Bonjour/bonsoir ! A vrai dire, je ne m'attendais pas à publier un autre chapitre à peine 24h après le premier, mais je le trouvais bien court et cela ne me plaisait pas de vous laisser ainsi, avec si peu de lecture ... Et puis, il était déjà prêt et n'attendait plus que d'être publié, alors pourquoi attendre ?
Je tenais à remercier les deux personnes ayant mit cette FanFic dans leurs alertes, cela me fait extrêmement plaisir !
Enfin, bref, je trêve de blabla, bonne lecture !
- « Tu as fait quoi ?! »
- « Je l'ai invité à visiter la forteresse. »
- « Tu as perdu la tête ? » s'exclama Caïus en se redressant de son siège, le regard assassin.
Démétri déglutit en voyant son maître s'emporter de la sorte, alors que Marcus n'avait pas bougé, semblant s'être définitivement transformé en statut. Aro n'avait pas prononcé le moindre mot, et semblait réfléchir sans pour autant quitter le vampire qui lui faisait face. Caïus siffla avant de se tourner, les poings vissés sur les hanches.
- « Caïus ... » susurra finalement Aro en levant la main vers le vampire blond furieux à ses côtés.
Caïus sembla hésiter un court instant, avant de retrouver son calme, et lorsqu'il s'assit, il garda cependant le regard rivé vers un point invisible sur un mur. Aro sourit légèrement en regardant Démétri qui n'avait pas bougé d'un cil, attendant sa sentence. Il regrettait déjà d'avoir invité cette humaine au château, mais le traqueur n'avait pas réfléchi lorsqu'il avait prononcé ces mots. Il savait simplement qu'il voulait la voir à nouveau et l'avoir, sans même comprendre pourquoi. Le chef des Volturi frappa dans ses mains en retrouvant un air joyeux.
- « Tu as raison mon frère » Aro tourna la tête vers Marcus qui n'avait prononcé le moindre mot. « Il me faut la rencontrer ! »
- « Es-tu devenu fou, Aro ?! » s'écria Caïus.
- « Tu peux disposer Démétri » aujouta Aro sans faire attention aux hurlements de Caïus qui semblait à deux doigts de perdre la tête, si cela était possible pour un vampire de son envergure. « Mais je veux que tu me l'amènes, demain. »
Le traqueur hocha la tête avant de tourner les talons, sentant le regard des trois maîtres des Volturi lui vriller le dos. A peine eut-il passé les portes imposantes que l'odeur de la nouvelle secrétaire lui emplir les narines, et il entendit son coeur se mettre à battre la chamade lorsqu'il entra dans son champs de vision, mais le vampire ne lui accorda pas même un regard et la dépassa en grognant légèrement, comme pour lui faire comprendre qu'il lui était supérieur, et il sentit avec plaisir la peur de l'humaine augmenter. Alors qu'il se dirigeait vers ses appartements, le bruit des pas derrière lui s'intensifièrent, et en se retournant, il reconnut avec désarroi les jumeaux maléfiques, comme aimait les surnommer Félix. Jane le fixait d'un air mauvais, alors qu'Alec semblait bien plus joyeux que sa soeur, comme toujours. Ce dernier avait un petit sourire au coin des lèvres et laissa même un petit rire lui échapper.
- « Il paraît que tu as trouvé un nouvel animal de compagnie » railla Alec en faisant référence à l'humaine inconnue.
Démétri grogna à nouveau, mais le regard que lui lançait Jane suffit à retenir ses insultes.
- « Tu t'ennuie à ce point mon cher ami ? »
- « Il faut dire que votre présence n'est pas des plus ... Divertissante » rétorqua Démétri.
Alec ne perdit pas son rictus, et lorsqu'il passa près du vampire blond, le jeune homme s'arrêta et plongea ses iris rouges dans les siennes, l'air très sérieux.
- « Mais je te met en garde, mon ami. Si ton petit animal fait le moindre faux pas, je n'hésiterais pas à m'en occuper moi-même. »
- « Alec, il suffit. »
Bien qu'ils fussent des vampires à l'ouïe parfaite, aucun d'entre eux n'avaient entendus leur maître se rapprocher d'eux, et lorsqu'Alec reconnut la voix d'Aro, il baissa automatiquement le regard, troquant au passage son air fier contre une mine fermée, au même titre que sa soeur. Le maître des Volturi ne se déplaçait que très rarement en dehors de la salle du trône et de ses appartements, cela expliquait sûrement l'étonnement que ressentait Démétri face à son maître, qui souriait toujours largement.
