je le sais, inutile de perdre du temps.

Neal se tourna vers Elizabeth qui s'éloignait avec Satchmo.

- Je crois que nous avons du temps... se risqua t'il à dire.

Peter devait bien admettre qu'il n'avait pas tort et il était clair qu'Elizabeth ne s'était éloignée que pour leur laisser ce temps justement, du diable s'il comprenait pourquoi par contre.

Mais puisque son épouse semblait vouloir laisser à Neal une chance d'exposer ses arguments, il ne pouvait que s'incliner et les écouter, puis les refuser comme de juste puisque la décision était prise et irrévocable.

Il croisa lentement les bras sur sa poitrine et fit face à son consultant, résigné à entendre tout et n'importe quoi.

- Je t'écoute, quels sont tes arguments ?

Des arguments Neal n'en manquait pas, mais il y en avait qu'il valait mieux taire, comme ceux concernant Mozzie et les projets qu'ils auraient pu avoir pour occuper ces quinze jours de repos.

Nul doute que l'intérêt de Peter aurait été aussitôt en alerte, peut être même un peu trop, mais Neal ne tenait pas justement à ce que l'intérêt de Peter soit trop en alerte.

Il savait par expérience que ce n'était pas bon pour lui, ni pour Mozzie, même si Mozzie avait toujours réussi à se glisser entre les mailles du filet.

- Je n'ai rien prévu pour un séjour au lac Champlain, ma tenue n'est pas adaptée, je n'ai pas prévenu June de mon absence, je ne suis pas très amateur de nature et plein air, celui de New York me suffit, mais je te remercie de te soucier de moi et de ma santé. Dit il sobrement.

Il vit les coins des lèvres de Peter remonter, ce n'était pas franchement un sourire, mais c'était indéniablement la preuve que l'agent du FBI était amusé par ses propos.

Neal reprit un peu espoir, si Peter était de meilleure humeur il pourrait peut être reconsidérer la question.

Peut être...

- Ne t'en fais pas pour ce qui est de l'habillement, j'ai déjà pris la liberté de me procurer de quoi te couvrir pendant ces quinze jours. Par chance je connais ta taille. Affirma Peter. Pour ce qui est de June, tu pourras la prévenir en route, je suis persuadé qu'elle comprendra et qu'elle sera heureuse d'apprendre que tu vas avoir de vraies vacances.

Ou peut être pas...

Décidé à ne pas capituler Neal reprit de plus belle.

- Et si elle avait besoin d'un coup de main pendant ces quinze jours ? N'oublions pas que je suis censé lui rendre des services en échange du logement...

- Je suis certain que tu es parfaitement à même de lui expliquer pourquoi tu n'as pas le choix. Répondit Peter. Maintenant épargnes moi le couplet sur la maltraitance et monte dans cette voiture que nous puissions partir.

Neal regarda la voiture en faisant la moue.

- Quand tu me dis de monter dans la voiture, tu veux dire à l'arrière ?

- Exactement.

- Et je dois t'épargner le couplet sur la maltraitance ? Peter ! Me faire voyager près de cinq heures à l'arrière d'une voiture aux côtés d'un chien, c'est clairement de la maltraitance.

Peter haussa les sourcils.

- Tu n'aimes pas mon chien ?

- Je n'ai pas dit ça.

- Mais tu viens de dire que passer cinq heures à ses côtés s'apparentait à de la maltraitance.

- En effet.

- Donc tu n'aimes pas mon chien, si tu aimais mon chien passer du temps à ses côtés ne serait pas de la maltraitance pour toi, mais un plaisir.

- Peter, je porte une tenue de Byron, tu imagines dans quel état elle sera dans cinq heures si je les passe à l'arrière de ta voiture aux côtés de Satchmo ? Protesta Neal avec véhémence.

Le coin des lèvres de Peter se releva immédiatement, oui, il s'imaginait très bien dans quel état serait le costume, ainsi que Neal, après ces cinq heures de route.

- Par égard envers Byron et son costume, je ne vais pas t'obliger à passer cinq heures à le frotter aux côtés de Satchmo en effet. Dit il doucement.

Neal n'eut pas vraiment le temps de se réjouir, Peter venait de rouvrir le coffre et en tirait un sac de voyage. Il le tendit à Neal.

- Tiens, va te changer.

Neal prit le sac à contre cœur, il devait bien se faire à la pénible certitude que rien ni personne ne viendrait le sauver de ce voyage, et de ces vacances.

- Je peux avoir les clefs de la porte d'entrée ? Demanda t'il comme rien d'autre ne venait.

Peter haussa les sourcils, une brève lueur d'amusement passa dans ses yeux.

- Parce que tu en as besoin pour ouvrir ma porte ? Ironisa t'il.

- Très drôle Peter, mais il n'est pas question que je force ta serrure, encore moins devant toi. Maugréa Neal qui ne trouvait vraiment pas cela amusant en vérité.

Peter le précéda pour lui ouvrir la porte et l'accompagna jusqu'à la salle de bains, seule pièce où Neal pouvait se changer sans avoir la possibilité de prendre la fuite par une fenêtre, la seule qui s'y trouvait étant placé trop haut, trop étroite et munie d'une grille.

Quelques minutes plus tard Neal ressortait de la pièce, le regard sombre, le visage fermé, à la limite de bouder, mais habillé d'une tenue confortable et simple, très loin des élégants costumes qu'il affectionnait. Beige, solide, avec un pantalon pouvant se transformer en short grâce à un système de fermetures éclair sur des chaussures adaptées à la marche dans la campagne, une chemise légère, une veste assortie et un chandail dans les mêmes teintes.

Une tenue qui lui allait cependant à la perfection, qui le rajeunissait, effet accentué par son expression.

Peter se laissa aller à sourire pleinement, Elizabeth avait parfaitement choisi comme il fallait s'y attendre et Neal avait tout l'air d'un adolescent que ses parents forcent à venir avec eux.

- Tu vois, tu n'en es pas mort.

- Oui, c'est curieux... j'aurai cru qu'une tenue choisie par toi ne m'irait pas. Répliqua Neal.

- Une tenue choisie par Elizabeth. Corrigea Peter.

- Ceci explique cela. Ajouta Neal avec un peu de malice.

- Dans la voiture ! Tout de suite ! Gronda Peter en le poussant vers l'escalier.

A suivre