- « Je vois que les nouvelles vont vite » continua Aro, sans quitter les jumeaux du regard. « J'espère que vous saurez vous tenir, mes chers jumeaux ... Il y a bien longtemps que ce château n'a pas reçu de visiteurs. »
- « Mais, Maître, ce n'est qu'une ... »
- « Une humaine, et une invitée » le coupa le chef des Volturi en croisant les doigts face à lui. « En l'occurrence, celle de Démétri. »
Ce dernier serra les dents, stoïque face à l'apparente joie de son maître, et alors que celui-ci s'éloignait d'eux, toujours aussi joyeux, les jumeaux sifflèrent en jetant un regard acide vers le vampire blond, qui s'autorisa un léger sourire en coin. Les deux vampires disparurent en un brusque courant d'air, laissant le vampire grec seul avec ses pensées. Ce dernier jeta un coup d'oeil vers l'extérieur, et soupira inutilement en voyant que le soleil avait laissé sa place à la lune, qui brillait, haut dans le ciel. Démétri gagna enfin ses appartements, sans croiser qui que ce soit dans les couloirs, et s'installa sur son divan, toujours aussi songeur. Il ne comprenait pas pourquoi cette jeune humaine l'avait attiré de la sorte. Ce n'était pas son physique, depuis des millénaires, Démétri côtoyait les plus belles femmes aux côtés des Volturi et cette brunette n'arrivait pas à la cheville d'Heidi, mais pour une humaine, force était de constater qu'elle n'était pas trop mal. Non, Démétri avait été attiré par son sang. L'odeur qu'elle dégageait, un mélange de rose et de cèdre, flottait encore en lui grâce à ses talents de traqueur. Il ravala le venin qui venait d'emplir sa bouche avant de jeter la tête en arrière, les yeux fermés. Le vampire avait du mal à se l'avouer, mais il avait hâte de revoir la petite humaine le lendemain.
oOoOoOo
Alessia n'avait pas trainé dans les rues de Volterra, encore chamboulée par la rencontre qui avait eu lieu dans sa boutique de livres préférée, et la jeune italienne s'était empressée de rentrer chez elle, bousculant au passage de nombreux touristes sans s'excuser une seule fois. Elle avait presque trottiné jusque chez elle, et s'était enfermé dans son appartement, le souffle court et l'esprit totalement embrouillé. Une douche et un repas froid plus tard, Alessia était montée sur le toit de son immeuble, et était maintenant assise depuis plusieurs minutes, un épais livre sur l'histoire de la construction de la première pyramide de Gizeh entre les mains. Habituellement, cela aurait totalement passionné son esprit, mais celui-ci ne cessait de penser à l'inconnu de la librairie, à sa beauté et sa voix douce et grave qui avait presque fait vibrer ses propres cordes vocales. A sa journée de demain qui l'attendait. Au fait qu'elle allait visiter la forteresse des Médicis qui, jusqu'ici, avait toujours été fermée au public. Alessia inspira lentement, puis expira avant de détacher ses cheveux pour les laisser sécher au vent encore chaud malgré la nuit tombée. La jeune femme laissa son regard divaguer vers l'immense tour du château, anxieuse et excitée à l'idée d'y pénétrer bientôt. La nuit fut courte pour Alessia qui, malgré sa fatigue, se réveilla aux aurores, alors que le soleil se levait à peine sur Volterra.
- « Maudit rideau, occultant, mes fesses oui » grogna-t-elle en se redressant dans son lit.
Elle n'était pas du matin, mais alors qu'elle faisait couler son café tout en regardant son téléphone, vérifiant ses e-mails ainsi que ses sms, l'italienne se rappela soudainement du programme de sa journée, et sentit son coeur louper un battement. Elle allait visiter le lieu le plus secret de Volterra ! Alessia faillit presque sauter de joie, avant de se rappeler de l'inconnu. Sa joie ne diminua pas pour autant, mais elle se sentit plus inquiète soudainement. Pourquoi l'avait-il invité ? Comment avait-il obtenu le droit d'aller dans la forteresse ? Qui était-il ? Le propriétaire, peut-être ... Non. Il était bien trop jeune pour être propriétaire d'un tel lieu, il devait avoir son âge. La jeune femme souffla du nez, l'esprit envahi de question, avant d'ouvrir sa fenêtre pour laisser entrer le soleil, un léger sourire aux lèvres. Après avoir déjeuné et prit une douche, Alessia décida de revêtir de vrais vêtements, même si elle aurait adoré rester en pyjama toute la journée. Inconsciemment, elle se dirigea vers le peu de robes qu'elle possédait tandis que le visage de l'inconnu lui revenait en esprit. Elle enfila une des robes blanche qui lui arrivait au dessus du genou, laissant ses jambes respirer, et se chaussa des seules chaussures à talons qu'elle possédait. La jeune femme releva ses lourdes boucles noires en une queue de cheval haute, et se maquilla légèrement, laissant sa peau au naturel, ne relevant que le vert de ses yeux grâce à un peu de doré sur ses paupières, ainsi qu'une touche de mascara. Elle jeta un coup d'oeil sur son téléphone, et remarqua avec tristesse qu'il lui restait 2h à patienter. Alessia souffla du nez avant de décider de dîner à l'extérieur, dans un petit restaurant qu'elle affectionnait particulièrement et qui se trouvait à quelques pas de chez elle. Le soleil était haut dans le ciel, et la chaleur était déjà quasiment étouffante. La jeune femme prit son temps, s'offrant même un café après avoir fini de manger, et, tremblante d'excitation, se dirigea vers la vieille ville, en direction du château où lui avait donné rendez-vous l'inconnu. À chaque pas qu'elle faisait, elle pouvait sentir l'excitation grandir ainsi que l'appréhension, et lorsque les portes du château entrèrent dans son champs de vision, l'italienne hésita un court instant à rebrousser chemin. Mais sa curiosité et sa soif d'histoire étaient trop grandes, et c'est le coeur battant la chamade qu'Alessia se dirigea vers les portes. Elle retrouva l'ombre avec plaisir, et soupira en sentant le soleil quitter sa peau. La jeune femme était en avance, elle le savait, mais elle n'eut pas à patienter, car un froissement lui parvint de derrière elle.
- « Vous êtes là. »
la voix grave et velouté était si basse que la jeune brune ne faillit pas l'entendre, et elle tourna les talons pour faire face à l'inconnu, qui n'était pas vêtu de sa longue cape. Il l'avait visiblement troqué contre un ensemble noir couvert de broderie très fine, aux manches longues malgré la chaleur. Au plus grand étonnement d'Alessia, il semblait presque rassuré de savoir qu'elle n'avait pas changé d'avis, mais avant qu'elle ne réponde, l'inconnu lui tendit sa main gantée, détail qui provoqua l'étonnement chez la jeune femme.
- « Je m'excuse de ne pas m'être présenté hier. Vous avez dû me prendre pour un fou. Mon nom est Démétri. »
Ce dernier souriait légèrement, et Alessia mit quelques secondes avant de lui serrer la main, tant elle était passionnée par le timbre de sa voix.
- « Enchanté, je suis Alessia. »
Alors qu'elle lâchait sa main, elle sentit l'homme lui serrer légèrement les doigts avant de lui faire signe de le suivre. Sans un mot de plus, la jeune femme entra dans le château, les mains croisées devant elle et le regard rivé sur le dos de Démétri qui avançait devant elle. Cette partie du château n'était habituellement pas accessible, et Alessia observait silencieusement le couloir qu'ils traversaient. Il n'avait rien d'extraordinaire comparé au hall dans lequel l'homme en face d'elle venait de la faire entrer, et la jeune femme sentit son souffle se couper alors qu'elle se dirigeait vers une peinture accrochée au mur. Elle représentait un paysage incroyablement détaillé, si bien dessiné qu'elle avait l'impression d'observer à travers une fenêtre ouverte. Elle n'entendit pas Démétri se rapprocher d'elle, et lorsqu'elle sentit son souffle dans son dos, la jeune femme tourna rapidement les yeux vers lui et croisa finalement son regard avec un frisson. Peut-être était-ce la lumière, ou bien son imagination qui lui jouait des tours, mais Alessia avait l'impression que ses yeux étaient d'un pourpre profond, semblable à du sang. L'homme releva légèrement la tête en voyant qu'elle le fixait à cet instant précis, détournant ses prunelles rouges vers la peinture.
- « Oui, cette peinture est magnifique » souffla Démétri. « Mais ce n'est pas pour cela que vous êtes là, n'est-ce pas ? »
- « La peinture fait partie de l'histoire, elle raconte des instants de vie » répondit Alessia en haussant légèrement les épaules. « Des simples dessins dans des grottes, en passant par les hiéroglyphes, ça ... Jusqu'à la photographie actuelle. »
Démétri ne répondit pas immédiatement, la mâchoire légèrement contracté et l'air songeur, alors que le regard de la jeune femme fut attiré par une des statuts qui gardaient les portes menant surement à la forteresse. Alessia leva la main et longea du bout de l'index les traits taillés avec une finesse infinie dans la pierre.
- « Alors vous appréciez l'art également ? »
La jeune femme ne répondit pas, car cela n'était pas vraiment une question. L'intonation de l'homme ressemblait d'avantage à une affirmation suite aux mots de la brune.
- « Suivez-moi, la forteresse est grande. »
Il lui indiqua la porte gardée par les statuts de pierre, l'invitant à les ouvrir, ce qu'Alessia fit les mains tremblantes. Le couloir dans lequel elle entra était dépourvu de fenêtres, et son regard parcourut rapidement les poutres apparentes au plafond alors qu'elle sentait Démétri se poster à ses côtés, immobile et silencieux, observant les réactions de la jeune femme qui semblait émerveillée par ce simple couloir. Le fait que le lieu soit interdit au public lui donnait l'impression d'être en pleine découverte de la forteresse, comme si elle était la première à parcourir ces lieux. L'homme se mit à avancer, et passa à côté d'un bureau derrière lequel se trouvait une femme d'environ 25 ans aux cheveux blonds comme les blés et d'une beauté exotique. Lorsqu'elle vit Démétri, la femme se redressa immédiatement, un large sourire accroché aux lèvres. Alessia haussa les sourcils face à la jeune femme qui lui envoyait en ce moment-même un regard noir.
- « Démétri ! » s'exclama-t-elle.
Ce dernier tourna la tête vers elle sans pour autant lui répondre, et Alessia vit son expression changer en un instant, passant d'un air formel et fier au mépris le plus total, et la blonde se recroquevilla sur sa chaise de bureau en baissant la tête. L'homme tendit son bras à l'italienne à ses côtés qui ne comprenait pas ce qu'il se passait en ce moment-même sous ses yeux, mais elle posa sa main sur le bras couvert de Démétri, alors que celui-ci ouvrait les immenses portes qui leur faisait face. La pièce dans laquelle ils pénétrèrent suffirent à faire s'arrêter le coeur d'Alessia un court instant tant elle était belle. Haute de plafond, les murs et le sol étaient en marbre. Des poutres finement décorées ressortaient des murs, et la jeune femme se retint de se rapprocher de ces véritables merveilles. Au fond de la salle, installés sur un sublime podium reposaient 3 trônes majestueux en bois également décorés, et Alessia se rendit compte que les trônes étaient occupés par 3 hommes très différents. Celui de gauche avait les cheveux d'un blond cendré allant parfaitement avec sa peau pâle, presque translucide, et il avait l'air furieux, alors que celui de droite semblait s'ennuyer. Sa tête reposait sur son poing fermé et il avait le regard perdu vers les portes par lesquelles elle venait tout juste d'entrer. Au milieu se trouvait un homme légèrement plus grand qu'elle qui arborait un large sourire. Ses cheveux mi-longs étaient aussi noir que les siens, et il avait les mains croisées devant le visage, l'observant d'un air ravi.
- « La voilà ... Notre invitée du jour ! »
La voix de l'homme était si douce qu'elle frissonna en l'entendant, alors qu'à ses côtés, Démétri était aussi immobile que les statuts qu'elle avait croisé auparavant. Il regardait l'homme debout et, sans un mot, avança vers lui en entraînant la jeune femme avec lui. Le bruit de ses talons résonnaient dans la salle, le son se répercutait contre les murs de marbre et s'amplifiait. Plus elle se rapprochait de l'homme et plus elle se sentait mal à l'aise, et elle commençait à regretter d'avoir accepté l'invitation de celui dont elle tenait le bras, mais alors qu'elle voulut retirer sa main, l'homme souriant la devança et prit cette dernière entre les siennes si rapidement qu'elle ne réagit pas immédiatement. Alessia frémit en sentant les doigts froids comme de la pierre toucher les siens, mais elle croisa le regard du propriétaire des mains et se sentit comme hypnotisée par les yeux de ce dernier.
- « Ah ... Oui ... » susurra-t-il. « Incroyable ... Quelle surprise ! »
Un éclat de rire s'échappa d'entre ses lèvres fines, semblable à des carillons qui flottaient au gré du vent, et il tourna les yeux vers l'homme qui semblait s'ennuyer à sa droite, un large sourire accroché au visage, sourire qui laissait apparaître des dents blanches parfaites.
- « Tu avais raison Marcus ! »
Il reporta son attention sur Démétri qui n'avait pas bougé, et qui se tenait légèrement en retrait de la jeune femme qui n'avait pas quitté l'homme qui lui tenait la main du regard, totalement omnibulée par ses yeux rouges laiteux.
- « Ravie de faire votre connaissance, je me présente : Aro Volturi. »
Lorsqu'il posa ses lèvres sur sa main, Alessia se sentit revenir à elle-même. Ces dernières étaient encore plus froides que ses doigts, et dur comme le marbre sur lequel elle avait marché précédemment. Elle mit quelques secondes pour reprendre ses esprits, et se racla légèrement la gorge en sentant ses joues rosir sous le regard du dénommé Aro, qui regarda cette rougeur avec une lueur de désir dans le regard.
- « Enchanté monsieur Volturi, je m'appelle Alessia ... »
- « Allons, allons, tant de formalité ... » l'interrompît en secouant la tête de gauche à droite. « Appelez-moi Aro. »
- « Très bien ... Aro. »
La jeune femme se fit la réflexion que, visiblement, cela était monnaie courante ici de couper la paroles aux gens. Avant qu'elle ne puisse prononcer un mot de plus, Aro enchaîna.
- « Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, le temps est précieux ... Le votre en particulier. » Il sourit d'avantage. « J'espère que la forteresse vous plaira. Profitez de la visite, Alessia. »
L'entendre prononcer son prénom de sa voix douce et lointaine provoqua chez la jeune femme un frisson tout le long de son échine, et lorsqu'elle sentit la main de Démétri se poser au bas de son dos, elle dévia les yeux vers lui et croisa son regard sombre. Il leva légèrement le menton en lui faisant signe de la tête de le suivre à nouveau. Alessia ne se fit pas prier, souhaitant à tout prix s'en aller de cette salle, et surtout s'éloigner du dénommé Aro, qui lui fichait une peur bleue. A peine eut-elle franchit les portes qu'elle lâcha un soupir de soulagement en retrouvant avec plaisir le couloir qui semblait désormais sombre en comparaison avec la salle marbré dans laquelle elle se trouvait précédemment, et pourtant, la jeune femme trouvait ce couloir bien plus chaleureux. Elle remarqua à peine que la secrétaire blonde présente quelques minutes auparavant l'observait avec les yeux écarquillés de surprise.
- « Le maître tenait à vous rencontrer avant de vous laisser visiter la forteresse » lui dit Démétri qui ne l'avait pas quitté du regard.
- « Le maître ? » La jeune femme pouffa légèrement. « Il me fiche les jetons ... »
- « N'ayez crainte. Il est simplement ... Extravagant. » L'homme se tendit légèrement. « Allons-y, je vous prie. »
oOoOoOo
Le traqueur avait passé le reste de la journée à guider l'humaine à ses côtés, qui ne cessait de s'émerveiller au moindre tableau qu'elle croisait, ainsi qu'aux décorations sur les murs de pierre le long des couloirs. Par un heureux hasard, le ciel s'était couvert, et il l'avait laissé découvrir le jardin de la grande cour, légèrement en retrait au cas où un rayon de soleil inopiné vienne caresser sa peau et la rendre brillante comme du cristal. Elle ne lui avait pas menti : bien qu'elle se soit spécialisée à l'époque de la Grèce antique, la jeune femme connaissait également beaucoup de choses sur la Renaissance, période à laquelle la forteresse ainsi que le château avaient été bâtis. Démétri avait sentit les jumeaux se rapprocher, bien que le traqueur leur avait fait comprendre qu'il était hors de question qu'ils rencontrent l'humaine, et il contracta la mâchoire en sentant le venin emplir sa bouche en entendant les bruits de pas qui se faisaient de plus en plus proche, mais à peine avait-il tourné les talons qu'il croisa le regard acide de Jane. La jeune femme à ses côtés ne semblait pas avoir remarqué la présence des deux vampires derrière elle, tant elle était perdue dans sa contemplation des lieux. Lorsqu'elle tourna enfin les yeux, elle sursauta et Démétri entendit son coeur louper un battement, ce qui fit naître un léger sourire chez Alec qui fit un pas vers l'humaine, ignorant le sifflement de sa soeur à son égard et le regard noir que lui adressait le vampire grec. Le jumeau maléfique se pencha légèrement devant Alessia dans une courbette des plus élégante avant d'inspirer lentement, comme pour s'imprégner de l'odeur de la jeune femme face à lui, qui l'observait d'un air surpris tant les manières du garçon lui était inconnu.
- « Alessia, je vous présente Alec et sa délicieuse soeur, Jane. »
Cette dernière lança un tel regard à Démétri qu'il craignit un instant qu'elle use de ses pouvoirs sur lui, mais la blonde se contenta de le fusiller de ses prunelles rouges alors que le traqueur souriait légèrement.
- « Je leur avais pourtant demandé de ne pas nous déranger, mais ils n'en font qu'à leurs têtes ... »
- « Mon cher ami, nous voulions simplement être courtois » rétorqua Alec, sur le même ton acerbe qu'utilisait Démétri. « Après tout, les visiteurs se font rares. »
- « C'est regrettable. Cet endroit est splendide. »
Alessia avait parlé à voix basse, mais l'ouïe fine des vampires l'avait perçu aussi clairement que si elle l'avait hurlé. Le sourire d'Alec s'étira alors qu'il n'avait pas quitté l'humaine des yeux, et Démétri grogna légèrement, si bas que la brune n'entendit rien, en voyant qu'il l'observait comme un repas potentiel. Jane posa sa main sur le bras de son frère, comme pour lui intimer de calmer ses ardeurs, mais ce dernier ignora totalement la pression qu'elle exerçait sur lui.
- « Vous trouvez ? Il est vrai que le lieu regorge de merveilles ... » susurra-t-il en laissant son regard glisser sur la peau fine de sa cou.
- « Je crains de ne pas avoir assez d'une journée pour tout voir » continua la jeune femme. « Vous aviez raison Démétri, la forteresse est immense, et il se fait tard ... »
Le traqueur sentit sa peur face aux jumeaux, et il se tendit d'avantage lorsqu'il vit le sourire d'Alec se transformer en un rictus carnassier. Il posa sa main gantée sur le bras de la jeune femme à ses côtés avant de se poster devant elle, la dominant largement. Il savait qu'à l'instant où elle poserait le pied dans l'enceinte de la forteresse qu'elle n'en sortirait plus, ou du moins pas dans cette forme, et le vampire vit avec un plaisir coupable les traits de l'humaine se crisper en une expression de crainte.
- « Je devrais y aller, c'était une journée ... Agréable, je vous remercie de m'avoir permis de visiter la forteresse, mais ... »
- « Je suis désolé Alessia, mais vous n'irez nul part » coupa Démétri à voix basse.
Je ne savais pas vraiment comment introduire les jumeaux, et je vous l'avoue, moi aussi ils me faisaient plutôt flipper dans les livres, surtout le petit lutin féminin ... L'idée qu'une gamine puisse me torturer par la simple force de son esprit et que son jumeau démoniaque m'enlève tous mes sens me fait encore un peu trembler des dents.
Prochain chapitre d'ici une semaine environ (cette fois-ci, je m'y tiens !), et petit avant-goût : l'introduction de Félix ...
A bientôt, portez-vous bien !
